‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 155 sur 279 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

bangen de la libtrté dé la preoe. Journaux. Lois fiscales.

Mais la liberté de la presse a des dangers. Qui ^ignore? Aussi cette liberté ne peut exister qu'en ayant derrière elle une loi forte, immanis lex, qui prévienne la prévarication par la ruine, la calomnie par l'infamie, les écrits séditieux par la prison, Texil, et quelquefois par la mort : le Code a sur ce point la loi unique. C'est aux risques et périls de Técrivain que Je demande pour lui la liberté de la presse ; mais il la faut , cette liberté , ou, encore une fois, la constitution n'est qu'un Jeu.

Quant aux Journaux , qui sont l'arme la plus dangereuse, il est d*abord aisé d'en diminuer l'abus , en obligeant les propriétaires des feuilles périodiques, comme les notaires et autres agents publics , à fournir un cautionnement. Ce cautionnement répondroit des amendes , peine la plus juste et la plus facile à appliquer. Je le ilxerois au capital que suppose la contribution directe de 1,000 francs, que tout citoyen doit payer pour être élu membre de la Cbambre des députés. Voici ma raison :

Une gazette est une tribune : de même qu'on exige du député appelé à discuter les affaires que son intérêt, comme propriétaire, l'attache a la propriété commune , de même le Journaliste qui veut s'arroger le droit de parler à la France doit être aussi un homme qui ait quelque chose à gagner à l'ordre public , et à perdre au bouleversement de la société.

Vous seriez par ce moyen débarrassé de la foule des papiers publics. Les Journalistes , en petit nombre, quipourroientfoumircecautionnement, menacés par une loi formidable , exposés à perdre la somme consignée, apprendroient à mesurer leurs paroles. Le danger réel disparoîtrolt : l'opinion des Chambres , celle du ministère et celle du public seroient connues dans toute leur vérité.

L'opinion publique doit être d'autant plus indépendante aujourd'hui, que l'aitide 4 de la Charte est suspendu. En Angleterre, lorsque Vhabeas corpus dort, la liberté de la presse veille i^ sœur de la liberté individuelle , elle dé*

Ubetfë de la presse par rapport nix mlidta.

Les ministres seront harcelés , vexés, ioqoKj tés par la liberté de la presse; diacimleur^ nera son avis. Entre les louanges , les conseiM les outrages, il n'y aura pas moyen de goinrer

Des ministres véritablement constitiit ne demanderont jamais que, pour leur < quelques désagréments, on exposelacoi Ils ne sacrifieront pas aux misérables int leur amour-propre ladignitéde lanaturehi ils ne transporteront point sous la moiiai irascibilités de raristocratie. « Dans l'aristc « dit Montesquieu, les magistrats sont dej « souverains qui ne sont pas assez grands « mépriser les injures. Si dans la monarchie^ « que trait va contre le monarque, il estsil « que le trait n'arrive point jusqu'à loi. Un « gneur aristocratique en est pereé de part « part. »

Que les ministres se persuadent bien qu'il sont point des seigneurs aristocratiques. lisi les agents d'un roi constitutionnel dans ose j narchie représentative. Les ministres babil( craignent point la liberté^ de la presse; on attaque, et ils survivent

Sans doute les ministres auront contre ami Journaux; mais ils auront aussi des je pour eux : ils seront attaqués et défendus , ^ cela arrive à Londres. Le ministère angiAi met-il en peine des plaisanteries de l'oppostt* et des inyures du Momifig-ChroniekfQ»^ t-on point dit, que n'a-t-on point [écritcsÉI M. Pitt? Sa puissance en souffrit-elle? Sa gbl en fut-elle éclipsée?

Que les ministres soient des hommes detaiert qu'ils sachent mettre de leur parti le publie di majorité des Chambres , et les bons écriTsini^ treront dans leurs rangs,et les journaux les fû0 faits et les plus répandus les soutiendront IM ront cent fois plus forts, car Ils marcheront iki avec l'opinion générale. Quand ils ne voodrt plus se tenir dans l'exception, et contraria ft prit des choses, ils n'auront rien à cndndie'

< On se retranclie dans la difficalté de faire afl« bopttj sor la liberté de U presse. Celle loi est ceftaiiwawai «»»■ mais Je cpols la savoir possible. J*al là-dessus des ide»*" técs, dont le dévetoppemeot sewit trop tons pourcrt o«ff^

HÉLANGBS POUTIQUBS.

•fKfbmeor poonaleDr dire. Enfin, tout n'est liîjiytdaBS un gouvernement pour des ministrn.'ii fiât vouloir ce qui est de la nature des tutitatioos sous lesquelles on \it ; et , encore une fris, Il n'y a pas de liberté constitutionnelle sans Jkité de la presse.

, l Dk dernière considération importante pour

%riBistres , c'est que la liberté de la presse les

'i^ps d'une responsabilité fttcheuse envers

|i|HTemement8 étrangers. Ils ne seront plus

de toutes ces notes diplomatiques

lesr attifent l'ignorance des censeurs et la

des journaux ; et , n'étant plus forcés d'y

', ib ne compromettront plus la dignité de

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