I..es ministres prétendent repousser ces fidti aocdbi
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•rd« déoëgatioDft; né poutnit prontert ils insultent La royalistes , disent-ils , sont des liommes qai , pleins de leurs sourenirs , refusent de se mêler aux Intérftis ammuns de la nation. La fiolence de leurs accusations contre le ministère ne décèle que Tamertume des regrets d'une ambition trompée. Que les royalistes saisissent le timon de TÉtat , et dans six mois la France est per* due. »
Voilà le cercle des récriminations dans lequel tourne le nnistère. Un bon raisonnement, un (ait clair, répondroient oieuk qu'une déclamation qui, fût-elle fondée en vérité, le prouferoit pas encore la capacité des ministres. Mais i*est-oe pas une chose curieuse que ce reproche d'ambition lit étemellenient aux royalistes par ceux là même qui , lepois quatre ans , perdent la France pour garder leurs riKCB ? Quand les royalistes se oompareroient aux hommes l'État qui nous gouvernent , ils pourroicnt peut-être, sans ileuer la modestie , se croire aussi habiles que ces homses d'État £t pourquoi les royalistes n'auroientils pas elle noble ambition qui vient du sentiment des vertus [■'on peut déployer, comme leurs ennemis ont cette KAoUe ambitioa qui nait de l'envie des talents qu'on ne leat atteindre? Si les royalistes arrivoient au pouvoir, vm prétendes que dans six mois la France seroit perdue? fous pensons, au contraire , qu'elle seroit saurée. Prenons e iNibiie pour juge, en exposant le tabeau d'une adminisrition royaliste telle que nous la concevons. Et d'abord les seuls hommes qui aient des idées consilntionoelles sur la Charte , les seuls hommes qui enten- IcDt parfaitement le jeu du gouvernement représentatif, e sont les royalistes : nous n'en voulons pour preuve que esr« discours et leurs écrits. Les libéraux inclinent à la lémociatie pure ou à la démocratie royale , laquelle conduit iRahmient à la république; les ministériels, élevés à école de Buonaparte , ne rêvent que le pouvoir absolu : I n'y a donc que les royalistes à qui la Charte convienne réellement Dans tous les temps , ils abandonnèrent au Qî lenr vie et }eur fortune , mais ils ne lui livrèrent jamais nr honneur et leur liberté. Nous ne connoissons rien de iia indépendant qu'un véritable royaliste. Il Cuat dire encore que les royalistes ont été les premiers à déclarer que le retour à l'ancien régime est im- Ms&iUe; qu'autnn élément de la vieille constitution l'exisfee aujourdliui, et que lairéédiflcation d'un monn- MBt aussi complètement détruit ne poorroit être entrées sans exposer la France à d'interminables révolu*
Voilà donc les royalistes arrivés au pouvoir, fennement ésolos à maintenir la Cliarte : tout leur édifice seroit >05é sur ce fondement;. mais an lieu de bftllr une démolatie, Us élèveroient une monarchie. Ainsi lenr premier levoir, comme leur premier soin , seroit de changer Ui Bi des âectioos. Us feraient en même temps retrancher k la loi de recrulferaent le titre vi, et rendraient aii»i
la couronne une de ses plus importantes prérogatives.
h rétabliroient dans la loi sur la liberté de la presse le
M>t religion, qu'à leur honte étemelle de prétendus
umimes d'État en ont banni. Ministres, tous fondez une
Nidation athée; elle produûra des mœurs conformes à w r^igles.
Après la modification de ces lois- capitales, les rayalisei proposaroient les.lpis les plus monarcliiques sur l'orlanisation des communes et sur la garde nationale. Ils •Hbihliroient le système de centralisation, ils rei¥iroient lae puissance salutaire aux conseils généraux. Créant nrtoutdes agrégations d'intérêts, Hs les substitueroient 1 ces individualités Uoip favorables à l'établissement de t tyrannie. En un mol, ils recomposeraient l'aristocratie, roisième pouvoir qui manque à nps institutioiis , et dont absence produit le fhfttemenC danger^x que l'on remar-
que anJonrd'Aul entl-e b puissance royale et la puissance populaire. C'est dans cette vue que les royalistes solliciteraient les substitutions en faveur de la pairie. Ils chercheroient à arrêter par tous les moyens légaux la division des prapriétés , division qui , dans trente ans , en réalisant la loi agraù'e , nous fera tomber en démocratie forcée.
Une autre mesure importante seroit encore prise par l'administration royaliste : cette administration demanderait aux Cliambres, tant dans l'intérêt deA acquéreurs que dans celui des anciens propriétaires , une juste indemnité pour les familles qui ont perdu leurs biens dans le cours de la révolution. Les deux espèces de propriétés qui existent parmi nous, et qui créent pour ainsi dire deux peuples sur le même sol , sont la grande plaie de la Fi-ance. Pour la guérir, les royalistes n'auroient que le mérite de faire revivre la proposition de M. le maréchal Macdonald : on apprend tout dans les camps fk>ançois , la justice comme la gloire.
C'est ainsi qu'en agiraient les rayalistes relativement aux choses. Mais comment se conduiraient-ils pour tes hommes > n'auraient-ils pas des ressentiments à satisfaire?
Les rayalistes sont étrangers à la haine. Ils aiment trop leur pays, ils ont trop de jugement, trap de raison pour n'être pas convaincus que la vengeance est nn mauvais moyen de gouverner. Il est sans doute quelques hommes qui se sont vendus, corps et âme, au ministère, et qui dans tout changement possible tomberont arec les mattras dont ils ont servi les passions; mais tout agent du pouvoir qui, ne faisant qu'obéir à un ordre supérieur, l'a exécuté sans blesser l'honneur et la justice , serait conservé par une administration royaliste. La gloire d'une semblable administration serait de donner des leçons de modération et de douceur à ceux qui n'ont offert que des exemples de persécution et de violence. Les rayalistes ne seroient plus exclus des emplois ; la trahison des Cent-Jours ne serait plus entre deux candidats un litre de préférence; mais quiconque auroit des vertus et des talents, quiconque serait capable d'un retour sincère à la légitimité, serait reçu avec joie : les royalistes éviteraient de fiiire sentir aux autres l'injustice dont ils ont été les victim.^s.
Maintenant que tout bomme impartial ose dire, la main sur le cœur, qu'avec un pareil système on ne concilierait pas les intérêts et les partis. N'en doutons point : une administration rayaliste qui se conduiroit d'âpre de pareils principes se maintiendrait au pouvoir, obtiendrait l'estime de l'Eurape et les bénédictions de la France.
Ici l'on n'a qu'une réponse à nous faire : on nous dira que les royalistes ne suivraient pas le plan que nous venons de tracer. A cette réponse nous n'opposerans que le silence, en remarquant seulement que les royalistes ont toujours été fidèles à leur parale, et que c'est du moins une présomption en faveur de leur bonne foi.
Nous avions souvent expliqué notre pensée sur la Charte «t sur l'ordre actuel des dioses : il ne nous restoit qu'à examiner l'assertion de ces docteurs, si grands par leurs œuvres , lesquels ^flirment que les royalistes peidroient tout s'ils parvenoient au pouvoir. Le public oonnott main«> tenant nos principes : qu'il prononce! Au reste, les royalistes ne désirent ni ne demandent le ministère : ils ne sont pas au-dessous des places , conune le disent leurs ennemis , ils sont au-dessus.
Il y avoit à Rome, au temps de la dépravation de l'empire, des prtoyens qui conservoient l'intégrité et la piété romaines. Ces graves personnages ne s'affligeoient que des maiix de leur patrie ; quant à leur sort particulier, ils se résignoient à la volonté des dieux. Lorsque la tyrannie, importunée de leur vertu , se fatiguoit de les laisser vivra , ils s'en alloieut à petit brait , jugeant qu'il étolt hiullle de iaira tout le fracas de Caton , et de se déchfaw les entrailles pour une liberté qui n'exiatoit plus.
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Paris, te 14 janvier 1890.
II y a prèi de deux mois que nous nous taisons sur la politique. Nous avons regardé, écouté, attendu; non que nojs ayons jamais été dupe de nos ennemis ; mais si nous avions parlé plus tôt , on nous auroit peut-être accusé d*a- Toir dérangé des combinaisons heureuses. Il étoit question , disoil-on , de revenir à un système monarchique. Nous n'en croyions rien ; mais nous devions respecter la fortune de la France» et même accorder aux promesses, sinon de la conUaure, du moins un délai pour se démentir.
Aujourd'hui que toute espérance s*évanouit , il est temps de rompre le silence et de reconnoltre notre position.
Avertie d'abord par le Conservateur, et ensuite par les journaux royalistes devenus libres, la France s*épouvanta de ses périls. Elle éleva la voix , et appela les honnêtes cens à son secours. Le ministère, qui ne croyoit plus rencontrer d'obstacles, fut obligé de reculer devant les conséquences des principes qu'il avoit posés, et les résulUts des lois qu'il avoit faites.
Trois ministres sont renvoyés; trois autres leur succèdent et paroissent vouloir agir d'après un système monarchique. On annonce que la loi des élections sera changée; la désorganisation de l'armée est arrêtée, n n'est question que de fusion et de conciliation; des paroles da paix sont colportées çà et là par des personnes officieuses : on s'endort sur la fui ministérielle.
Deux mois s'écoulent, et la France alarmée ne voit rien paroltre. La maladie d'un ministre est le prétexte d'une Inaction si funeste. Les royalistes, qui avoienl suspendu le combat, s'aper^ivent qu'on s'est encore une fois servi de leur loyauté pour désarmer leur victoire.
11 étoit impossible au ministère de suivre exactement sa première route. L'abtme où abouMssoit cette route paroissoil trop à découvert. Mais comment faire en apparence un sacrifice à l'opinion, sans le faire en réalité.' Comment revenir ostensiblement sur ses pas, sans cependant clianger de but? Un merveilleux expédient se présente : on se détermine à s'emparer des principes des royalistes en continuarit di* r'^pousser les royalistes , à professer Tamour des choses, et à garder la haine des hommes. Retour aux lois monarchi]Les, éloignement des hommes monarchiques, tel est le i. luveau sophisme. Par ce moyen , le ministère prétend se substituer à la primitive opposition monarchique , et devenir le seul champion de la royauté contre Topposition démocratique.
Mais qu'on y prenne garde : dans ce système, tout absurde qu'il est. Il n'y a pas même encore de vérité; il n'est pas vrai que l'on veuille sincèrement des lois monarchiques : on se flatte seulement de faire croire à la France qu'on les veut.
Quel bonheur pour le ministère, mais qoel malbear pour la France , s'il pouvoit régner avec une Chambre qui auroit \ iulé la Charte en prorogeant Ses pouvobs , avec une Chambre avilie par une solde accordée à ses membres (car il entre dans le plan ministériel de faire accepter 1 0,000 fr. par an à diaque député) ! Une telle Chambre serait nécessairement un instrument servile du ministre-dictateur. La censure , rétablie par cette Chambre , étoulTeroit nos plaintes. La révolution , entrée dans la domesticité du ministre , nous tueroit moins violemment : la France s'éteindrait dans une longue agonie ; elle mourrait de mépris comme on meurt de la gangrène.
Sans doute on ne se flatte pas d'obtenir de pareilles concessions des royalistes : aussi n'est-ce pas avec eux qu'on prétend faire une loi des élections. On cherche à se former une majorité avec des ministériels , s'il en reste , et un certain nombre des membres de la gauche. On fait voir à cette gauche le danger de sa position; on l'faivite h se sauver en se perpétuant, en recevant d'honorables
ealilrea, en ôtant aux rofûUttè la liberté delà prMK, qui resterait de bit aux amis du mimstre. Ainsi Von tn» forme la politique en une sorte d'escroquerie, ao moya de laquelle on espère tantôt dérober un booune, taaMt filouter une nuqorité. Lorsqu'il s'agit de créer de wmm la monarchie, de remplacer la pierre angulaire do tapie, de raffermir les colonnes de la justice sor kan k ses étemelles, on en estau tour d'adresse des joogleBnd aux équilibres des funambules. Jadis la France ert k plus nobles destinées , et Tume du sort n'étoit pas pav elle le sac d'un escamoteur.
Quant k la censure, qu'on Toodroit obtenir sons bm forme quelconque, et sans laquelle la dietahare tenit impossible, les royalistes se souviendront desdiieoan qu'ils ont prononcés depuis trois ans contre cette ceosne; ils ne seront pas inconséquents et ingrats; ils n'onUicRit pas que c'est à la liberté de la presse qu'ils doivent ku existence politique tant en France qu'en Europe. D j t sans doute des choses horribles dans les pam^Uets èê jour ; mais qu'on relise les feuilles révoiutionnairei et mnistérielles de l'époque de la censure, et l'on y trooren les mêmes blasphèmes. H est vrai que du bon tempià la censure les ministres étoient épar^iés; ils poovoicÉ fidMiquer des conspirations, Uisulter les hommes qilt avoient fait jeter dans les cachots, gouverner arliiinff> mentlaFrance,destitueràtortetà travers, tomberàsi toutes les fautes de l'incapacité, sans avoir de coofilB à rendre à l'opinion publique. Alors Ils ne se acmdiiisoient pas des impiétés que laissoit passer une libénfc censure : il ne s'agissoit que de la religion et delà laoa»chie! Mais aujourd'hui on ose dire à nos hommes d'Étit qu'ils ne sont pas les premiers bonmiee du monde; en m les attaquer comme on atlaquoit les royalistes sens h censure. Cette liberté de la presse est une vraie perie : vite des censeurs! sauvons... qui? le roi? bagstdk! le ministère.
En votant pour la censure , les royalistes détamiraiailfc gouvernement constitutionnei , et se remettroieiit dtisli position où ils étoient en tStô ; or ils ne veulent ai nkx la Charte, ni passer sous le joug. Si la loi actuelle ne afr fit pas pour réprimer les délits de la presêt , à qui b M^ si ce n'est aux ministres, qui n'ont pas méînevMtaT placer le nom de la religm ? Et d'abord la font-ils eiéei* ter, cette loi? Non. Est-eUefoible, cette loi? est-elle tiniief incomplète ? On peut en augmenter les pénalités ; en pesl imiter l'exemple que vient de nous dûmer rAagklân< Des hommes d'État, amis de l'ordre, sans avoir reeoonà des mesures d'exception toujours odieuses, aaraieDtbiest6t trouvé le moyen d'arrêter ce dëbordemeat d'énii impies, séditieux et calomniateure. Mettes à la tMeà ministère une vertu active et vigoureuse, et voos venf s'évanouir devant elle l'audadeuse lâcheté du crine.
Ne nous berçons point de chimères, le ministire M pomt changé : son retour sincère aux principes ci an liommes monarchiques serait sansdoute un grand boahear pour la France ; mais une politique pratique et appioMi doit raisonner dans l'ordre naturel, et peu oonpier v les miracles. Lé ministère a été injuste, eldès lort ilae pardonnera pas aux rayalistes. On déteste dans IIioibbs que Ton a persécuté non l'homme lui-même , mais le lail qu'on a fait , et c'.est un chAUment de la Provideaee :v^ haine pour nos victimes n'est que le tourment- de MSrt* mords.
Au reste, qu'un misérable système soit phisoa bs^ repoussé , à peine cet accident s'aperoevra-t-fl daos h grande castroplie qui nous menace. L'état dans N^^f*^ vivons depuis six semaines est étrange : un silence prw a succédé au discours du roi. Deux Cluimbres sontiosli* lement convoquées; une espèce d'interrègne senbfc a^ venu ; la nation est comme licenciée : on se demsadeac
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(fà étoH est fiai» li 1*00 Ta commencer une antre monarchie. Tout languit, tout expire, le mouvement cesse ; quelque chose d*uséy une impuissance d'être se fait sentir. La idigioD, âme dû institutions humaines, abandonne nos lois athées^ nos mœurs perverties , notre poUtique révolutionnaire, et ne nous laisse en se retirant que le cadavre de la société.
£t comment cette société ne se dissondroit-elle pas? lainais la vertu flit-elle exposée à une tentation plus rude ? (Test du goovenement même que descend la corruption ; e*est le oiinistère du prince légitime qui exige pour ainsi dire qu'on ait trahi son roi , qu'on ait fait preuve dlmpiété, qu'on ait soutenu toutes les illégitimités, pour obtenir la taveur ! Que sous le règne d'un fils de saint Louis ndeaiande,on recommande exclusivement tout ce qui éloit en honneur sous la Terreur et l'usurpation, n'est-ce pis porter l'anarchie dans lA esprits , l'abomination dans les cœurs , le mal jusque dans la moelle des os ? Le ministère, qui, par un jeu cruel de la fortune , dispose aujourd'hui de nos destinées ; le ministère , qui pourroit acquérir tut de gloire , et qui se prépare tant de malheurs ; le ministère, qui pourroit nous sauver, et qui s'obstine à nous perdre; cet imprudent ministère, au lien de comprendre sa position et la nôtre , au lieu de revenir sur ses pis, s'cnfoDce de plus en plus dans le précipice : il contiaoeia d'iotriguer jusque dans l'abtme, et cet abtme se Kfemerasarlui.
Paris, le so janvier IMO.
Le profond dlenoe dans lequel nons étions plongés a (lé interrompu : nous avons donné quelques signes de vie. A la vérité , ce n'est pas le minlstèrè qui s'est ranimé par la propre force , le mouvement lui est venu du deliors.
Le système ministériel a rallumé au milieu de nous le volcan réfolotionnaire : dans les intervalles des éruptions, EonuoDe on n'entend rien , on oublie le danger; mais tout i eoop la terre tremble , ei l'abtme élève la voix. Laissons lefampge de la Bible , et parions sans figures. Des pétitions idres&ées à la Chambre des députés , et demandant qu'au- BOD changement ne soit fait à la loi des élections, ont amené ieoi séances orageuses. La discussion s'ouvrit le 14. Le lapporteor de la commission évita adroitement de clioqoer ËTenes opinions de la Chambre, et conclut à l'ordre du oor. Un député se préparolt à monter à la tribune , lorsque e ministra des finances demanda à être entendu pour wésenter an projet de loi sur les douanes. Un autre député It observer qu'on ne pouvoit pas introduire, dans une iffure commencée , un objet étranger à cette affaire. Que sétendoiton? refroidir les combattants P Maia cette ruse le guerre, si c'enétoit une, ne pouvoit servir qu'aies chauffer.
Lecture du projet de loi étant fidte , on dé()oté obtint alia la parole, et renoua la discussion mterrompue. Il 'étonna de voir le ministère repousser ceux qui récla- Boient le maintien de la loi des élections , quand le même linistère avoit accueilli les pétitionnaires qui demandent l'an dernier le rejet de la proposition de M. Barthéîoïy.
Un ministre , ne ponvint répondre à cet argument ad ^minem, se jeta sur la Charte. Après lui, un député ^ra que 19 millions, que 30 cillions ;de( signatures Uoient incessamment revêtir des milliers de pétitions. En ainoo lui objecta que le nombre des habitants de la rance ne s'élève pas au-dessus de 28 millions. Il n'en oolot point démordre , et continua de faire signer femmes, )&Qts et vieillards : • Oui , répéta-t-il , 30 millions ! » M. le général Foy établit très-bien le principe général D droit de pétition. Il parla d'une dictature perpétuelle , 1 fit entendre que l'on en vouloit k la liberté de la presse i
ClUTEAUBBUIflF. -^ TOHE IT.
c'est la pure vérité. La séance fut ajournée au lendemain. Samedi 15 , nouveau combat. M. Laiué, dans un discours logique , digne et éloquent , répond à tout : il repousse les pétitions, non parce qu'elles sont inconstitutionnelles, mais parce qu'elles sont de nature négative, et que , n'enaeignant rien , elles ne peuvent être déposées à un bureau de renseignements.
La dôture de la discuslon est demandée. M. le miniatre des affaires étrangères monte encore à la tribune, et se déclare pour la modification de la loi des élections. M. Benjamin Constant réplique. La clôture de la discussion est prononcée. Épreuve par assis et levé douteuse, appel nominal, dépouillement du scrutin, qui donne 1 17 boules blanches pour l'ordre du jour, et 1 1 2 boules noires contre : majorité, 5 voix.
Trois voix ont donc décidé l'ordre du jour, puisqu'on pissant à la gauche elles auraient amené une autre conclusion; or, les ministres présente étant tous trois membres de la Chambre des députés, il en résulte que ces trois ministres ont seuls gagné la bataille : dans les anciens combaU, souvent la victoire étoit due à la valeur personnelle des généraux. Qu'on dise encore que le ministère n'a pas la nugorité lorsqu'il la porte dans son sein , comme ces plantes qui renferment en elles-mêmes leur propre vertu ! Ainsi , se levant tour à tour pour la gauche ou pour la droite, trois ministres pourront faire triompher à leur gré les dieux de Carthage ou de Rome.
Ces mémorables séances jettent un grand jour sur notre position politique. Il en faut examiner les résulUU.
Dans la discussion générale , la droite et la gauche ont eu presque toujours raison. Elles étoient d'accord sur le principe du droit de pétition, mais elles différoient, en ce que la gauche appuyoit les pétitionnaires comme nivorables à son opinion , et que la droite les repoussoit comme opposés à la sienne.
Toutefois , dans l'opposition de gauche, c'est ce qu'on appelle le parti Temaux qui a.'prévalu. Ce parU vouloit le dépôt des pétitions au bureau des renseignements, et les autres membres de la gauche désiroient le renvoi au ministère de l'intérieur. Les modérés l'ont emporté : le parti n'en est donc pas encore à Vimpavidum/erienl ruinœ.
La minorité de droite défend les principes partout où elle les trouve, sans songer à ses intérêts particuliers ; et les mmistres ont profité celte fois de sa loyauté et de ses talents. Mais dans quelle position s'est placé le ministère ! Quoi ! repousser l'année dernière un moyen de salut , pour se fairo traiter cette année d*une maniera si humiliante ! La proposition de M. Barthélémy , à l'époque où elle a été faite, auroit, s'écrie-t-on , renversé le ministère. Ainsi vous étiez sur le bord d'un abîme, vous voyiez cet abîme, puisque vous prétendez maintenant l'éviter; mais comme alors vos intérêts étoient compromis , comme un peu de temps vous restoit encore , vous avez mieux aimé augmenter le péril de la France que de nous sauver; vous avez joué votre patrie contre votre ambition.
Le côté gauche de la Chambre des députés s'est trouvé fort ce jour-là de cent douze membres, et le côté droit de cent dix-sept : le premier comptoit quatre absents , et le second en comptoit douze. Si tous ces députés eussent été présents. Te scrutin. auroit donné cent seize boules contre cent vingt-neuf : majorité pour la droite , treize voix ; par conséquent , sept voix passant à là gauche changeroient tous les résultats.
On ne peut s'empêcher d'être épouvanté en songeant que le sort de la nouvelle loi des élections, si toutefois elle est présentée, tient à une chance si douteuse.
Heureusement, içt malgré ces trop justes sujets d'alarmes, nous croyons encore' que la loi , franchement monarchique, pourroit passer % une. p<;jHte majorité; mais pour
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peu qu'elle soit insidieuse , dlc sera probablement rejetée. Dans ce û», qu'arrivera-t-U?
' En reslànl sous Tempire de la loi actuelle, ou un cinquième de la Chambre des députés sera lenouvclé au mois d'octobre , ou la Chambre sera dissoule, et alors il y aura des élefclions générales. Fasse le ciel que la fille sanglante dé la Convention n'entre pas!
