‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 132 sur 279 · SU · texte numérisé non relu

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Extérieur.

la politique extérieure de Buonaparte offre mimes contradictions de conduite et de lan- : tout étant faux dans sa puissance, tout en opposition avec son caractère, tout doit bua dans oe qu'il dit et dans ce qu'il fait, tenant il veut tromper le monde entier, et il dans ses propres pièges. Votre Majesté fhètrera, dans sa haute sagesse, les motifs qui llfentagir, lorsque j'essayerai de développer Fes- MdQ gouvernement actuel de l'usurpateur, et Wmontrer l'homme derrière le masque : à pré- |m Je oe m'occupe que des faits.

Ulmt de Buonaparte est d'endormir les puisan dehors par des protestations de paix , il cherche à tromper les François au de- Wl|irle mot de liberté. Cette paix est la guerre, tttte Iberté est Tesclavage. D'un côté il offre f OÉenter le traité de Paris ; de l'autre , il ne sou- ^ l'esprit de son armée qu'en lui promettant Itlelgique, les limites naturelles du Rhin, et ttttebelle Italie , objet de ses prédilections filiales. Umiiystre des affaires étrangères de Buonaparte bitdansleilfont'/étirdesinguliers raisonnements : « Son maître, dit-il , propose de tenir le traité de ■fftris. Les puissances alliées, pour toute ré-

• (eue, font marcher leurs armées. Or, si les

• pDlssanees tfen vouloient qu'à un seul homme ,

• eomme elles le prétendent, elles n'auroient pas

• besoin de six cent mille soldats pour l'attaquer. «Donc, conclut M. le duc de Vicence, c'est au ' pwple françois qu'elles font la guerre. » Mais itespoissanees acceptent le traité de Paris avec

naparte, n'est-il pas clair qu'un seul homme fait ici toute la différence , et qu'elles n'en veulent réellement qu'à un seul homme?

Les puissances alliées n'ont pas le droit de s'immiscer dans les affaires de France. Non , et elles déclarent elles-mêmes qu'elles ne prétendent point régler nos institutions politiques. Mais quand les François, opprimés par une faction, voient re* parottre à leur tête l'ennemi du genre humain , l'homme qui a porté le fer et la flamme chez tou«« tes les nations de l'Europe , n'est-ce pas le devoir des souverains d'écarter le nouveau péril qui les menaoe?Quipeut se fier à la parole de Buonaparte? Qui croira à ses serments? Par ses protestations pacifiques , il ne veut que gagner du temps et ras* sembler ses légions.

Convient-il à la France elle-même , convient-Il aux États voisins de laisser subsister au centre du monde civilisé une poignée de militaires parjures , qui , maîtrisant Jusqu'à l'armée , disposent à leur gré du sceptre de saint Louis , le donnent et le re« prennent au gré de leur caprice? Quoi I un souverain légitime pourra être arraché des bras de son peuple par une horde de Janissaires? Quoi! tous les gouvernements pourront être mis en péril , sans qu'on ait le droit de chercher à arrêter ces violences! Ce qui se Ml sans inconvénient pour l'Europe chez les corsaires de l'Afrique, peut-il s'accomplir également chez les François sans dan* ger pour l'ordre social? Ne doit-on pas prendre contre lesmœurset les mameloucks de la moderne Egypte , autant de précautions que contre la peste qui nous vient de ce pays? Les souverains de la Russie , de rAllemagne , de l'Angleterre , de TEs^ pagne, du Portugal, de la Sicile, de la Suède, du Danemark, consentiront-ils à recevoir, par droit d'exemple, la couronne de la main de leurs soldats? Enfin , les nations qui chérissent les lois , la paix, la liberté, sont-elles décidées à mettre tous ces biens sous la protection du despotisme militaire?

