RAPPORT SUR L'ÉTAT DE LA FRANCE
▲u la MAI ISIS, FArr kV ROI DANS SON GONSEO., À eANO 'é
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Le seul malheur qui menaçât encore V après tant de malheurs, est arrivé. Les sooi ralns , vos augustes alliés , ont cru qu'ils ponvc être impunément magnanimes envers un hc qui ne connott ni le prix d'une conduite reuse , ni la religion des traités. Ce sont là de i erreurs qui tiennent à la noblesse du eai une âme droite et élevée Juge mal de la et de l'artiâce, et le sauveur de Paris ne pas bien comprendre le destructeur de H(
1 Lonqae nooi arrlTâmet de Gand , de trè»-boM *«/••■ j d^atlleurs, mate qui a'étolent laissé surprendre, clierel à JusUfler leur enthousiasme pour ud persoouagetrop bi Us dlsoteni : Vous ne saves pas quels senrioes il WM**^; dus ; vous n*éUez pas ici pendant les Cent-lours ; tous bM. pas connu Pesprlt de la France , etc. ^^
n est assfli Miarre de supposer que des penooossqolafM passé de longues années en France sous le règne de Booi^ parte; qui n*en avoient été alnentes que trois ^^îfi pradant ces trois mois , étoient restées à quelques Itowi*» CronUère; qui, pendant ces trois mois, rrcevoleot tanlS Jours dcft nouvelles de Paris , publiqoa ou Mertlfli>w lieures et quelquefois à seize heures de date; qui éioie«« centre des armées et de la diplomaUe européenne, d M» qnemment au centre de toutes les intelliflenoes ^ ^JJ^^C rapports; qui voyoient k chaque moment arriver aapwg fol , des François de la capitale et des proviooes; 0 «JJJ biiarre, dls-Je* ^ supposer que la France éloli amm pour ces personnes un pays totalement inconoil. Aattii ■ Pon veut bien lire ce rapport avec quelque •**«2'i2 verra que nous n*étlons pas trop mal instruits à Cyiatg qui se passoit à Paris ; que nous avions bien prévo le f»^ dénoAment de cette courte tragédie , el que nous ^^^f^ être mieux Jugé le Jeu des facUons et l'éUt dei pan» ^ ceux qui étoient placés plus près du tbéMn.
MELANGES
Boonâparte , placé par une fatalité étrange entre les c6tes de la France et de Tltatie , est des- MDdfl, comme Genséric, là où rappelait la colère i$ Dieu. Espoir de tout ce qui avoit commis et le tDQt ce qui méditoit un crime, il est venu ; il irènsi. Des hommes accablés de vos dons, le «h décoré de vos ordres, ont baisé le matin la «h royale que le soir ils ont trahie. Sujets relia, mauvais François, faux chevaliers , les «Mots qu'ils venoient de vous iUre à peine eqbb sur leurs lèvres, ils sont allés, le lis sur . Ifoitrine , Jurer pour ainsi dire le parjure à celui fri ae déclara si souvent lui-même traître , félon Il déloyal.
An reste, sire, le dernier triomphe qui counooeet qui va terminer la carrière de Buonaparte -l'irien de merveilleux. Ce n'est point une révolta Térîtable; c*est une invasion passagère. In'y a point de changement réel en France ; les ^inioiis n'y sont point altérées. Ce n'est point le Mnhat inévitable d'un long enchaînement de cauleifltd^effets. Le roi s*est retiré un moment; la Mmirehle est restée tout entière. La nation , par IB larmes et par le témoignage de ses regrets, a qu^elle se séparoit de la puissance armée
loi imposoit des lois.
Ces bouleversements subits sont fréquents chez
les peuples qui ont eu l'affreux malheur de soos le despotisme militaire. L'histoire du
Empire, celle de l'empire ottoman, celle de pte moderne et des régences barbaresques
ant remplies. Tous les Jours au Caire , à Al-
fàTuDis, un bey proscrit reparott sur la fronibilii désert; quelques mameloucks se Joignent ^M,leproclament leur chef et leur maître. Pour MIrdans son entreprise, il n'a besoin ni d'un Mi|p extraordinaire, ni de combinaisons sa- ; Wo, al de talents supérieurs : il peut être le plus Mttnn des hommes , pourvu qu'il en soit le plus Mehint. Animées par l'espoir du pillage , quel- IpB antres bandes de la milice se déclarent : le F>ple eoQstemé tremble , regarde , pleure et se ttt : nne poignée de soldats armés en impose à i^tMile sans armes. Le despote s'avance au bruit Ittdudnes, entre dans la capitale de son empire, **«phe, et meurt.
