CHAPITRE IX
Ce qui rétulle de TioltUtUve taillée aux Cbambrei.
D'ailleurs l'initiative laissée aux Chambres est manifestement dans les intérêts du roi : la couronne ne secharge alors que de la proposition des lois populaires , et laisse aux pairs et aux député» tout ce qu'il peut y avoir de rigoureux dans la législation. Ensuite, si la loi ne passe pas, le nom du roi ne s'est pas trouvé mêlé à des discussions où souvent le mouvement de la tribune fait sortip de la convenance. D*une autre part , les ministres ne viendront plus violenter votre conscience, en s'écriant : « C'est la proposition du roi, c'est sa « volonté ; Jamais il ne consentira à cet amende- ^ment. »
Enfin , si les ministres sont habiles , Tinitiative des Chambres ne sera jamais que l'initiative ministérielle, car ils auront l'art de faire proposer ce qu'ils voudront. C'est l'avantage de l'anonyme pour un auteur : si l'ouvrage est bon, l'auteur le réclame après le succès; s'il ne réussit pas, il le laisse à qui la critique veut le donner. Encore le ministre est-il mieux placé que l'auteur; car, bonne ou mauvaise, la loi que ce ministre a chargé ses amis de proposer doit toujours passer aux Chambres, à moins qu'il n'ait adopté le système de la minorité f si ingénieusement inventé dans la dernière session. Renoncer à la majorité, c'est vouloir marcher sans pieds, voler sans ailes ; c'est briser le grand ressort du gouvernement représentatif : je le montrerai plus loin.