‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 177 sur 279 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Suite da précédent.

Ces systèmes se fortifièrent encore quand un homme resté à Paris fût , par une autre fatalité , Jeté dans le ministère.

Ce personnage fameux , qui n'avoit pris d'à* bord aucun parti, mais qui, dans toutes les chances, vooloit se ménager des ressources, faisoit porter des paroles à Gand, comme il enfaisoit pro-

MÉLAMtli MURQim

bsUoDflMt forte aMtoM. UMMdtiMpiiiinite

se foroioit pour lui à Biesare que nom avaneioiii en FraDoe. Il ne 1^ plae poaiible d'y résteter en aHfoohBot de Paris. Toot s'en méUif la religion comme l'iaii^élé, la ycrta eom^ie le viee, le royaliste comme |e r^Yoluttonnaire, Tétranger comme le François. Je n'ai Jamais vu un vertige plus étrange* On eHoit de tontes parts que, sans le ministre proposé , |1 n'y nvoit ni sûreté pour le ro} ni salqt pour la Fcapce ; ijue lui seul avoit empêché une grande bataille, que lui seul avoit 4éjà sauvé Paris i que lui seul pouvoit ac\^ever sou ouvragie.

Qu'on me permette une vanité : Je neparlerois pas de l'opiuion que Je manifestai alors, si elle avoit été ignorée du public. Je soutins donc que, dans aucun cas • il ne falloit admettre un tel ministre ; que si jamais on lui livroit la conduite des affaires , il perdroit la France , ou ne resteroit pas trois mois en place. Ma prédiction s'est accomplie.

Outre les raisons morales qui me Aiisoient penser ainsi , deux raisons me sembloient sans réplique.

En politique, eomme en toute chose, la première loi est de vouloir le possible : or, dans la nomination proposée il y avoit deux impossible lités.

La première naissolt de la position particulière où se trouveroit le ministre par rapport à son Aialtre;

La seconde venait deeet empidiemailoonstituttonnel qui fait le jugement du xxix* chapHre de la première partie de cet ouvrage.

SI Ton eroyoit qu'un homme de cette nature étoit utile, il (àllolt le laisser derrière le rideau , le combler de biens , élever sa fiimille en proportion des services qu'il pouvoit avoir rendus , pren* dre en secret ses conseils, consulter son expé» rience. Mais on auroit dA éviter de ftdre violence à la couronne pour le porter ostensiblement au ministère. An reste, il fut presque impossible aux meilleurs esprits d'échapper à la force des choses et à l'illusion du moment.

Je me rappellerai toute ipa vie la douleur que l'éprouvai à Saint-Denis. Il étoit à peu prèn neuf neures^du soir : j'étois resté 4aiis une des diamlues qui précédoient celle du roi. Tout à coup la porte s'ouvre : je vois entrer le président du con* fcii, s'appuyantsur le bras du nouveau ministre... P Loui» le Déliré! 6 mon malheureux mattre.

vensavis pMivé fiflli'y aprint éaiMliaBfi votre peu]^ ne pnisse attoodpe de votre cœur fitaroell

CHAPmS VI.

PniQh^ p«q|«t 49 K((ii4 ptolMf^

Le eonsell installé, H ÉJIett qu'il adopMtimi mardie; le nouveau ministre admis voolat M Cilre prendre la seule possible dans sesintéiêli particullerf . Il sentolt i'inoompatibliité de ns existence ministérielle avec le jeu de iamonardiii repiésentad va. il comprit très-bien que si la km aimée î§ifiUm$ et laforeepolltique pardileneÉ UUgiHmê n'étoient pas conservées , sa Auteélii inévitable. U savon qu'on ne lutte pas eoatieli farce des choses ; et eomme il ne pouvoit s'anik gamer avee leaélémeBtsd'ongoavemeBMBlMpIf il' voulut rendre ces éléments homogènesi iB piH

pre nature.

Sonplan ftitsnrlepofait deiéuisIrtfltiiéaiM terreur ftotiee avant que la eonr entrât dam Fi* ria. Supposant des dangers imaginaires, il prétoadoit faraer la couronne à reeonnoitpe fa» deo GbambroadeBuonaparte, et à accepter la dédi* ration dearffvte qu'on s'étolt hâté de ilnir.LM* XVIII eûtétéroi par lesconsttotions deFempire; le peuple lui auroit Hait la gràee de le choisir ponr chef; il eût daté les actes de smi gQuvemesieotde l'an 1^ de son règne; les gardes du cmrpsct iei eompagniea ronges eussent été lieeneiés; l'anée de HUA» conservée ; et la ooeavde blanchi, tff lâchée à quelques soldats fiddes arrivés ds rcd aveele roi, eAt été remplacée par la eoeardetf» eolore des rebeUes , encore arméa eontra I» ioi»

rain légitinie.