Aimera-t-on mieu\ avoir recours à un coup d'^Lit? QuHseraceboàp? '
'•" Féra-t-bh' une loi des élections par ordonnance? >fais cette loi é<n-a dëhc dans les intérêts d'une des deux grandes bpihidtis qui régissent là France? Frapper un coup d*Élat dans le vide entre deuk partis, ce sèroit vouiofr tomber le front 'pat terre. Cassera-t-on là Chambre des députés pour ne plus là rassembler? Lèvera-t-on Timpôt par ordonnance ? Si le ministère veut connottreles'bornes de son j[)ouvoir et en finir avec la monarchie, il n'a qu'à tenter un pareil «yup d'État.
En attendant ravenir, voici quelle est notre position : Le parti buonapartiste l'emporte sur le parti républicain, dont le nom et les principes ne servent plus que de voile à une faction réelle et puissante. L'administration a telîement fatigué les honnêtes gens fet encouragé les pervers, tellement désorganisé tout, tellement dégradé nos Institutions, tellement sapé le fondement de la monarchie légitime, qu'on ne semble plus obéir au gouvernement de droit que parce qu'il est le gouvernement de fait. Quel seroit le résultat de cette position, si l'op n'apportoît un prompt remède à nos maux? Écoutez : nous connoissons quatre-vingts hommes qui ont banni les Bourbons à perpétuité , et c'est demain le 21 janvier.
Pi^is, le 18 février I820.
Nous venons payer à la mémoire de M^r le duc de Berry ce tribut de douleurs que la royale famille est depuis longtemps accoutumée à recevoir de nous. Hélas! nous avons entendu le dernier soupir du dernier descendant de Louis Kjy par la lignée françoise ; nous avons vu un père au désespoir, un frère inconsolable , à genoux , en prière devant ces bancs rassemblés à la hâte , sur lesquels expiroit un fils de France; nous avons vu une femme tenant son enfant dans ses bras , et toute couverte du sang de son mari ; nous avons vu un vénérable monarque s'approcher pour fermer les yeux du jeune héritier de la couronne ! (14DAME étoit là, dominant cette scène de deuil, comme une héroïne éprouvée aux combats de l'adversité. MJn"leduc de Bourbon prenoit sa part de la douleur : il croyoit assister à la mort de son fils. Coup affreux qui a frappé l'arbre dans sa racine! Ah^ malheureuse France! parce que tu l'avois proscrit dans sa jeunesse, as-tu méconnu ton enfant, et n'a-til pu se sauver dans tes bras!
La révolution sembloit rassasiée du sang des Bourbons : elle n'en étoit qu'enivrée ; cette ivresse , loin d'apaiser sa soif, en augmcntoit l'ardeur. Louis XVI, Madame Elisabeth, Louis XVI 1 , le duc d'Enghien, n'ont pas suffi aux ennemis de la légitimité : ils ont fait un nouveau choix parmi les enfants de saint Louis : en immolant le duc de Berry , ils ont voulu répandre à la fois le sang que ce prince avoit reçu de tant de monarques, et eelui qui devoit animer le cœur d'une longue postérité de rois.
La main qui a porté le coup n'est pas la plus coupable. Ceux qui ont assassiné MS*" le duc de Berry sont ceux qui, depuis quatre ans , établissent dans la monarchie des lois démocratiques; ceux qui ont banni la religion de ces lois; ceux qui ont cru devoir rappeler les meurtriers de Louis XVI ; ceux qui ont entendu agiter avec indiiïérence à la tribune la question du régicide ; ceux qui ont laissé prêcher dans les journaux la souveraineté du peuple, l'Insurrection et
le meurtre , sans faire usage des lois dont ils étoient iimés pour réprimer les délits de la presse; ceux qui ont éito. rlsé toutes les fausses doctrines ; ceux qui ont recomposé la trahison et puni la fidélité; ceux qm ont livré la enplois aux ennemis des Bourbons et aux créatures de Boo> naparte ; ceux qui , pressés par la clameur publique, ouf promiis de changer thie loi funeste, et qui ont eosiât laissé trois mois s'écouler, comme pour donner le temps aux révoïtitiorinaîres de se reconnottre et d'aiguiser leon poignards r voilà les véritables meurtriers de M?f le d« deSerry!
Il n'est plus temps de se le dissimuler : cette réToïatia que nous avons tant de fois et si inutilement prédite est commencée ; elle a même produit des maux qui sootd^ irréparables. Qui rendra la vie à M^r le duc de Berry ?rt avec cette >ie précieuse, qui nous rendra les espénoces que la gl6ii*e et l'amour y a\oient attachées? Un jeune Bi nourri dans une terre étrangère verra-t-il édorc là tendu fleur que la foudre semble avoir respectée ?
Si du sang de nos rois quelque goutte échappée....
Autre espérance : si un prince chéri écoutoit bh
vœux! Joseph orna les foyers de Jacob dans sa mi-
turité, et transmit aux rois d'Israël les bénédidioos célestes.
Paris, ce 3 mars I8S0.
Dans la séance du 22 février 1817, nous pro&ooçiBa à la Chambre dès pairs un discours sur le projet de loi rlatif aux journaux ; nous y retrouvons ce passage :
« Un ministre défendant à la tribune des députés b U « que je combats dans ce moment , m'a désigné oomoe « un individu qui siège dans une autre Chambrt, é « qui avance des absurdités telles qu'on ne doit pas ks « répéter. Je ne suis pas assez important pour emièjer « à mon tour un langage si haut. Si jamais M. le ooate « Decazes étoit exposé à ces revers dont j'ai déjà tn tat « d'exemples , il peut être sûr que le jour où il seroit nyé « du tableau des ministres, son nom ne seroit prouoitt « dans mes discours qu'avec les égards dus à un iioiM« « qui, après avoir été lionoré de la confiance de son ni, « a éprouvé l'inconstance de la fortune. »
Telles étoient les paroles que nous adressions alon à M. le ministre de la police : nous serons conséqnett, dans nos sentiments, comme nous le sommes dans va doctrines. Nous ne traiterons ni d'absurde ni à'inditiéi l'ancien ministre : évitant avec soin toute personoiliU, notre sévérité se renfermera dans les bornes de la polili-^iK, Bien que la chute du président du conseil n'ait pas été rodf , et qu'il soit doucement descendu du pouvoir lUns If ^«« des honneurs, il est pourtant vrai qu'il ne règne pi»: dès lors il rentre sous la sauvegarde de sa vie F*^ y a plus : nous croyons que la nature avoit fait .M. le cac Decazes meilleur qu'il ne s'est montré dans sa caniè» publique; il a été trompé par les agents de police, et I* les petites créatures dont il s'éloit entouré. On ^}^^ ner seulement que des hommes d'une capadlé si bore» aient exercé une si longue infiuence. Leur c^'?*^"^^^ tique concordoit apparemment avec un dessein carW» la Providence : ils nous étoient*^ ûnposés pour <^^li»» de nos erreurs. Dans ce cas, ils auront eu la dorée *■ peine prononcée contre nous au tribunal d'en hait^ Comme, depuis Robespierre jusqu'à ^"^"*P*^^°J avions péché par excès de crime et de génie, il étotf J** que nous fussions condamnés au tourment des m^ au supplice de la médiocrité. .
L'ancien ministre reconnoltra aujourd'hui, dansjw»| nemis généreux, les amis qu'il auroit dû <*<*'^[.P[^ gloire et j?our le bonheur de la France. Les royal»»**
POLÉMIQUE
0M fid : M. le duc Pecazes Tivn paUiblemeiit au milieu deoous, comme tous ces hommes qui nous ont bannis, persécutés, dépouillés, et au]iLquels nous n'adressons pas méioe UD reproche.
U blessure que la France a reçue est profonde : ceUe blessure ne peut être guérie que par le baume de la religioo, ne peut être pansée que par une main monarchique. Ke ooos faisons pas d'illusion ; rien de ce que nous voyous aoyourd'hui n'existe réellement : il n'y a plus de Chambre, iln'y a plus de lois, il n'y a plus de ministère , parce qu'il D'y a plus d'autorité. $i tout tient encore ensemble, e'est par la verfu magique du nom du roi , et par Tépounnte qu'inspirent les crimes commis autour de nous. On Kfie les rangs parce qu'on a peur ; on marche sans règle , mais {ans désordre, parce qu'on redoute l'avenir. L'esprit de gouvernement est dans la foule, et n'est plus dans l'État : &positipn admirable pour qui saurait en profiter.
On nous a dit , et on devoit nous dire , que le crime de Loovel est un crime isolé. Le crime de Sand est aussi un crime isolé: les étudiants de la Prusse qui écrivent qu'il faul ici unpe^de $and sont aussi des fanatiques isolés; les soldats insurgés de l'Espagne sont aussi des factieux mlés; les trente assassins du ministère anglois sont aussi tnote assassins isolés, 11 n'y a pas de complot général? maU il y a donc peste européenne; et cette peste sort de DOS doctrines antisociales.
^ Malheur à nous, malheur au monde, si le nouveau ministère alloit conclure de tant de désastres qu'on n'a pas encore assez fait pour les ennemis de la légitimité ! On leur I d<jà livré six Bourbons : combien en faut-il pour les satisfaire?
Le peuple ne lit pas les lois , il lit les hommes; et c'est iaas ce code vivant qu'il s'instruit : quand il voit préférer par le gouvernement de droit les partisans du gouvernement K fait; quand il voit placer à la tète des préfectures les UMâens agents de la police d'un régicide; quand il voit ntroduire dans les administrations les fauteurs de la réoblique et des Cent-Jours; quand il voit rappeler jusqu'à les infimes que Buonaparte n'employoit qu'en rougissant lus les œuvres les plus viles de l'espionnage , que voulezroas que ce peuple pense? Peût-il croire que les Bourbons lèguent encore? Ne lui semble-t-il pas qu'ils sont sur une Dîne prête h sauter, et que la main d'un Louvel va mettre efeuà la poudre?
On s'étonne qu'un poignard se soit levé ! Étonnons-nous pe mille poignards n'aient pas encore percé le sein de nos linoes. Depuis quatre ans , on comble de faveurs les prédidùis de la loi agraire, de la république et de l'assassinat; n excite celui qui n'a rien contre celui qui a quelque hose, celui qui est né dans une classe obscure contre ceri i qui le malheur n'a laissé qu'un nom ; on souffre que opinioii publique soit inquiétée par des fantômes, qu'on n représente une partie de la nation comme voulant réiblir des droits à jamais abolis, des mstitutions à jamais ^versées. Si nous ne sommes pas plongés dans les horïurs de la guerre civile , ce n'^ pas la faute de l'admiistration qui vient de finir.
Quelles précautions avoit-on prises avant la mort de El^le duc de Berry? quelles précautions a-t-on prises fiéi un meurtre exécrable? Pas une proclamation pour inoncer à la patrie un si grand malheur ! rien pour contler le peuple , pour l'éclairer sur sa position et sur ses nroirs! on eût dit qu'on craignoit d'exciter l'indignation mtre un crime ; on avbit l'air de ménager la délicatesse i ceux qui pouvoient en conunettre de semblables. Des itorités ont elles-mêmes semé le bruit que ce crime étoit le vengeance particulière, et l'on peut remarquer des lees de cette version officielle jusque dans les journaux ^is. On s'est hâté de dérober aux regards de la foule iendrie le visage et la poitrine du mallieureux prince :
si la oensure eût existé, on eût foroé les joumanx* à garder le silence; on eût défendu de parler du jeune Bourbon moissonné, comme on défendit jadis aux gardes nationales de porter une branche de Us , de peur de choquer, la révolution, de peur d'inspirer trop d'amour pour le* roi!
Espérons que les nouveaux ministres éviteront de marcher sur les traces de l'ancien ministère. Avant de les voir agir, ne nous h&tons pas de les accuser : un préjugé peut exister contre eux ; nous-même nous avons particulièrement à nous en plaindre, et c'est [tour cette raison même que nous nous sommes abstenu dé parler et d'écrire sur te projet de loi de censure , passé à la Chambre des pairs. Nous avons voté contre ce projet, parce qu'il nous semble funeste; mais, en conservant la rigueur de nos principes, nous avons cru devoir montrer par notre silence la modération de notre opinion : nous avons été adversaire» non pas ennemi. En inquiétant le ministère dans les circonstances graves où nous sommes , on pourroit faire involontairement beaucoup de mal. pésirons la réunion de tous les François, l'oubli de toutes les inimitiés per» sonnelles : attendons. Çontentons-nous de dire à présent aux ministres que , s'ils suivoient la route que leurs devanciers ont tracée, avant six mois il n'y auroit plus de France.
Les mesures d'exception que l'ancien ministère avoit demandées seronl-elles aussi utile§ au ministère actuel qu'on le suppose? Nous le souhaitons, mais nous ne le croyons pas. Des gazettes censurées ne lui seront d'aucune ressource : les meilleurs articles perdent leur autorité dès qu'ils ne sont pas l'expression d'une opinion indépendante. Comment le gouvernement se défendra-t-il contre les pamphlets exceptés de la loi de censure? Ces pamphlets pourront être aussi courts et même plus courts qu'un journal quotidien ; ils pourront inonder les cabinets de lecture, les cafés, les tavernes; ils seront lus d'autant plus avidement que les écrits périodiques seront enchaînés. L'opinion ministérielle des journaux censurés sera bien foible pour repousser de pareilles attaques : et nous^ royalistes, que pourrons-nous pour la défense du trône? Nous sera-t-il possible dç de^ceudre dans l'ignoble arène des libellistes et des calomniateurs pseudonymes? Une loi répressive auroit obvié à tous ces inconvénients : elle étoit facite à faire; il eût snffi d'i^uoter quatre articles k la loi d^à existante.
Nous savionsbien que les révolutionnaires reprocheroient à l'opposition royaliste d'avoir été , en soutenant le dernier projet de loi, rc^tif aux journaux, infidèle aux doctrines qu'elle a professées. Qu'importent les révoluUonnaÛpes? Depuis te nouveau crime que leurs écrits ont inspiré, ils ont perdu tou( crédit. Nous qui, dans tous les temps, dans toutes tes circonstances, dans nos premiers comme dans nos derniers ouvrages , avons défendu tes libertés publiques; nous qui venons encore de voter contre la censure, n'avons-nous pas été cent C[»is accusé par la faction démocrati({ue de prêcher la féodalité et l'esclavage? Quel prix pourroit-on donc attacher à l'opinion de ces écrivains qui ne se rendent jamais à l'évidence, et qui se foni une vertu de la mauvaise foi?
Quelquefois ces mêmes écrivains, par une autre manœu» vre , ont voulu nous mettre à part de nos amis. La (action se donne trop de peine : eUe ne parvtendra point à nous séparer des royalistes , par la raison que nous ne tes abandonnerons jamais dans leur adversité, et que nous ne feur demanderons rien dans leur fortune.
Eh ! malheureux qui osez reprocher aux royaUstes d'avoir voté pour une censure momentanée, au risque d'être encore opprimés par cette censure, n'est-ce pas vous qui, dans tous tes temps , avez flétri la cause de l'indépendance ? N'est-ce pas vous qui, par vos excès, avez lorcé les bon*
K)LÉMIQÙ£.
nètes g«n« de chercher no refage dans le poorolr? SI la liberté péril en Europe, ne vous en prenez qu'à ▼our mêmes. Quand on vous entend parler rertu et principe aor ie tronc sanglant de Louis XVI ou sur le cadarre du duc de Berry , on recule d'horreur, et Constantinople ne semble pas arolr assez de despotisme pour se mettre à 1 abri de votre liberté. . ^ . ,
Oui , ce sont vos exécrables doctrines qui ont assassiné cet enfant de Texil , ce François héroïque , ce jeune et|mfortuné Berry ! Et savez-vous que ce prince magnanime aimoit et connoissoil mieux que vous ces droits constitutionnels que vous exigez fièrement des Bourbons, mais que vous ne réclamiez pas dans les antichambres de Buonaparte? Nous l'avons cent fois entendu , ce généreux prince , exposer les avantages de cette liberté de la presse , dont vous avez fait contre sa vie une arme parricide ! Ah ! si on vous laissoil à vos penchante , des funérailles non encore achevées seroient suivies de bien d'autres funérailles! Et puis vos dignes sateUites se prédpiteroieiit à Saint-Denys : Us ne se fatigueroient pas, comme dans leur premier sacnlége, à exhumer tant de gloire, à désenseveUr des rois, des reines, des grands hommes inconnus à leur grossière ignorance : un moment leur sufSroit pour achever leur ouvrage. Dans ces souterrains jadis si peuplés , où les disdples de la liberté de Marat ont uni la solitude au silence , ils ne rencontreroienl plus que quatre tombeaux. Ils n'auloient pas besoin d'antiquaire pour leur apprendre les noms des vicUmes renfermées dans les nouveaux cereueîls : c'est de la science à leur portée ! c'est de l'histoire de leur temps , et faite par eux !
Prince chrétien, digne fils de sahit Louis, illustre rejeton de tant de monarques, avant que vous soyez descendu dans votre dernière demeure, recevez notre dernier hommage ! Vous aimiez, vous lisiez un ouvrage que la censure Ta détruire. Vous nous avez dit quelquefois que cet ouvrage aauvoit le tr^ne : hélas î nous n'avons pu sauver vos jours I Nous allons cesser d'écrire au moment où vous cessez d'exister : nous aurons la douloureuse consolation d'attacher la lia de nos travaux à la lin de votre vie.!
sur les alblrea publiques. C'est bien qadqoe dioie dot une monarchie constitutionnelle. Aussi dans cette Âo^ terre, que notre adversaire cite avec admiration, àa honunes tels que Pitt , Burke , Fox , Liverpool , Camdsg. etc., n'ont pas cru dégrader leur éloquence pariemaliiR . en la pliant aux formes d'un journal. Ce qui est asan curieux, c'est que, de tous nos ministres passés et présaris, et de tous ceux qui paroissent aspirer à leur succéder, I n'âi est pas un seul qui n'ait écrit dans les jonnaaxknr qu'il s'en senloit la force, ou qui , dans le cas ooatnire, n'y ait foit écrire ses amis , plus halMles et ^ éioqDalL Si notre adversaire eût été un royaliste , même mâM^ riel, nous lui aurions demandé si ce n'est pas pirle moyen des journaux , on des écrits sortis de la ptameéei rédacteurs des journaux , que les doctrines de la moflaidae
légitime et constitutionnelle ont repris leur asceodat tor tous les esprite éclairés et sur tous les cœurs généreDx.
Paris, SI Juin 1824.
C'est on des caractères de resdave d'applaudir à sa pro- 1 pre dégradation , de parler de son propre métier avec une humilité^oisine de la bassesse.
Un journal nous apprend aujourd'hui « que les petites « illusions des vanités déchues et des ambitions trompées « n'ont plus de refuge que dans les journaux , et n'en sor- « tent pas. Le pouvoir s'est rdevé à la hauteur qui lui
• appartient, entre le trOne et la tribune , et personne en
• France n'est dupe des gazettes , qui , dans une monarehie « constitutionnelle, disparoissent devant l'éloquence parti lementaire. »
Le journal qui croit ainsi rehausser le pouvoir ministériel aux dépens des gazettes comprend-il lui-même jusqu'à quel point il confond les doctrines de la monarehie constitutionnelle?
Sans doute les journaux ne sont rien en comparaison du pouvoir social , du trdne , de la tribune. Ce ne sont pas même des dioses comparables ; elles sont de deux ordres différente. Personne n'a jamais pensé à considérer un Journal cpnmie un pouvoir pditique; c'est un écrit exprimant une opinion , et si cette opinion réunit à elle la pluralité des liommes éclairés et considérés, elle peut devenir un grand pouvoir. Cest le pouvoir de la vérité ; il n'y a rien de si haut dans l'ordre moral , il n'y a rien qui ne disparaisse devant cette force éternelle.
Dans l'ordre des clioees politiques, les journaux sont nn organe par lequel les dtoyens expriment leur opinion
Paris, 38 jaiaisst.
Voulez-vous réussir dans le gouvernement des 1^ étudiez le génie des peuples : po|ir toute sdenœ , hvna
ce génie.
Avez-vous affaire à une nation brillante, valeorene, pleine de franchise et d'indépendance , ne btessn pas ta caractère par une administration Umide , sans édat, pkiBe de ruse , avide de pouvoir.
Chez une telle nation voulez-Yons détruire b fiberli, appelez la gloire à votre secouw. Mais un despoUame obcur, qui sort de l'antichambre d'un ministre, et qui, pcv prix de votre indépendance , vient tous offrir, non b caqueté du inonde , mais celle d'un bureau de perceptiQa,'e timbre ou de tabac; ce despotisme se fera nfller, dtt4 prendre l'effronterie pour de la force, en annonçai tiitf haut son système de corruption.
Notre position, après la délivrance du rd d'EspagiK, étoit admirable : le drapeau sans tacbe avolt retroatéoM armée , la France reprit son rang militaire et soniad^ dance politique en Europe : au dedans tout éldt espénaoe et prospérité, Qudle main a rapetissé de à haoles desli-
nées?
Nous avons eu le courage et l'honneur de ftire megim dangereuse en présence de la liberté de la presse, et e'W la première fois que ce noWe spectacle était doosé àa monarehie. Nous nous sommes vite repentis de w« loyautéw Nous avions bravé les journaux lorKaTk « pouvolent nuire qu'au succès de nos soldats et de ««• pitaines; il a fellu les asservir lorsqu'iU ont osé pinerdfl coumiis et des ministres. ,,..
L'af&ire de la Quotidienne a éclaté, TopiaioB piiMJ» et les tribunaux en ont fait justice. La France «ait «er mais comment les protégés , les amis des minislres «■» dent la Charte ; comment les h6teU mêmes de «•■"» très deviennent des espèces de bazars où les coDsaeatf sont mises à l'encan. Un ministre a dit à un actwMaw d'unjoumal: «Vendez-nous un procès. »OnlelBisw>»trouve-t il aujourd'hui le marché bon ? , ^, ^ .
Parmi les révélations qui sont sorties de la pW***»; y en a une qu'il tant remarquer. En forçant aa wj*« éprouvé à abandonner la rédaction d'un J<«™»* f vouloit pas qu'il annonçât publiquement sa retrMej ■■ de tromper sous son nom les lecteurs de ce J«»"J '. faire attribuer à l'opinion monarchique *«»* «^IJ?'^ roit aux agento subalternes de l'autorité de pat» • l'honneur de leurs maîtres. «...j-««
Un minUtre avolt dit dans un comité de la Cbi»« »J l'acli^ des journaux étdt une spéculation P*™*^, il se trouve que les propositions se ^«^'«"^JfJÏIIJÏÏ de l'intérieur, et que le principal acquéreur esl rm confident de M. le ministre des finances.
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Et eeo'éftoit pâs on seul joamal qni étoH attaqué : àe Bouveaax propriéUires , tous , à ce qu'il parolt , fournis et Rprésenlés par un seul homme , se sont introduits dans In feuilles publiques , trois seulement exceptées. A Taide de ces propriétaires , on prétendoit créer une opinion fàcli»! dépendante d'une volonté unique.
Comme il fout une autorisation du goutemement pour éliblir un nouveau journal, et comme on ne donne point ces autorisations ; comme la procès en tendance dévoient , eipéroit-on , abattre les joumaui récalcitrants , il devenoit diir que , sans Findépendanoe et Téquité des magistrats , Boos étions sur le point de perdre la liberté de la presse périodique.
Qoelques4m8 des écrivains loués à terme par les entrepreneurs soatdes commensaux'de Fouché et les rédacteurs de la correspondance privée. Mais conmie le chef de Ta* telier n*a cependant pas leurs doctrines , il lésa forcés, pour les déguiser, à parler de temps en temps de religim) et de Intimité. Remercions-le du moins de leur avoir in- Ifgé cet honneur.
Combien il tant gérahr d'avoir vu sous un ministère royaliste ériger la corruption en système , afin de détruire les iastilutions qu'on n'osoit pas attaquer de front, afin rintroduire le pire dé tous les despotismes , celui qui cornneooe par faire des esclaves en attendant les tyrans !