Si Buonaparte étoit aussi pacifique que ses ministres nous l'annoncent , feroit-il tous les Jours des actes d'agression contre les cours étrangères? Il s'efforce, mais en vain, de rendre infidèles à leur patrie les régiments suisses; il promet la demi-solde aux officiers belges qui ont cessé d'être S(\|ets de la France ; il insulte le noble souverain qui , lui-même éprouvé par le malheur, a reçu si généreusement son illustre compagnon d'infortune. Buonaparte se flatte d'être aimé dans la Bel«

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gique ; il se trompe , Il y est détesté. Ses conscriptions, ses gardes d'honneur, ses persécutions religieuses, i*ont rendu un objet d'iiorreur pour les habitants de ces belles provinces.

Sire , Je sens trop combien tout ce que Je viens de dire est déchirant pour votre coeur. Nous partageons dans ce moment votre royale tristesse. IJ n'y a pas un de vos conseillers et de vos ministres qui ne donnât sa vie pour prévenir Tinvasion de la France. Sire, vous êtes François , nous sommes François! Sensibles à l'honneur de notre patrie, fiers de la gloire de nos armes, admirateurs du courage de nos soldats, nous voudrions, au milieu de leurs bataillons , verser Jusqu'à la dernière goutte de notre sang pour les ramener à leur devoir, ou pour partager avec eux des triomphes légitimes. Nous ne voyous qu*avec la plus profonde douleur les maux prêts à fondre sur notre pays ; nous ne pouvons nous dissimuler que la France pe soit dans le plus imminent danger : Dieu ressaisit le fléau qu'avoient laissé tomber vos mains paternelles ; et il est à craindre que la rigueur de sa Justice ne passe la grandeur de votre miséricorde! Ah! sire, à la voix de Votre Majesté, les étrangers respectant le descendant des rois , l'héritier de la bonne foi de saint Louis et de Louis XII , sortirent de la France! Mais si les factieux qui oppriment vos sujets prolongeoient leur règne , si vos sujets trop abattus ne faisoient rien pour s'en délivrer, vous ne pourriez pas toujours suspendre les calamités qu'entraîne la présence des armées. Du moins votre royale sollicitude s'est déjà assurée par des traités qu'on respectera l'intégrité du territoire françois , qu'on ne fera la guerre qu'à un seul homme. Vous êtes encore accouru au secours de votre peuple , et vous avez transformé en amis généreux ceux qui auraient pu se montrer ennemis implacables.

' S ni.

Reproches faits au gouvernement royal.

Tromper la France et l'Europe est donc le premier moyen employé par Buonaparte pour fonder sa nouvelle puissance ; le second est de calomnier le gouvemementroyal.Parmi lesreprochesadressés au ministère de Votre Majesté , plusieurs sont appuyés sur des faits évidemment faux ; un grand nombre sont absurdes. Quelques-uns ont un c6té vrai , a les considérer isolément , et non dans l'ensemble des choses.

Buonaparte assure que le domaine extraordi-

naire ayant été dissipé par legouvmiraeDtrayal, il compte le remplacer j?ar des biens en Franc», qui serviront à la donation de qui il appartieadi^ Le domaine extraordinaire et le domaine priv{ représenteroient à peu près la somme de 480 lions. Sur cette somme totale, 150oul67milli du domaine extraordinaire, et 1 oomlllionsdo maine privé, ont servi dans le dernier bui^^ payer les dettes de l'État , ou plutôt ont étépJ tés en déduction de ces dettes. Étoit-ce le roi fi| les avoit contractées , ces dettes? Étoit4l le dé tateur ou le réparateur de l'État?

Cent cinquante millions dus par les pal étrangères entroient dans le calcul des 480 lions du domaine extraordinaire. Les alliés venus chercher en France la quittance de ces millions ; et ce n'est pas encore le roi qui Ta née , puisque c'est Buonaparte qui a condnit étrangers à Paris. Voilà donc plus de 400 milln du domaine extraordinaire qui ont né ment disparu , et dont votre ministère ne être responsable.