^1 11 y a longtemps que le ciel vous éprouve ; . Intt bire de vous un monarque accompli. Vos ^^Nes vertus , s'il y manquoit encore quelque ^, reçoivent aujourd'hui , sous la main de ■^) loir dernière perfection. Dans tous les pays |
POLITIQUIS. iftO
où vous avez porté la double mi\|esté du trAne et du malheur, oubliant vos propres infortunes, vous n'avez songé qu'à celles de votre peuple. Les yeux attachés sur cette France, dont vous apercevez en quelque sorte la frontière , et dont vous voulez connottre les maux pour y apporter le remède , vous m'ordonnez de vous présenter le tableau de l'état politique et des dispositions morales de la nation. Je vais , sire , soumettre à vos lumières une suite de faits et de réflexions. Je parlerai sans détours : Votre Ml\|esté , qui sait tout voir, saura tout entendre.
SI''
Aetêi et décrets pour rintérieur,
Buonaparte arrive à Paris le so mars au soir; le ravisseur de nos libertés se glisse dans le palais de nos rois à l'heure des ténèbres; le triomphateur, porté «tir les bras de ie$ peuples , envahit le château des Tuileries par une issue secrète, tant il compte sur l'amour de ses siyets I La frayeur et la superstition accompagnent ses pas dans ces salles une seconde fois abandonnées qui avoient revu la fille de Louis XVL
L'histoire remarquera peu^étre queBuonaparte est rentré cette année dans Paris , à peu près à Ift même époque où les alliés y pénétrèrent Tannée dernière. Son orgueil humilié le ramène dans cette ville , qui ne fût Jamais prise sous nos rois , et que son ambition punie a livrée À la conquête ; il vient rétablir sa police là où un général russe exerça la sienne il n'y a pas encore un an , grâce au vaste génie , aux merveilleuses combinaisons de ce vrai conservateur de l'honneur fjrançois ! Vous parûtes , sire , et les étrangers se retirèrent : Buonaparte revient , et les étrangers vont rentrer dans notre malheureuse patrie. Sous votre règne, les morts retrouvèrent leurs tombeaux, les enfants ftirent rendus à leurs familles ; sous le sien , on va voir de nouveau les fils arrachés à leurs mè** res, les os des François dispersés dans les champs : vous emportez toutes les Joies, il rapporte toutes les douleurs.
A peine Buonaparte a-Ml repris le pouvoir, que le règne du mensonge commence. En lisant les Journaux du 30 et ceux du 9 1 du mois de mars, on croit lire Thistolre de deux peuples. Dans les premiers, trente mille gardes nationales, trois mille volontaires, dix mille étudiants de toute espèce poussoient des cris de rage contre le tyran t dois les seconds , ils bénissent sa présence I Ven*
MÉLANGES
thûusiasme éclatoit, dit-on, sur son passage,
Iorsqu*on sait qu*il n*a été reçu que par le silence
de la consternation et de la terreur. Sire , vo-
. trb triomphe étoit alors plus réel et plus tou-
chant : c'étoit celui d*un père 1 Les bénédictions
suivoient vos pas, et votre cœur est encore ému
de ces derniers cris^de vive le roi! que vous avez
entendus retentir à travers les gémissements et
Jes sanglots dans les dernières chaumières de la
.France 1
Chaque jour a vu depuis éclore une imposture. Il a fallu d'abor^ avancer quelques mensonges hardis pour décourager les bons et encourager les méchants. Ainsi on a publié qu'il n*y auroit point de guerre , queBuonaparte s*entendoit avec les alliés, que Tarchiduchesse Marie-Louise arrivoit avec son fils. La fausseté de ces faits devoit bientôt se découvrir : mais on gagnoit toujours du temps. Dans ce gouvernement, le mensonge est organisé, et entre comme moyen d'administration dans les affaires. Il y a des mensonges pour un quai*t d'heure, pour une demi-Journée, pour un jour, pour une semaine. Un mensonge sert pour arriver à un autre mensonge , et , dans cette série d'impostures , l'esprit le plus juste a souvent de la peine à saisir le point de vérité.
Des proclamations ont annoncé d'abord l'oubli de tout ce qui a été fait , dit et écrit sous le gouvernement royal. Les individus ont été déclarés libres , la nation libre , la presse libre ; on ne veut que la paix, l'indépendance et le bonheur du peuple.. Tout le système impérial est changé. L'âge d'or va renaître : Buonaparte sera le Saturne de ce nouveau siècle d'innocence et de prospérité, et il ne dévorera plus ses enfants. Voyons si la pratique a déjàrépondu à la théorie.