La liberté des élections a-t-elle été plus respectée que »ne de la presse ? La Chambre des députés avoit été disioute pour commencer une ère de repos et de fixité pour à France. L'immense n^jorité des suffrages étoit acquise 10 gooTemement : il n'y avoit qu'à laisser faire. Cétoit rop bien : on a jugé convenable de jeter des doutes sur la Iberté des votes. Et à quoi bon ces déplorables lettres du novoh'? Les bulletins de l'armée ne suffisoient-Us pas pour njtnencer les élections? Ces circulah:es de la victobe et le rhonneur n'a voient-elles pas rallié tous les vœux à la aofie du trône ? Falloit-U d'autre fauteur des élections ojaUstes que ce prince légitime qui , par la séduction de a vertus, fit tomber les portes de la dté devant laquelle 'usarpaleur vit expirer ses triomphes?
Une grande mesure, qui étoit une grande justice, se vésentoit dans l'ordre des affahres : gnérv des souffrances , Hboer parmi nous toute distmction morale de propriétés, d éloit le but qu'elle de voit atteindre. Proposée aux deux aiaoïbres' dès l'année 1814 , une foule d'écrivains en Tpient depuis démontré la nécessité. Le noble doc de RihAsu attachoit hi gloire de son administration à l'acoomlitaement de celte mesure, pour laquelle 11 avoit com- MDcé de nombreuses recherches. Précipité du pouvov, et ientôt dans la tombe , il ne nous hiissa , avec nos regrets , ue la tradition de son généreux dessem. Le succès de expédition d'Espagne permettoit enfin de fermer les derièrês plaies de la révolution. L'accroissement de notre redit public foomissoit au gouvernement le moyen d'inenmiser les émigrés, sans augmenter les impôts. Que /ait-on» Dans une question politique on ne volt D'une question de finances ; ôter à l'un pour donner un mr à l'autre parolt une conception de génie; au lien de ■Multer la France , on consulte des banquiers étrangers ; a ne parolt pas craindre de déshonorer le malheur par M déplorable association d'idées ; et jetant ain^ une sorte B flétrissure sur une opération que réclame la conscience itionale , on la rrad peut-être impossible , ou du moins on 1 livre aux chances d'une fortune qui, jusqu'à présent, a ni servi les victimes de hi fidélité.
Sontce là des fautes? Elles seront toujours conunises land on voudra transformer des hommes 4,'afTajres en Mumes d'État. .Une seule pensée domine les premiers; France n'est pour eux qu'un tableau de chiffres; leur )iitique tient son conseil à la Bourse^
En accordant au crédit publie une esUme et une attention trè8-méritées,tant pour ses affinités avec un gouver* nement constitutionnel que pour ses rapports avec le commerce et l'industrie , un homme d'État n'en fera ce« pendant pas l'unique objet de ses vues. 11 en craindra l'exagération chez une nation continentale, moins mar!« thne qu'agricole; et il se persuadera que le système dei emprunts, poussîâ à son dernier terme, comme il l'est aujourd'hui , n'est pas sans inconvénients dans Tordra soeial.
En effet, nous sommes parvenus à cet état de cbosea que des banquien trouvent sur leur signature le revenu do tel royaume ou le capital de tel autre. Parmi ces hommes aussi utiles que respectables, il en est nécessairement quelques-uns (car telle est la condition humaine) qui font abstraction de la manière dont leure fonds peuvent être employés. Aussi voyons-nous que quiconque entreprend de troubler son pays ne manque pas d'or pour agir : on em» prunte sur l'hypothèque des spoliations à venir; on donnn en nantissement les malheurs future de sa patrie ; plus il y a de dépouilles, plus il y a de gages : ri^justice et le désordre , qui minent les finances des gouvernements régulière, font fleurir ceUes des gouvernements révolutionnaires.
On voit donc que, s'il y a en finances des opérations colossales qui perdent des ministres, il pourrait aussi y avoh" en finances des entreprises gigantesques qui feraient tomber des rois : il faut marcher avec précaution dans celte route , et surtout , quand on est Frai^is, mieux oonnoitre le génie de la France.
Si ceux qui administrent l'État semblent complètement ignorer ce génie dans les choses sérieuses , ils n'y sont pas moins étrangers dans ces choses de grâces et d'ornements qui se mêlent, pour l'embellir, à hi vie des nations ctTili-
oecoa
Les laiigesses que le gouvernement légitime répand sur les arts surpassent les secoun que leur accordoit le gou* vemement de l'usurpateur ; mais comment sont-elles départies ? Voués à l'oubli par nature et par goût, lesdispensateure de ces largesses paraissent avoir de l'antipathie pour la renommée; leur obscurité est si invincible, qu'en approchant des lumières ils les font pâlir; on dirait qu'ils versent de l'argent sur les arts pour les éteindre, comme sur nos libertés pour les étouffer. Au lieu de donner de la gloire aux hommes de talent, ils leur jettent du pain; mais les artistes ne vivent pas seulement de pain , ils vfvent d'estime, d'égards, de réputation; et s'ils en&ntent encore des chefs-d'œuvre, ce n'est pas pour des ministres qui les dédaignent, mais pour un monarque éclairé qui les juge, les protège et les admire.
Combien a-t-U fallu de temps à Mgr leducd'Angonléme pour délivrer le roi Ferdinand ? Six mois. Combien a-t-il fallu à M. le ministre de l'intérieur pour mettre une pierre à l'are de triomphe? Huit mois : nous nous trompons, elle n'est pas encore posée. Dix ans sont demandés pour achever l'église de la paroisse où reposèrent les cendres de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Envahîtes deux Chambres et le roi ont commandé le monument qui doit s'élefer sur la place Louis XV.
On bâtit dans tout Paris; mais de vieux règlements de police que l'on suit a?ec une rare intelligence, et qui sont en harmonie avec la cupidité des entrepreneure et l'agiotage des terrams, laissent à peine le passage à l'air et aux voitures. Nous n'aurons pas les mœun , mais nous aurons les rues de nos pères; nous ne serons pas simples et naïfs, nous serons barbares : c'est une manière comme une autre d'entendre la restauration.
Quant aux lettres , quiconque écrit est suspect : pour être un homme d'État, il faut commencer par ne pas savoir le françois : il ne sera pas permis aux ocâps littéraires de
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«onaerrer cette liberté de soffiragei qni ftdt la noblesse , le mérite et raotorité de lears Jugemeiits : rAcadémié françoise sera gooTernée comme une préfecture; et le tabouret d'un chef de bureau s'élèvera au-dessus du &a- ^uil où se sont assis Corneille , Racine^ Bossuel, Fénekn, Boileau, la Fontaine , la Bruyère, Voltaire, BufFon et JAontesquieu.
D*un autre côté, on rogne impitoyablement les pièces pour le théâtre ; on prend sa peur pour du goût, ses intérêts pour de la critique : autant d*écus de plus, autant .de vers de moins. « Ahl gréoe pour cette pensée! elle est « noble et grande! — Retranchez vite! nous ne voulons n pas d'objets de comparaison. »
Encore si la machine étroite dans laquelle on met la France à la gène ressembloit à ces modèles achevés que l'on examme à la loupe dans le cabinet des amateurs, la délicatesse de cette curiosité pourroit intéresser un moment ; mais point du tout : c'est une petite chose mal /aite.
Après avoir montré combien le système que l'on suit est antipathique au génie de la France, nous prouverons dans un autre article qu'il est également contraire à l'esprit de la Charte. Nous jetterons un coup-d'œil sur l'avenir ; nous eiaminerons les projets et les ressources que peuvent avoir les ministres; ils se sont volontairement blessés : ils n'échapperont pas aux conséquences de leur système.
Paris, 6 juillet 1804.
Nous avons dit que le système suivi aujourd'hui par l'administration blesse le génie de la France : nous allons essayer de prouver qu'il méconnolt égedement l'esprit de DOS institutions*
Voyons d'abord comment on s'y prend pour la rédaction des lois. ,
Dans une monarchie constitutionnelle , lorsqu'il s'agit de préparer une mesure législative, le gouvernement choisit dans le scindes Chambres des hommes qui entendent la matière dont on doit traiter. Une espèce de commission consultative se forme; cette commission examine le plan , prévoit les objections, propose des changements. La loi amsi élaborée est apportée à la tribune, forte de l'asseotinient des bons esprits qui se sont mis en communauté d'idées et de responsabilité moraleavec lesiministres : plus de discussions interminables , plus d'amendements sans fin , trop justifiés par la présentation d'une ébauche où le défaut de science n'est égalé que par le vice de rédaction ; quelques discours en sens contraire, une réplique suivie du vote , terminent tout dans une séance.
Nous entendons autrement le gouvernement représentatif.
Pour l'économie d'une loi religieuse, consultons-nous les ecclésiastiques, le banc des évéques à la Chambre des pairs? Non.
Pour une loi en matière civile, assemblons-nous des jurisconsultes et des magistrats pairs ou députés? Non.
Pour une loi de l'ordjre politique , appelons-nous les ora* teurs et les hommes politiques des deux Chambres ? Non.
Qui travaille donc aux prqiets de loi ? Chaque ministre avec ses commis. Pas même le conseil des mmistres ? Nous n'en savons rien; mais ce conseil ne se réduit-il pas à un seul homme?
Voyez aussi quel succès les lois obtiennenf aux Chambres ! Les unes sont rejetées , les autres retirées , les autres amendées à la tribune par les ministres eux-mêmes.
Lorsque Louis XIV fit rédiger ses belles ordonnances , le chancelier Séguier, accompagné de huit conseillers d'État, délibéra avec trente membres du parlement de Paris, présidés par QaiUaume de Lamoi^non, et parmi lesquels on
voyoH les NOtkm , les Bignon , les Tak», les de HMOfes , les Mole , les Pothier, les Harlay et les Catmat. Koos aveu les procès-verbaux de l'ordonnance dvile de lfi67, modèles de la plus Ubre comme de la plus sayanle discoaioB. Prenons an moms des leçons de la monarchie abaoloe.fl nous ignorons complètement la monarchie ooostitQliaoïMik
Dans cette dernière , on cherche à mettre U loicivBea rapport avec la loi politique.
Nous entendous autrement le gouvernement rqvésefiUtif. £st-il quelque décret enseveli dans le BuUeti* ia Lois, nous allons le déterrer afin de fappUqoer à aotn usage, comme pour nous consoler de hi moDarchieparle souvenir de la république , et de la liberté par ks adesde l'esclavage.
Si quelquefois nous avons Tair de vouloûr perfeclkn» notre système politique, ce n'e$t pas au profit de tous, mais dans une intention particulière. Ainsi la sqtteooalité, bonne en principe, nous avons trouvé le moyeo de ne rétablir que pour l'intérêt du ministère, en n'y joigointpas le changement d'âge , complément et contre-poids du renouvellement septennal. La plupart des lois fondimatiles de notre monarchie constitutionnelle sont à &tre : y pensons-nous? Point.
Daiis une monarchie constitutionnelle, on respecte ks libertés publiques ; -on les considère comme la sao\eprde du monarque , du peuple et des lois.
Nous entendons autrement le gouvernement représentatif. On forme une compagnie (on dit mêmedeai oodpagnies rivales , car fl faut de la concurrence ) pour corrompre des journaux à prix d'argent. On ne craJot p« de soutenir des procès scandaleux contre des propriétaires qui n'ont pas voulu se vendre; on voudroît les foroffl subir le mépris par arrêt des tribunaux. Les honuBâ d'honneur répugnant au métier, on enrôle, pour soutoir un ministère royaliste, des libelllstes qui ont pouRoKi la famille royale de leurs calomnies. On recrute toof ce qui a servi dans l'ancienne police , et dans l'anticbambit impériale; comme chez nos voisins, lorsqu'on Teat se procurer des matelots, on fait Ih presse dans les tsveii» et les lieux suspects. Ces chiourmes d'écrivains Hka sont embarqués dans cinq ou six journaux achetés, et ce qu'ils disent s'appelle l'opinion publique chez les nmâstrès.
Dans une monarchie constitutionnelle , le mhiîstère M marcher avec ses amis , chercher la majorité chez en, en les fortifiant de tout ce qu'il peut gagner dans les par tis par un esprit de bienveillance et d'équité.
Nous entendons autrement le gouvernement leprésntatif. Nous frappons nos amis avec une sorte de forenr, aux risques de tout briser. Quant à nos adversaires, (oir à tour nous cédons à l'homme qui nous fait peur, oo non poursuivons le père sûr les enfants. Nous parlons lunt fi sec. Quand nous avons mis dans le Moniteur qoHqat chose de bien dur, nous nous redressons comme si bous étions Buonaparte; nous affectons son allure, forcés qitf nous sommes de faire trente petites enjambées pour renplir un pas de géant l
S'irriter contre tout ce qui ose avoir un avis diffi^ dn nêlre, exiger qa'on porte notre livrée, tel est nolff système. Les hommes qni se respectent, les hommes ^ib* dépendance, s'âoignent de nous avec douleur. Obligés alors de nous rapprocher de ce «Jni est servile, ooos d^ venons chaque jour pins étrangers à notre praniére opinion. Au lieu de devoir la m^orité à b loyaotéde s» principes, nous la cherchons dans nos intérêts pn>éB.
Vams efforts! rbonnenr, qui est Fesprit pidîlie de h France , reprend son empfa«. Non I ce n'est j»tofl|WWJ personnel qui influera jamais sur l'ophrion des CSmo^ législatives dans ce pays. Ce qui fera en tout temps b atjorité pour nos mmistresioe sont dé bonnes lois, Mi^
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administration appropriée au caractère ouvert, noble et spirituel de la nation. Qu*on parle buh pairs et aux d^p pâtés, de religion, de légitimité, d'indépendance, de gloire, de patrie, et ils Toferont tout ce qui renfermera ces éléments de nos prospérités. On persuade les François, on ne les enchaîne pas.
Dans une monarchie constitutionnelle, on fait cas de Popinion publique; on la ménage, on la regarde comme U puissance qui fait et défait les ministères.
Nous entendons autrement le gouvernement représentatif. Dédain superbe pour l'opinion, mépris des feuilles publiques ( que nous achetons pourtant quand elles veulent se vendre), c'est , selon nous, le signe de la force et la marque de la supériorité. Que nous fait le public? La source de notre puissance est dans les intrigues et dans les coteries; et si nous rencontrions quelques obstacles, nous ne craindrions pas, pour les vaincre, de compromettre ce qu'il y a de plus auguste et de plus sacré. Rions des clameurs de l'opinion. N'avons-nous pas la majorité dans la Chambre élective? ne voyons-nous pas la foule accourir dans nos salons? Que nous ayons commis une iojustice, en sommes-nous moins encensés? Qu'importent ^ques ambitions déçues qui se plaignent? qu'hnportent quelques écrivains mécontents , et qui nous poursuivent de leurs brochures? qu'importent quelques Journaux animés contre notre pouvoir ? nous écraserons nos ennemis tous le poids de notre fortune.
Cest très-bien ; mais il faut dire ce que vous ne savez pas : c'est que Fopinion que vous méprisez mine le terrain autour de vous ; elle sape les fondements de votre puissance; elle pénétrera du dehors dans la Chambré élective; eDe y a dé> pénétré. Bientôt elle entrera chez vous ; elle étendra sur votre tête sa main redoutable, et, vous saisissant au milieu de vos flatteurs, elle vous jettera à votre porte, où vous attend un public inexorable.
Il y a des athées en politique comme en religion : fls ne croient ni à l'opinion , ni aux gouvernements ; ils regardent toute constitution écrite comme un cliiffon de papier qui n'a de valeur qu'autant qu'il donne de l'autorité. Mais le moment de la chute , le moment de la mort ministérielle arrive : alors il faut confesser ce qu'on a feint deméconnottre ; alors on est contraint d'avouer l'existence d'une opinion , puissance invisible qui punit. Les athées en politique éprouvent le sort des athées en religion : la foi leur vient quand il est trop tard.
On avoit cru pendant quelque temps que l'administration actuelle étoit prudente ; elle vivoit sur une renommée de circonspection : tout à coup on s'aperçoit que quelque cbose de violent et d'inopiné se mêle à sa lenteur; elle se précipite tète baissée dans les plus grandes entreprises; puis, arrêtée par ses adversaires, elle recule, cherche des moyens d'évasion , redevient cauteleuse, se refait petite, et essaye d'échapper par quelque soupirail du lieu où elle éloit«ntrée en brisant les portes : elle n'a point l'estime des ford, elle a perdu la confiance des timides.
Que faudroit-il penser, si tel ministre avoit une antipathie naturelle pour la Charte , qu'il ne put s'en taire , et qu'il laissât transpirer son opinion dans des plaisanteries d'aussi mauvais ton que de mauvais goût ? Rien ne corromproit davantage les mœurs publiques , ne fausseroit plus les consciences, n'accoutumeroit plus les peuples à mépriser et les gouvernements et les hommes investis de Nutorité , que de faire de la monarchie représentative une pure moquerie. Au jour du malheur, les institutions formeroient-elles un rempart autour d'une administration qui, pendant sa prospérité , ne les auroit pas adoptées avec franctiise; d'one administration qui auroit ri, derrière la toile, de la foule imbécile, assemblée pour voir des baliâJins politiques jouant une parade de liberté sur des tréteaux?
Les choses ne peuvent plus aller comme elles vont : nous sommes dans une position fausse ; Topinion royaliste ,' qui est aujourd'hui l'opinion de l'immense majorité, est séparée des premiers agents du pouvoir, qui se prétendent encore royalistes; ils se traînent à peine devant la Cham-, bre des députés ; ils n'ont pas la majorité assurée dans la Chambre des pairs, et les tribunaux ont prononcé sur des actes où ils n'étoient que trop compromis.
Les ministres méprisent l'opinion royaliste ! Mais à qui doivent-ils leur existence politique , si ce n'est à cette opi* nion? Que seroient-ils sans elle? Qui les à portés au pouvoir, sinon leurs amis? Qui a fait leur réputation, si ce ne sont les journaux dans lesquels ils ont eux-mêmes écrit ,* et dont ils étoient actionnaires?
La lutte entre Tautorité ministérielle et l'opinion ne peut pas être de longue durée : contmuera-t-elie jusqu'à la prochaine session sans amener un changement? cela est fort douteux.
Pour étouffer cette opinion, que fera le ministère ? établira-t-il la censure ? C'est un moyen plus prompt de se précipiter : les brochures remplaceront les journaux. La censure ne pouvant être que temporaire ( puisqu'elle doit cesser h l'ouverture des Chambres ) , la liberté de la presse périodique, vengée par celle de la tribune, agira de nouveau, et son action sera d'autant plus forte (|u'elle aura été plus comprimée.
La censure a perdu tous ceux qui ont voulu s'en servir, parce qu'elle rend le gouvernement représentatif Impossible, et que, dans la lutte qui s'engage entre les institutions et les ministres j ceux-ci finissent par succomber,' heureusement pour nous, heureusement pour la France; car s'ils triomphoient dans cette lutte, leur victoire ^mèneroit une révolution. Les mhiistres auroient-ils à donner aux Chambres une bonne raison de la censure? On leur demanderoit de quel mal si grand l'État étoit menacé» pour avoir exigé la suspension d'une liberté dont on avoit joui, même pendant la guerre d'Espagne? A travers les déclamations accoutumées contre la licence de la presse ,* on ne verroit que les intérêts de l'amour-propre blessé » que la nécessité de dérober des fautes aux yeux du public. On rappelleroit aux agents du pouvoir le procès de la Quotidienne; et lorsqu'ils seroient convaincus d'avoir voulu achever par la force ce qu'ils avoient commencé par la corruption , obtiendroient-ils la sanction des pairs et des députés?
« Hé quoi! leur diroit-on justement à la tribune, la loi « actuelle sur la liberté de la presse ne vous a pas suffi , « cette loi qui donne au gouveruement le droit de refuser ft Tautorisation d'établir un nouyeau journal , qui accorde « aux tribunaux le pouvoir de supprimer un journal exis- « tant, de confisquer une propriété contre le texte précis « d'un article de la Charte ! La plupart des feuilles publi- (t ques ont été achetées par vous ou par vos amis : qu'ait viez-vous donc fait pour vous effrayer de trois journaux n qui restoient libres? Ne ppuviez-vous vous compter de « la corruption et des procès en tendance? Certes, cette « censure étoit assez rigoureuse! »
Entêté ainsi quUI Test de ses systèmes, le ministère actuel, s'il existe à la session prochaine, représentera t-il , sa loi des rentes? Cette loi sera-t-elle encore attachée à l'idée d'une loi en faveur des émigrés , comme une preuve de cette fatalité qui poursuit quelquefois les plus nobles infortunes? Mais cette loi sur les rentes ou sera la même^ ou sera modifiée : si elle est la même, elle rencontrera les mêmes obstacles; si elle est modifiée, pourquoi n'a- : voir pas admis les amendements proposés dans l'une et l'autre Chambre? Au reste, ne préjugeons rien; car. si La rente tomboit au-dessous du pair, on seroif dans l'impossibilité de revenir à une mesure désastreuse soiis tous les rapports.
POLÉMIQUE
Pour B'attorer de la majorité dans la Chambre hérédi* taire, fera-t-on, comme od nous en menace, une nomination de soixante ou de cent pairs? Où les prendra-t-on, ces pairs? dans la Chambre élective? Mais alors il faudra dès réélections, et on les redoute. Dans les propriétaires, dans les notabilités des provinces et de la capitale ? Mais croit-on que des pairs choisis dans la Chambre élective , ou ailleurs, soient si prompts à soumettre leur Conscience à ce qu'il plaira aux ministres de leur faire voter? Après avoir tant crié contre un exemple fatal donné par un autre ministère royaliste commettroit-il la même faute? Aton oublié que la majorité de la Chambre des pairs ne fut ' pas brisée, comme on Tavoit espéré, en recourant à une mesure subversive de la Charte ; que, le lendemain de leuï nomination , les nouveaux pairs firent céder le sentiment de la reconnoissance aux intérêts de la patrie? Un second exemple a confirmé ce que le premier nous avoit appris.
£t voilà ce qu'il y a d'admirable dans nos institutions! elles portent en ellcMnémes leur principe de conservation. Au moment où l'on prétend s'en servir pour en abuser, elles fournissent le remède contre le mal qu'on médite. Cherchez dans les dernières classes de la société un homme sans ndm et sans fortune , faites-le pair, et à l'instant il réclamera l'indépendance et la dignité du rang où vous l'aurez élevé. Que pouvez-vous contre lui? Investi d'une portion de la souveraineté émanée du monarque, il est au-dessus de vos ressentiments : vous passerez, et il transmettra à sa postérité sa puissance héréditaire.
Où en serions-nous enfin, que deviendroit la France, si pour faire adopter une loi, si, pour maintenir des minis* très dans leur place, ces ministres attaquoient sans cesse les principes de nos institutions, cassant la Chambre des députés , augmentant à l'infini la Chambre des pairs , compromettant la prérogative royale , et ne sauvant leur existence qu'au prix de celle de la Charte? Mieux vaudroit déclarer qu'on ne veut plus de monarchie représentative.
Tous les ministères précédents ont été renversés pour avoir voulu gouverner contre l'esprit de nos institutions : celui-d , engagé sur la même pente , tombera dans le même abîme. Qu'on prenne les discours des ministres actuels ; qu'on Use ce qu'ils ont dit sur la liberté de la presse, sur celle des élections, sur la centralisation administrative, sur la nécessité d'une loi communale, sur le devoir de ne placer que des hommes d'une fidélité éprouvée, sur l'instruction publique, sur l'amélioration à apporter au sort du clergé; et demandez-leur ce qu'ils ont fait pour rendre leurs actions conformes à leurs paroles.