Les 100 millions restants du domaine ex dinaire se composoient de l'emprunt de montant de 13 à 17 millions; de 15 ou 20 lions sur le Mont-Napoléon de Milan ; de ques millions sur le Mont-Napoléon de Ni de cent dix actions sur les canaux ; de quel millions sur les salines du Peccais; de plusie maisons; des sommes dues par la famille Buonaparte et par différents particuliers; les lets des débiteurs, entre autre un billet de rôme Buonaparte pour la somme d'un mil sont demeurés avec les valeurs ci-dessus cées dans la caisse du domaine extraordf La seule somme prélevée par le ministère Votre Majesté sur le domaine extraordinaii%| est une somme de 8 millions en effets sur la plaoeJ appliquée aux réparations du Louvre, àceOesJ| Versailles, et à l'achat de plusieurs maisons sv] le Carrousel. Deces 8 millions 4seulementavoiedl< été dépensés à l'époque du 20 mars.

Dénué des documents qui pourrolent donoflf' à ces calculs une précision rigoureuse, il se peut! faire que des erreurs se soient glissées dans leré^ sultat que J'offre ici à Votre Msyesté; niaisce|| erreurs ne sont ni graves ni nombreuses, et cet! aperçu général sufOt pour prouver la mauTalsQ' foi et détruire les calomnies de Buonaparte.

Quant au séquestre mis sur les biens de la la* mille de Buonaparte , entre les raisons d'État,

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I tnp évidentes aujourd'hui, qui obligeoieut le mi- I listère de fiiire apposer proroptement ce séques- ^ Ir, on Tient de voir que la famille de Buonaparte ^IntNt plusieurs millions à la Frauce : les billets ces d^tes se trouvoient à la caisse du domaine Inaire, et représentoient une valeur emà ce domaine. La saisie des biens des IMeirs absents étoit une conséquence nécesifetfa sommes qu'ils dévoient à l'État.

tmr parler sans doute aux passions de la dereiasse du peuple, on a prétendu que les its de la couronne étoient une propriété Ittat.

S quelque chose appartient aux Bourbons, bédés Capets et des Valois , ce sont des diaachetés de leurs propres deniers, et par raison même appelés joyaux de la cou- . Le plus beau de ces joyaux, le Régent, dans son nom seul la preuve incontestable étoit une propriété particulière. Je ne parle ,sire, du droit que vous avez, et que coula Charte, de prendre toute mesure nécesan salut de l'État dans les temps de crise : à couvert les richesses qui peuvent tomcntrelesmainsderennemlest pour le roi un de devoirs les plus impérieux. Loin donc de faire aime aux ministres de Votre Majesté d'avoir à Buonaparte les propriétés de l'État , poorroit plutôt leur reprocher de lui avoir 30 millions en espèces, et 42 millions en . Dans une pareille circonstance, Buonaaoroit-il manqué de vider le trésor public lAne de spolier la Banque? Bien plus , son ^mmement n'essaya-t-il pas l'année dernière 'vnfoiter aussi les diamants de la couronne? ^ « reproches sont donc un mélange de déjMii et d'absurdité. Votre ministère, en lais- 'Wàtoonaparte 72 millions, pourroit être ac- ^ d'un excès de bonne foi ; mais ce sont là de CBiftotes que commet la probité , et que la con- Afcoœ absout.

On a voulu dire que le gouvernement royal , ^^Mèle à la Charte et à ses promesses, avoit ^i>^inDeoté les acquéreurs de domaines uatio- '*nz. Pour prendre connoissance de ces prétendu délits, une commission a été nommée par ^•^apartc. Quel a été le résultat de ses recher- Aa?

Le gouvernement royal méconnoissoit , dit-on ,

'* gloire de l'armée 1 Qui a plus admiré nos guer-

i'a que les Bourbons? qui les a plus noblement

récompensés? Qu'il me soit permis de rappeler que , dans un écrit publié sous les yeux de Votre Majesté, écrit qu'elle a daigné honorer de sa sanction royale, j'ai parlé des sentiments et des triomphes de notre armée avec une justice qui a paru exciter la reconnoissance du soldat '. Faut-11 se repentir de ces éloges? Non , sire , l'infidélité de quelques chefs et la foiblesse d'un moment ne peuvent effacer tant de gloire : les droits de l'honneur sont imprescriptibles, malgré les fautes passagères qui peuvent en ternir l'éclat.

