CHAPITRE XXXII
Su riMapactté présamée des royalistes, et U prétendue bablleté de leurs adversaires.
bfia, ^ c'est ici la dernière opinion qui nous RAe à examiner, on prétend que les royalistes M iaeapables ; qu'il n'y a d*habiles que les bomw sortis de l'école de Buonaparte, ou formés Pt la révolution.
Apporte-t-on quelque raison en preuve de cette *>KitioD? Aucune ; mais on regarde la chose MimedénMmtrée. «Nous vouions bien des royar ^i*^,Qous dit-on ; mais donnez-nous en que nous PMmsemployer : faute de quoi nons prendrons ks idministrateura de Buonaparte , puisque eux MU ont du talent. »
Ainsi, l'on reononte encore la dialne, et l'on Ktoome au premier anneau : les royalistes ne ^vcnt être utiles , parce qu'ils manquent de cafietté et de savoir; l'épuration est donc bnpossil^f parce qu'on n'auroit plus personne pour ad- Ml font dopc gagner les bommes habiles ,
qu'on est forcé d'employer; doue il faut ménager les intérêts révolutionnaires.
J'ai une question préliminaire à proposer. La pi upart de ceux qui ont gouverné la France depuis la restauration étoient-ils des royalisles? Si i'im répond par rafflrmative, J'avoue que le sy*tèœe qui condamne les serviteurs du roi comme incapables n'est que trop vrai. Les foutes ont été énormes ! Mais il y aura du moins cette petite consolation : si l'incapacité est le caractère distbictif du royalisme, il fout convenir qu'on a calomnié certains administrateurs, lorsqu'on a prétendu qu'ils n'étolent pas attachés à la monarchie : Je les tiens pour les st^ets les plus fidèles qui fur^ oncques dans le royaume de saint Louis.
Bésout-on la question que J'ai foite par la négative, Je demande alors si la manière dont la France a été conduite les deux dernières années prouve que les administrateurs sortis de la révolution sont d'habiles gens. Qu'auntoit fait de pis les royalistes, s'ils eussent été appelés au maniement des affaires? C'est une chose vraiment curieuse que des hommes qui sont tombés au moindre choc , qui n'ont pas fait un pas sans foire une chute, qui ont laissé Buonaparte revenir de l'ile d'Elbe , et la France périr entre leurs mains ; que ces hommes osent se vanter de leur capacité, se donner l'air de mépriser les serviteurs du roi. Et comment pouvez- vous dire que les royalistes sont incapables, puisque vous ne les avez pas employés 7 jYous, dont l'administration a été si funeste , vous n'avez pas le'droit de les Juger dédaigneusement avant de les avoir mis à l'œuvre. Essayez une fois ce qu'ils peuvent : s'ils se montrent plusignares que vous , s'ils fontplusde fautes que vous n'en avez fait, vous reprendrez alors les rênes , et tous vos systèmes seront Justifiés.
On peut affirmer une chose : avant l'époque dn 30 mars 1 8 15 , si toutes les administrations eussent été royalistes , elles n'auroient peut-être pas empêché le retour de l'homme de l'Ile d'Elbe; mais , à coup sûr, elles n'auroient ni trahi le roi ni servi l'usurpateur pendant les Cent- Jours. Quatre-vingt-trois préfets, imbéciles si l'on veut, mais résistant à la fois sur la surface de la France , saroient devenus assez fâcheux pour Buonaparte. Dans certains cas , la fidélité est du talent comme l'instinct du bon la Fontaine étoit dn génie.
Kt
MÉLANGES POLITIQUES