Mais ce qui étoit mauvais , dangereux sous des ministres auxquels, à tort ou à raison, on refusoit le nom de royalistes , l'est bien autrement sous un pouvoir qui se pare de ce beau titre. Qui pourra-tron croire désormais, quand on voit des hommes en qui l'opii^on monarchique avoit placé toute sa confiance fuir devant leurs engagements , oublier leurs principes , et ne rien faire de ce qu'ils avoient promis?
AYalpole chercha en Angleterre à fonder sa puissance sur la corruption ; il ne put fkire un grand mal , car il trouva, pour lui résister, la fortune individuelle. Une aristocratie puissante n'avojt pas besom de (billets de banque, dont il marquoit quelquefois les passages desîivres qu'il envoyoit à ses créatures.
Mais, si on essayoit de transporter un tel système en France , il indiqueroit dans les imitateurs un esprit l^en plus fatal que celui dont le ministre britannique étoit animé. Ces imitateurs rencontreroient pour obstacles à leur dessein , non des richesses , mais des vertus ; car la noble indigence de presque tous les François nç l^iss* parmi nous que des vertus à séduhre. ^ ' * \
Nous ne croyons pas à cette conjuration diabolique pour corrompre le peuple te plus désintéressé qui soit sur la
terre; dods ne pensons pas qn'dle pAtréoidr : nais, ci. fin, supposons un moment qu'elle existe, «<iiwfttwM na Abiment son succès , quel en seroit le résultat? Kos iatfitutions crooleroient sans doute ; mais passerions-iKNisioai la domination du génie? Non : nous nous trooverioas ei face de la médiocrité eflrayée de ses propres (eovra, k sachant pas pins administrer la servitude que U liberté, et aussi incapable de gouverner ce qu'elle aurait fait ^ ce qu'elle auroit détruit.
La monarchie s'est rétablie sans efforts en France , pane qu'elle est de droit parmi nous, parce qu'elle est forte ée toute notre histoire , parce que la couronne eat portée pr une famille qui a presque vunaltre la nation ; qui rafonnée, civilisée; qui lui a donné tontes ses libertés; qui l'a r» due immortelle : mais le temps a réduit cette mooaichie à ce qu'elle a de réel. L'âge des fictions est passé en pofr que : on ne peut plus avoir un goavemeoiieat «Tadoia» âon, de culte et de mystère : chacun oonnolt aes droiti; rien n'est possible hors des limites de la raison ; et joaifii la faveur, dernière illusion des monarchies absolues, taot est pesé, tout est apprécié aujourd'hui.
Ne nous y trompons pas : une nouvelle ère oomoMBce pour les nations. Sera-lrelle heureuse? La Proridenoe h sait. Quant à nous, il ne nous est. donné que de sou préparer aux événements de l'avenir, que de pressentira qui sera, pour éviter des résistances inutiles.
L'hooune qui pouvoit seul retarder le mouvemeot di siècle n'est plus; le bras qui fendit les rochers dn Sinpion, pour tracer un chemin à notre gloire, a été Iviséi son tour ; le formidable oppresseur des libertés pobliqseï a été jeté , pour mourir, aux pieds des peuples da liloaveau-Monde, où ces libertés fermentent : mais, enp» sant, il a mûri le siècle; lui même, au milieu des nen empires, étoit une étonnante nouveauté ; et s'il gftooit pir son despotisme le développement des idées, il favorisoft par son côté extraordinaire ce qu'il y avoit de grand et d'inconnu dans l'esprit des temps.
L'Atlantique n'est plus qu'un ruisseau que roa (ism dans qudques jours; Finfluenoe de la politique des îtito qui peuvent s'établir en Amérique se fera sentir ea Ei* rope : celle-ci a déjà changé.
Affranchie de la tutelle de notre é^, l'AOemagKB'a repris que la moitié de sa gothique constitution; le lia fédératâf s'est renoué d'une autre manière; des goirren» ments représentatifs sont venus se placer dans rUoioi. L'Italie s'est agitée; mais, en voulant réparer ses nnnes, elle les a fait tomber sur elle. Le Portugal a rétafafi m ancienne constitution représentative. L'Espagne, qui avait pris d'abord la révolution pour la liberté, tel ou lard ntrouvera celle<» dans ses vieilles oortès. L'EspsgaolB'est jamais pressé : ce qu'il ne fait pas aujourd'hui, il le lin demain;, et, dans sa résignation chrétienne, il y a qM^ae cho^ de la patience du Di^u dont il attend ks orto
De iels signes ne peuvent laisser de doutes sur le on» vement général des esprits. La France a payé cher 9» fi* bertés publiques : heureux les autres peuples, ai,aTflriii par son exemple, ils arrivent au même bien avec wom de malheurs 1
Ne nous figurons pas qœ nous puissions rétnpader: il n'y a de salut pour nous que dans la Charte. Qn'avwi' nous fait depuis dix ans que nous luttons oontie feipril de nos institutions? Nous n'avons réussi qu'à mettre h France dans un état de gène insupportable : esayeindeii bonne foi , ne fÙtHse que comme un moyen nouveaod'aé*. ministration.
Nous l'espérons : le système antinatîonal, u0im^ que l'on a suivi jusqu'ici , exphera avec le pressât wifà' tère. Tous les hommes valant quelque chose, las detoi| de décciptions, las de se faire une guerre qui ne toast qu'à leur détriment , qu'à raffoiblissçncnt de itlat, ai*
POLÉMIQUE
prêU à M réunir dans on tmoar tiiioère de la léglltinité | fli des libertés publiques.
U mooarchie ooDSlitutioDoelle n'est point née parmi Booi d'un système écrit , bien qu'elle ait un code.imiwimé : de est fille du temps et des évÀiements, comme Tandenne Booarcbie de nos pères. Nous ne sommes plus dans Tâge de la république par nos mœurs , ni dans celui du gouverlement absolu par nos lumières. Toutes les fois qu'on Tondra nous conduire à la démocratie ou au despotisme , OQ trou?era une résistance nationale qui ramènera au gou- Teraement mixte, parce que nous sommes arrivés à cet état tempéré dans l'ordre social, qui nous rend le joug populaire et le pouvoir arbitraire d'un seul également in- Mpportables.
La Charte n'est contraire à aucun principe monarchique, quoi qu'en puissent dire les esprits étroits ou passionnés; b religion doit en foire la base ; le clergé doit y retrouver a ooDsidération , et Fautorité royale y puiser une force Boavdle. En embrassant avec sincérité la monarcliie représentative, en ne rq[K>ussant aucune de ses conséquences, en gouvernant dans le sens de nos institutions , sans dessein caché» sans arrière-pensée, notre chère et belle pstrie s'élèvera bientôt au comble de la prospérité.
n y ad'autres hommes qui craignent pour la liberté ; ils doutent qu'elle puisse jamais s'établir parmi nous au milieu des douûes ruines de la république et de l'empire. Ces bouunes sont trop sensibles aux apparences ; ils prennent les butes du gouvernement pour des obstacles inhérents à notre position. Pourquoi la liberté ne se maintiendroit-elle pss dsns l'édifice élevé par le despotisme , et où il a hissé quelques traces? La Victoire, pour ainsi dire encorepairée des trois couleurs , s'est réfugiée dans la tente du duc d^Angottlème ; la légitimité habite le Louvre , bien qu'on. y voie encore des aigles et des insignes de l'usurpation.
Paris, 89 juin 1825.
Parisa vu ses dernières fttes; le roi est parti. L'événe> meut politique et religieux , l'époque d'indulgence, de réconciliation, de laveur, le sacre, en un mot, qui , par sa nitore même, a tant favorisé les projets iftinistériels, est psisé. Déjà la triste vérité reste seule devant nous , dépouillée des illusions dont on l'avoit environnée pour la rendre un moment supportable. Nous nous retrouvons bce à lace d'une adnîinistration repoussée de la France entière, d'un crédit ébranlé, d'un amortissement dénaturé, Mas que les divisions aient cessé, sans que les inquiétudes qui sont au fond des cceiirs se soient dissipées.
De quelle espérance befcera-t^on à présent l'avenir ? Avec quoi fera-t-on prendre patience à l'opinion? Quels sont les projets désastreux que l'on invitera à voter dans l'attente d'une félicité procbahie et réparatrice? La royauté a désonnais tout son lustre ; ce qui la regarde est accompli : le cours des choses ordinidres a recommencé , pour n'être plos interrompu. La monarchie n'aura plus d'occasion d^ reprendre, pour ainsi dire , la vie dans elle-même, dans n propre essence. U faut que tout lui vienne maintenant de radndnistration et des lois, malheureusement , avec le •yrtème que l'on a suivi jusqu'ici, comment conserver tous les résultats heureux de la consécration du roi par les mains de la religion? Qu'a-t-on fait de ceux de cette autre ttnsécntion que M. le Dauphin a reçue des mafaïade la Gloire?
Nous l'ayons dit et répété : toutes les fois que le roi eét Bpyeléà se montrer seul sur la scène, sa raison supérieure et sa magnanimité se manifestent.
Charles X arrive au trône : il trouve les libertés publiques follement violées par une double insulte à la magistrature et aux droits de tous les citoyens. Que fait-il? Il abolit la
censure : les bénédictions de la France accompagnent cet acte royal.
Charles X vient à Reims sanctifier de nouveau la couronne de saint Louis. Les fauteurs d'un ignoble despotisme se flattoient déjà de l'espoir de voir briser le pacte social. Que fait le roi ? 11 jure spr l'Évangile de maintenir la Charte constitutionnelle, et la servitude reste écrasée sous le poids de ce serment cbiétien.
Qu'aperçoit-on auprès de cette royauté si noble, si sincère, si pure, si françoise? Une administration petite et corruptrice, qui marche dans un sens opposé; qui, après avoir attaqué ouvertement les libertés publiques , les laisse insulter dans ses journaux ; qui , violente contre les royalistes, foible avec les révolutionnaires , est ennemie de tous les talents indépendants, envieuse de tous les mérites non soumis , antipathique, sous tous les rapports, à l'esprit du siècle , du pays.
On se demande avec une sorte d'étonnement comment quelque chose de si peu de valeur peut gêner à ce point la destinée d'un grand peuple.
. Si certainshommesparoissent caducsaujourd'hui, dirontils que leur décrépitude anticipée est Teffet de l'opposition de leurs ennemis? Et comment pourroient-ils le dire? Sont-ils courbés sous les coups de leurs adversaires , ou sous le poids de leurs triomphes? La loi des rentes et la loi d'indenmité ont-elles été rejetées? Qui donc les cite au tribunal de l'opinion publique, ces hommes , si ce ne sont leurs propres œuvres ?
La France peutelle être travaillée longtemps par ces deux esprits divers, celui de la couronne et celui de l'administration : l'un grand , généreux , noblement affable, en harmonie avec les temps; l'autre étroit, jaloux, disgracieux , en opposition complète avec l'ordre actuel de la société ?
Si notre belle patrie n'occupe pas au dehors le rang qu'elle devroit occuiier ; si elle gémit au dedans sous le double fléau d'une inaction stérile et d'une activité impuissante ; si un changement effhiyant se fait sentir dans l'opinion , n'en accusez que les premiers agents de l'autorité publique ; mais n'espérez point qu'alMuidonnés de l'opinion , ils se retirent jamais volontairement : ils manquent à la fois du génie qui répare ses torts, et de la franchise qui les avoue.
Paris, 13 juillet 1825.
Noos approchons de ce mois si fatal à la monarclûe ; mais cette fois les principes et les intérêts majeurs seront sauvés. L'obstination des rentiers à ne pafl se convertir fera leur salut. Qui périra donc?
Une loi dont tous les vices sont signalés à la tribune, dont tous les résultats sont prévus et annoncés, passe, on ne sait trop comment. I^ lassitude de l'opposition , l'approche du sacre , le désir de la concorde au commencement d'un nouveau règne, laissent sorthr des Chambres le projet fatal. On prend cela pour un triomphe : on met les 3 pour cent sur la place : personne n'en veut ; on s'étonne ; on attend, persuadé que les rentiers comprendront enfin que 4 fir. en valent 5 : un mois s'écoule; le public s'obstine dans son bon sens.
Alors on se fiche : on iait une ordonnance sur les cautionnements, qui, quoi qu'on en dise, est fort peu légale; on établit , afin de favoriser des levées de rentes , un espèce de syndicat de receveurs généraux , qui manque de toutes les conditions Youlues par le Code pour être, ou une société anonyme, ou une société en nom collectif; on fait en sorte que les certificats d'emprunt restent certificats d'emprunt pour la Banque , inscriptions de rentes pour ceux qui veulent les convertir ; ou laisse une maison étrangère mettre en coupon les 3 pour cent , pour les ven-
POLÉMIQUE
dre à rencan et ïn détail , an grand discrédit deThonneur françois : il ne manquoit plus que de voir les 3 pour cent et leurs coupons aussi mal reçus à Londres , Amsterdam et Francfort qu'à Paris ; et c'est ce qui arrive.
En vain 100 millions , plus ou moins, ont été employés à ropération et confection de ces projets , par des prêts sur dép<)t de rentes ou certificats d'emprunt, par emprunts sur lingots , et affaires faites avec différentes caisses : ces efforts, qui affectent radicalement le crédit , et démontrent aux yeux de tous le vice de la loi , ont pu à peine jusqu'ici élever au-dessus de 76 cette valeur que l'on nous disoit être , pendant la discussion de la loi , à 79, 80, et môme 82, sur les différentes places de l'Europe.
N'oublions pas que la hausse dans les 3 pour cent n'est pas le but, mais le moyen de la loi. Quand les 3 pour cent monteroient à 82 et à 84, cela ne signifieroit rien pour l'opération de M. le ministre des finances, si cette bausse ne produisoit pas de conversions. La bausse, ainsi que l'amoindrissement du prix des repoils, n'est qu'une tentation au jeu ; et si Ton n'est pas tenté , il n'y a pas de conversion. II est probable que personne n'entre dans les 3 pour cent pour y rester ; car personne n'est assez fou pour consentir à réduire son revenu d'un cinquième, quand il peut le conserver intégralement ; il n'y a donc que les spéculateurs qui puissent risquer l'aventure des 3 pour cent, afin déjouer sur le capital. Mais ceux-là ne possèdent qu'une bien petite partie de la rente : aussi voyons-nous que la foible hausse des 3 pour cent n'a jusqu'à présent rien décidé pour le succès de la loi. La menace ridicule d'un remboursement impossible n'a pas eu un résultat plus heureux qu'une hausse si chèrement achetée et si péniblement produite.
II y a quelques jours que les conversions paroissoient ne pas s'élever à la somme de 4 millions. Les journaux ministériels, désespérant de l'affaire , avouent eux-mêmes que la conversion pourroit bien être assez foible, mais que cela est fort égal à M. le ministre des finances , lequel n'si jamais désiré une conversion considérable.
Quoi ! M. le ministre des finances n'a jamais désiré une conversion considérable ! quoi ! tous ces combats dans les Chambres, toutes les mesures financières qu'il a prises pendant la session et après la session ; toutes ces mesures que nous venons de rappeler à l'instant , ne prouvent pas que M. le ministre des finances désiroit une conversion considérable? Ne s'est-il pas flatté lui-même à la tribune de l'espoir de voir la conversion s'élever à 50 millions.' Il n'auroit fait et dit tout cela , d'après ses journaux , que pour constater un fait, le refus des rentiers à toute conversion! Nous sommes bien accoutumés au revirement d'opinions , au changement de langage de M. le ministre des finances; mais ceci, il faut l'avouer, passe de beaucoup tout ce que nous avons vu : c'est vraiment le sublime du genre.
Parmi les preuves que le journal ministériel apporte du peu d'intérêt que le ministre avoit à la conversion , c'est que celui-ci n'a point dit aux établissements publics sous sa dépendance : « Convertissez- vous. » Qu'est-ce-d? Veuton parler des caisses publiques , du domaine , des contributions, de la loterie, etc. ? Révons-nous? avons-nous bien lu ? Nous ne parlons pas des hospices et des biens des communes; car on nous répondroit sans doute qu'ils défendent de l'intérieur. Imprudents défenseurs d'un homme que rien ne peut plus défendre aujourd'hui, vos apologies l'accusent bien plus que nos reproches , et le dévouement de votre domesticité vous empêche de senthr ce qu*il y a de dangereux pour votre maître dans vos paroles!
Quel est l'intérêt du gouvernement? nous dit encore le journal mmistériel. C'est qu'il y ait peu de conversions, afin que les 3 pour cent de l'indemnité puissent avoir un cours élevé. Ce tendre intérêt qui prend subitement pour
les émigrés est tout à fait touchant. Tant qif on a espéré la conversion des 3 pour cent à 75 , on s'est bifo doniiS de garde de parler des 3 pour cent de rindemnité, de peur de nuire à la hausse des premiers par rapparitin des seconds. Ceux-ci au contrabv étoient profondétnat oubliés ; et tout ce qu'on savoit de l'indemnité , c'est qu'oi alloit payer la commission, les maîtres des requêtes, H même , assure-t-on , les préfets qui auront un joar à se mêler de cette affaire. Mais voici que les 5 pour ceot oe veulent pas se convertir, et à l'instant on proafe, en dé> pit des efforts inouïs que Ton a faits pour obtenir leur c*3nversion, que l'on ne vouloit pas cette conversioD, afin de réserver tout le bénéfice de la caisse d'anK)^ti$s^ ment au 3 pour cent de l'indemnité. Vit-on rieo de plus merveilleux et de plus souple qu'un pareil esprit? Qui peut-on tromper par ces gambades? On est bien malade quand on en est réduit là.
M. le ministre des finances abandonne sa loi lorsque sa loi l'abandonne; quoi qu'il fasse, fl ne pourra jamais détacher sa destinée de cette loi ; un peu plus tét ou un peu plus tard , elle l'entraînera dans sa chute. Lorsqu'on a perdo les moyens de marcher, on se traîne encore quelque temps , mais il faut finir par rester sur la place.
Quand toute la victoire de M. le président da conâdl se fût réduite, comme nous l'avons supposé, à la cooTersion d'une trentaine de millions de rentes, c'est-à-dire à h conversion de la dette flottante, non-seulement son opération eût été manquée, mais elle l'eût été de la manière b plus désastreuse : 30 millions de 5 pour cent conTertis ei 3 à 75 ne procureroient point le soulagement dont on aroH flatté les contribuables , lesquels n'en seroient pas moÎDS obligés de fournir au fond d'amortissement, tandis que les 77 millions de cet amortissement placés par la loi en â(< de quelques chétifs 3 pour cent , deviendroîenf la proie d'une poignée de joueurs à la Bourse.
Un tel résolut d'une telle loi seroit-i1 tolérable?Et(iM sera-ce si ce résultat n'est pas même la convenàoodeao millions de rentes? Seix)it-il possible d'avoir fait tant et mal au crédit et à Topinion , pour avoir manqué (fou manière si déplorable le but qu'on s'étoit proposé?
Au moment de la chute , M. le président da coosal s'emporteratfl en'de nouvelles violences? Nous résemt-il l'essai d'une censure impossible , ou d'un remboors» ment plus impossible encore ? Ces enfantines colères aoraot un terme. Attendons l'événement ; il n'est pas lob. Le bon sens du public sauvera le crédit ; car si les 5 pour cent ne bougent pas, ils sont assurés de rester 5 pour cent, jasqn'i ce que l'intérêt de Targent soit réellement réduit dan» ks transactions commerciales : or nous sommes bien éloignés de ce moment; car l'intérêt de Pargent , au lieu be bai^i augmente aujourd'hui par un nouveau développeffleol de l'industrie et de la liberté des peuples.
Que les rentiers tiennent donc ferme : les 3 poar ces! avorteront ; le roi et les Chambres remédieront au vice q« ta denuère loi a introduit dans l'emploi des fonds ooo divisés de la caisse d'amortissement; les projets de M. le ministre des finances seront à jamais écartés, et oooseo aurons été quittes pour Ta i)eur. A la vérité, rédacatka de notre nouveau Colberi nous aura coAté quelques mS* lions; mais enfin de bons parents payent queiqûefo» les fredaines d'un fils de famille, quand fl a proims d'être sage , de ne plus jouer, et surtout de ne plus recourir à ces Harpagons quif dit Molière, pour ne charger Utr conscience d*aucun scrupule, prêtent leur argent st denier dix-huit.
Paris, 29 juillet !«»•
Les déplorables lois de finances qui depuis deai »« inquiètent toutes les fortunes, en ébranlant 1« oéditpd-
POLÉMIQUE
Ilie , pourront avoir, comme nom TaTons déjà remarqué , des conséqaences fonestes pour Thonnenr et la dignité de notre patrie.
Mate comme la Providence place toujours le bien auprès du mal, elle a fait sortir du système ministériel, et des mesoits employées au soutien de ce système, un autre résottat qui tourne au profit de nos institutions. La Charte a poussé de vigoureuses racines; les esprits les moins disposés au régime constitutionnel ont senti le besoin d'un abri contre les entreprises ou les fautes d'hommes violents H incapables. Et où pou voit-on le trouver, cet abri , si ce D'est dans les libertés publiques?
L'immense service que la liberté de la presse vient de rendre dans la question financière la recommande à jamais à ceux qui en méconnoissoient la valeur. Depuis la restauration, la liberté de la presse a triomphé dans 4|aatre occasions décisives : la première, lorsqu'elle courat au secours de la royauté légitime, gravement menacée, et arrêta le gouvernement au penchant de l'abîme; la seconde , lorsqu'après avoir combattu pour la couronne , die combattit pour la Charte exposée à une réaction ; la troisième, lorsque, défendant les tribunaux qui l'avoient défendue, elle fit entendre ses plaintes au nouveau souverain qui la délivra , et la rendit généreusement à la France; b quatrième, enfin, lorsque, attaquant sans relâche les vices de la loi de conversion, elle a éclairé les rentiers et ttOTé le crédit public.
Ces résultats incontestables l'emportent sur toutes les déclamations que l'on pourroit élever contre la liberté de h presse , si d'ailleurB son existence n'étoit liée avec celle dn gouvernement représentatif.
Quel mal cette liberté a-t-elle fait, ea opérant tant de bien? A-t-elle excité des troubles? Toute-puissante quand elle est l'organe de la vérité , elle ne peut plus rien quand elle n'exprime et ne sert que des passions»
L'entreprise d'Espagne a été exécutée en sa présence : répreuve étoit rude. Depuis le commencement de la niourchie on n'aroit point encore fait la guerre avec la faculté de contrôler la conduite des hommes, et d'interpréter les événements. Cette guerre offroit de plus deux dangers qui loi étoient propres, et que la liberté de la presse sembloit devoir rendre plus grands. Le drapeau blanc reparoissoit à la tète de nos armées pour la première fois après la ^taoration du trône : comme il eût convenu aux souvenirs et aux espérances d'empêcher les victoires de ce dra- ^anl La guerre d'Espagne étoit en outre une guerre de principes , une guerre qui touchoit à la révolution : comme elle devoit réveiller les partis!
Kn effet, à cette époque ils ont usé largement de la permission de tout dire. Qu'en est-il advenu ? La France n'en a été que plus triomphante au dehors et plus paisible au dedans.
Il est vrai que cette liberté de la presse , que la couronne et l'État avoient si noblement supportée , parut quelque temps après intolérable à l'incapacité au pouvoir. Le counge, f honneur et la^loh^ de M. le Dauphin et de son ar- Ètée n'avolent pas eu besoin de la censure : il fallut l'établir pour sauver les ministres et leurs commis.
Qui souflfîre donc de la liberté de la presse? La médiocrité et quelques amours-propres irascibles. Mais , dans le dernier cas|, quand la susceptibilité se trouve unie au talent , c'est encore un bien pour l'État [que cette susceptibilité, mise à répreuve , s'aguerrisse par le combat.