C'est au Champ de Mai que la nation doit être régénérée; on y donnera les aigles aux légions; on y couronnera (vraisemblablement par contumace) l'héritier de l'empire; on y fera le dépouillement des votes pour ou contre l'Acte additionnel aux constitutions. J'aurai soin d'indiquer, vers la fin de ce rapport, quel est vraisemblablement le but réel de cette grande assemblée.
En attendant l'acceptation de l'Acte additionnel qui va rendre le peuple françois à l'indépendance , on commence à faire Jouir la France du gouvernement le plus libéral : Buonaparte l'a partagée en sept grandes divisions de police I Les sept lieutenants sont investis des mêmes pouvoirs
POLITIQUES
qu'avoient autrefois ce qu'on appeloit les diiwteurs généraux. On sait encore aujourd'hui à Lyon , à Bordeaux , à Milan , à Florence, à Lis» lx)nne, à Hambourg, à Amsterdam, ce que e^^ toit que ces protecteurs de la liberté individi Dans le nombre des sept personnes qui doiTi rassurer les citoyens, et les défendre du àesf^. tisme, quatre au moins ont eu ou aoroientii^ avoir la gloire, en 1793, d'être nommées iè] semblables emplois.
Au-dessus de ces lieutenants se trouvent ces , dans une hiérarchie de plus en plus £&v ble à la lil>erté, descommissairesextraordioi à la manière des représentants du peuple soq& règne de la Convention.
La police nous apprend qu'elle ne va plus vir qu'à répandre la pliilosophie; qu'elle d'j plus que d'après des principes de vertu; qai est la source des lumières et la base de tous gouvernements libres.
Elle enseigne à ses respectables agents tfi faut, selon les circonstances, creuser à de f des profondeurs , ou savoir seulement écouter entendre : c'est-à-dire qu'il faudra, selon le soin, corromprele serviteur. Inviter le fils à son père , ou seulement répéter ce qu'on a sous le sceau du secret.
La chose religieuse est aussi soumise à police; et la conscience , qui Jadis relevât i médiatement de Dieu , obéira maintenant à espion.
Par le pouvoir constitutionnel de Votre Mi il étoit loisible à vos ministres, pendant l'an; 1815, d'éloigner des tribunaux de Justice les gistrats qui ne paroîtroient plus avoir la ooi publique. Huit ou dix seulement ont été écarta^ et l'on en connolt trop la raison.
Quelle mesure arbitraire ! s'écrie le gonven^; ment actuel de la France; et à l'instant mémet déplace une foule de magistrats irréprochalikl dans leur conduite, éminentspar leurs lumièreS) et étrangers à tous mouvements politiques.
Il s'étoit même permis une chose plus violentai sur laquelle l'opinion l'a forcé de revenir. L'adi qui institue les notaires étant de pure forme, a% jamais été annulé par les gouvernements révoKl* tionnalres qui se sont succédé en France , et too* tefois Buonaparte a voulu révoquer celui quiiitf^ tituoit trois avoués et huit notaires, uniquement parce qu'ils a voient été installés sous le gouvem^ ment royal.
MÉLANGES POLITIQUES
OD^aparplos respecté lesplaces administratives (|milîtaiies.Sarqiiatre-vingt-troispréfet8, ylDgtden seoiement ont été conservés, et ces vingtdcBX restants mt presque tous été changés de jRibctore; quarante-trois colonels ont reçu leur jlBtitotiOQ.
, Cette liberté entière, qui sort de lapolice comme ' hmsoorce ; ce respect pour les lois , les places I Aieikommes, viennent évidemment de la lil)erté 1 II la presse; car la censure est abolie, etladi- ; iKtttt de la librairie supprimée. Il est vrai que Jh presse est libre , Yincennes est ouvert; et, 1» mesare de sûreté , les Journaux et la librairie ^IMk restés provisoirement sous la main de M. le èed'Otrante.
