‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 208 sur 279 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

Suite du piéeédent*

Le dévouement est l'objet étemel des pi teries de ces hommes qui ne craindroientpai supplice inventé par les anciens peuples de la manie pour les infâmes : on les enseveliroit la boue, qu'ils y vivroient comme dans leor ment. Le voyage de Gand est appelé par eox Voyage sentimental. Ce bon mot est sorti cerveau de quelques commis, qui, toujours fidi à leur place , ont servi avant , pendant et aprèi Cent- Jours ; de ces honnêtes em ployés, bien pa; aujourd'hui par le roi , qui ont applaodi de ti leur cœur au voyageorsentimentai de l'iled'Elfai et qui attendent son retour de Sainte-Hélène.

Allez proposer un soldat de l'armée de Oonê à ces loyaux administrateurs : « Nousnevooloi^ « répondent-ils, que des hommes qui ont eotofi. « des balles au nez des alliés. » J'aimeroisasbri ceux qui ont envoyé des balles au nez desli^ napartistes.

On met sur la même ligne la BocbejaqQcMit tombant en criant vive le roi! dans les nM champs arrosés du sang de son illustre frère, d l'ofllcier mort à Waterloo en blasphémant lenost des Bourbons. On donne la croix d'honneor li soldat qui combattit à cette Journée; et le Tohs* taire royal qui quitta tout pour suivre son roi sV pas même le petit ruban qu'on promit à Alosti sa touchante fidélité. Ainsi , tandis qu'on eiédi les décrets de Buonaparte, datés des Tailerici au mois de mai 1815, on ne reconnott point kl ordonnances du roi signées à Gand dans le méiM mois. On paye Tofllcler à demi-4olde, chefato de la Légion-d'Honneur, et l'on fait fort bicst mais le chevalier de Saint-Loois, courbé psri0 ans, est à l'aumtee : trop heureux cedemierqssN on lui achète une méchante redingote poor ooi*

isf

îrir sa Dodité , OQ qoand on loi donne un billet

avec lequel II pourra du moins faire panser par

les fliles de la Charité de vieilles blessures nié-

frifées comme la vieille monarchie. Enfln, c'est

m sottise y une faute, un crime de n'avoir pas

[ anri Boonaparte. N'allez pas dire , si vous vou-

I hiplacer ce jeune homme ^ qu'il s'est racheté de

tiCMseription au prix d'une partie de sa fortune ;

a été errant, persécuté, emprisonné, pour

I Épas prêter son bras à Tusurpateur ; qu*il n'a

l^Mii liilt un serment, accepté une place; qu'il

1 ItsteoBservé pur et sans tache pour son roi ; qu'il

{tlkatconyï^ dans sa dernière retraite, au ris-

ffK de s'exposer avec lui à un exil étemel : ce

4M là autant de motifs d'exclusion. « U n'a pas

ry tous répondra-t-OQ froidement; il ne sait > Mais il sait rhonneor. Pauvre principe I Mt siècle est plus avancé que cela.

♦ Mais Ycneï : proposez , pour vous dédommager cereftis, un homme qui aura tout accepté,

la haute dignité de portè-maateau Jusqu'à place de marmiton impérial : parlez ; que vouvoQs?C3ioisls8ez dans la magistrature, TadlUoD, l'armée : cent témoins vont déposer ùreur de votre client ; ils attesteront qu'ils itat TU veiller dans les antichambres avec un *rage extraordinaire. Il ne veut qu'une décollation; c'est trop juste. Vite un chevalier pour :Ai donner l'accolade; attachez à sa boutonnière AeraixdeSaint-Louis : c'est un homme prudent, 4lia mettra dans sa podie en temps et lieu, i Cdni-là étoit facile à placer. J'en conviens : il i 4Ut sans tache. Mais vous hésitez à présenter ttU^. n a foulé sa croix de Saint-Louis (aux f ffk pendant :les CentJours. Bagatelle , excès tfmgt : ce caractère bouillant est un vin gé- ; rinaqae le temps adoucira.

b homme, pendant les Cent- Jours, a été

; KeriTsin d» charniers de la police; faites -lui

•e pension : il feut encourager les talents. Un

: Irtre est venu à Gand , au péril de sa vie , propo-

«r an roi de l'argent et des soldats; il sollicite

•» petite place dans son village : donnez cette

Ihce an douanier qui tira sur cet tiftra-royallste

I brsqnH passoit àla frontière. {

I Tons n'avez pas obtenu; la nomination de ce

I ]^? Hais ne saviez- vous pas qu'elle étoit pro-

\ liseàon prêtre marié MJn ci-devant préfet avoit

>*»ariqné : un rapport étoit prêt ; ou arrête ce

%ort , et pourquoi? • Ne voyez- vous pas, ri-

pond-on , que le rapport vous empècheroit de placer cet homme? »

Où sont vos certificats? dît-on au meilleurroyaliste qui sollicite humblement la plus petite place. Il y a vingt-cinq ans qu'il souffre pouf le roi ; il a tout perdu, sa famille et sa fortune. Il a des recommandations des' princes, de cette princesse, peut-être, dont la moindre parole est un oracle pour quiconque reconnolt la puissance de la vertu, de l'héroïsme et du malheur. Ces titres ne sont pas Jugés suffisants. Arrive un buonapartiste; les fronts se dérident; ses papiers éioient à /a po/i(?e; il les a perdus lors du renvoi deM. Fou«> ché. C'est un malheur ; on le croit sur sa parole : « Entrez , mon ami , voilà votre brevet. » Dans le système des Intérêts révolutionnaires on ne sauroit trop tôt employer un homme des Cent- Jours : qu'il aille encore , tout chaud de sa trahison nouvelle, souiller 4e palais de nos rois, comme Messaline rapportoit dans celui des Césars la honte de ses prostitutions impériales.

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