Alors la révoluUmi cAt été, en effet, esaK)» mée ; la fiunille nqrale fiftt restéelàqneiqnetoayii jusqu'au Jour on le penpie souverain , et les ni* nistres, plus aonveraina encore, eosseat j«(i bon de dianger et le monarque et la nanarckli. A cette époque iaflsetion révolutionnaire animB* mit m^me quelques mots de la néoesiité d^èiilo les princes} le pmtj^ étoit d'isoler \»isM^^ famille.

CBAPITKB VII.

Suite do premier plaa do leoond mloistèn.

Gq^endant on oontinnoit d'étv la divedilo<t

ce qu'ilplaisoitau parti dedébiter.Lesptalch*"* royalistes accouroieat pqnr nous dire 9 de la Dtfi^

|eure foi du mondiç > ^alie fol eBlratt difli fi*

HÉUHGBt peunQun.

■HMcrie ; que ii Toa ne prepoU pas la cocarde trieoloi«| il y auroit une ioeuriecUoo g^ioérate* Ih nia il garde oattoDala paseott par-deeeiie Kee pndeFvif pour vi»ilr proteit^ 40>ondiéveue* prt; ea aiHMroît que cette gaide éteit mi9i diepin U ûction avoit fiMmé ioa barrièrea pour ilMMr tepeople de voler au-devant de ion eau* laai; il y avoit eaitfaraUoii anlaal contre ee pm fpivle qœ contre le mi. L'avengleinent tÉaiîiealeiUL ; car alors Tarmée Irançoieç , foi pHitia Aire le aenl danger» se retiroit eur la )tfR{ aqit eiaipiante mille floldeta éuannrt 04flVBicDt lei poètes , les avenues et lee barrières fc Ml, on ils alloient entrer dans vingt^(inatre Iwanpsf capitulation ^et l'on prétindoit ^oiyoure pi k loîi avec ses gardes et ses a||fés « n'éteât imiiei fort pour pénétrer dans une ville on il ne ptoit ps un soldat , ou il n'y avoit plus que des IppoJsfldèleSy très-eapablesàeux seuls decon- Wrw poignée de fédérés, ai ceux-ci s*étolent lAéf de vouloir faire un mouvement Un posa cependant quelque choie de bien INpBàdeflsiUer les yeux : le gouvernement pro- Mr fût dissous» mais il le Ait par une espèce Itae'd'aeeusatioa contre la couronne ; c'étoit la Ibnc d'attente sur laquelle on espéroit liétir la MstiOD à l'avenir. Quelques personnes furent H pen étonnées ; noais le ministre ayant assuré |ill B'avoit pas «i d'autre moyen de diuoudre le plîmeinent provisoire » on le crut. Or, remar-* pBfpe le ministre lui seul avoit toute la puis* pci dans ce gouvemement, et que, s'il avirit MilaiiKr faire, ces directeurs, si dittcilesà ikHnr avee cent cinquante mille alttés et toute bnama du ni , auroient été Jetés dans la Seine lirdipiiitebninaaes de la garde natiwiale.

CHAPITBE VIII.

Sa ptonler pian da imoimI minif tère.

Teitt» Mtte flomédie finit par Je ne sais quel ha* ud : k Bouvean Ureetoire , les pairs et les repré- HitaDts de Buonaparte furent chassés : la maison ^ roi De fut point dissoute; on ne prit point la Ksrde tricolore, grâce aux nobles sentiments du oUe béritinr de Henri IV, qui déelaiu qu'il ai-

'£itMiieié dânt les met d? Ptrii cet acte imprimé pour •nte, vu papier à VaigU, avee deux ou trois phrases qui •m pas dans la ifonOnr» ot où U Cil dit que les booB*- ^SBQif/orciéf de s^élolgner, doivent garder leurs boDnes

merait mianx letwiineg à Harturel) le in^ean blaneiloiteaurles'Mlerles|oneBtrmpaisiblemenl dansParis^et, au grand ébalilssement des dupes, jamaia le roi ne fiit mieux reçu , Jamais les gardée dueorpene fkurent mieux aceueillia. La prétendue résistance que l'on devolt renocotier ne se montra nnlte part; et lesobstaetes, qui n'avoient Jamais existé , s'évanouirent.

