SCÈNE IV
IS CAIAS, LE REUGIEUX, LA SALLE.
foodre commence k gronder au loin -vers la fin de cette scène. )
LOUIS CALAS
(A La Salle.)
pproche. Est-ce vous, mon généreux soutien ?
LA SALLE
moi.
LOUIS CALAS
Le jugement...
LA SALLE
Vient de se rendre.
LOUIS CALAS
Eh bien !
vez. Qu'a-t-on &it ?
LA SALLE
Je n'ai rien à vous dire.
LOUIS CALAS
à me dire, ô ciel! et votre cœur soupire;
^eux versent des pleurs; vous semblez consterné :
^ous m'avez tout dit; mon père est condamné!
LA SALLE
vre du fanatisme est enfin consommée.
Ages satisfaits, l'innocence opprimée.
; ! j'ai fait long-temps parler la vérité , lison, la nature, et surtout l'équité.
iu6 JEAN CALAS.
Tout ce qui peut toucher un cœur juste et sensible, Tout ce qui rend surtout ce for&it impossible : Mais dans les tribunaux, comme au sein des combats, Un mortel s'accoutume à Taspect du trépas, Et, se croyant toujours entouré de coupables, Voit couler d'un œil sec le sang de ses semblables. Rien n'a pu ramener des juges endurcis.
Toutefois sur la peine on semblait indécis.
Les voix se partageaient; j'avais quelque espérance: Une voix tout-à-coup fait pencher la balance; Un jeune homme entraîné s'unit aux magistrats Dont les cris demandaient la mort de Jean Calas. Au milieu du sénat un des juges s'élance :
<c Réunis par le crime ou bien par l'innocence , (c Votre arrêt, nous dit-il, ne peut leur pardonner; « Il faut tous les absoudre , ou tous les condamner. » Je me lève avec lui; nous nous faisons entendre, Lui pour les accuser, et moi pour les défendre. Cependant tous les deux nous parlons vainement, Et l'on prononce enfin le fatal jugement.
Un vil trépas attend votre malheureux père; Ils ont loin de ces bords exilé votre frère; Les autres accuses , écliappant à leurs coups , Du prétendu forfait sont déclarés absous.
Ainsi les magistrats, ayant forgé les crimes. Au gré de leur caprice ont choisi les victimes, Afin de conserver la même absurdité Et dans leur indulgence, et dans leur cruauté.