EnOn , sire , vient la grande accusation de despotisme. Le despotisme des Bourbons! Ces deux mots semblent s'exclure. Et c'est Buonaparte qui accuse Louis XVIII de despotisme! Il faut bien compter sur la stupidité ou sur la perversité des hommes pour avancer des calomnies aussi gros* sières. Les plus audacieux mensonges ne coûtent rien à l'usurpateur \ il ne rougit point de tomber dans les contradictions les plus manifestes ; car en même temps qu'il représente le gouvernement royal comme violent et tyrannique, il lui reproche l'incapacité et la foiblesse.

Étoit-il tyrannique le gouvernement qui craignoit si fort de blesser les lois, qu'il a mieux aimé s'exposer aux plus grands périls que d'employer l'autorité arbitraire pour arrêter des conspirateurs? Étoit-il tyrannique le gouvernement qui^ armé de la loi de la censure, laissoit publier contre lui les écrits les plus séditieux?

A-t-on vu sous le règne de Louis XVIII^ comme sous celui de Buonaparte, plus de sept cents personnes retenues dans les prisons après avoir été acquittées par les tribunaux?

Le roi a-t-ii cassé les décisions des jurés? Le général Excelmans a-t-il été arrêté depuis le jugement qui déclaroit son innocence?

Si les généraux d'Erlon et Lallemant avoient tenté sous Buonaparte ce qu'ils ont fait sous le roi, vivroient-ils encore?

Quoi , sire , vous avez pardonné non-seulement toutes les fautes, mais encore tous les crimes! Après tant de malheurs , tant de souvenirs amers, tant de sujets de vengeance, un généreux oubli a tout effacé I Vous avez reçu dans votre palais , et ceux qui vous avoient servi , et ceux qui vous avoient offensé ; vous n'avez fait aucune distinction entre le fils innocent et le ills repentant; vous avez réalisé dans toute son étendue, dans toute sa simplicité, la touchante paral)ole de l'enfant

< Voyez, d-desgus, les RéfiexioMi poHtique$,

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prodigae; et on ose parler de la tyrannie des Bourbons I

< Ah I sire, quand tont le peuple rassemblé sous Yos fenêtres, la veille de votre départ, témoignoit, tantôt par sa morne tristesse, tantôt par ses cris d'amour, combien il chérissoit son père; quand les paysans de l'Artois et de la Flandre vous suivoient en vous comblant de bénédictions, ce n'étoit pas un tyran qu'ils pleuroient I Que le âls que vous avez privé de son 'père, que le citoyen que vous avez dépouillé se lève et vous accuse. Buonaparte o$era-t-il porter le même défi à la France?

Mais', sire , vosministres n'étoientpas de bonne foi : ils vouloient détruire la Charte. Le nouveau gouvernement de la France, employant les moyens les plus odieux pour attaquer le gouvernement royal, a fait rechercher soigneusement tous les papiers qui pouvoient accuser celui-ci. On a trouvé, dans une armoire secrète de Tappartement d'un de vos ministres, des lettres qui dévoient révéler d'importants mystères. Hé bien! qu'on^elIes appris au public, ces lettres confidentielles, inconnues, cachées, qu'on a eu la maladresse de publier (car la passion fait aussi des fautes, et les méchants ne sont pas toujours habiles)? Elles ont appris que vos ministres, différant entre eux sur quelques détails , étoient tous d'accord sur le fond ; qu'ils pensoient qu'on ne pouvoit régner en France que par la Charte et avec la Charte; et que les François aimant et voulant la liberté, il falloit suivre les mœurs et les opinions du siècle.

Si nous possédions les papiers secrets de Buonaparte, il est probable que nous y trouverions des révélations d'une tout autre nature.

