ACTE III, SCÈNE V
Tes sens sont attendris !
Mon frère !
TIMOLEON.
Laisse là ce nom que tu flétris.
Quand pour la fiberté tu prodiguais ta vie, Quand ton cœur tressaillait au nom de la patrie y Quand tes yeux s'allumaient à ce vil nom de roi , Tu connais l'amitié qui m'unissait à toi.
Alors, avec orgueil je t'appelais mpn frère; Alors, dans son tombeau tu consolais mon père. Mais depuis que ton cœur, par le crime infecté , N'a pas craint de trahir la sainte égalité ; Depuis qu'un Anticlès te flatte et te couronne , Depuis que des tyrans tu protèges le trône , Je ne vois plus eu toi qu'un lâche ambitieux : L'ami du despotisme est un monstre à mes yeux.
TIMOPUANE.
Va ; je saurai haïr un frère qui m'abhorre.
TIMOLÉON
Oîi cours-tu?
TIMOPHANE.
Me venger.
TIMaLÉON. *
Reviens ; demeure encore.
Demeure...
TIMOPHANE.
Que veux-tu ?
4io TIMOLEON.
TIMOLÉOH.
Remplir tout mpn devoir.
Avant de te quitter... pour ne plus nous revoir. Je te dois un conseil.
TIMOPHAITE.
Expliqué ce mystère.
Un conseil ! quel est-il ?
TIMOL^Oir.
Un conseil bien austère , Que je ne puis donner sans douleur, sans eflBroi , Mais le seul qui convienne au temps , aux lieux, à moi. Ecoute.
TIMOPHAVE.
Eh bien!
TiMotéoir.
Qu'ici le peuple se rassemble ; A llnstant, devant lui, nous paraitrdns ensemble.
TIMOPHINE.
Pourquoi ?
Tu parleras cet écrit à la main.
TIMOPHANE.
Qu'oses-tu proposer, et quel est ton dessein ?
TIMOL^On.
lyeflbcer ton forfait , de sauver ta mémoire , De rassembler encor les débris de ta gloire.
Vois d*un regard profond la tombe et l'avenir. Et le dernier succès que tu peux obtenir.