CHAPITRE XXXni
Dugsr et faoïseté de ropinion qai n*aooonl« dliabUfté qa*aax bommet de la révolution.
G*e8t un bien faux et bien dangereux système, un système dont Texpérienoe nous a coûté bien cher, que celui qui ne voit de talent pour la France que dans les hommes de la révolutiim. Buonaparte , a dit mon noble ami M. de Bonald , a pu former des administrateurs, mais il n'a pu créer des hommes d'État; belle observation dont voici le commentaire.
Qu'est-ce qu'un ministre sous un despote? Cest un homme qui reçoit un ordre , qui le fait exécuter, juste ou injuste, et qui , dispensé de toute idée, ne connott que l'aAitraire, n'emploie que la force.
Transportez ce ministre dans une monarchie constitutionnelle , obligez-le de penser pour son propre compte, de prendre un parti , de trouver les moyens de faire marcher le gouvernement, en respectant toutes les lois , en ménageant toutes les opinions, en se glissant entre tous les intérêts , vous verrez se rapetisser cet homme , que TOUS regardiez peut-être comme un géant. Tous ses chiffres, tous ses résultats positifs, tous ses résumés de statistique lui manqueront à la fois. Il ne lui servira plus de rien de savoir combien un département renferme de bétail , combien tel autre fournit de légumes, de poules et d'œufs ; Smith et Malthus lui deviendront inutiles. Aussitôt que les combinaisons morales et politiques entreront pour quelque chose dans la science du gouvernement, cette tête carrée se trompera sur tout, cet administrateur distingué ne sera plus qu'un sot.
J'ai vu les coryphées de la tyrannie déconcertés, étonnés, et comme égarés au milieu d'un gouvernement libre. Étrangers aux moyens naturels de ce gouvernement, la religion et la justice, ils vouloient toujours appliquer les forces physiques à l'ordre moral. Moins propres à cet ordre de choses que le dernier des royalistes , ils se sentoient arrêtés par des bornes invisibles ; ils se débattoient contre une puissance qui leur étoit inconnue. De là leurs mauvaises lois, leurs faux qrstèmes, leur opposition à tous les vrais principes. Ce qui fut esclave ne comprend pas l'indépendance ; ce qui est impie est mal à son aise au pied des autels. Ne croyons pas que tous les hommes de la révolution aient conservé leur fatal
génie ! Sous un gouvernement moral et régulier, ce qu'ils possédaient de facultés pour le mal est devenu inutile. Ils sont pour ainsi dire mor^an
milieu du monde nouveau qui s'est formé autour , d'eux; et nous ne voyons plus errer parmi nom que leurs ombres ou leurs cadavres inanimés,