‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 215 sur 266 · AMÉLIE, ISAURE · texte numérisé non relu

AMÉLIE, ISAURE

Ciel!

UÉLOÎSE.

Mon époux!

AMÉLIE

Mon père!

HÉLOÏSE

Aimez-la bien , d'Elmance ; elle a sauvé sa mère.

d'elmance.

O ma fille !

HÉLOiSE.

Embrassez l'enfant de notre amour..

Hélas ! loin de vos yeux elle a reçu le jour.

d'elmaitce.

Que vous avez souffert! Des monstres que j'abhorre...

HÉLOÏSE

Non, je n'ai rien souffert, si vous m'aimez encore!

d'elmance.

Je prétends vous venger ; la loi doit les punir.

H^LOÏSE

lySlmance, je n'ai plus la force de haïr.

plofi cœur, las de tourmens, £aitigué de vengeance,

Est tout à la tendresse, à la reconnaissance.

( Eo loi montrant Isanre. ) t

Celle que vous voyez, par ses heureux secours, Dans le sein de l'abîme a prolongé mes jours ; Elle a veillé sur moi , veillé sur Amélie ; Mon sort sera le sien : c'est ma plus tendre amie.

ISAURE

Tant que j'existerai, puissé-je vous servir!

d'elmance.

En ce jour fortuné je dois tous vous bénir;

Vous surtout, Fénélon, grand homme, ami fidèle,

De la simple vertu rare et touchant modèle!

Approchez. Devant Dieu j'unis vos chastes mains : Aimez-vous; c'est la loi qu'il impose aux humains. Cette loi pour vos cœurs sera toujours sacrée, néloïse , oubliez une chaîne abhorrée :

Vous renouvelerez, au pied de nos autels, Des nœuds qui seront purs, qui seront immortels. Vos malheurs publiés vaincront le fanatisme; La fin do vos revers confondra l'athéisme; L'infortune, en secret se nourrissant de pleurs.

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