‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 197 sur 279 · CHAPITRE XXXL Que les épamUons partidtes loot one ii^fatfei · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXL Que les épamUons partidtes loot one ii^fatfei

Après tout, puisqu'on avoit embrassé le ST^ tème des intérêts révolutionnaires, c'étoituu chose forcée que de repousser celui des épuratiooi Mais lorsqu'on suit une route, il faut y oiarciKr franchement , rondement ; et c'est ce qu'on ne fit pas. On prit encore le plus mauvais parti, dan un mauvais parti : on en vint aux épurations pa^ ttelics, et l'on convertit ainsi un grand acte de Justice en une injustice criante.

Il y a un esprit de Justice chez les hommes qui fait qu'on ne se plaint point d'une mesure générale, lorsqu'elle est fondée sur la raison et sur les faits; mais une mesure particulière, qui n'a l'air que du caprice , révolte tout le mondè|, et nen* tisfait personne.

Quel a été le résultat des épurations partieliest Tel homme a perdu sa place oa sa pension , pour avoir signé une seule fois l'Acte additionnel ;td autre qui l'a signé quatre on cinq fois, en quatre ou cinq qualités différentes, conserve ses places et ses pensions.

Celui-ci aura accepté un emploi pendant tes Cent-Jours , et il sera déclaré indigne de le garder aujourd'hui ; celui-là se sera conduit de la me» manière, et conserve ce qu'il avoit mal acqiii

Un fonctionnaire public descend du hant i«C qu'il avoit conservé sous Buonaparte après ravôi reçu de Louis XVIII, on le punit; mais sonvaisin avoit sollicité de l'usurpateur le même rang, et ne l'avoit point obtenu. Dédaigné de BQOPaparte, il Jouit du témoignage d'une oonscieott pure , de la gloire de la fidélité , et des &veiirada gouvernement légitime.

Des fédérés ont reçu l'institution royale, etoa magistrat qui, dansune cour obaenre , a piètémi misérable serment , éprouve toute la sévérité de l'épuration.

Comme il fout que tout soit compensé danseette vie , des Juges royalistes , des citoyens qui se aoot conduits avec courage pendant les CentJoen) ont perdu leur emploi , et on a mis à leur place des partisans de l'usurpateur : tant on s'est piip^ d'impartialité! Eucoi-e n'a-t-on pas réellemeat écarté certains fi)nctionnair«ji désignés par T^i*

MÉLANGE» BOUTIQUES

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iriM piUiqM ; on bft a fieiikaieB 1 6tàB d'une pro- Tînee i pour les.XBira passer avee plus d'avantages {bol une autre.

lo homme que Je ne eonaolssois pas, et qui #TOit été éloigné par Teffel des épurations , vint un jour me demander quelques services : il eut iiuiveté de me dire qu'un ministre lui avoit proùdele replacer aussitôt que cetie Chambre fw tihnde serott^renvoyée. J'admirai la grandeur è II Providence, et je bénis Dieu de ce que cet kiméte liomme étoit venu s'adresser à moi.

Godemi-épurations prolongées produisent en* 4019 on autre mal : elles sèment la division dans iaprovinees; elles encouragent les petites vengnnees , les jalousies secrètes , les dénonciations. CiMesB, dans l'espoir d'obtenir la place de sonvoiiiii , ne manque pas de raconter ce qu'a ftiit ce Toiiln, ou d'inventer sur son compte quelques ctlomaies. Si l'on avoit d'abord frappé un grand cosp, qu'on en Aât venu à une large épuration , « M leroit soumis, et la vindicte publique eût été satisfaite. On se plaint aujourd'hui des dénon-

aaliODs , et on a raison ; mais à qui la foute? N'esttt pss les tergiversations et les demi-mesures qui in ont lUt naître? Il fout savoir ce que Ton veut •^undonadmînistre : mieux auroit-il follu dire : « U a'y aura point d'épuration , » et tenir ferme , fie de D'avoir la force ni de suivre le système 4poié, ni de le rejeter entièrement.

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