Point de monarcliie représentative sans liberté de la presse , point de liberté de la presse sans l'assujettissement des personnes aux investigations de cette liberté.
Or, si un homme s'emportoit à la moindre contradiction ; si , pour une plaisanterie , bonne ou mauvaise , U étoit toujours prêt à demander la suppression de la liberté qui protège toutes les autres, y auroit*iI rien de plus pitoyable
que de sacrifier la constitution de l'État à la vanité d'un homme?
Mais il arrive , relativement à la liberté de la presse, ce qui arrive pai- rapport à toutes les espèces de iïberiés : elles sont d'abord assez gênantes à ceux qui en usent pour la première fois; elles ont leur poids comme l'esclavage; elles forcent les talents , les caractères à se soumettre à des contraintes; mais ces contraintes finissent par devenir utiles. On s'iiabitue à entendre des vérités, à écouter l'opinion, et l'on se corrige. Nous avons déjà fait des progrès sous ce rapport; nous craignons beaucoup moins les attaques personnelles; et si nous avons quelque chose à craindre, c'est plutôt d'y devenir msensibles que d'oï être puérUement blessés.
Les avantages négatifs de la liberté de la presse ne sont pas moins considérables que ses avantages positifs. Qui pourroit dire les fautes qu'elle a empêchées depuis dix ans , et combien la crainte qu'elle inspiroit aux autorités a prévenu de sottises? Supposez tel homme aujourd'hui en possession de faire sans entrave tout ce qu'il voudroit, où en serions-nous? Qui doute, par exemple, que beaucoup de mal n'eût pu s'opérer, s'il eût été possible aux journaux du pouvoir de prêcher tous les matins la beauté de la couversion, de menacer les rentiers d'un remboursement], de vanter ou de taire les mesures prises par Tadministration tandis que les journaux indépendants, enchaînés par la censure, n'auroient pu démontrer les inconvénients de la conversion, rimpossibihté du remboursement, et le danger des mesm*es ministérielles?
Mais la morale, dit-on, mais la religion, blessées par tant de publications impies !
Et l'on produit de longues listes de réimpressions de Voltaire et d'autres auteurs.
Nous devons d'abord faire observer que cette objection n'est applicable , sous aucun rapport , k la presse périodique, déjà soumise à une loi d'exception dont personne ne conteste l'extrême sévérité.
D'abord toutes les publications dont on s'alarme, ou dont on feint de s'alaimer, n'existolent-elles pas autrefois sous la censure? Ne nousamvoi^iI pas de Suisse et de Hollande^ des Rousseau, des Voltaire, des Diderot, des Helvétius? Ne voyoit-on pas sous celte môme censure, des productions d'un libertinage que l'on ne connolt plus , même aujourd'hui? Si l'incrédulité étoit presque générale sous le réginje de la censure; si la révolution a éclaté malgré la censure , et peut-être en partie à cause de la censure , n'accusons pas la liberté de la presse des désastres et des ouvrages dont nous nous plaignons si haut.
Ensuite est-il bien certain que toutes ces éditions, si soigneusement énumérées, se soient véritablement écoulées? Est-il bien certain qu'on n'en retrouvât pas une bonne partie dans les magasins des libraires? Est-il bien certain qu'elles n'aient pas ruiné quelques-uns des entrepreneurs, et qu'enfin toutes ces masses de bons, de médiocres, de mauvais libres, n'aient pas été chercher des lecteurs, parmi les nègres de Saint-Domingue, et chez les nouveaux républicains de l'Amérique, dont la plupart n« savent pas le françois, et dont un grand nombre ne savent pas lire?
Il y a ici erreur : on a pris des spéculations commerciales de librah-ie pour une augmentation de lecteurs dans l'Intérieur de la France. Or, on voit, par le relevé des abonnements des journaux , que la quantité de lecteurs depuis trente ans , n'augmente ni ne diminue. Que l'on parcx)ure le royaume, on trouvera bien chez les libraires des exemplaires des éditions dénoncées , mais on en trouvera très-peu de vendus. On n'en verra point , conune on nous le dit, dans la cabane du pauvre et dans les boutique^ du peuple; on aime mieux savoir ce qu'il faut penser des
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3 pour cenl, que d'exlmmer quelques trifties fiicéUes de Voltaire du fond d*une édition compacte » possession non disputée , dans chaque province , d'une demi-douzaine d'amateurs. Enfin, pour être juste, quand on rappelle le nombre des mauvais livres, il faut citer aussi celui des bons ouvrages. Combien, depuis quelques années, a-t-on fait parottre d'éditions de Bossuet, de Massillon, de Féne- Ion, et de tant d'autres écrivains monarchiques et religieux? Parmi les productions modernes, quelles sont celles qui ont eu le plus de vogue et de succès.' celles qui sont devenues populaires, et qui, imprimées et U'éimprimées, comptent peut-être plus de cent mille|exemp]aires en Europe? N*est-ce pas celles-là même qui ont eu pour but de défendre le trône et le roi, l'autel et ses ministres? Le mal est donc neutralisé par le bien. Loin d'empêcher la lecture et la multiplication des écrits condamnables , la censure ne seroit qu'un stimulant pour les lecteurs et les imprimeurs ; elle feroit vendre ce qui est maintenant oublié dans la poussière des librairies.
Que l'on cesse de faire des choses saintes un moyen de parvenir aux places ; que le clergé, charitable et éclairé, soit le premier à s'élever contre ces petites coteries d'hypocrites persécuteurs qui font à la religion un tort incalculable; qu'il se montre ami de nos institutions ; qu'il les embrasse pour les sanctifier, pour les rendre vénérables par l'ascendant moral de son caractère : alors il n'aura rien à redouter de- la liberté de la presse , et trouvera partout des disciples et des défenseurs. L'Évangile est la charte (charte divine!) qui a émancipé le genre humam. Ceux qui sont chargés de l'annoncer à la terre ne peuvent direanathème aux libertés publiques. Quand le clergé, dont les vertus sont incontestables, aura fait pour la nouvelle monarchie ce qu'il a fait pour l'ancienne , les publications impies viendront se perdre dans le respect qu'il inspirera même à ses ennemis, et se briser contre sa salutaire et pacifique puissance.
Paris, 8 août 1835.
Le terme de la conversion est déjà expiré depuis trois jours ; le grand secret est connu ; la quotité des rente» converties et à convertir est de 30 millions 688,268 francs.
Il faut retourner en arrière, et jeter un coup d'œil sur l'immense échafaudage élevé jusqu'aux nues pour construire un monument qui n'est pas même sorti de terre.
La première loi de finances de M. le président du cons^ ayant été rejetée par la Chambre des pairs , ce ministre ne parut que plus ardent à suivre son projet ; il'en varia seulement la ibrme, et le présenta de nouveau à la tribune parlementaire. II ne s'étoit point laissé convaincre par la première discussion ; les lumières que fit jaillir la seconde ne l'éclairèrent pas davantage. Selon lui , sou plan reposoit snr.des nécessités, sur desbesohis manifestés par l'état des choses.
Il (àlloit, disoit-il, faire baisseMe taux de l'intérêt de l'argent en France, en réduisant l'intérêt de la dette nationale;
11 falloit forcer les capitaux à refluer dans les provmces , et vers l'agriculture ;
n lalloit, enfin , créer une valeur au-dessous de S pour cent, afin de ne plus racheta* les effets publics au-dessus du pair.
On prouva à M. le ministre des finances que le taux de l'intérêt de l'aient , en France, n'étoit ni à aet demi ni 4 à pour cent; que les empirunts des viUes et les emprunts chez les notaires montroient évidenunent qu'il étoit à 5 et au-dessus.
On lui prouva qu'en abaissant l'intérêt de la dette publique , il ne feroit pas descendre l'intérêt de l'argent dans lesafTaiies particulières; que ce n'étoit pas l'État qui pou-
voit anoener l'aflbiblisaeoieDt de rmtérêt de l'argent, qond cet intérêt n'étoit pas amoindri dans les opératioas co» merciales , mais bien la réduction de cet intérêt diu les transactions privées, qui devoit conduire le gouverDeoMit à la réduction de l'intérêt de la dette générale.
On prouve à H. le président du conseil que son «aération , loin de faire refluer les capitaux dans les provincn, les attiroit à Paris par i'app&t de l'a^otage : œ qui ot encore devenu plus vrai par l'établissement da sjodiot des receveurs généraux.
Quant à la nécessité de créer une valeur en 3 poor cent, pour ne pas racheter les ô aa-dessns do pair, « démontra à M. le président du conseil que ce n'était pu là le remède à un mal dont il se plaignoit, d'aiUenn, beaucoup trop têt; qu'il sufQsoit de déclarer que lacùM d'amortissement ne rachèteroit pins les effets poUioi » dessus du pair, et qu'alors on pulseroit dans «lie caisse, hors de proportion avec le montant de h dette, des sommes qui iraient à la déchai;ge des oontribuliies, ou à la liquidation de l'indemnité.
M. le ministre des finances parloitde l' Angleterre, d s'appuyoit de son exemple : on lui fit voir qu'il était d'une ignorance complète sur ce point ; qu'il ne se piiçoit ni dans l'ancien ni dans le nouveau système financier de la Grande-firetagne; que les Anglois n'étoient arrivés anx 3 pour cent qp'en opérant par le passé sur des amunléi, et qu'ils déploroient dans le présent nue réduetion d'àtérêt qui. les avoit enciMnbrés du capital d'une dette énorme.
A la Chambre des pairs, deux amendements qui aonacat tout sauvé furent repoussés par les ministres : l'oo, pioposé par M. le comte Roy, changeoit en des 5 pour ont les 3 pour cent de l'indenmité; l'autre, rédigé par M. k comte Mollien, avoit pour but de détruire l'emploi artii* traire du fonds d'amortissement.
Cétoit là de la raison , du bon sens, de l'évidenK; lu honunes qui parloient avoient toutes les oooooisfiaBoet requises dans ces matières : mais qu'importoient la laisoa, le bon sens, l'évidence, la puissance des autorités? Seit que toute la loi ne renfermât qu'une ailaire, oooioie phsieurs orateurs le prétendoient, soit qu'U y eût des rainai inconnues, soit que l'entêtement et l'amour-propre doainassent les motifs d'intérêt public , on n'écouta riea.
L'esprit de conciliation , le besoin de l'union et de h paix au commencement d'un règne , l'espérance des céi^ monies augustes qui alloient consacrer de nouveaa le pMie social, produisirent l'effet que le ministre désiroit : la loi fut votée.
Mais soudain, et au grand étonnement de cent ?■ pensoient que toute la question avoit été décidée dais l'urne , commença une lutte violente entre M. le présidcat du conseil et le public. Le premier avoit vanté a la tribune le bon sens de la France^ la France eut à ccrar de justifier et de mériter cet éloge : personne ne voulut di la conversion.
M. le ministre attendit, croyant à quelque mépritt» ne pouvant comprendre que l'opinion repoussât sa loi ^ il fallut bien qu'il se convainquit enfin de la vérité.
Alors furent employées ces mesures extraordioilra dont la France gardera longtemps le dégoûtant aooTCÙ : prêts faits ou à faue par les caisses publiques, parb Banque, sur dépôt de rentes, on sur certificats d^empiwiN ou sur Imgots ; ordonnance pour les cautionnements; sp* dicat des receveurs généraux; enfin, tous ces wff^ dont l'emploi suifisoit seul pour démontrer te via de l'opération.
Après trois mois d'un combat aussi pém*ble, le itf** de la conversion expire, et, pour tout râultatyllsetraave que la rente flottante est à peine convertie, et que k 1^ se réduit à avoir transformé en 3 pour cent, pour b p>>
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ptaàe Cicllilë de l'agiotage, on jeu de bourse qui aroit lieu en 5 pour cent.
Telle est la partie historique d*ane loi déplorable dans ion principe, plus déplorable encore dans son exécution. Présentons maintenant à nos lecteurs le résumé des conséquences financières et politiques de cette loi.
Conséquences financières :
302 millions 70,107 fr. ont été employés à produire et à soutenir la contersien de la rente.
Ces Immenses ressources n'ont produit que la conTersien d'une somme de 30 miUions 688 ,268 fr., sur laquelle nous arrêterons dans un momeDt l'attention de dos lecteurs.
Supposez maintenant que la loi de conversion eût été abandonnée à son cours naturel , que 302 millions 70,107 fr. n'eussent pas été employés à faire marcher cette loi, nous demandons s'il y eût eu quelque conversion; nous dfmandoos si l'on peut appeler conversion réelle , conversion véritable, conversion produite par riiabtle structure de la loi, par la nécessité dont cette loi étoit pour la France, une conversion de 30 millions 688,568 francs, procurée par un emploi de 302 millions 70,107 fr. t
On n'avoit jamais vu , on ne reverra jamais l'étonnant et déplorable spectacle d'un ministre occupé publiquement, pendant un an, d'une affaire de bourse, pour faire réussir une opération repoussée du public; employant à cet effet les mesures les plus insolites, se colletant dans le Monileur arec les rentiers, les menaçant d'un remboursement Impossible, et dont il avoit lui-même combattu Tidée; leur disant que les 5 pour cent sont exclus de la sphère du crédit; qu'ils ne figurent plus au grand-livre que pour mémoire; que les propriétaires qui ont apporté un milliard 500 millions au trésor royal, en échange de renies aujourd'hui classées, n'éprouvent d'autre appréhension que d*en être chassés par le remboursement. On n'avoit jamais vu , si ce n'est au temps de Lan et de l'abbé Terray , un ministre faisant du crédit à coups de gazettes et d'ordonnances , et finissant par être trompé, méuBC dans ses tristes plans.
Voilà pourtant ce que le gouvernement d'un grand peuple a présenté au monde depuis un an , et plus particu* fièrement depuis six mois t
Le procès-verbal officiel nous présente une conversion de rentes 5 pour cent de 30 millions 688 ,268 fr., c'est-àdire à peu près 24 millions de rentes 3 pour cent. Cette somme se partage en deux catégories : l'une comprenant les rentes véritidilement converties dans le délai légal , Tautre renfermant les demandes en conversion qui s'étendent au delà du délai légal.
Si bon nombre de ces dernières sommes n'a pu être converti avant le délai expiré, ce n'est pas uniquement parce que le temps a manqué pour effectuer les inscriptions nouvelles , mais parce que les demandes n'étoient pas accompagnées des justifications nécessaires.
Ainsi on trouve 4,209 fr. en six extraits qui sont au transfert; 22,500 en dnq parties, dont les extraits d'inscriptions sont à la caisse des dépôts et consignations; 6,225 en quatre parties , qui proviennent de cautionnements , et dont les extraits sont déposés dans les bureaux de l'agence judiciaire du trésor; 1,200 dont l'extrait d'inscription est adiré; 920,150 fr. |de rentes pour 4,136 parties, dont les extraits d'iuscription sont suppléés par une déclaration du contrôleur en chef de la dette inscrite, qui atteste avoir entre les mains les certificats du dernier emprunt, dont l'inscription produira ladite somme de 920, f50 fr.; on trouve 10,667 fr., formant deux dotations de miyorat, dont les extraits d'inscription ne sont pas joints aux demandes déposées au ministère de la justice; on trouve 673, 650 fr., dont la propriété est constatée appartenir à 2,572 parties par des certificats du dernier
emprunt dont la Banque est dépositaire; on trouve enfin 25|651 fr. pour treize parties qui n'ont point fourni les extraits d'inscription.
Ce seul relevé fait voir combien de questions épineuses s'élèvent pour toutes ces rentes à convertir, qui figurent néanmoins en chiffre de la rente convertie. Ilseroit trèsnaturel qu'il en résultât des Impossibilités complètes de conversions, ou que ces conversions fussent retardées jusqu'à des époques successives abandcmnées à l'arbitraire des parties intéressées.
Le résultat de cette position , c'est qu'il n'y a réellement pas 30,688,268 fr. de rentes 5 pour cent de convertis; que la caisse d'amortissement n'agit peut-être dans ce moment que sur une vingtaine de millions de rentes 3 pour cent plus ou moins , et que les conversions en suspens, comme s'exprime le procès- verbal , ne pourront s'effectuer que par une fiction , laquelle peut reculer à l'infini la borne fixée par la loi et par l'ordonnance du f mai, en exécution de ladite loi.
Une difficulté encore plus sérieuse se présente pour les rentes à convertir : si les 3 pour cent tomboient audessous de 75 avant l'époque extra-légale de la conversion des demandes , le gouvernement seroit-il obligé de les livrer à 75 , et par conséquent de subir la perte et de remplir la différence du déficit?
D'une autre part, si la nouvelle valeur éprouvoit une dépréciation probable, ceux qui ont demandé des conversions sans les avoir réalisées, n'ayant plus le motif d'intérêt qui avoit déterminé leur première résolution, ne pourroient-ils pas retirer leurs demandes? Quel moyen auroit-on de les forcer à la conversion , le terme général étant expiré?
Ces doutes, qui naissent dans les esprits à la lecture du procès -verbal, augmentent singulièrement la misère de ropération.
A qui appartiennent enfin les rentes converties? Le procès-verbal annonce 16,393 parties : c'est peu , très-peu ; mais encore ces 16,393 parties sont-elles distinctes, sontelles des parties prenantes? Il est fort permis d'en douter.
Il est naturel de penser que les 30 millions 688,268 fr. de rentes 5 pour cent, convertis ou non, appartiennent presque en totalité à des capitalistes précédemment engagés dans les opérations de M. le ministre des finances. On suppose en effet qu'ils possèdent environ 21 mUIions de rentes 3 pour cent. La masse des rentiers, c'est-à-dire la .France , n'est donc presque pour rien dans 'la conversion , si ce n'est pour le mal que lui a fait et lui fera la loi.
Mais ne prenant que le fait matériel , et supposant que la conversion se monte à la somme de 30 millions 688,268 fr. de rentes 5 pour cent , il s'ensuit que la rente flottante auroit seule été couTertie, la rente déclassée ayant été évaluée par M. le président de la commission de la caisse d'amortissement de 25 à 30 millions. La loi n'a donc produit qu'un changement dans le nom du jeu : c'est un grand pharaon en 3 pour cent?, au lieu de 5 pour cent, que le gouvernement tient avec un amortissement de plus de 77 miUions ; mais id la perte est pour le banquier.
Parmi tous les biens que nous devrons à l'administration, il faut compter l'augmentation du déclassement de la lente. Ce déclassement étoit d'un neuvième de la dette publique , lors de l'entrée de M. le président du conseil au pouvoir : il est aujourd'hui d'un quart de cette dette.
Admettons mamtenant que les 30 millions 688,268 fr. de rentes convertis ne soient pas même (ce qui est la vérité) entièrement convertis; admettons que la plus grande partie de ces rentes appartient "à des banquiers étrangers , ou intéressés dans les opérations actuelles , y aura-t-il eu jamais opération plus rudement avortée, plus franchement repoussée par l'opinion , plus honteusement stygmatlsée par quiconque a la moindre autorité en finances?
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Il faut rechercher à présent ce que deviendront ces 24 millions 3 pour cent de rentes flottantes , de rentes séparées de la grande masse des rentes; aliment d'agiotage, valeur nouvelle moralement dépréciée, et sans cours sur les places étrangères.
Deux résultats opposés sont à prévoir :
D*abord il faut huit années à la caisse d'amortissement pour racheter les 24 millions de rentes |3 pour cent de la eonversion, en supposant qu'il n*y eût point de concurrence ; mais si les 6 hiilirèhs ou même les 3 millions 3 poiir cent du premier cinquième de l'indemiiité viennent bientôt à la ^urse, ils absort)eront ramortissement, qui ne portera plus sa puissance sur les 3 de la conversion.
D*un autre côté, la connexion des deux rentes 5 pour cent et 3 pour cent étant rompue par Texpiration de la faculté de convertir, les 5 pour cent , privés de la caisse d'amortissement, pourront tomber au-dessous du pair, et retrouver alors cet amortissement, qu'ils enlèveront, comme lés 3 de Tindemnilé , aux 3 de la conversion.
Quant aux 25 millions formant la somme des prêts et des achats employés à la confection de la conversion, ils retourneront promptement à leur destination spéciale , et ne pourront plus soutenir les 3 pour cent de la conversion.
11 est probable alors que toutes les valeurs tendant à prendre leur niveau , les 3 de la conversion tomberont à 67 et au-dessous : ce n'est môme qu'en se rapprocliant de leur pair, c'est-à-dire de 60 fr. , qu'ils pourront se classer, et cesser d'être flottants : Us deviendront des 5 pour cent.
Dans celte chance, l'accroissement du capital n'aura pas lieu , ne sera pas un dédommagement de la perte de l'intérêt , ainsi qu'on l'avoït proclamé.
Les 3 pour cent de l'indemnité , affectés par la même cause, resteront à peu près à leur pair, c'est-à-dire à 60, s'ils ne tombent encore plus bas. Les 400 millions à produire pour là hausse , qui dévoient compléter le fameux milliard , s'en iront en fumée , comme toutes le promesses de M. le ministre des finances.
L'autre résultat , qui seroit celui de l'élévation des 3 pour cent de la conversion , forceroit de supiwser que les 3 de l'indemnité n'arriveront pas de longtemps à la Bourse; que les 6 pour cent seront maintenus au-dessus du pair; que les 77 millions de la caisse d'amortissement resteront en proie aux 24 millions (s'ils sont réels) de reàtes 3 pour cent de la conversion.
C'est l'état monstrueux que tous les discours de l'opposition ont prédit : tous ont annoncé que, si la conversion éloit foible , l'amortissement retiré aux anciens créanciers de l'État, dont il étoit la garantie , seroit livré à des agioteurs et à des banquiers cosmopolites. C'est à quoi sans doute les Chambres s'empresseront de remédier.
Non-seulement , dans la supposition de la hausse des 3 pour cent de la conversion , il faut que la caisse d'amortissement leur reste entière, mais il faut encore continuera user des moyens du syndicat, et des autres ressources appelées dans l'argot les absorbants; il faut que le gouvernement, toujours inquiet, s'évertue de liquidation en liquidation, pour l'amener à bien; que, semblable à ces négociants qni ont de mauvaises affaires, il trouve des expédients pour reculer de mois en mois le moment critique , en accroissant sa détresse et ses périls. Il doit même ci aiudre le trop grand succès de ses efforts; car si le cours fictif de la rente 3 pour cent s'élevoit trop haut , il y auroit catastrophe par la multitude et l'empressement des Ventes.
Comment a-t-on pu se mettre volontairement dans une pareille i)osition? Et si , dans celte position , il arrivoit le plus petit accident en Europe , quedeviendroient nos fonds? Comment trouveroit-on à empnmter? A quel taux faudroit-il acheter l'honneur et l'indépendance de la France?
Ainsi, quant aux 3 pour 100 de la conversion, ou ils descendront, ou ils monteront : s'ils descendent, le ren-
tier converti , à qui l'on a promis on aocroittement de capital en dédommagement de la réduction de Tintera sen trompé, et victime d'une déceptien; s'ils s'âèvent (les 3 pour cent) par l'effet de l'amortissement détourné de a destination primitive, ce sera le trésor (et par oonséquesl les contribuables) qui supportera les pertes produites par h loi. Ce dilemme est sans réplique.
Que l'auteur de cette loi déplorable, ou phitôt qie l'homme qui l'a adoptée sans la comprendre, fasâe en maintenant par ses journaux qu'il est satisfait, très-âti»' fait ; qu'il a obtenu ce qu'il vouloit , qu'il est même étODoé de son succès , peu importe : l'amour -propre humilié iffecte le succès dont il n'a pas la conscience. Jamais Ti Deum chanté pour une bataille perdue n'a trompé personne : les fanfaronnades sont les consolations de oeui qui n'en ont point d'autres ; laissons-les à qui de droit.
