CHAPITRE XLL
La facUon pounoit let royalistei.
La faction s'empare ainsi de tous les postes, recule lentement quand elle y est forcée, avance avec célérité quand elle voit le moindre Jour, et profite de nos fautes autant que de ses victoires. Pateline est audacieuse, son langage ne prêche que modération , oubli du passé, pardon des injures; ses actions annoncent la haine et la violence. En même temps qu'elle soutient ses amis , qu'elle les porte au pouvoir, qu'elle les établit dans les places, afin de s'en servir au moment critique, elle décourage, insulte, persécute les royalistes pour ne pas les trouver sur son chemin dans ce même moment.
Elle a inventé un nouveau Jargon pour arriver à son but. Comme elle disoit au commencement de la révolution les aristocrates y elle dit aujour^ d'hui les ultra-royalistes. Les Journaux étrangers à sa solde ou dans ses intérêts écrivent tout sim* plement les ultra. Nous sommes donc des ultray nous , tristes héritiers de ces aristocrates dont les cendres reposent à Picpus et au cimetière de la Madeleine I Par le moyen de la police, la faction domine les papiers publics, et se moque en sûreté de ceux à qui la défense n'est pas permise. La grande phrase reçue, c^est qu*il ne faut pas être plus royaliste que le roi. Cette phrase n'est pas du moment ; elle fut inventée sous Louis XVI : elle enchaîna les mains des fidèles, pour ne laisser de libre que le bras du bourreau.
Si les royalistes essayent de se réunir pour se
reoonnoltre, pour se prémunir oontre les eoilitiens des méchants , on s'empresse de les dispe^ ser. Des autorités avancent cette abominable maxime : qu'il faut proscrire un bon principe qri a de mauvais résultats, comme on proscrirait qii principe pervers : frappez donc la vertu ; car, pni» que toujours dans ce monde, ce qu'elle entrepreol tourne à sa ruine. Un royaliste est assimilé à ss Jacobin ; et, par une équité bien digne do M^ la Justice consiste à tenir la balance égale ail»| le crime et l'innocence, entre Tinfiimie et YkÊf^ neur, entre la trahison et la fidélité. • j