‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 78 sur 266 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LOUIS CALAS

tX J E N ne saurait calmer ma sombre inquiétude : Je marche sans dessein; la nuit, la solitude, Dans mon cœur abattu nourrissent la douleur, Et le ciel orageux convient à mon malheur.

La prison! c'est donc là qu'est ma famille entière! Je veux rester ici ; dormons sur cette pierre. Dormir? ah ! le sommeil n'est plus fait pour mes yeux; Je ne dormirai pas. Vous, tyrans de ces lieux. Pontifes qui traînez, au sein de l'opulence.

De vos stériles jours la pompeuse indolence ; Orgueilleux magistrats , qui tenez en vos mains L'existence et l'honneur des vulgaires humains. Dormez; laissez veiller les chagrins, la misère: Dormez; dans les cachots vous n'avez pas un père.

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