‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 176 sur 279 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

IHi Mooad mlniatète. Sa formaUoB.

Le principal ministre du premier ministèf e fut porté d'un commun accord à la tête du second. La plus belle carrière s'ouvroit devant lui ; il pouYoit achever son ouvrage et consolider le trône qu'il avoit puissamment contribué à relever. Il lui suffisoit de bien sentir sa position, de renoncer franchement à la révolution et aux révolutionnaires, d'embrasser avec franchise la monarchie constitutionnelle, mais en l'asseyant sur les bases de là religion , de la morale et de la Justice ; en lui donnant pour guides des hommes irréprochables,' nécessairement fixés dans les intérêts de la couronne.

Le nom de ce ministre, ses talents, son expérience des affaires, son crédit en Europe, tout l'appeloit à remplir ce rêle aussi brillant pour lui qu'utile à la France. Il auroit joui , dans la postérité , du double éclat de ces hommes extraordinaires qui perdent et qui sauvent les empires. A force de gloire , il eût forcé ses ennemis au silence.

Naturellement enclin à embrasser ce parti, et par l'empire de sa haute naissance, et par la rare perspicacité de son jugement, il en M détourné par une de ces fatalités qui changent toute une destinée. Trop longtemps absent de la France, il n'en connoissoit pas bien le véritable esgrii : il interrogea des hommes qui le trompèrent ; car il est peut-être encore plus habile à juger les chor. ses que les hommes. Le ministre rentra donc , comme malgré lui^ dans les systèmes dont il s^toit la nécessité de sortir.

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