Oui, sire, et c'est ici l'occasion d'en faire la protestation solennelle : tous vos ministres, tous les membres de votre conseil sont InviolableroeQt attachés aux principes d'une sage liberté; ils pui* sent auprès de vous cet amour des lois , de l'ordre et de la justice, sans lesquels il n'est point de bonheur pour un peuple. Sire, qu'il nous soit permis de vous le dire avec le respect profond et sans bornes que nous portons à votre couronne et à vos vertus : nous sommes prêts à verser pour vous la dernière goutte de notre sang, à vous suivre au bout de la terre , à partager avec vous les tribulations qull plaira au Tout-Puissant de vous envoyer, parce que nous croyons devant Dieu que vous maintiendrez la constitution que

vous avez donnée à votre peupte; que le von I plus sincère de votre âme royale est la liberté i François. S'il en avoit été autrement, sire,i serions toujours morts à vos pieds pour la fense de votre personne sacrée, parce que êtes notre seigneur et maître , le roi de nos notre souverain légitime ; mais , sire , nous u\ rions plus été que vos soldats; nous aurions i d'être vos conseillers et vos ministres.

Sire , un roi qui peut écouter un pareil gage n'est pas un tyran; ceux à qui votre gnanimité permet de tenir ce langage ne soiA j des esclaves. Avec la même sincérité, sire,] avouerons que votre ministère a pu tomber i quelques méprises. Quel est le gouveroementi bli au milieu d'une invasion étrangère, dui de tous les intérêt, des cris de tout^ iesj sions, qui n'eût pas commis de plus giansj reurs? Le gouvernement usurpateur nous donner une leçon utile : il n'a pas moment pour éloigner des préfectures et bunaux les hommes qu'il a présumés em son autorité , ou indifférents à sa cause ; il a] qu'un magistrat qui le matin avoit a< dans un sens ne pouvoit pas le soir ac dans un autre : il ne faut jamais placer un entre la honte et le devoir, et le forcer, poari ter l'une, h trahir l'autre.

Si le ministère de Votre Majesté n'a pai rigoureusement ce principe, c'étoit pour l'i cher plus scrupuleusement à la lettre de vos { clamations royales, qui, par une bonté promettoient à tous les François la com de leurs places et de leurs honneurs, n'est pas le défaut de sincérité, c'est toi trop de bonne foi qu'il faudroit reprocher i ministres.

Éviter les excès de Buonaparte, ne pas multiplier, à son exemple, les actes adi tifs, étoit une pensée sage et utile. Ce| depuis vingt-cinq ans, les François s'étoient coutumes au gouvernement le plus actif q^ie^^ ait Jamais vu chez un peuple : les ministres voient sans cesse ; les ordres partoient de parts ; chacun attendoit toujours quelque le spectacle ,j'acteur, le spectateur, chi k tous les moments. Quelques personnes blent donc croire qu'après un pareil mouvei détendre trop subitement les ressorts seroit M gereux. C'est , disent-elles , laisser des loisirs k% malveillance, nourrir les dégoûts, exciter ià

mpanisoitt inutiles. L'administrateur seeonlifc, accoutumé à être conduit dans les choses itmes les plus communes, ne sait plus ce qu'il oit foire, quel parti prendre. Peut-être seroitboD, dans un pays comme la France , si longnps enchanté par les triomphes militaires , Mninistrer vivement dans le sens des insUtuipciîiles et politiques , de s'occuper ostensible- Hit fa manufactures , du commerce , de Tagrinkic, des lettres et des arts. De grands travaux IMuidés, de grandes récompenses promises, dbtioetious éclatantes accordées aux talents , prix, des concours publics, donneroientune tendance aux mœurs, une autre direction oprits : le génie du prince , particulièrement pour le règne des arts , répandroit sur eux éelat immortel. Certains de trouver dans leur k meilleur Juge , le politique le plus habile, d'État le plus instruit, les François ne ent plus d'embrasser une nouvelle car ; les triomphes de la paix leur feroient ouïes succès delà guerre; ils croiroient n'avoir perdu en changeant laurier pour laurier, pour gloire.