Laeensure généreuse que les ministres de Quoosent reprocher à votre ministère étoit plus établie pour eux que pour nous : elle It le public à se taire sur le passé. Sous le , du moins , on ne parloit de certains hommes faTec le ton de Timpartlalité , et encore uniquetpoar repousser leurs imprudentes attaques. BooDsparte a cherché un autre succès dans Tade Vexercice, cette grande difficulté de pôtsur les boissons. D'abord, si les droits Dis étolent odieux , qui les avolt établis? N'é- Wt-ce pas Buonaparte ? Il ne fait donc que chanson propre ouvrage ; ensuite cette abolition |àerétéen*aurason effet qu'au premier du mois join de eette année. Buonaparte , qui compte sa fortune , espère bien qu'avant cette époque événement viendra à son secours. Il ne pas lui demander de quel droit le chef d*un Plie libre se permet de toucher à rimp6t , et tMifoer un mode de perception autre que cehi iRserit par la loi ; ce n'est pas une question FIT ht : il sait, et cela lui suffit, que selon le kaÉi de sa politique il peut retrancher ou feinjkede retrancher un imp6t trop désagréable au fnrie. S'il se trouve pressé par les événements, iHil pas la grande ressource de ne pas payer Msdettes?Le trésor est toujours assez plein quand ; la violence y pourvoit, et que l'on paye non ce * V^ron doit, mais ce que l'on veut. Pour sortir f embarras, lia encore les séquestres, les condations , les exactions , les dons volontaires
, sire , qui régniez par les lois , l'ordre et ■ justice ; qui ne pouviez ni ne vouliez chercher «trésors dans les mesures arbitraires et les lar ^devossifiets; vous qui mettiez votre bonheur
à acquitter des dettes que vous n'aviez pas contractées, dettes d'autant moins obligatoires, qu'el« les n'avoieut été faites que pour vous fermer le chemin du trône; vous, sire, vous n'avez employé , en montant sur ce trône , d'autres moyens de plaire à vos peuples que ceux qui naissoient naturellement de vos vertus.La banqueroute faite ou projetée ne vous a pas paru un système de finance digne de la France et de vous. Supprimer dans le moment un impôt même odieux , vous auroit paru une libéralité criminelle; mais Je conviens que , pour le maintenir, il falloit tout le courage d'un roi légitime , dont les intentions paternelles sont connues et vénérées. Unusurpateur nepouvoit prendre une résolution aussi noble, et préférer au présent cet avenir qu'il ne verra point.
Ce que Je dis sur la ressource des futures spoliations n'est point , sire, une conjecture plus ou moins probable. Je ne me permets de parler à Votre Majesté que d'après des docu ments officiels. Les spoliations sont visiblement annoncées, la dépouille du citoyen est promise au soldat dans le rapport sur la Légion d'Honneur : il y est dit qu*on remplacera , par des biens situés en France, une partie des dotations de l'armée. Et de quels biens s'agit-il? Indubitablement des vignes de Bordeaux, desoliviers de Marseille, en un mot, de tous les biens des particuliers et des villes qui auront manifesté leur attachement à la cause des Bourbons.
Sire, le soixante-sixième article de la Charte porte : « La peine de la confiscation des biens est « abolie , et ne pourra être rétablie. » Ainsi Votre Majesté , dépouillée si longtemps de ses domaines par ses ennemis , n'a trouvé d'autres moyens de se venger d'eux qu'en abolissant l'odieux principe de la confiscation des biens. De quel côté est le gouvernement équitable? De quel côté est le véritable roi ?
Vous aviez encore aboli la conscription; vous croyiez , sire , avoir pour Jamais délivré de ce fléau votre peuple et le monde. Buonaparte vient de le rappeler; seulement il l'a produit sous une autre forme, en évitant une dénomination odieuse. Le décret sur la garde nationale est ce que la révolution a enfantéjusqu'à ce Jour de plus effrayant et de plus monstrueux : trois mille cent trente bataillons se trouvent désignés , à raison de sept cent vingt hommes; ils formeront un total de deux millions deux cent cinquante-trois mille six cents
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hommes. A la vérité , il n'y a de rendus mobiles à présent que deux cent quarante bataillons, choisis parmi les chasseurs et les grenadiers, représentant cent soixante-douze mille huit cents hommes. On n*est pas encore assez fort pour faire marcher le reste; mais cela viendra à l'aide de la grande machine du Champ de Mai.