Si l'on menace les rentiers d'un remboursement, nou citerons à M. le ministre des finances ses propres paroles, l'aveu qu'il a fait lui-même de l'improbabilité d'un remboursement, dans le cas où la conversion seroit peu ooasidérable.
Si les journaux ministériels nous disent que les 3 pour cent de l'indenmité vont profiter de la foible converaoa des 3 pour cent, nous leur répondrons qu'il ne sied pas à un ministre qui s'est obstiné aux deux catégories, qui aT^ poussé les commissions départementales, qui a rejeté Ti* mendement de M. le comte Roy ; qu'il ne sied pas, disonsnous , à ce ministre de montrer un si vif intérêt dans ooe cause que d'autres ont mieux servie que lui.
Qu'avoit-on besoin en effet d'mie foible conversioo pour refouler la puissance de l'amortissement vers les 3 derindemnilé? Si telle avoit été en effet l'intention secrète do ministre, il étoit parfaitement inutile d'avoir recours à uoe conversion des 5 pour cent; il suffisoit de créer les SpiHir cent de l'indemnité, et c'est ce qu'on fit remarquer à I| tribune de la Chambre des pairs. Mais il faut bien trouTcr aujourd'hui quelque chose à balbutier dans la défaite, et ne pas rester court devant l'événement.
Non-seulement M. le président du conseil est condamné par le mal qu'il a fuit, mais encore par le bien qu'il a détruit : il peut se vanter d'avoir détérioré les plus belles finances de l'Europe , finances que nous envioît rAogl6 terre , finances qui nous promettoicut toutes les ressources, toutes les prospérités qu'un État peut désirer, car, avec ob peuple brave et industrieux , tout est succès dans la paii et dans la guerre quand on a du crédit et de l'argeat
H suffirait de laisser aller toutes seules nos finances pour qu'elles parvinssent au plus haut point de prospérité. £b peu d'années, ce qu'il y avoit de trop dans notre dette aaroit disparu ; on seroit arrivé à la réduction de l'intérêt des capitaux par l'élévation naturelle des fonds et raocroissement de l'industrie. Pourquoi ces rêves? pourquoi cette activité stérile, celle inquiétude d'esprit .qui ressembfe à la fièvre, cette agitation sans nécessité, ces pertorbitions de la fortune publique, lorsque, pour coosolidfr cette fortune, il suffisoit de dormir en paix? Le motifpoé* ril de l'élévation des 5 pour cent au-dessus du pair peolil être aduiis un moment par un homme d'un esprit mi^r et de quelque expérience?
Les intérêts matériels des finances ont été sauvés parle bon sens des rentiers, secondés des efforts delà liberté de la presse; mais le crédit de la France n'est pourtant plas le même ; on ne menace pas pendant deux ans les fiwDces d'un peuple par des lois et des mesures inopportunes, sans que le crédit n'en soit profondément affecté. Qui pwt vous garantir d'un ministre qui sans cesse remue, quj laisse et reprend ses doctrines , change tous les matins de prmcipes et d'amis , se plaît dans les nouveautés et to aventures, se mêle d'affaires de bourse ets'eutoure ^ banquiers agioteurs? qui peut s'assurer, disoBSrOOOS, q«w
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ce ministre ne reniera pas demain la loi qu'il a Toulue anjourd*hui?
Dans cette perplexité , les capitaux étrangers iront chercher des établissements plus solides pour se mettre à Tabri de pareUs caprices. Trouvera-t-on sûreté à rester dans ane rente toujours ti-aitée en ednemie, écornée sous Tancien gouvernement, consolidée, c'est-à-dire réduite au tiers aoas la répul>lique , avec déclaration que désormais elle serait non remboursable, et pourtant convertie sous nos yeux par M, le ministre des finances, et grossièrement outragée dans le journal officiel?
M. le président du conseil quittera les finances après
soit devenue inremboursable, et rendu diflicUe, sinon impossible dans l'avenir, tout emprunt sur des bases raisonnables.
Si , à ces conséquences financières de la loi , on joint les conséquences morales et politiques, alors on voit s'accroître d'une manière effrayante la somme des maux que nous signalons.
N'est-ce rien que d'avoir condamné trente millions d'hommes , pendant l'espace de deux années, à ne s'occuper que 4'afTaires de bourse, à oublier tous ces graves intérêts sur lesquels repose l'édifice religieux, moral et politique de la âociété.^ qui pourroitdire la part que le système de Law eut à la corruption du règne de Louis XV, règne qui prépara la cliute de la monarcliie?
rTest-ce rien que d'avoir divisé l'opinion royaliste pendant deux années ; que d'avoir semé partout la discorde , cliangé et dénaturé l'opinion?
JLa couronne a-t-elle à se louer des mesures imprudentes que nous déplorons? Dans un étrange entêtement, on ne fut pas même arrêté par ia mort de l'auguste auteur de la Charte; on ne fut point épouvanté de l'idée de réduire la rente au moment où le sceptre cliangeoii de main , de ridée d'attacher une mesure impopulaireau commencement d'un nouveau règne. On ne sentoit pas ce qu'il y avoit de dangereux, nous osons dire de moralement coupable, après une révolution de trente années , à venir troubler les finatnces de l'État, au moment même où elles avoient atteint une prospérité que l'on attribuoit avec justice au retour des souverains légitimes.
Et quand le trésor se seroit trouvé dans une crise , il eût encore été d'un bon citoyen , d'un bon François , d'an bon royaliste, d'éviter de toucher aux rentes sous la restauration. De quel nom faut-il donc qualifier une mesure prise de 8ang-froid , sans besoin , sans nécessité ; une mesure qui , loin d'améliorer les finances , tendoit à les renverser , alors même que leur état florissant passoit toutes les espérances ?
En exposant ainsi le trône , le ministre compromettoit les lumières et l'honneur des Cliambres. Il (klloft être bien sûr du succès pour s'obstiner à une conversion combattue à la tribune par les hommes les plus habiles. Qu'apprendra-t-on aux pairs et aux députés? Qu'une opération qu'on leur vantoit comme le chef-d'œuvre de Yexpérience et du génie a été repoussée par le public. N'ont-lls pas le droit de dSte à l'auteur de cette opération funeste : « Nous vous « avons accordé nos suffrages de confiance, et par amoUr m pour le roi , dont vous nous prononciez sans cesse le n nom ; nous avons voté votre loi : qu'avez-vous fait de « notre vote? qu'avez-vous fait du crédit de la France)? »
Si la nouvelle France a le droit de se plaindre , l'ancienne n'a pas moms été blessée. La connexité de la loi de l'indemnité et de la loi de la conversion est une flétrissure que ne médtoient pas les victimes de la plus noble cause.
Enfin les dernières mesures financières ont paralysé dans le passé le gouvernement, et le rendent impuissant dans
l'avenir; remarque qui n'a poiut échappé aux journaux anglois.
Pendant cmq ans la caisse d'amortissement est affectée au service des nouvelles rentes, et ne peut être détournée de son emploi ; pendant cinq ans on ne sera occupé qu'à soutenir le mal qu'on a fait , et à prévenir des catastrophes : ainsi , pendant ces cinq années , il faudra se résoudre à dévorer toutes les humiliations que l'on voudra nous faire subir. On réglera sans nous ce qui concerne les Amériques et la Grèce , dont il nous apparienoit de commander les destinées. Notre pavillon sera insulté par des corsaires j nous n'oserons pas avoir une politique à nous; nous ne serons ni pour ni contre Talliance; nous nous traînerons derrière l'Angleterre , sans pourtant embrasser son système; nous laisserons tomber nos forteresses en face de ces forteresses nouvelles que l'étranger élève à grands frais à quelques pas de nos frontières , et dont ses généraux vont tous les ans visiter les travaux. Les alliés ont conservé presque entières les armées dont ils nous environnent; ils entretiennent incessamment leurs arsenaux , et en augmentent le matëHel : et nous, noiis allons jouer à la Bourse! et 302 millions 70,1 07 francs , qui auroient fait tant de bien à notre marine et à notre armée, ont été employés, sans succès, à soutenir une seule opération désastreuse de financesl
Quant à l'Espagne, n'en parlons plus; elle deviendra ce qu'elle pourra. Tous les fruits d'une expédition miraculeuse ont été gâtés par cette main qui flétrit ce qu'elle touche. Au moment de la délivrance du roi Ferdinand, nous pouvions tout; aujourd'hui nous ne pouvons rien. Les victoires de M. le Dauphin sont venues se perdre, sinon se faire oublier, dans les 3 pour cent.
L'univers change autour de nous; de nouveaux peuples paroissent sur la scène du monde ; d'anciens peuples ressuscitent au milieu des ruines ; des découvertes étonnantes annoncent une révolution prochaine dansées arts de la paix et de la guerre : religion, politique, mœurs, tout prend un autre caractère. Nous apercevons-nous de ce mouvement ? marchons-nous avec la société ? suivons-nous le cours du temps? nous préparons-nous à garder notre rang dans la civilisation transformée ou croissante? Non : les hommes qui nous conduisent sont aussi étrangers à l'état des choses de l'Euroije que s'ils appartenoient à ces peuples dernièrement découverts dans l'intérieur de l'Afrique. Que savent-ils donc? La Bourse! et encore ils la savent mal.
Disons-le : un homme coûte trop cher à la France; un grand génie seroit encore trop payé à ce prix. Sommesnous condamnés à porter le poids de la médiocrité , pour nous punir d'avoir subi le joug de la gloire?
Lorsqu'on voit les agents du pouvoir marchander des
Srocès, des opinions et des hommes, attaquer l'indépenance des tribunaux et les libertés publiques , alarmer le crédit par l'imprudence de leurs combinaisons; lorsqu'on est forcé de reconnoltre dans leurs actes un mélange de foiblesse et d'obstination , de témérité et d'impuissance , la patience est au moment d'échapper : rien n'empêcheroit d'exprimer des sentiments énergiques, n'étoit la crainte d^enfler les petits orgueils. La supériorité qui s'égare gémit quand l'opinion l'abandonne ; mais l'infériorité qui tombe trouve une preuve de son mérite dans les vérités qu'on lui dit, et se fait une grandeur de l'indignation publique.
paris, ce 14 a*ût 1825.
Nous avions espéré lire aujourd'hui dans le Moniteur quelque chose de satisfaisant des dépêches de M. de Mackau. Nous y avons trouvé simplement un paragraphe conçu en ces termes :
POLÉMIQUE
« Les dépèches vîsnues par la Béarnolse, confirmeot « la nouTelle annoncée par le télégraphe.
« Les intentions da roi sont complètement remplies ; « 150 millions sont assurés aux anciens colons de Saint- « Domingue, et notre comnterce jouira dans cette lie d'à- « vantages douhles de ceux accordés aux nations les plus « favorisées ; en un mot , Tordonnance du roi a été accep- « tée avec respect et reconnoissance : le président Boyer « faisoit les préparatifs nécessaires pour que l'ordonnance « fût entérinée au sénat avec la solennité convenable. »
11 faut convenir que cette courte note du Moniteur n'est pas bien propre à éclaircir les doutes que Ton pourroit avoir; une répétition à peu près textuelle de la dépêche télégraphique, lorsque les dépêches in extenso sont arrivées, est une chose assez inattendue et peu instructive. Seulement nous apprenons de plus .que le président Boyer faisoit \t% préparatifs nécessaires pour que l'ordonnance fût entérinée au sénat avec la solennité convenable.
Nous ne connoissons pas assez la constitution de Sainte Domingue pour découvrir ce que c'est qu'un entérinement, au sénat d'Haïti, d'une ordonnance du roi de France, et les préparatifs que cet acte parlementaire exige : tout cela est fort singulier. En attendant un plus ample informé , raisonnons sur ce que nous savons.
C'est par la Bourse que nous avons appris l'affaire de Saint-Domingue. La Bourse est la route des nouvelles que l'on veut donner à la France et à l'Europe. On vit Jadis un grand peuple soumettre la terre , pour faire croître sa gloire au Capitole; nous, nous verrions un ministre se servir, au besoin , du monde entier, pour taire hausser de quelques centimes nos 3 pour cent à la Bourse.
Cependant, comme celte affaire de Saint-Domingue touche à la politique la plus élevée; comme elle intéresse non-seulement la couronne de France , mais toutes les couronnes ; comme elle eùtre profondément dans les entrailles du gouvernement représentatif, reth^ns-la du théâtre des 3 pour cent, pour la porter au tribunal de l'opinion publique.
Saint-Domingue , au moment de nos troubles révolutionnaires, brisa les liens qui l'attachoient à la France. Un gouvernement sorti du sein de cette colonie agit depuis ce jour, pour elle et sans nous, dans une indépendance complète. Toute la colonie n'entra point néanmoins dans ce mouvement : la population blanche , autrement dite européenne, propriétaire de la presque totalité du sol, fut proscrite et égorgée; ses biens furent ravis. Voilà les premiers faits.
Un homme, en France, après avoir conquis l'Italie et l'Egypte , rêve de conquérir le trône vacant. Il le prend d'assaut à Saint-Cloud. Il lui faut, avec ce trône, un royaume plus étendu que celui de nos rois; le vaste héritage de Louis XIV es^trop étroit pour sa fortune nouvelle. Lui qui doit reculer nos limites d'un côté au delà du Rhin , de l'autre aux bords du Tage , laisserfk-t-il Saint- Domingue, colonie françoise, hors des lois de la France.' Non; mais cette fois, tralii par son génie, ou plutôt par la foiblesse de ses lieutenants , il perdit son armée et la colonie; les droits seuls de la couronne restèrent intacts; si bien que la légitimité les retrouva , les reprit , et sembla les tenir en réserve pour des jours de force et de bonheur. Voilà d'autres faits. Maintenant, de Buonaparte descendons à M. le ministre des finances.
Tandis que ce ministre remuott 300 millions pour ses 3 pour cent , il se toumoit aussi vers Saint-Domingue. Envisagcoit-il cette fie comme un bon effet d'agiotage? Un acte est proposé , accepté ,- nous dil-on , et conclu. IVun côté, il porte, pour la colonie, 150 millions à donner à la France; de l'autre, qu<x> donne la France ?,Quelque chose apparemment; car dans un acte de^ vente
faut bien spécifier et rotget qu'on vend, et le pth ta on le paye. Or, ce que nous vendons, noos, ce sont an droits.
Ces droits sont donc bien réels, puisqu'on noos ki acliète; ils ont donc quelque prix, puisqu'on ks évatae à 160 millions, somme énorme pour le gonvemoDail k Saint-Domingue.
Si la colonie se croit et se dit libre, sH étott impoai' ble de la rappeler dans notre admIniMratîon, toit pirAi avantages, des traités, des r^ements favorables, va par des concessions nécessitées par la marche do tnipi, pourquoi donc nMkxmnolt-dle sa situation au point qifdk pense agir avec sagesse en nous payant 150 inillioos?Os nos droits sont illusoires , et dès lors ils n'ont «na prix; on nos droits sont positif, et dès lors nous defw examiner comment on poovoit les céder, et ilb ontâé cédés à un bon prix.
Quatre opinions existent en France rehtivaBeBt à Saint-Domingue :
La première anroit voulu qu'on ftt la conquête de la» kmie à main armée.
La seconde, trouvant que cette conquête étoît imposé Ue, demandott an moins qu*on ne reconnût jamusw république de nègres révoltés.
La troisième désiroit qu'on reoomiAt pnrenMot et li» plement Findépendance du goaTememeot de SaiBt-D»> mingue comme gouvernement de fait , et que Foo ooacltt on traité avec lui.
La quatrième (et c'est la nôtre) admettoit qoH y i des nécessités auxquelles on doit se soamettre; qneFfli pouvoit émanciper Saint-Domingue à certaines conditioB, mais seulement au moyen d'une loi proposée par k ni et votée par les Chambres, conformément an droit pâlie de la France, anden et moderne.
Aucune de ces opinions n'a été satisfaite par Toite nance à laquelle M< le ministre des finanoes a mit d at* gulièrement son visa.
Ceux qui vouloient la conquête de Saint-DoBHifK prétendoient qu'elle étoit facile; que notre. positioa tf lëroit entièrement de celle oà s'étoit trouvé Boon^wle.
Ceux qui vouloient qu'on ne s'oocapât point de SmI* Domingue prétendoient que la discorde se mctlroirttt ou tard dans ce refuge d'esclaves armés, et que la ripablique noire se détruhroit de ses propres mains.
Ceux qui vouloient la reconnoissance pore et éaft de SainIrDomingue soutenoient qu*aTec nn tratté vm aurions trouvé ce que ne nous donnen pas, adoa en, l'ordonnance.
ceux enfin qui vouloient une loi d'émancipalioe ésoient qu'avec cette loi tous les intérêts aoroient été wà à l'abri.
En effet, l'ordonnance présente des difficultés inaMB* ses : elle sort du principe jusqu'ici admis. Dans aobe ancien comme dans notre nouveau droit public , nae p^ vinoe ne peut être oonsédée que par lei pouvoirs I^eÙ^ tifis, c'est-à-dire par le roi uni à la nation, oomae edi s'est vu sous le roi Jean et sous François ^^
Il n'y a aucun doute que, si le gouvernement repréMS' tatif avoit une plus longue existence parmi nous, % k président du conseil seroit exposé à être mis en aoca»* tion pour avoir cédé Saint-Domingue par un srâl acte administratif.
Qu'on annonce denuun que M. Canning vient d'ail» donner Gibraltar ou le cap de Bonne-Espéranoe f» » acte du conseil revêtu de la signature de S. M. B-t ^ vous verrez ce qui arrivera en Angleterre, le "*■]** imprudent n'auroit, pour sauver sa tête, que la p» prompte fuite.
Et que l'on ne vienne pas invoquer l'artîde de la CMfW qui donne au roi le droit de fiôre des 6aités;il Vi*tApA
POLÉnfiQUE:
applkable à Tespèeé. 11 ii> a pas ici de Téritable traité; ce D'est poiot un goaTemement quelconque de droit ou de lait avec lequel on a négocié ; ce n*est point un traité eondo et signé par deux parties contractantes; c'est une aeule partie qui se dépouille de ce qui lui appartient, moyennant une somme d*argent ; c'est un contrat de vente d*uoe nature tout extraordinaire , dans lequel non«eulement les tiers intéressés , les colons , ne sont point appelés à stipuler pour leurs droite , mais au bas duquel la partie même qui paye n'a pas été admise à apposer sa signature.
Sous ce rapport politique , les emlMirras qui naissent de l'ordonnance sont effrayants. La France, restant souveraine de droit de SaintDomingue (et c'est ce que nous font enlendre les Journaux ministériels) , devient responsable de tous les acte» du gouvernement de fait, établi dans cette lie. £lle pourra être importunée des réclama- Nous de toutes les puissances étrai^sères qui se croiroient lésées dans leurs rdations commerciales. Il faudra qu'elle reille à ce que le gouvernement haïtien ne contracte pas des alUanees qui pourroient être vues avec Jalodsie de Idie 00 telle puissance , ou blesser les articles de tel ou lel traité, etc.
Sous un point de vue politique plus élevé \ on peut prédire que la république de SainM)omingoe aura \ùi ou lard des sœurs dans les Antilles et dans la mer des Indes. Les cabinets feront bien de se hâter de prendre les mesures les plus efficaces pour le salut des colons. On doit amsi s'attendre à des nouveautés singulières dans les relations diplomatiques.
La république de Saint-Domingue ne sera-t-elle qu'une DoloDie françoise , se gérant à la vérité par ses propres lois , laais n'étant point on État indépendant de la France, n'ayant par conséquent d'ambassadeurs ni à notre cour, ni aaprës des puissances étrangères? Est-il probable que le gouvernement de Saint-Domingue pousse à ce point la XKiîdescendance?
De tout ceci , il faut bien se persuader que nous arrivetNM à un changement capital dans la police européenne. La création des républiques du Nouveau-Monde, fortifiée Mr la reconnoissance d'un État nègre indépendant, introluira oécessairement dans la diplomatie des principes et les hommes dont les vieilles monarchies sentiront en peu l'années l'influence. Ici s'ouvre un horizon immense, où KKM doutons que la vue de M. le ministre des finances ait léoétré. Il est proMable qu'il n'a aperçu dans tout cela [ne quelques millions, et des moyens de popularité à la toane : U s'est bien trompé.
Enfin, par l'ordonnance, où est la garantie des deux irties?
Pour Saint-Domingue? une ordonnance peut toujours Ire rappelée par une ordonnance; et les journaux minis- Ms , en commentant l'acte , ont soin de faire remarquer ne la France sera toujours prête à ressaisir ses droits, Q cas de besoin. Si cela est , la république d'Haïti a payé n peu cher un droit éventuel.
La garantie pour la France? Saint-Domingue, en 1789, ipportoit à peu près 40 millions au fisc : s'il s'agissoit 'un traité avec un Étal indépendant , le gouvernement ançois pourroit dire qu'il a généreusement abandonné » avantages; mais il s'agit d'un marché; et alors n'étoitpas juste de stipuler dans ce marché un dédommagement Sal au sacrifice que l'on faisoit? Dira-t-on que le privilège accordé pour notre commerce Saint-Domingue est une compensation de l'ancien revenu î cette colonie?
Mais ce droit est un privilège que nous nous donnons K dépens des autres puissances; ces autres puissances * réclameront<elles pas quelque jour, soit auprès du gouiniement de Saint-Domingue, soit auprès du nôtre? Il
CHATRAUBRUNO. — TOME II.
seroit étrange que, poor n'avoir pas voulu foire la guerre à Saint-Domingue, nous fussions à une époque quelconque obligés de la soutenir contre l'Angleterre!
Le gouvernement de Saint-Domingue pourra-t-il tenir le marché? Il est pauvre; ses revenus, qui vont toujours diminuant , ne se sont guère élevés dans la dernière amiée au-dessus d'une trentaine de millions : il est difficile avec cela de payer lôO millions de capital.
Ce gouvernement est républicain , et Ton sait ce que sont les républiques. 11 y a des corps qui délibèrent, et qui ne sont pas toujours soumis au pouvoir exécutif. Ce pouvoir exécutif peut lui-même changer, et refuser de tenir les clauses du marché. Quelles seront vos ressources? La guerre? Mieux vaudroit l'avoir faite avant de Teconnoltre l'indépendance de la colonie. Le rappel de l'ordonnance? Qu'importera ce rappel à Saint-Domingue, quand elle sera puissance indépendante reconnue par toute r£nrope.
Rentrerons-nous dans nos droits? il ne sera plus temps : il est des droits qui n'existent plus dès qu'on les a une fois cédés. Montrer qu'on peut y renoncer, c'est les perdre. Louis XVIII , d'auguste mémoire , a donné sur ce point un grand exemple : la postérité connoltra sa répons à Buonaparte, qui lui demandoit une renonciation à ses droits; les Stuarto, au contraire, acceptèrent une pension de Guillaume, et l'Angleterre se ferma pour eux.
Si encore vous receviez les 160 millions à la fois, voua auriez une garantie dans la possession actuelle de celte sooune.
Si vous aviez demandé et obtenu une concession de territoire, vous aviez une hypothèque; mais lâO millions à payer en cinq années, et dans l'état où se trouve l'Amérique, et dans les éventualités de l'Europe, et dans la position financière où notre administiation a placé la France, et avec la plaie de l'Espagne en contact avec nous !
C'est une sorte de manie de M. le président du conseil de fixer à tout un terme de cinq années ; il semble qu'il ait fait un pacte pour ce laps de temps.
La garantie pour les colons , où est-elle ?
D'abord on n'a pu disposer de leurs biens en vertu d*un article de la Charte, qu'avec une juste et préalable indenmité.