CébM une eheae curieuse A observer que l'air stupéfait et un peu honteux qui régna sur les vi« sages poidant ^lelquc temps dans les sodétés de Paris. Ghaeua voulolt cMoeet pour se Justiftnr, soutenir que le choix du nouveau ndnistra éudt un riioix indispensable ; nuis à mesura que l'opi^ nion de la province et de rBurope se fsiiolt coq« nottre ( et la province et rSnrape n'eurent pas un moment dlllusion ) , à mesura que la terreur ces* soit à Parts, on ravenoit au bon sens : on ne tarda pas à découvrir l'impossibilité ab|Dlue de garder en entier ee minislàra, qu'on avoit de* mandé à la couronne avec une sorte de fareur» N'accusons personne : il étoit tout simple que ceux qui s'étoient crus protégés pendant les Cent» Jours (et qui auroient été eruelloaient détrom^ pés si la bataille de Waterloo eftt été perdue par les alliés), il étoit tout simple, dis»Je, que ceux-là fussent sous riUusion de la reconnois^ sance. Mais puisqu'ils ont été si proptenumtlbr» ces de reconm^re leur «rreur, cela leur deviott donner moins d'assurance dans leun nouvdles asserUons. Quand ils excusent aujourd'hui toutes les fautes que l'on peut fiafre , quand ils sontlen^ nent avec la même oonvi^on que sans tel ou tel ministre nous serions inévitablement perdus i qu'ils se raMpelient leur enthousiasme pour un entra personnage , le ton tranchant avec lequel lia affirmolent que rien ne pouvcrit aller sans lui, leura grands raisonnemento, leurcolèra contra les pro« fanes qui n'admiraient pas , qui oeeient douter df rinfaillibilitédu ministre : alors ils apprendront à se méfier de leur propre Jugement , etfseront plus réservés dans la distribution de lemrs anathèmes.

. GHAPinUB IX.

Division du second ministèra.

Le pten général ayant avorté^ te minisira qui favoit conçu, s'il eût été sage, ett donné sa dé» miwion $ car, d'un céte , les deux ImpoesUiilitée de sa position naturalle l'empéchoient , comme Je l'ai dit, d'entrer dans le ^slème du gouverne^ BMBt iégMme; et^ de l'àutra^ il ne pouvait plue

Utk

MÉLANGES POLITIQUES

suivre le syslème révolutkNuiaife, puisque odiii* ci venoit de manquer par la base. Si cette retraite avoit eu lieu, le miuistère amélioré auroit pu se soutenir; il ne se seroit pas trouvé engagé dans la fausse position qui devint la cause de ses fausses démarches et précipita sa chute.

Le président du conseil , dégagé du tourbillon qui Tavoit d*abord entraîné, revenoit à des idées plus Justes, et désiroit administrer dans le sens royaliste et constitutionnel. A celte fin , il iàlloit une Chambre des députés , et cette Chambre Ait convoquée. Les électeurs adjoints, les présidents des collèges électoraux furent généralement choi* sis parmi les hommes attachés à la royauté. Mais précisément ce qu*il y avoit de bon dans ces mesures tendoit à dissoudre l'administration, puisque par là se trouvoit menacé le ministre attaché à la révolution : ce ministre , en s*eflbrçant même d'entrer dans la Chambre des députés, montrait de son c6té une ignorance complète de sa position.

Comment un homme étoit-il devenu si aveugle sur son intérêt politique, après avoir été d'à* bord si clairvoyant? C'est qu*ayant été arrêté dans son premier plan , il ne pouvoit plus empêcher la constitution de marcher, ni l'arbre de produire son fruit; c'est qu'il se fit peut-être illusion; qu'il pensa que la Chambre des députés entreroit dans le système révolutionnaire. Et d*ailleurs, vain et mobile, ce ministre, dont le nom rappellera éternellement nos malheurs , se croit seul capable de mattriser les tempêtes, parce qu'il a l'expérience des naufrages, et sa légèreté semble être en rais(m inverse de la gravité des affaires qu'il a traitées.

Lorsque Cramwell signa la sentence de mort de Charles P", il imrbouilla d'eficre le visage de Marten, autre régicide auquel il passoit la plume. C'est une prétention des grands criminels de supporter gaiement les douleurs de la conscience.

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