ACTE V, SCÈNE IV. SSg
Renaissez au bonheur qui pour vous va renaître : Vos maux. .. oui, tous vos maux sont réparés peut-être; Peut-être puis-je encore vous servir aujourd'hui.
HIÉLOÎSE.
Grâce à vous, l'infortune est sûre d'un appui; Je le sais ; je le vois.
FiirÉLOir.
Daignez enfin me dire Quel sujet maintenant près de moi vous attire.
H^LOÎSE.
Vous connaissez mon nom, le rang de mes aïeux, Les champs où le soleil vint éclairer mes yeux, Les nœuds que j'ai formés au sein de ma patrie. Et le nom de l'époux à qui j'étais unie.
Vous voyez cet enfant, fruit d'un lien si doux: Ne pourrai -je çàvoir l#£ort de mon époux?
Ne peut-on m'éclairer sur le destin d'un père Dont l'orgueil inflexible a causé ma misère ?
FÉVÉLOUf.
Votre père autrefois tyrannisa vos jours ;
Les siens dans le remords ont terminé leur cours.
HELOÎSE.
Il ne vit plus! son cœur repoussait mes tendresses; Sa malheureuse fille ignorait ses caresses; Jamais dans ses rigueurs il ne s'est démenti; Je lui pardonne tout, puisqu'il s'est repenti.
D'Ehnance...
34o FÉNÉLON.
HÉLOÏSE
£h bien, parlez.
FÉICÉLOlf.
Voit encor la lumière.
HÉLOÏSE
La main de mon époux fermera ma paupière !
Je ne demande point s'il pense encore à moi : Je n'ai point le désir de contraindre sa foi : Sans retour, sans espoir j'étais ensevelie ; Un bien qu'on n'attend plus facilement s'oublie; Il a pu, loin de moi, former des nœuds plus beaux, Quand je le regrettais dans l'ombre des tombeaux. J'ai vu s'évanouir ma plaintive jeunesse; Mon amour ne veut point offrir à sa tendresse Quelques jours languissans, rebut de la douleur, Et des attraits flétris par quinze ans de lùalheur. Mais je veux le rejoindre au sein de ma patrie. Le revoir, lui montrer celle qu'il a chérie.
Attendre près de lui l'instant de mon trépas. Lui remettre sa fille, et mourir dans leurs bras.
Ne portez point vos pas aux rives de Provence : Votre époux a quitté le lieu de sa naissance.
HÉLOÎSB.
Et sait-on sur quels bords il respire le jour? Il a dans ces remparts établi son séjour.