Or, 150 millions sont-ils la valeur de ces biens? H y a deux espèces de propriétés, la propriété de la terre, et la propriété de l'esclave; ces biens dans les colonies ne peuvent pas être évalués à un revenu fixe de 3 et 4 pour cent comme les biens des émigrés en France, mais sur un intérêt coflunercial de lô et quelquefois de 20 et 30 pour cent.
Par une loi discutée dans les deux Chambres, tous les intérêts auroient été examinés , toutes les objections prévues ou détruites.
Il n'y a que deux manières de disposer légitimement de la propriété d'autrui : ou en justice comme fondé de pouvoir des propriétaires , ou par un acte législatif avec une indemnité.
Enfin, ces 150 millions, représentant une propriété qu'on peut évaluer hardiment à GOO millions , comment seront-ils distribués? On a trouvé avec justice qu'une loi étoit nécessaire pour régler et répartir l'indemnité des émigrés, et comment admettrai t-on qu'une ordoimance suffit pour régler et répartir l'indemnité des colons?
Et où sont ces colons? On connolt ceux à qui M. le mmistre de l'intérieur vouloit retrancher des secours; mais il en est beaucoup d'autres aux États-Unis , à la Louisiane , dans l'Ile de Cuba , dans les Amériques espagnoles. Ontils leurs titres? ces titres n'ont-il point péri dans la dévastation de Saint-Domingue? Comment prauveront-ils qu'ils avoient tant de nègres, et comment prouverez-vous qu'ils nelesavoientpas?
FOliMIQUE.
•sa
Toatos eM obJMtioiii aispavotoioit , a«Bt rhypothèit d0 ùw\ qai Touloient un Irallé pur et simple, parée qu'il y auroit eu alors force miyeure; dans l'hypothèae de eeui fiai auraient voulu une loi, toutes ces dioiea anroieDt été
réglées.
On nous parle de la dignité de l'ordonnaiiee : c'est trèsbien de faire parler la couronne avec dignité , mais , avant tout, il faut éviter de la compromettre : car la dignité cesse là où il est^poasible qu'elle ne puisse être maintenue. Si le gouvernement de Saint-Domingue , si les puissances étrangères, comme nous l'avons dit plus haut, venoient à faire des difficultés sur lordonnance, et qu'il fallût on la retirer en partie ou la défendre en totalité, la dignité serait perdue , ou la paix de la France serait eiposée.
M. le miniilre des finances auroit dû ne pas mettre son esprit dans tout cela. D'une ignorance complète dans ces matières, il aurait dû en confier au moins la rédaction à des gens du métier. Mais tel est son génie : il se piéciplte dans les mesures dont il n'aperçoit jamais au premier coup d'œil les conséquences, et il est confondu lorsque les objections s'élèvent do toutes parts. On distinguolt dans M. le président du conseil l'homme d'État de l'honune d'affaires : l'homme d'afhires s'est noyé à la Bourse, et l'homme d'État a fait naufrage à Saint-Domingue.
Il est encore un moyen de remédier à la fiiute grave que vient de commettre M. le président du conseil : c'est de •changer l'ordonnance en loi à la prochaine session. Mais, certes , elle ne passerait pas sans amendement , si elle étoit disculée; et comme il y a maintenant un autre gouvernement en possession de l'ordonnance, Paibire se compliquerait singulièrement.
Partons bien de ce principe , qu'une colonie ne peut être cédée que par une loi , quand elle n'est pas emportée par les stipulations d'un traité imposé par la force dans l'État et par le droit de guerre. Encore, dans les traités où il est question de finances, l'intervention des Chambres est commandée : témom ce qui nous est arrivé après les Cent-
Jours.
N'admettons jamais qu'on ministre , que tout un conseil , dans un gouvernement représentatif, puisse être seul juge de la convenance qu'il y a à céder une partie du territoire de la monarchie ; qu'il puisse décider qu'il est bon de toucher k l'intégralité des draiU et des possessions de la couronne : cela ne pouvoit pas être même dans l'anoieB gouvernement. Répétons-le en finissant : c'est le rai uni aux deux Chambres, uni à la nation , qui dans ee cas est le juge suprême de la nécessité de l'acte de séparation ; et alors personne ne craindra de voir notre territoire traité comme nos finances : jamais la France et son roi ne demanderont la conversion ou la réduction de notre gloire.
Paris, le 16 août 1825.
Nous n'avons pas fini avec TafTaire de Saint-Domingue : nous ignorons quelle en sera la suite à Saint-Domingue même ; nous ne savons pas quelle est la prépondérance du président Boyer sur le corps politique du gouverne» ment ; nous ne pouvons pas prévoir ce que pensera £e corps politique, lorsqu'il lira Tinterprétation que les journaux mmifttériels donnent à l'ordonnance royale; mais en a^ tendant les événements, nous voulons revenir encore sur un principe que nous avons posé, parce que toutes les fois qu'on agite une question nouvelle, on ne parvient k j'éclaircir dans les esprits qu'en insistant sur les arguments, qu'en les répétant, qu'en les étendant , qu'en les rappelant dans la mémoire de ceux qui pourraient déjà les avoir oubliés.
Pour défendra l'ordonnance sur Saint-Domingue, on est obligé de se retrancher dans cette seule assertion : qu«
refdflBBaM» est m tntté, «t qii*ftu iMMide kCteH, la coaranne a le droit de CaiM des traités.
Quelques hommes honor^d» et indépsodanls, fri désapprouvent, d'aUleura, toute te raesuN, psfoiMHl incliner à cette opinion , Dooa eioyeaa devoir la coBBhittR
de nouveau.
Qu'est-ce qu'un traité, d'après te déAnitkNidstpaïki lépstea? C'est une conveation sur quekpie Msnim portanoeentredeux parties qai eonolneal, s|gMit>nfr fient ou rompent wtte convention.
Or, l'ordonnance retetive à Saint-Doramgge a's lam de ces caraelères : il n'y a potnt id de conliat kihlM; on ne nomme même pas dans cette ordonnanoe kiDOio' nenient d'HaiU, on ne parte que des liabitanU deSsist' Domtegue , personnage colleclif dont on ne se fonns qi^ idée confuse. Cette ordonnance, par sa naturs BiAou,eit d'aiUeors susceptibte d'être rappelée par une aalnovtenance; une seute partie a oontracté, une ssule putii peut déftira ce qu'ette a ftit : eat<e là kfwàknk
traité?
Ce que roo approuve même dans cette ordonMMe,li dignité du langage, Taeeent dn souferain et de laslNi détruit toute idée du traité : là où l'on commaote, m m traite pas.
Par une de cet oontradicUoDa al oommoncs fiui m écrivains ministériels, si nous prétendions qoe Toé» nance est un traité avec des esoteves noirs lévoltéi, ii jetteroient tes hauta cris; ils soutteodrotent qas M royal est une pure et simple ordonnance, vm aimm» gracieusement octroyée par te roi à aei SHJelS es Site- Domtegue. Mate dteonsnoos que l'ordûnaanm a'eH ^ un traité, qu'en cédant Saint-Domingue par une ord» nance, les ministres ont outre-paasé tews poafwiii l'instant on s'écrie que l'ordonnance est m traité; or I faut bien couvrir les minUtres avec qoelque chose , atae, en désespoir de cause, avec te Chvle.
Est-ce par un acte du conseil britannique, sifflé Gmv m , et contre-sigoé d'un mmtetre, que tes ÉtatSrVniicBl été émancipés? Non : c'est par un traité de psiicaèn forme, signé par tes plénipotentiaires des don pirttet ratifié de part et d'autre par tes ohefe dea devx vvnmmente , et approuvé par les résolutions partemtnUiM L'ordonnance retetive à Samt-Domiavie ert, m » traire , une simpte déolaratioft en vertu de tequc» ^ minwtres contre-signataires ont prte sous leor leqM» bUité la cession d'une portten du territoire français, km conditions quelconques. Or, noua avons seut«artaw| soutenons que , dans l'ancien comme dans Is noiM droit publte, te eessicn d'une provinoe ne s'cit jiM^ faite qu'avec l'assentiment des pouvoirs poUtiques denat Le rai 4ean ayant conclu pour aa déKvranos sa ti^ avec Edouard 111 en 1359, et par lequel U laiateBéoBitf en toute souveraineté te Guienne, te Nerosadie, ttF sieura autroi provinces, les étote généraux, «f^ par Charles V, alora régent du royaume, '*i*'^ ■ traité. Le rtgenl fit plus : il se rendit au palais; »»•■ peuple , assemUé au pted de l'eacalter de martw JjW» apporté de Londres. Le peopte, d'une voix mmm* s'écrte avec indignation : « Ledit traité n'erfpwl» « sabte , ni feisabte; nous feron» bonne gusw mw* ftgloislN ^
£n 1468, tes élate-iénéraox , n'étant pas '««"f"|" purent délibérer sur le traité de Péronne; »W*»**r absence, les députés du parlement de Paris et g»; souveraines , convoqués par Louis XI à Seoto, *fiWJ pendant plus de quatre mois l'cnrcgistrcroeol wp^' qui , sans nul douta, eût été «ijeté par tes élato |«[2 Dans te même année 146«, et sous te «*°*'**J[^ XI, les étete généraux, convoqués, déodèreat s^T ment qne te Normandte ne pouf «I. •» qw»*''^^
FOLIÎMIQUK.
MM Aktyétre aéiiarée du domaine de la eevrouM : il ragisaoit de ia donner eo apanage au prinoe Charles , frère mique du roi.
Enfin , sous François 1**^, te premier président de Paris , Jean de SelTes , traitant de la rançon du roi , dit à Ciiarles- Quint œs paroles , qu'il est bon de rappeler, parce qu'en •éOM ten^M qu'elles constatent on fait, elles témoignent de rancieimeté d'une doctrine :
« Si l'argent ne suffit pas , et que Votre Mtgesté désire « «wore des provinces, demandez celles qui , appartenant « au roi sans être do domaine de la couronne , peuvent « être cédées sanâ quHl soit Ifesoin du consentement des « états généraux, m
Si telle étoit Ja doctrine sons l'ancienne monarehie , on M prétendra pas, sans doute , qu'elle ait pu être affoiblie ae«s la monarcbie constitutionnelle.
Dhoos phis : si Ton s'ot)stinoit èi^ouloir que Tordon- ■nce royale fùt on traité, encore est-il yrai, comme on vi«t de le ?oîr, que, pour céder par un traité une partie ées pessesilons françoifles, il fiilloit anciennement la ratification des étals généraux ; à plus fbrte raison si , dans ce liaité , il se trouve des conditions fiscales qui tiennent à la aatare de l'impôt.
Or, une question de finances de la plus grave nature se nèle à l'aflairc de Saint-Domingue. L'ordonnance dit bien fw le gouvernement de cette Ile payera en cinq années ans tomme de 150 millions pour indemnité aux colons; nais elle ne dit pas en combien d'années cette somme sera répartie à ces colons, comment et en quelle propo^ tien elle leur sera distribuée, etc.
Si des colons ont perdu leurs litres ( et cela est extrè* neowat probable); si d'autres sont morts sans liériUers ooDous; si d'nuires, établis sur les bords du Blissouri ou defOréneque, ne se trouvent plus; entre les mains de qui séjourneront des sommes disponibles ? qu'en fera-t-on ? à quel service de l'État seront-elles appliquées? Quoi! 150 millions, s'ils sont jamais payés, ou partie de ces 150 nilliona, demenreront à la dispositioa d'un ministre? il D'en rendra aucun compte aux Chambres?
C'est pourtant ce qui arrivera si l'ordonnance n'est pas conrertie en loi, et si des mesures législatives ne sont pas ajoutées à cette ordonnance : 1 50 millions restehmt en dehors du budget, hors de la connoissance des pairs et des députés, contre les articles positifs de la Charte, con< tre toutes les dispositions précises de toutes les lois de finances.
Môme précipitation , même ignorance de la matière se fait remarquer dans les avantages commerciaux stipulés pour la France. Régler qu'à tout jamais les droits perçus sor les marchandises seront réduits de moitié pour le pavillon françois , comparativement aux droits perçus pour tous les autres pavillons, est une condition impossible à tenir à la longue, une condition qui deviendroit une source de discordes. Aussi, dans tous les traités de commerce, les privilèges ont toujours été renfermés dans des limites déterminées.
De plus, les avautages stipulés sont, en grande partie, fliosoires. L'Angleterre , par exemple , n'a point de concurrence avec nous pour les vins , les huiles , les farines, les soieries , les bijouteries , etc. ; et comme elle peut donner ses cotonnades à un prix fort inférieur au nôtre , ces cotonnades pourront supporter un droit dont la moitié sera encore un droit excessif pour les mêmes marchandises d'orlghie françoise. '
Enfin, les ports espagnols de Saint-Domingue étant entre les mains de la république d'Haïti , pourront recevoir les marchandises étrangères à un tarif différent du tarif imposé dans les anciens ports françois, et se répandre de là dans le reste de rtle.
Étourdi par rafUche de la dépêche télégraphique à la
Bourse , on n*a pas aperça d'abord tout ee que l'aflkfre de
Saint-Domingue renfermoit de grave; mais nous osona assurer que plus on l'approfondira, plus on s'apercevra qu'elle soulève les questions les plus ardues. £lte« fait faire un pas inunense à la politique du monde par la reconnoissanoe d'une république de nègres ; elle aura tôt ou tard les conséquences les plus graves pour les populations noires des Antilles et des États-Unis.<^ue deviendra, par exemple, rUe de Cuba, entre la république noire de Saint- Domingue et les républiques blanches du Mexique et de U Colombie ? Comment se fait-il que l'Angleterre et les États- Unis, qui ont reconnu Tindépendanoe des colonies espagnoles, n'aient pas reconnu celte de Saint-Domingue, d'une bien plus ancienne date en Amérique? Us y voyoient donc des inconvénients que nous n'y avons pas vus. Le moment a-t-il été choisi avec prudence par nos ministres pour prononcer cette reconnoissance?
Cette reconnoissance apportera encore des changements inévitables dans les relations diplomatiques , et elle nous a lait prendre un grand parti. Enfin, elto touche, par rapport à nous seuls, à toutes nos opinions, à tous nos principes monarchiques, à notre droit public, à notre pacte constitutionnel , et à notre ordre de finances.
M. le président du conseil s'est précipité , avec sa légèreté ordinaire, dans une entreprise dont il n'a pas vu les conséquences; c'est ce qui lui arrive presque toujours. Il ne doute de rien ; il avance avec témérité , et tout à coup il recute, ou plutôt ses mesures se perdent dans des résultats dont lui seul ne s'étoit pas douté. A des projets qui ne sont pas mûris 11 joint une action irréfléchie. Le petit intérêt du moment lui ôte toute prévision de l'avenir. Croitil faire monter les 3 pour cent , il s'empresse d'afOclier à la Bourse une dépêche tél^^phique sur une affaire qui se lie aux plus grands intérêts du monde. Combien il se repentiroit de cette pétulance , s'il nous parvenolt aujourd'hui des nouvelles annonçant quelques retards dans des négociations qu'il a crues terminées ! Comment se présentera-t-il aux Chambres avec la chute des 3 pour cent , l'alTaire Ouvrard , et l'affaire de Saint-Domingue?
Quant à celle-ci , il n'y a que trois moyens de rentrer dans te principe de la constitution octroyée par Louis XVnT , et jurée par Charles X.
1^ Convertir l'ordonnance royate en loi à la prochaine session;
2<* Demander un bill d'indenmité ou acte d'abolition pour les mfaiislres ;
3® Mettre en accusation les mêmes ministres.
Cette sévère franchise déplaira , sans doute , aux partisans de l'arbitraire; mais nous croyons bien mériter de notre pays en expliquant ces doctrines constitutionnelles encore trop peu connues , dont les générations nouvelles doivent se pénétrer, et qui feront la sûreté comme la gloire du trône et de la France.
Paris, le 25 août 182S.
C'est aiqouTd'hut la fête d'un saint, d'un grand homme, d'un roi père de la race auguste qui règne sot la France : c'éloit aussi celle du vénérable auteur de la Charte. 11 a manqué pour la première fois à l'amour reoonnoissant de ses peuples ; et ce jour, qui s'éoouloit au milien de l'altegresse publique , a passé en silrace au milieu des regrets.
Chartes X nous consote; un autre Louis auprès de lui a paré un nom antique d'une gloire nouvelle. IV>urquoi donc la France n'a-t-elte point retrouvé sa jote ? C'est qu'un aveugle minist^ ne cesse d'attaquer l'ouvrage de Louis
Louis XVni, en confiant l'expédition d'Espagne au fils I de son choix , nous avoit replacés à notre rang politique
MLÉMIQUE.
«t militaire parmi les nations, et ce ministère nous en a précipités.
Sortis de l'alliance continentale , l'Angleterre Teot bien nons traîner à la saite de ses yaisseaax.
Nous osons avouer quMl nous étoit impossible de reconquérir Saint-Domingue, parce que la Grande-firetagne ne l'auroit pas soufTert. ( Voyez les journaux ministériels. )
Nous énuuicipons une république d'esclaves révoltés , et nous hésitons à traiter avec les républiques des Amériques espagnoles.
Nous laissons périr la Grèce à notre porte, reconnoissant la légitimité du Grand Turc en Morée, abandonnant la nôtre à Saint-Domingue pour le despotisme nègre avec Ibrahim , pour le libéralisme nègre avec Boyer. Qui sait si nous ne verrons pas un jour, sous l'étendard du croissant et du bonnet de la liberté , des légions afHcaines nous apporter d'un cOté le Coran, et de l'autre les droits de l'hooune?
Le crédit pubUc avoit été fondé sous Louis XVm. Une main inhabile en a dérangé toutes les bases, en inquiétant toutes les fortunes.
Le sage monarque, déjà penché sur sa tombe, avoit laissé de tristes ministres couvrir leurs fautes du silence, en suspendant la plus précieuse de nos libertés : Charles X nons Ta rendue ; mais déjà elle fiiit sentir son poids ami médiocrités alarmées; on parle de nous la ravir de nouveau. Qu'on y prenne garde : il n'est aujourd'hui au pou voir de personne de renverser impunément nos institutions!
Les anomalies du système actuel frappent tous les yeux : au dehors , une politique qui menace le principe de toutes les monarchies, et qui marche au républicanisme; au dedans, des coteries qui rêvent un arbitraire impossible. Dans l'administration se trouve un mélange presque inexplicable d'agitation et d'apathie. D'une part , rien ne se (ait ; les magistrats sont obligés de se plaindre qu'on ne leur envoie pas les pièces nécessaires; nos chemins se détériorent ; nos monuments reçoivent à peine une pierre tous les six mois : d'une autre part , nous sommes menés en hâte, et sans qu'on nous laisse respirer, de la réduction des rentes à la convei-sion , de la conversion à la cession de Saint-Domingue, delà cession de Saint-Domingue à un procès qui peut soulever les plus graves questions religieuses.
Tout cela est-Il le résultat d'une profonde combinaison, d'un système lié dans toutes ses parties, et conçu par une vaste tète? Non ; c'est le fruit d'une imprudence sans exemple, la résolution d'un moment , l'inspiration du quart d'heure : l'entêtement vient donner ensuite de la durée à un mal enfanté dans l'esprit à la fois le plus téméraire et le plus léger qui fut jamais.
On ne peut se le dissimuler : l'avenir qui s'ouvroit si brillant devant nous s'est obscurci; on se demande quel seroit le résultat d'un seul événement en Europe. Toutes les opinions entre lesquelles on s'est plu à partager la France sont également inquiètes : royalistes purs , royalistes constitutionnels, anciens ministériels, libéraux, tous sont blessés dans leurs intérêts ou dans leurs principes ; les rentiers ont tremblé pour leur fortune ; les indemnisés voient , comme on le leur avoit prédit , s'évanouir le milliard si prôné à la tribune ; les colons de Saint-Domingue auront pour tout équivalent de leur capital une année de leur revenu, si jamais encore les 150 millions sont exactement payés par la république haïtienne. L'indépendance des tribunaux a été stygmatisée ; la liberté de la presse est l'objet de la haine des ennemis du roi, et la liberté des consdences accordée par la Charte aura bientôt à s'expliquer à la barre des tribunaux.
DisonSfle : si un pareil état de choses produit par nn seul bomme se prolongeoit , U pourroit avoir des conséquences
funestes. Puisse saint Lods nous tondier de ses miraculeuses, et nous guérir de notre nouveau naît
Paris , 4 septembre IStt.
Bessières n*est plus : tout homme estimable oo net estimable qui , à tort on à raison , lève , par nn motifs par un autre, l'étendard contre un Bonvememeut étabG, se condamne éventuellement à la mort. La société attaqaée se défend contre cet liomme, le prend, le tue; c'eitàb fois le droit naturel et le droit politique : il n'y a rieaà dire contre et sur ce fait , en tant que &it.
Moralement parlant, l'homme sera pins on molas criminel , s'il est royaliste , et qu'il se soit révolté contresoB roi ; s'il est républicain , et qu'il ait pris les armes eonbc la république. Mais la justice ne connoit point de Tonlre moral , ou du moios'elle n'en connott que ce qui tmbfe l'ordre social : elle ne frappe que lorsqu'il y a action accomplie ou commencée : le reste , elle Fabsudonae à l'opinion humaine et à la sentence de Dieu.
Ainsi , Bessières et ses adhérents ont péri : dans le <M rigide , il n'y a pas une objection à foire en supposant loil^ fois qu'ils ont été convaincus tijngés. Que le roi do dd les ait traités avec plus de miséricorde que les prinees^ la terre, c'est tout ce qu'on peut leur souhaiter à piésat Mais de cette exécution découlent des conséquenoes si graves pour l'ordre monarchique absolu et pour l'ordre monarchique constitutionnel , qu'il est Important ée kl examiner.
Bessières s'étoit insurgé contre les oortès ; seul il sfoit conservé et défendu contre elles Méquinenza ; il avoit porté la guerre jusqu'aux campagnes de Madrid ; et quaod Dotrt armée entra dans cette capitale, Bessières marcboit d'aeoori avec nos soldats. Méquinenza, restée en sa paissasee, servit de communication à nos troupes , entre rArogoa et la Catalogne.
Ainsi voilà l'identité reconnue : c'est un roffaliste ^ l'on vient de fusiller avec sept autres royalistes.
Par qui cet acte de rigueur a t-tl été accompli? Par ki cortès.' Non : par le gouvernement absolu, poor kipd Bessières et ses compagnons avoient tout fait.
On ne leur a tenu compte d'aucun souvenir; le piflé n'a sollicité aucune miséricorde; aucun mouveoiat de reconnoissance ne s'est fait apercevoir ; aucun atteodrissement n'a réveillé le droit de grâce ; tous les services rcfidis pendant de longues années ont été effacés par le crime d'il moment : Bessières a'été fusillé.
Mais n'auroit-il poîut cru seconder des vues, desdésn secrets, en se précipitant dans son projet désespéré? d'ib* roit-t-il pas cru deviner une pensée? n'anroit-il pas roib délivrer le pouvoir d'une modération dont on abhorroi jusqu'à l'espérance ? Peut-être ; mais il foUoit réossir : B» sières a été fusUlé.
Mais ceux qui ont porté les armes contre l'andeiKiedM^ narchie]espagnolc; ceux dont Bessièresa contribué àdéliTrer cette monarchie, et qui auroient fusillé Bessières, les Abiibal, les Morillo, les Ballcsteros, etc., n'onMls pas le» pardon? N'est-ce pas avoir été bien doux poor les oai, bien sévère pour les autres?
Si Bessières avoit suivi le parti des constUotkMMlii*' qu'ensuite il n'eût pas tenté, par excès d'un antre iHtf de rendre l'arbitraire plus arbitraire encore, il vin* donc aujourd'hui paisible, avec la fortune, les grades,» honneurs conquis sous les drapeaux des certes? 5«* doute.
