CHAPITRE n
ParolM d*a^ des Joges d*HarriiOO.
Mais le OAonde, comme le roi, n*a pas donné sa parole ; il pourra rompre le silence. Par quelle Imprudence des hommes qui devroient surtout se faire oublier, sont*ils tes premiers à se mettre en avant , à écrire , à dresser des actes d'accusation , à semer la discorde, à attirer sur eux Tatteatk» publique? Qui pensoit à eux? Qui les aceUsoit? Qui leur parloit de la mort du roi? Qui les prioit ^ se justifier? Que ne jouls8oieQt*ils en paix de leurs honneurs? Ils s'éloient yantés, dans d'autres écrits, d'avoir condamné Louis XYI à mort : eh bien I personne ne vouloit leur ravir cette gloire 1 Ils disent qu'ils sont proscrits : est4l tombé un cheveu de leur tête? Ont-ils perdu quelque chose de leurs biens , de leur liberté? Pourquoi , fidèles au souvenir de nos temps de malheurs, continuent-ils à accuser leurs victimes? Y a*t*il beaucoup de ceurai;e et de danger à braver aig'ourd'hui un Bourbon? Faut-il porter dans son sein un oosur de bronse, pour affronter leur bonté paternelle? Est-il bien glorieux de rompre le silence que l'on gardoit sous Buonaparte, pour venir dire de flères vérités à un monarque qui , assis, après vingt-cfanq ans de douleurs, sur le trône sanglant de son frère , ne répand autour de lui qu'une miséricorde presque céleste? Qu'arrlve*til? c'^ que le public est enfin obligé d'entrer dans des questions qu*il eût mieux valu ne pas agiter.
Le colonel Ilarrison , un des juges de Char* les I"', fàt , après la restauration de Charles II, traduit devant un tribunal pour être jugé à son tour. Parmi les diverses raisons qu'il apporta pour sa défense, il fit valoir le silence que le peuple angtois avoit gardé jusqu'alors sur la mort de Charles I^. Un des juges lui répondit : « J'ai ouï conter l'histoire d*un enfiint devenu « muet de terreur en voyant assassiner soii «père. L'enfant, qui avoit perdu l'usage de
' Mémoire au roi, par H. Carkot.
« la voix , garda profbndément gravés dans sa « mémoire les traits du meurtrier : quinze ans < après, le reconnolssant au milieu d'une fouie, « il retrouva tout à coup la parole et s'écria : Voilà « celui qui a tué mon père! Harrison , le peuple « anglois a cessé d'être muet ; il nous crie , en te « regardant : Voilà celui qui a tué notr%père > ! m