Cet immense coup de filet embrasse la population entière de la France , et comprend ce que les masses et les conscriptions n*ont Jamais compris. En 1793 , la Convention n*osa prendre que sept années , les hommes de dix-huit à vingtrcinq ans. Ils marcheront aujourd'hui de vingt à soixante. Réformés, non réformés; mariés, non mariés; remplacés, non remplacés; gardes d'honneur, volontaires, tout enfin se trouve enveloppé dans cette proscription générale. Buonaparte , fatigué de décimer le peuple fi*ançois, veut l'exterminer d'un seul coup. On espère , par la terreur des polices, obliger les citoyens à s'inscrire. Des comités de réforme ne sont établis que par une nouvelle dérision , comme les anciennes commissions de la liberté de la presse et de la liberté individuelle auprès du sénat. Heureusement, sire, des faits matériels et des influences morales contribueront àdiminuer le danger de cette désastreuse conscription. Il ne reste que très-peu de fusils dans les arsenaux de la France : par suite de l'invasion de Tannée dernière , plusieurs manufactures d'armes ont été démontées ou détruites. Des piques seroient susceptibles d'être forgées assez vite pour être mises aux mains de la multitude; mais cette arme offre peu de ressource, et l'on ne veut pas sans doute renouveler le décret pour la formation des compagnies en blouse bleue, en braccha, en bonnet gaulois. Quant à cette valeur, qui supplée chez les François à toutes les armes, il est certain que les gardes nationales ne l'emploieront point contre Votre Majesté. Toute la force morale de la France et le torrent de l'opinion sont absolument pour le roi. Dans beaucoup de départements la garde nationale ne se lèvera point, ou ne se formera qu'avec une difficulté extraordinaire; enfin, le citoyen opprimé par le militaire se laissera moins subjuguer si on lui donne des armes ; et Buonaparte , au lieu de fondre un peuple qui le hait dans une armée qu'il séduit , perdra peut-être une soldatesque dévouée dans une population ennemie.
Four contre-balancer ce grand arrêt de mort,
POLITIQUE»
on devoit s'attendre à quelque mesure pUlaothi pique. Aussi Buonaparte , qui demande la vie I deux millions de François, s'attendrit sur le des habitants de la Bourgogne et de la Chamj gne. Il ne sauroit trop, il est vrai , dédomi les victimes de son ambition , puisque c^esthd^ attira les étrangers dans le cœur de la Fi qui les ramena, pour ainsi dire par la maiB,i plaines du Borysthène aux rives de la Lolie est Juste de secourir les malheureux qu'on ai Votre Majesté avoit mis à soulager lestristci' times de l'usurpateur, non la stérile ostent d'un charlatan d'humanité , mais la bonté té d'un père. Votre auguste frère alloit, sire, les ruines des chaumières embrasées, essaye larmes qu'il n'avoit pas fait répandre. La rel venoit au secours de ses œuvres diarltaUeii rouvroit dans tous les cœurs les sources de li tié. Ce n'étoit point par des impAts pesants une autre partie du peuple qu'on secouroil peuple ; le malheureux n'étoit point mis à bution pour le malheureux ; l'humanité n'exdj point la Justice.
Sire, vous aviez tout édifié, et Buonapar tout détruit. Vos lois abolissoient la conscrl) et la confiscation ; elles ne permettoient ni Te ni l'emprisonnement arbitraire; elles lai aux représentants du peuple le soin d'asseoi contributions ; elles assuroient, avec un droitj aux honneurs , la liberté civile et politique, naparte paroît, et la conscription recoi et les fortunes sont violées. La Chambre des] et celle des députés sont dissoutes. L'im] changé, modifié dénaturé par la volonté seul homme; les grâces accordées aux àékiA de la patrie sont rappelées ou du moins conl Votre maison civile et militaire est condami un décret oblige quiconque a rempli des tions ministérielles à s'éloigner de Paris, à| ter un serment , sous peine de prendre conl contrevenants telle mesure qu'il appartient mots vagues qui laissent le plus libre cbamf l'arbitraire. Le tyran reprend ainsi une à unel victimes auxquelles il promettolt oubU et re| dans ses premières proclamations. On ctm\ déjà de nombreux séquestres , des arrestation des exils, des lois de I>annissement; trdse times sont portées sur une liste de mort, iif^* vous-même , vous êtes proscrit vous et les descendants de Henri IV, et la fille de Louis XVIt Vous ne pourriez, dans ce moment, sans eoorif
MÉLANGES POUTIQUES.
sot
brime de la vie, lieltw le pied «or cette terre i Louto XVIII , et A elle» le rejettent avec Buo*
ià Too fltes tant de bien , où vous essuyâtes M de larmes, où vous rendîtes tant d*enfants iieinpèfeB,où vous ne répandîtes pas une goutte lenag, où vous apportâtes la paix et la liberté ! ||mb1 Votre Mf^esté, après vingt-trois ans de , remonta sur le trône de ses aïeux , elle
devant elle les Juges de son frère. Et ces I JifB vivent I Et tous leur avez conservé avec la i ibMi les droits du citoyen 1 Et ce sont eux qui iatatiii|ourd'buf contre votre personne sacrée, intre votre auguste famille, contre vos serviïton fidèles, des arrêts de mort et de proscrip- ImI Et tous ces actes où la violence , l'injustice , |||fpocrlsle , le disputent à Tingratltude, sont
au wmi de la liberté I