CHAPITRE n
Monseigneur le duc de Berry en Êcotte.
Ce fut dans cette lie que se réfugièrent tour ^ tour, à quelques années d'interv^le les uns des autres, les princes de |a maison ^e France pour* suivis par la fortunç. M^ le prince de Condé erra quelque temps en Allemagne. Comme la gloire ne 9e peut cacher, il trouvoit difficilement un asile : le généreux duc de Brunswick , son ancien adversaire , ainsi que celui de? maréchaux de Broglie et de Castries, lui offrit une retraite; mais rillustre rejeton de la maison d'Est devoit être brisé lui-même par ce fléau qui brisoit tous les royaumes et toutes les renommées. M^** le prince de Coudé, passant enfin en Angleterre , y rejoignit M^ le duc de Bourbon , son fils.
Louis XVIII avoit été forcé do sortk de Saxe en 1798, par ordre 4e ce Directoire qui se déchargeoit sur l'Europe du mépris dont il ëtoit accablé en France. « Le roi , écrivoit alors M^^ le « duc de Berry, va encore courir de pays en pays « chercherunasilequ'onluireftiserapartout.Mon « frère le suivra. • Le roi se retira à Mittau : Pierre le Grand vint en France apprendre au pied de la statue de Bichelieu à commencer un empire; l'adversité, le premier des maîtres, conduisit Louis XYIII dans les États russes, pour lui apprendre à relever un empire qui fluissoit. Paul I*^ se souvint d'avoir été voyageur dans notre patrie , et il accueillit l'hAte illustre que notre patrie lui env<^oit. Mais l'usurpateur vint à son tour dicter des lois. Obligé de quitter Mittau avec Madamb, le roi ne trouva d'asile assuré qn'au sein de ces mers sur lesquelles toute puissance a été refusée à Bupnaparte , et qui dévoient commettre à la garde de ce génie des tempêtes leurs orages et leurs abîmes.
Xe pays qu'habita d'abord M"* te duo i» Berry auprès de son père, étoit uni à la France par d'andens liens d'hospitalité. Les Éeosaois avoient fourni une garde à nos rois et servi paisiamment dans leurs revers Charles VII et Henri IV. Montross, qui donnoit au eardlnal de {Içts ridée de certaine héros que Pon ne voit pkis que dans les Viee de Plùtarque % représentolt à M»' le due
' H. le chevalier de Yeroègues parvint dao» la suitiç à faire oonnoUre la vérité aa roi , et obtint sar i*arriéré de la pension une somme de 80,000 ducats.
< Mémoires durardinal d€ Uêlz , liv. ni.
StJR LB DUC DE BERRY.
àiBcny lAsgénaroux François immolés à la cauM de leur roi. 11 retrouvolt encore le souvenir de ces hommes fidèles dans celui des officiers qui s'attadièrent a la fortune de Jacques II. « Leurs aventures furent dignes des beaux jours de Sparte et d*Athènes. Ils étoient tous finie naissaneehonorable, attachésàleurs chefs, et affectionnés les uns aux autres, irréprochables en tout.... Ils se formèrent en une compagnie de soldats au service de France.... Ils furent passés en revue par le roi à Saint-Germain cnLaye; le roi salua le corps par une Inclination et le chapeau i>as. Il revint, sUnclina de nouîcan, et fondit en larmes. Ils semirentà genoux, baissèrent la tête contre terre ; puis, se relevant tous à la fois, ils lui firent le salut militaire. Ils ferait envoyés de là aux frontières d'Espagne, ee quiformolt une marche de 900 railles. ParloBt ou ils passolent Ils tiroient les larmes des jeux des femmes, obtenoient le respect de quelffuts hommes, et en faisoient rire d'autres par la Bioquerie qui s'attache au malheur. Ils étoient lo^fears les premiers dans une bataille, et les dcmiendans la retraite.... Us manquèrent souvent des choses les plus nécessaires à la vie; wywdawt en ne les entendit jamais se plaindre, ttoepté des souffrances de celui qu'ils regardiicnl eomoM leur souverain '. » Qui ne croiisit life une page de l'histoire des émigrés firanfoisl
MF kduede Berry habitoit près d'Edimbourg, wm son père , le château de Marie Stuart, la preaiièra ? euve d'un roi de Frayée qui poila sa tète ar réefaafaud, et qui regrettoit en mourant de i^^r pas la téie tranehée avec une épée à la fmmite *. Il aimoit à répéter sous les vieilles vsÉtes da château la ballade où rinfortanée prin- «R (Usolt ses adieux au plwant pays de Frunee:
Aâkn , plaiHurt payi d« FtanM s
Omapalriâ
La plus chérie, Qoi m Boorri na Jeone cotewe !
kSkn , Frjuvse • adieu nos beaux jours I La nef qui dffjoint nos amoun ITa eu de mol qot la BM>lUé« Une paii te reste ; elle est tienne ; Se ta fie à ton amitié, Pour que de raoti? il t^ loqvienot,
lonqoe Moksibub vint demeurer à Londres , V' le due de Berry Vy suivit, et sa vie changea Mue eomne sa fortune.
' DâUTi. , Mémoira de la Grande-Bretagne* * Uek. de Paeguier.