‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 151 sur 279 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

MisUtntioiis : qo^eUes sont de l*et8eDoe de la pairie.

^e ne répéterai point , sur les honneurs et les iriviléges à accorder à la pairie , ce que j*ai dit ^ les Réfkximis politiques. J'ajouterai seule-

' ^^kmt politiqyii. Rapport fait au roi, à Ganâ,

CHATCAVBaUIVD. -> TOME II.

ment qu'il faudra tôt ou tard rétablir pour les pairs l'usage des substitutions, par ordre deprimogéniture. Passées des lois romaines dans nos anciennes lois, mais pour y maintenir d'autres principes , les substitutions entrent dans la constitutionmonarchique. Leretraitlignageren seroit un appendice heureux : inventé à l'époque où les fiefs devinrent héréditaires, il rattacheroit la dignité à la glèbe ; et la terre noble feroit le noble plus sûrement que la volonté politique.

sut fortana domus , et avl namerantar avoram.

Tel est le moyen de rétablir en France des fa« milles aristocratiques , barrière et sauvegarde du trône. Sans privilèges et sans propriétés, la pairie est un mot vide de sens , une institution qui ne remplit pas son but. Si la Chambre des pairs a moins d'honneurs et de propriétés territoriales que la Chambre des députés , la balance est rompue : le principe de l'aristocratie est déplacé, et va se réunir au principe démocratique dans la Chambre des députés. Cette dernière Chambre acquerra alors une prépondérance inévitable et dangereuse , en joignant à sa popularité naturelle l'égalité des titres et la supériorité de la fortune.

Quand et comment faut-li exécuter ce que je propose pour la Chambre des pairs? On l'apprendra du temps ; mais, quoi qu'on fasse, il faudra en venir là, ou la monarchie représentative ne se constituera pas en France.

Au reste, les séances de la Chambre des pairs doivent être publiques , sinon par la loi, du moins par l'usage , comme en Angleterre. Sans cette publicité , la Chambre des pairs n'a pas assez d'ac-^ tion sur l'opinion , et laisse encore un trop grand avantage à la Chambre des députés.

L'intérêt du ministère réclame également cette publicité : l'attaque légale contre les ministres commence à la Chambre des députés, et la défense a lieu dans la Chambre des pairs. L'attaque est donc publique , tandis que la défense est secrète? Les principes de deux jurisprudences opposées sont donc employés dans le même procès? Il y a contradiction dans la loi , et lésion pour la partie.

Quittons la Chambre des pairs : venons à la * Chambre des députés.

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