Votre mhiistère, malgré sa vigilance, ses soins, tttention de toqs les moments, n'a pu préveee qoi étoit hors de sa puissance : quelques ont choqué quelques vanités. Il est bien de soigner, en France, cet amour-prod dangereux et si susceptible; si on le satisk peu de frais , H s'aigrit pour peu de chose ; ieoette source misérable peuvent encore red'époovantables révolutions. Mais les mi- , établis pour diriger les affaires humaittt peuvent pas toujours régler les passions Wttnes.

^j sire, voas tous apprêtiez à couronner

i «isititQtions doot vous aviez posé la base, en

[Madant dans votre sagesse l'instant propre à

flmnpUasement de vos projets. Vous saviez

f^ politique il ne faut rien précipiter ; vous

tétiez donné quelque temps pour essayer nos

•■■WjConnoltre l'esprit public, étudier les chan-

Inients que la révolution et vingt-cinq années

"Wges avoient apportés dans le caractère natio-

W. Suffisamment instruit de toutes ces choses,

^tviezdéterminé une époque pour le commen-

*«l de la pairie héréditaire; le ministère eût

;**il* plus d'unité ; les ministres seroient deve-

l^ttcmbrcs des deux CSiambres, selon l'esprit

^dela Charte; une loi eût été poposée afin

MÉUNÛES tK)UTlQUES. M7

qu'on pût être élu membre de la Chambre des députés avant quarante ans, et que les citoyens eussent une véritable carrière politique. On alloit s'occuper d'un code pénal pour les délits de la presse, après l'adoption de laquelle loi la presse eût été entièrement libre; car cette liberté est inséparable de tout gouvernement représentatif. On avoît, d'ailleurs, reconnu l'inutilité, ou plutôt le danger d'une censure, qui, n'empêchant pas le délit, rendoit les ministres responsables des imprudences des journaux.

Dieu a ses voies impénétrables et ses jugements imprévus ; il a voulu suspendre un moment le cours des bénédictions que Votre Mtyesté répandoit sur ses sujets. De ces Bourbons, qui avoient ramené le bonheur dans notre patrie désolée , il ne reste plus en France que les cendres de Louis XVII Elles régnent, sire, dans votre absence; elles vous rendront votre trûne comme vous leur avez rendu un tombeau.

Mais, au milieu de tant d'afflictions , combien aussi de consolations pour le cœur de Votre Majesté? L'amour et les regrets de tout un peuple vous suivent et vous accompagnent; des prières s'élèvent de toutes parts pour vous vers le ciel ; votre retraite d'un moment est une calamité publique. Je vois autour de leur roi les vieux compagnons de son infortune, ces vétérans de l'exil et du malheur, qui sont revenus à leur poste ; j'aperçois ces grands capitaines, si chers à l'armée, qu'ils n'ont jamais conduite que dans les sentiers de l'honneur, vrais représentants de la valeur françoise et de la foi militaire. D*autres maréchaux, qui n'ont pu suivre vos pas, ont refusé de violer les serments qu'ils vous avoient faits, plus glorieux dans leur repos que lorsqu'ils triomphoîent sur les champs de bataille. Une foule de généraux , de colonels , d'officiers et de soldats , déposent aussi des armes qu'ils ne peuvent plus porter pour leur roi. Les gardes nationales du royaume, celle de Paris à leur tête, expriment leur douleur par le silence de leurs rangs incomplets et déserts, et rappellent de tous leurs vœux le père qu'ils gardoient , le noble chef que vous leur aviez donné. Dans les emplois civils, dans la magistrature. Votre Majesté a pareillement trouvé une multitude de sujets fidèles : les uns ont quitté leurs places, les autres ont refusé d'humiliantes faveurs. Il s'est rencontré des hommes qui, se croyant négligés, auroient pu être tentés de suivre une autre fortune ; et pourtant ils n'ont point

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trahi le devoir ; ainsi , dans ces jours d'éprenve , l'honneur, comme la honte , a eu ses triomphes et ses surprises.

