CHAPITRE XXVI
Cooseils des départemeots.
Le sophisme engendre l'illusion ; PillusioB détrompée produit l'humeur, anime l'amour-propre : on se pique au Jeu. Il seroit plus simple de dire : J'ai tort, et de revenir; mais on ne le fiilt pas.
Les départements avoient bien reçu leurs députés; cette réception tendoit à prouver que l'opinion étoit royaliste, mais il restât une res« source : les cooseils des départements alkHent s'assembler. S'ils se plaignoient des députés ou ne montroient pour leurs travaux que de l'indiféreaoe , le trlsmphe était ènooré pesiiMe. On
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MÉLANGES POUTIQUES.
eût fait valoir les adresses des eonseils ; on se serolt écrié : « Vous le voyez I nous vous l'avions
• bien dit. Voilà la véritable opinion de la France.
• Êtes-vous maintenant convaincus que la Cbam- « bre n'a point été choisie dans le sens de i'opi- « nion générale, opinion qui est toute dans les « intérêts révolutionnaires? ÉcouteE les conseils « généraux ; ils sont les organes de l'opinion pu* « blique. »
Qu'est-il arrivé? Les conseils ont aussi fait réloge des députés. Eh bien 1 les conseils ne sont plus les organes de l'opinion publique I On sait que toutes ces louanges sont des coups montés, des affaires de cabale et de parti. On sait que l'on rédige une adresse comme on veut, etc.
Ordre aux Journaux de se moquer des honneurs rendus aux députés; ordre aux conseils généraux de ne députer personne à Paris , parce qu'on ne veut pas qu'on vienne dire au pied du trône combien la France est satisfaite de ses mandataires. On ne recevra que les adresses des conseils; et ces adresses , on ne les mettra que par extrait dans le Moniteur, en ayant soin d'en retrancher tous les éloges de la Chambre,
Enfin , comme les conseils votent des remerdments et des témoignages d'estime à leurs députés, ordre encore de n'accorder ces remercfments et ces témoignages d'estime qu'avec la permission de la couronne. Pour motiver cet ordre extraordinaire , il faut faire violence à toute l'histoire ; il faut dire que la couronne eut seule , en tout temps, le droit de décerner des honneurs, tandis qu'il n'est personne qui ne sache que, depuis Clovis Jusqu'à nos Jours, les villes, les corps , les confréries , ont été en possession de ce droit ; Jusque-là qu'on tiroit quelquefois le canon pour un écolier qui avoit remporté un prix à l'université.
Et quand il eût été vrai que ce droit n'eût pas existé sous la monarchie absolue, ne dérive-t-il pas tout naturellement de la monarchie constitutionnelle? Si les départements ont le droit d'élire des députés , n'ont-ils pas celui de dire à ces députés qu'ils sont contents de leurs services ? Quelle pitié que tout cela I
Tel est le fatal esprit du système : quiconque en est possédé ferme les yeux à la vérité. Les hommes de la meilleure foi du monde se donnent l'air de tout ce qui est opposé à la bonne foi ; avec . les idées les plus généreuses ^ ils gouvernent comme Buonaparte, par les moyens les moins
généreux. Mais, pour administrer ainsi, oiit*ili la forée de Boonaparte? Les adresses sont eoa* nues; elles arrivent de toutes parts; chacun lei reçoit; chacun voit pourquoi on cherche à la étouffer : on rit ou l'on rougit , en restant oodvaincu plus que jamais que la majorité de laChai» bre des députés est dans le sens de TopinioD dek France.