‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 258 sur 266 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

TIMOLÉON

Flétri par le double attentat De souhaiter l'empire et de trahir l'État.

TIMOPHANE.

Qui? moi! ' ','

TIMOLÉON, montrant la lettre à Timophane.

Tiens, lis.

TIMOPHANE, lUant.

a Denys... » Ciel !

TIMOLEOir.

Eh bien, Tifiiôphanè?

TIMOPHANE.

£h! remets en nies mains...

Tf MOtëoN.

L'écrit qui té Condamne !

Tu ne peux l'eispérer.

TIMOPHANE.

Connàis-tu mon pouvoir ?

TIMOLÉON

I^on. Je connais les lois, le peuple et mon devoir.

TIMOPHANE, voulant sortir.

Avant la fin du jour tu sauras mieux...

TIMOLâON.

Arrête.

Le crime est sur tes pas ; ton châtiment s'apprête : Les yeux des immortels te poursuivront partout ; Et, le glaive à la main, la vengeance est debout.

4o8 ÏIMOLÉON.

TIBIOPHA^NE.

Je saurai, sans frayeur, rejoindre mes ancêtres.

TIMOLÉOir.

Us fuiront ton aspect, tu rejoindras les traîtres.

TIMOPHSLNE.

Cruel !

TIMOLÉON

Que n'es-tu mort avec tant de héros, Lorsque nous combattions aux campagnes d'Argos? Corinthe sur ta tombe aurait versé des larmes ; Le peuple dans un temple eût consacré tes armes ; Sur le marbre, garant de l'immortalité,^ Saurais gravé ces mots : Mort pour la liberté. Mais des traits ennemis j'essuyai là tempête ; Je conjurai le fer qui fondait sur ta tête; Mon sang coula deux fois pour épargner le tien : Je croyais à l'État conserver un soutien ; Hélas ! j'obtins du ciel un bonheur homicide. Et mon bras vertueux sauvait un parricide.

TIMOPHANE.

Ote-moi ton bienfait sans me le reprocher.

Tu m'as sauvé la vie , il faut me larracher : Puisqu'elle t'appartient, c'est un poids qui m'accable.

TI MOLÉO N.

Ah! prends encor la mienne, et ne sois point coupable.

TIMOPHANE.

Mon frère...

TIMO LÉO N

Oui , je l'éts^is.

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