Parmi vos ministres , sire , les uns ont été assez heureux pour s'attacher à vos pas, les autres pour souffrir sous la main de Buonaparte. Les chefs les plus habiles de leurs administrations ont imité leur exemple : plus leurs talents sont éminents, plus ils sont heureux de les consacrer à Votre Mfyesté, et de les refuser à Tusurpateur.

Le clergé n*a point perdu Thabitude des persécutions : reprenant avec Joie sa croix nouvelle, il refuse à l'impie cette touchante prière qui demande au ciel le salut du roi. Les deux Chambres, qui conservoient avec Votre Majesté le dépôt sacré de la liberté publique, l'ont courageusement défendue. Rome, dans le siècle des Fabricius, eût nommé avec orgueil un citoyen tel que le président de la Chambre des dépotés. Sa proclamation , sa protestation , au sujet des avis de M. le duc d'Otrante , resteront , sire , comme un monument de votre règne et des nobles sentiments que vous savez inspirer.

Ajoutons, sire, que votre famille vient d'attacher à votre couronne une nouvelle gloire. Si MoNsiEUB, votre digne frère; si M'** le duc de Berry ; si M" le duc d'Orléans , placés dans des circonstances pénibles, n*ont pu rallier une foule désarmée , ils ont montré , au milieu des trahisons et des perfidies, l'élévation, le courage, la loyauté, naturels au sang des Bourbons. Ne croit-on pas voir et entendre le Béamois, lorsque M^ le duc de Berry , sortant des portes de Béthune , se précipitant au-devant d'une troupe de rebelles, les appelant à la fidélité ou au combat, les trouvant sourds à sa voix , répond à ceux qui l'învitoient à faire un exemple : « Comment voulez-vous frapper « des gens qui ne se défendent pas ? »

L'entreprise héroïque de M"^ le duc d'Angouléme prendra son rang parmi les hauts faits d'armes de notre histoire. Sagesse et audace du plan, hardiesse d'exécution, tout s'y trouve. Le prince, jusqu'alors éloigné des champs de bataille par la fortune , se précipite sur la gloire aussitôt qu'il l'aperçoit , et la ressaisit comme une portion du patrimoine de ses pères : mais la trahison arrête un fils de France aux mêmes lieux où elle avoit laissé passer Buonaparte. Que de malheurs M'^ le duc d'Angouléme eût évités à notre patrie, s'il avoit pu arriver jusqu'à Lyon 1 Un soldat rebelle, qui avoit vu ce prince au milieu du feu, disoit ,

en admirant sa valeur : « Encore une demi'keun^ « et nous allions crier vive le roi! »

Mais , que dire de la défense de Bordeaux pv Madame? Non, ce n'étoient pas des FraDcob que les hommes qui ont pu tourner leurs annd contre la fille de Louis XVI I Quoi 1 c'est rorpb|l| Une du Temple, celle qui a tant souffert parsoÉi et pour nous , celle à qui nous ne pouvons jamitii offrir trop d'expiations, d'amour et de respedf| que l'on vient de chasser à coups de caocn de« terre natale! Grand Dieu! et pour mettre à i place l'assassin du duc d'Enghien , le tynu deiî France et le dévastateur de l'Europe! Les ont sifflé autour d'une femme, autour de la de Louis XVI ! Si elle rentre en France, on appliquera les décrets contre les Bourbois, cV à-^ire qu'on la traînera à l'échafaud descm et de sa mère ! Elle a paru , au milieu de cesi veaux périls , telle qu'elle se montra , dans sa] mière Jeunesse, au milieu des assassins et bourreaux. Fille de France , héritière de Henril et de Marie-Thérèse , nourrie de tribulatiooseti larmes, éprouvée par la prison, les persécot et les dangers, que de raisons pour savoir priser la vie ! Je ne voudrois en preuve de lai probation du gouvernement de Buonaparte d'avoir laissé insulter madame la duchesse d'J gouléme; la représenter baisant les mains soldats pour les engager à rester fidèles, i'ai une femme furieuse, à l'instant où ses yc ses malheurs et son courage excitoient l'i tion de toute la terre , c'est se condamner aai pris comme à l'exécration du genre humain.

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