‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 53 sur 266 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

que ces messieurs n'eussent barbouillé leurs canevas, semblait avoir été devancé par eux, et se traîner à leur suite sur un sujet épui^L

Le public , à la vérité , sentit bien la différence du pinceau. Vous l'avez attesté vous^némes, messieurs : aucune pièce de l'auteur ne fut plus généralement applaudie; mais elle eut moins de succès d'affluence, précisément parce que le sujet, prodigué sans intervalle à deux théâtres, convmençait k inspirer tme espèce de satiété. Mai^ A l'on peut affaiblir pour un temps l'impression d'un ouvrage de génie, l'effet en est indestructible. Ainsi Ton a vu la Phèdre de Racine se relever plus brillante de l'outragé d'une indigne con{;urrence ; et cette injure, renouvelée avec tant d'audace et par des écrivains si inférieurs à Practon, devient un motif de plus pour moi de rendre à l'auteur la justice qui lui est due.

Tose le dire, avec ce sentiment qui m'a toujours animé pour la gloire des arts , je ne connais point d'ouvrage qui présentât plus de difficultés à vaincre , et qui pût donner une idée plus haute du talent capable de les surmonter.

Avoir soutenu le fardeau de cinq actes en commençant cette tragédie précisément où elle devait commencer, le jour même du jugement de Calas; avoir osé mettre en action, ce qui jusqu'alors était sans exemple, un interrogatoire juridique,

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