‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 227 sur 279 · I8SS · texte numérisé non relu

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Si Ton réontt aax écrits ci-après ce que j'ai dit de h 1^ berté de la presse dans la Monarchie ulon la CharUf dans mes anciens Discours et Opinions, et josqoedusn Polémique, on seiffforcé de convenir qu*aucun hoflUBes'i plus souvent et plus constamment que moi réclunéli liberté sur laquelle repose le gouTcrnement constitotiooai J'ai quelque droit à m*en regarder comme un des foodakaH^ parmi nous, car je ne Tai trahie dans aucun temps. Je f^l demandée dans les premiers jours de la restauratioD, jef^ voulue à Gand ' comme à Paris ; prêches par un royalûtif ^ elle cessoit d'être suspecte h des yeux qui s'en eflh)'ota(«' à des esprits qui n'en vouloient pas , à un parti qui ne té moit guère. Que ce parti la répudie de nonveaa siijo»j d'huiy cela peut être; mais il ne la détruira plas. Q je n*aurois rendu que ce service à mon pays, je o'ai pas été tout à fait inutile dans mon passage sur la (ene.

La lilierté de la presse a été presque l'unique afiûreè ma vie politique; j'y ai sacrifié tout ce que je poaToisj sacrifier : temps , travaU ou repos. J'ai toujours cmM celte liberté comme une constitution entière ; les lufradiM à la Charte m'ont paru peu de chose tant que nouscooM^ vions la (acuité d'écrire. Si la Charte étoit perdue, h 1^ berté de la presse la retronveroit et nous la reodroit; 4 la censure existoit, c'est en vain qu'il y auroit une Chaii^'. N'allons pas chicaner sur le plus ou moins de peritielii de la loi qu'on doit soumettre aux Chambres; elle abd^ dit-on , la censure : eh bien ! tout est là. C'est parla IMl de la presse que les droits des citoyens sont coDierWH ] que justice est faite à chacun selon son mérite; e'esllil^ i berté de la presse, quoi qu'on en puisse dire, qui, If^ que de la société où nous vivons , est le plus fenneiifB du trône et de l'autel. Charles X nous délivra de la c» sure en prenant la couronne ; pour affermir cette coumuei il ne veut pas même que les ministres à venir trouvât dans la loi un moyen de violer la plus vi taie de nos libertâ*' Cette noble et salutaire résolution doit rendre tous lesazwt profondément reconnoissants ; elle sufiiroit seule pour io* mortaliser le règne d'un prince aussi loyal que géuéretf»

Si donc le gouvernement se détermine, oomine H y < tout lieu de le croire, à apporter une loi pour l'abolUiou^* censure facultative, pour la suppression delà poursoileei tendance, et pour rétablissement des journaux saasaob^ risalion préalable , je verrai s'accompKr ce que je n'ai tes» de solliciter depuis quatorze ans.

Sous l'empire, j'ai cherché, par le Génie du Chrisii^

« Voyez, cl-dcssus, le Rapport fait au roi denswK^ seil à Gand, * Belle exprfSbion de M. YllIeDialD.

tUme, k coBtriboer aa rélabUssement des principes reli-

fian; Ion de la restauratioo , fai proinolgué daos la JUth

Mnkie tehn la Charte les Térilés qal doivent désormais

tenir de fondement à notre croyance politique. J'ose quel-

fidbis me flatter que ce double eflbrt n'a pas été vain,

poaqw les doctrines que j*ai déduites ont été peu à peu

adoptées : descendues dans la nation , elles sont remontées

aa pooToir. Les obstacles que j'avois signalés dans les

et dans les cboses ont été graduellement écartés ;

prérisions funestes , réalisées comme mes espérances ,

«al MoIré qu'en mal et en bien je ne m'étois pas tout à

fà trompé sur les caractères, les préjugés , les passions et

In fertoB de Tandenne et de la nouvelle France. Ainsi mon

lékf eomme défenseur de nos libertés publiques , touche

i MO terme; la censure va disparoltre pour toujours; un

r tioayhe léoond en résultats heureux se trouve placé au

• ftistde ma carrière constitutionnelle; je n'en réclame pas

iKpaknes; iulil aller honores : peu iinpdrte; Il ne s'agit

iKdeoni, mais de la France.

Taetefoîs un retour sur le passé me sera-t-il un moment

lis? Que de haines et de calomnies entassées sur ma

depuis quatorze années , pour en venir à faire ce qui

attiré ces haines et ces calomnies ! S'évanooiront^elles ?

k aoubaite plus que je ne l'espère ; on m'en voudra peut-

IbtcB secret d'avoir eu raison si longtemps contre des au-

krilés successives. D'un antre côté, de quelles prospérités

Sfooirions aujourd'hui si, dès le point de départ, on

narciié dans les voies de la Charte comme je ne cessois

ioTUer ! Mais apparemment qu'il en est des vérités

des fruits : ceux-ci ne tombent que quand ils sont

MÉLANGES P6UTIQUES«

DE LA CENSURE

' Mille cris s'élevèrent lorsque j'entrai une dernière fois VdHs les rangs de l'opposition ; on auroit trouvé plus pru- : dm et plus sage que j'eusse attendu à Fécart et en silence ^- f anaaion de me glisser de nouveau au ministère. Sans \ état , comme calcul d'ambition personnelle , cela eût valu iaaaeoap mieux ; mais les libertés publiques, que devienâniest-dles , si diacon pour les défendre ne consultoit que M intérêt? Dans une monarchie représentative, le^ con- ^lahces des salons et la politique des courtisans sont- elles I ikriflsibles? Que celui qui ne peut rien quand il est tombé t^lriie; qu'il se mette en embuscade dans une antlchamf li^ctqo'il guette le pouvoir au passage pour le leprendre fVtte intrigue, à la bonne heure; mais que celui dont ànii a été quelquefois entendue avec bienveilhmce se Hlp panni 1m muets, rien de plus absurde dans un gou- ^Meamt constitutionnel. N'est-il pas clair aujourd'hui 4Mfai suivi la vraie route pour arriver à ce qui me parois- ^ ^le bien de mon pays?

QOB l'on vient d'établir

EN TEBTU

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