Telles sont les réflexions qui vont se présenter aax«^ et aux ennemis des rois. Les uns gémiront, les antres »• ront éclater leur joie; et pour point de compani**» »
POLÉMIQUE
géoénl Lafayctte reviendra MenMt enrichi, paré, oonronné deamaina d'une république reoiMinoittante.
Maia ai dea royallstea ont été oondanméa , dea conatitutionnela ne Tont-ila paa été pareiUement? C'eat juatioe pour loua.
Ces juatioea-là ne oonaolent guère , et , pour lea exercer, il faut de certainea conditioDa.
La force peut abattre ; elle paaae d*une exécution à un champ de bataille. L'homme qui expoae sa Tie croit avoir k droit de mépriaer celle dea autrea; il contient l'indignation par la terreur ; il fait du silence avec de la gloire.
Mais la foibleaae doit y regarder de plus près : ses violences irritent, parce qu'ellea flétrbsent en même temps qo'eUea tuent. Pour porter Tépée, il fiiut un braa : il faut aller à la bouche du canon , quand on veut apprendre à fusiller. Un miniatre absolu qui casae la iftte à des citoyens, par sa fenêtre et du coin de son feu , s'expose à voir briser les portes des palaia.
On a pendu dea constilulionnels, comme on vient de fosiller des royaliatea. C*est jualioe pour touat
Qu'on y fasse attention : dans la théorie des échafauda, suivant Machiavel, il n'est paa bon de tuer indistinctement; il faut tuer dana un système , pour un mtérét , pour une abstraction même ; l'impartialité politique en fait de sang est funeste. Aussi voyez-vous que lea puissances deapotiquea , comme lea factions populaires , égorgent toujours avec un but, et aoua Tempire d'une pensée.
Mais quand on prend au hasard dan» toutes les opinions , que Ton frapite à droite et à gauche royaliates et constitotionnels , amia et ennemis, cela ne va paa loin. Un gouvernement devroit surtout éviter, autant que possible, ees manières-là, loraqu'il en eat réduit à l'extrême malheur de garder pour sa sûreté des baïonnettes étrangères.
Nous pensons donc que les ministres espagnole eussent mieux agi, dana lea iutérêta et dans les sentiments généreux d'un Bourbon, s'ils avoient fait appliquer le droit de pAce à Bessières , en considération de ses services passés ; nous pensons que cet acte de mansuétude (dont Ifaples donne en ce moment un exemple heureux) eût été plus utile aux monarchies en général , et à la monarchie de Ferdinand en particulier, que la stricte justice exercée envers des hommes d'ailleurs si criminels ; le pardon n'eût laissé qu'on traître où la condamnation ne va montrer qu'un martyr.
Kecherclions maintenant les enseignements que l'on peut tirer de cet éwénement pour la. monarchie constitutionnelle.
Bessières a pris (à ce que l'on présume) les armes pour fabsolutisme ; il ne jugeuit pas son roi assez maître de ses volontés : il a péri victime de son erreur.
Or, supposé qu'il eût existé des institutions en Espagne, que fût-il arrivé à Bessières?
Auroil-on vu parollre ce décret du 22 août, qui rappelle celui du 17, et dans lequel il est dit, art. 2 : a Tous les in- • dividus subits (Bessières et ses compagnons) , aussitôt « qu'ils auront été pris, seront passés par les armes , sans « autre délai que le temps uécessaiie pour qu'ils se prépa- « rent à mourir chrétiennement. »
Bessières auroit-il pu être mis ainsi hors ht loi par une ordonnance au simple contre-seing d'un ministre? £li quoi ! la justice humaine n'a-t-elle pas aussi ses délais nécessaires, ses Uidulgences, ses instances diaritables? Condamne-t-elle SUIS entendre ? Quoi ! pris , et , par ce seul Dut , fusillé sans Pi^'ocès, ou tout au plus avec quelque vaine forme de tribunal!
On a vu en France, dana Tordre civil, h la g1oh« imnMrtelle de la monarchie représentative, un tribunal, le plua auguste dea tribunaux , employer un temps considérable à JttSer...qai?Louvel!
l)ena l'ordre militaire , on a vu en France prononcer len* ^^>i^t, et avec toutes les précautions d'un tribunal insti-
tué , sur le sort de plusieurs hommea aocnséa de s'être révoltés contre leur souverain; on a vu lea juges écouter attentivement , patiemment lea plaidoiries publiques , trou* ver des innocents parmi les coupables , graduer lea peines , et Implorer avec un succès toujours assuré auprèa dea desp cendanla de Henri IV, la miséricorde royale.
Que lea amis du trône qui pourroient encore parmi noua conserver quelques préjugés apprennent, par le sort de Bessières, à bénir ia Charte; qu'ils se aouviennent de la prétendue conspiration du bord de l'eau, dans laquelle on enveloppoit jusqu'à l'héritier de la couronne; qu'ils se rappellent le procès du général Canuel, et qu'ils disent quelle eût été la destinée de tant de royalistes, si tout eût été) comme en Espagne, abandonné à la aeule volonté d'un ministère et de ses passions !
Infortuné Bessières, vous avez voulu prendre les armes contre la pensée même de ces institutions qui vous auroient peut-être sauvé, qui, du moins, ne vous auroient laissé périr, ni sans défenseur, ni sans consolation sur la terre I
Depuis l'époque de l'accession de la maison d'Autriche au trône d'Espagne , l'action unique du monarque a été substituée à l'action de la loi. Les andennea cortèa ont péri , et la justice crimmelle a ceasé d'avoir lea garantiea néc^sairea.
Le roi fait la loi et l'exécute ; il crée le dédit et hi pefaie; il définit le crime, désigne le coupable, le condamne à mort, et tout cela dans le même décret. Et il n'y a rien à blâmer, car elle est devenue la constitution de l'État Mais les conséquences d'une pareille constitution sont inévitablea.
Dans un pays où une volonté suprême fait tout, lea volontés intermédiairea se constituent pouvoir en vertu du même droit : le sceptre absolu inféode leur poignard, et ellea établiaseut leur justice sur les grande chemma et dana lea bols.
Dans un pays où la liberté des opinions n'est paa légale , on ne peut exprimer sa pensée que par des actes; on s'insurge quand il n'est permis ni d'écrire, ni de parler; on se jette dans des entreprises funestes quand on n'a aucune ressource pour manifester la vérité. Si, depuia 1815 joaqu'à 1819, les royalisteaen France n'avoient pu faire entendre leur voix', qui sait si dans leur désespoir, ils n'auroient pas été poussés à des extrémités déplorables? La Charte leur fournit heureusemait un moyen de combattre leurs ennemis ; ils triomphèrent sans devenir conpablea; il n'en coûta que la retraite de quelquea mmistrea.
n paroltroit', d'après tous les rapports, que le aystème ministériel est sur le pomt de faire en Espagne le mal qu'il fait en France ; mais , se trouvant placé dans un autre ordre de choses politiques, chez une nation d'un esprit indifférent, il produit des effets encore plus marquée.
Il n'existolt que deux partis au delà des Pyrénées, les absolutistes et les négros , c'est*à-dire des royaliates et des constitutionnels à la manière des passions du sol et des intérêts nationaux.
Au milieu de ces deux grandes divisions sont venus, assure-1- on, s'interposer des ministres, lesquels auroient formé , à l'aide des places , un parti ministériel en dehors des deux masses de la nation.
Partout où se formera un pareil parti mhiistériel qui n'appartiendra ni aux supériorités miellectuelles, ni à l'une des grandes opinions du pays , ou qui , étant sorti d'une de ces opinions, l'aura abandonnée, ce parti se fera reoonnoltre à dea traits propres à sa nature.
Des nuances doivent sans doute exister entre un parti ministériel à Madrid et un parti mmistériel à Paria : ici, par exemple, les ophiions sont moins absolues, plus diverses et plus conciliablea qu'en Espagne ; par conséquent cette différence politique doit en produire une dûia le mode d'action dea individua : mais , en général , le caractère du parti ministériel, tel que noua venons de le
POLÉMIQUE
définir, rettefâ le même; oê pertf iêr» en tous lieu foi- Me, eoTieax, irascible, corrupteur ou penécoteur, parce qu'il sent qu*il ne booTlent à pereooiie.
Pourquoi le parti ministériel parmi nous ne se montre» t-ll pas aussi Yiolent qu'en Espagne ? C'est qu'il ne le peut. Délivrez-le des institutions dont il est muselé , et qu'il essaye de déchirer sans cesse , et tous yerret ce qu'il fera. Il n'en est auxoulrages, aux iqjures, aux calomnies, aux ingratitudes, aux destitutions, que faute de mieux. Donnez-lui la censure , et il augmentera le poids de son oppression; supprimez la Charte, et il vous enverra aux galères ou à l'échafaud , si vous avez attiré sa haine. £t il ne faut pour cela ni fanatisme, ni passions véhémentes, oomme de l'autre côté des Pyrénées. L'amour-propre en France suffît à tout : implacisble dans sa vengeance , il TOUS éloufferoit pour justifier une faute, oomme ailleurs on TOUS feroit disparoltre pour cacher un crime.
Ne oomptei pas sm- la bonhomie de la sottise; en politique, la sottise est féroce. La médiocrité a son fanatisme; c'est une religion fort répandue, qui a ses dieux, ^ autels, ses sacrifices : elle choisit ordinairement les plus belles Tictimes.
L'Espagne auroit pu être heureuse : il ne s'agissoit d'abord , pour fermer les plaies de la révolution , que d'écouter les sages conseils de son glorieux Ubérateur. Ensuite, pour ne pas lutter inutilement contre ses vieilles mœurs, il eût sufli de lui rendre ses vieilles lois, de lui restituer ses anciennes cortès. Elle eût adoré la Uberté si elle Tavoit reconnue pour Espagnole, pour sa propre fille. Le monarque, appuyé par la loi, nen eût été que plus respecté et plus puissant. Le clergé, possesseur des grandes richesses territoriales; le deiigé, réformé et sorti des intrigues du cloître, auroit repris des mœurs politiques» restauré le crédit en payant les dettes de l'État , et répandu au dehors cet esprit d'administration qui le diistingue; les grands, cessant d'être les esclaves de la cour, se seroient ressaisis de leur influence aristocratique, tandis que les Tilles qui députoient aux cortès auroient ranimé les libertés populaires. D'une autre part, le régime municipal romain, introduit de tout temps au delà des monts, est excellent, et lesconununes en Espagne jouissent d'une entière indépendance. Toutes les bases de la monarchie constitutionnelle se seroient donc trouvées fondées, et peut-être mieux qu'en France ; et cela sans révolution , sans spoliations, sans victimes, sansmallieurs, en rétablissant aeulement le passé : le temps auroit fait le reste. D'autres desseins ont prévalu.
Puisse le trône du petit-fils de Louis XIV, puissent nos nobles et infortunés voisins proliter de la mort de Bessièrcs! On ne peut guère l'espérer. Quant à nous, elle n'a pas même servi à nos misères du jour; elle n'a pu Aiire monter les 3 pour cent. On conçoit que la dépouille d'un royaliste devienne matière d'agiotage; mais son sang, à quoi est-il bon dans une monarchie ?
Paris, le 17 septembre 1826.
Il y avoit dans le moyen âge , au milieu des guerres perpétuelles, des trêves qu'on appeloit trêves de Dieu : on pourroit nommer trêves du roi les espèces de repos que l'opinion laisse trois ou quatre fois l'an aux ministres. Lorsque la monarchie célèbre quelques-unes de ces pompes qui commandent la Joie ou la douleur, on oublie un moment les auteurs de tous nos maux , pour porter ses vœux vers un trône révéré. Quel François ne donnerait volontiers de son sang pour voir se conTertir en paix durable ces trêves du roi, paix qui tourneroit à l'honneur et à la prospérité de la patrie? Atcc quel plaisir on cesse de combattre! aTec quel dégoût, quelle lassitude, on reprend les armes! Combien il est dur de répéter éternel-
lement let mêmes TérM à €m fafoniiMi k/mMÊÊÊ aux remords, endurcis aux repcnclies! Gemme de vtsit soldats qui reprennent an leTer du jour leur lae psor continuer leur route, not ministres chargent tous ké matins leurs épaules du poids de l'animad version ^M> que , et cheminent ainsi jusqu'à la foodiée : pourra qa'St dorment, ils comptent pour rien leur fardeau.
Bien qu'il ftlt si commode de se taire, ou si don de n'avoir que des louanges à donner, c'est un devoir inpé^ rieux de continuer l'opposition contre ces agents de rm» torité suprême qui mettent en péril tout œ qui nooi est cher. Écoutex-les : ils tous diront que la France est Surissante au dedans , puissante au dehor» t ils prenant li fëiHlité du 8ol , les bienfaits de la Charte , la force nahnelli de la nation, pour leur onrrage; illusion eomniooe l tous les ministres qui cherchent à se tromper sur lem fautes.
Rien ne périt hnmédiatement, donc tout Ta Uea d tout ira bien.
On bâtit des maisons, on projette des canaux , sa re* mue des millions, on négocie des emprunts, on fhitda affaires à la Bourse, on satisfait la cupidité de qoeiqnel joueurs , de quelques banquiers ; on achète qoekpies ssl^ IVages aTec des places , quelques écriTuins par de Vvptï : donc la prospérité publique est à son comble.
Mais portez un œil attentif au fond des choses, von trouverez un crédit ébranlé , les éléments de la morale et de la politique déplacés et corrompus , les libertés pobfiques compromises, l'indépendance des tribunaos dXtt quée, et, plus que tout cela, une opinion détériorée. Prêtes l'oreille , et tous entendrez ( car il est phn ifn temps de le dire ) , tous entendrez jusque dans les rinm populaires des propos qui tous feront connoltre où raHn système conduit la monarchie.
Quant à vos plans extérieurs, si jamais Touseoim eu , ils tendent à créer des républiques qui menaornnt dans l'aTenir les couronnes; et, en Toosûlant lafom et la gloire , Us renferment dans le présent des priadixi de division qui peuvent à tout moment éclater. Nerrojef pas qu'STec de petites ruses , de petites négoclatioBS secrètes, TOUS arrêtiez le mouvement du monde. Vous Met encore en paix , mais tout s'agite autour de voos : In Amériques , la Grèce , l'Espagne , sont des fbyers doot ki flammes tôt ou tard s'étendront au deiiors. Le seel càis* gement d'un homme sur les trônes ou dans les caUoets peut amener un ébranlement soudain. Ce qui existe asjourd'hui n'est point un état de choses où l'on potoe rester : on est dans l'accident , dans le passs^; toit marche rapidement vers une révolution générale. Malhear à ceux qui, ne l'ayant pas prévue ou n'ayant pis as b diriger, auroient livré au naufrage les intérêts sacrés qui étoit possible de sauver, et qu'ils étoient chargés de défendre!
On nous dira : «t Si les choses sont telles que vooslet R peignez, si le mal a dépassé le ministère ; s'fl ittaqie â « présent parmi nous les sources mêmes de la vie socUe, « les racines de la monarchie , comment conlinafrYmB « Totre opposition? comment accroissez-TOUS nnqiiétide « et le mécontentement par tos cris? comment a'étis-Teii n pas assez bon François pour fSiire à la paix pubHqoe k « sacrifice de tos ressentiments plus ou moins joilifiéi, « de TOS opinions plus ou moins raisonnables? •
Nous répondons : Si les hommes qui sont à la tête * l'administration étoient capables d'un mouvement (^ reux ; si , descendant dans leur oonscienoe, n« ckr choient fVanchement ce qu'il peut y avoir de vwidaas te reproches que les opinions les plus opposées leur adr» sent , à l'instant même nous cesserions notre opfwifi^t tant nous sommes effrayés des périls que noua ifMV a* gnalés!
HMt «iwifimi aton qiM Itê bonMMt do poaToiri i*a^t pMistêi de nobtesM pottr tbtndoBoef de* places aèUioftIlUttaitde iiial,aitfoieiitdti moins aaaei de re* penUr pour essayer de réparer leurs fiuiles; nous boqs flsltkMM de les toir mettre an terme aax dWisioiis des foysHstes»de les Toir abaodomier an système de oorrap- Uoa , de les TOir ambrasaerlovtes les Ubertés de la Gharle , ds les voir clieither an remède à leurs opérations de ilaancss, de les voir compter pour qnelqoe chose la sûreté ds la cootuone dans lea transaetlona diplomatiqaes.
Hais ponTonBHMMS attendre de leur orgueil mi tel retour à la vérité» un atau si candide de leur priNnier égarement ? Hon ; noua lea oonnoissons mieux. Ils regarderdient le si- Isaos de l'opposition comme un triomplie^ Us toumeroient sonitt nous noire géuéroalté» notre désir de la concorde, BStre amour de la patrie. DéUnés de tout obatacle, ils STanceroleDl à pas précipices dans la carrière de perdition oè ili nous oonduieent; et , nous croyant subittg»âs par la Ibne de leur raisoUi terrassés par la puissanoe de leur gMie» ces prétendus géanu étouflteroient la monardiie nus les montagnes de sottiaes que ropposilion muette lear permettrolt d^entaaaer.
Paris, le a octobre tan.
Nous le savons , les vérités que nous disons blessent. On veut dormir au bord de l'abtme : après tant de révolutions » on regarde comme des ennemis ceux qui averlisicnt des nouveaux dangers. La voix qui nous réveille est importune, et il est reconnu qu*il n*y a que des bommes passionnée ou trompés dans leur ambition qui trouvent que tout va mal » lorsqu'il est évident que tout va bien.
On laiaoit la même observation , on tenoit le môme langage lorsque le Conservateur proclamoit des vérités qui n'oot point été perdues. Qu*y a-t-il de cliangé dans la position des cboees depuis cette époque ? Cette position est bien loin de s*étre améliorée. Que des hommes aient abandonné leurs doctrines, renié leurs amis, trafiqué de leur conscience , cela prouve-t il que ceux qui sont rastés fermes doivent les imiter ou se taire?
Ce n*est pas la première fois que ceux-là luttent seuls cootre des autorités malfaisantes plus ou moins redoutables; ce ne seroit pas la première fois qu'ils enrôlent préparé des triomphes dont le résultat ne seroit pas pour eux. Ut ne Tignorent pas ; et s'ils n'avoient été mus que par UM ambition personnelle , ils auroient pris une autre route ; elle leur étoit ouverte, large, facile, honorable, même dans le sens des Ames communes et des esprits ordinaires ; mais alors le mal se fût fait en paix , on eût ruiné à l'aise le crédit , semé la corrruption , étouffé les libellés publiques, sans trouver de résistance; on eût élevé un monde r^Niblicain sans que la monarchie eût su où on la menoil. L'opposition eût manqué d'unité et de centre; et les hommes qui veulent encore riionneor, la |irospérité , l'indépendance de leur patrie, dispersés , isolés , découragés, auroient iaiaaé la Victoire à l'incapacité triomphante.
Placé dans cette alternative , il falloit clioisir : or, jamais honnête honune n'a hésité entra ses hitérèts parUcutiera et les intérêts de son pays.
En Angleterre , un citoyen voulut énoncer des idées qu'il croyoit utiles; il cacha son nom , et Ton ignore encore quel fot Juniui. Aigourd'hui l'anonyme n'est qu'une conve* uanoe , et non pu un voila. L« maaque ne rend paa hardi I il rund insolent : noua ne chercheriona Jamais à la mettre entre nous et l'outrage que nous aurions fait , si jamais, eamme Junkw, nous pouvions aller jusqu'à l'outrage.
Mais de quoi s'agit-il ici ? d'honmies qui ne vaudraient pas même la peina qu'on a'ooeupût d'aux , ai ia puiaaanea
de fhire du mal n'api^tanoit spédatomeot à la médiocrité vaine.
« Bientût, dit-on , ai le ieu prenoit à Paris, on accuse- ■ roK les ministrea d'avov allumé ce feu ; on dka hienlèt « qu'ils ont cauaé la dernière sécheresse. »
C'est attribuer à Tophiion royaliste la manière d'argu» menter de Tophiion mhiistérielle; c'est confondre les crédulités populafaea avec lea persuasions raisonnables des classes éclairées, dans lesquelles l'opinion prend a^|our• d'bui nalasanee.
Non , ce n>est point l'opinion royaliste qui attribuera ans, hommea du pouToir lu dernière séekereue; mais c'est ropinion mhiistérielle qui se vante tous les jours d'être k cause de «s prospérités natives de hi France, qu*il est bon de son pouvoir de détruire.
Lea ministras ne nous ont paa maintenus au dehore au rang que nous devions occuper, et ils ont mis en danger toua lea prtocipea de la monarchie. Au dedans ils ont «• sayé de tout corrompre, de nous mvir nos plus précieusea libertés , d'enchaîner l'indépendance des tribunaux , de dé« pouiller la fortune publique de sa sûreté et de ses gages, d'acheter les cousdences , de diviser l'opinion monarciiique , de pactiaar avec tous les principes. Mais si les moissons sont alMNidantes , lea vendanges, heureuses; si le sohâi a été bienfaisant; si les semences de b Chacte, quoi qu'on ait fait pour les étouffer, ont fructifié parmi nous» les ministres vous diront que ces biens , qu'ils n'ont pas pu nous enlever, sont l'ouvrage de leur génie. N'étendent-Ua pas leur puissance jusque sur le temps? ne lui ont-ils paa ordonné de s'arrêter pendant cinq années, pour achever leur victoire ? 11 leur falloit cmq ans de paix en Europe , de sommeil en France» pour couronner un édifice qui, au bout de cinq mois, tremble déjà dans aes fondements.
L*heure de Injustice a sonné. Cette opinion publique que vous aves tant dédaignée, tant insultée, est eu face de vous. Qu'en dites-vous maintenant? Y croyez-vous enfin? Mépriseret-vous encore ceux qui peuvent l'éclaûw? Vous avez voulu la guerre , vous l'avez : êtes- vous satisfaits? .
La aeeaion approche; les dépulés ne reviennent pas conune ils sont partis ; ils ont à demander compte au ministère des loia qu'ils ont votées : l'esprit des provinces est encore peut-être plus opposé à ce ministère que l'esprit de fai capitale. En vain l'autorité bureaucratique compte suc des divisions : les hommes qui oomhattoient jadis sous différents étendards se sont réunis dans de communs sentiments de liberté religieuse et monarchique, et ils y resteront pour leur aalut commun. Un corps de doctrines n commencé à se former, et tous les bons esprits s'y rallient i dea vérités importantes ont été révélées, et sont désormais tombées dans le domame public.
Ministres! vous avez cru qu'on pouvoit repousser toutes les légitimités naturellea ; que Ton pouvoit renier les doctrines , les services, les talents, sans blesser \a légitimité politiques et vous aves commia une prodigieuse erreur. Cherchant une popularité qui vous fuit dans toutes les opinions, tantût voua aves essayé de remonter vers le temps fiasse , et vous n'avez pas fkit assez pour ceux qui voua appeloient dans cette ration dea tombeaux , où l'on ne rencontre que dea ombres et des ruines ; tantût vous vous ête& livrés au coun du temps , et vous aves franchi la borne oélea monarchiaa pouvolent s'arrêter, et où le système r^Q. t^eaitt commence. Houe répéterons ici cette véritéibes. nous avons dite , parce que nous croyons qu'elle ds s*acdra fondamentale, et qu'elle comprend tout notre jiplinés ;
La découverte du système républicam repréaeipas contiferme le germe de la destruction des monai cbins dans les vous à hi queue du siècle , et vous arriverez à If» dernier que mettez-vous à sa tête, et vous entrerea dan DMnaroliie constitutionnelle. s avantages. Les
Que si >conalmé à l'aspect d*un systj^gseaux, ne cher-
POLÉMIQUE
ne pas créer, mais qu'on ii*eat plos maître de détroire , on en est réduit à espérer le bouleversement de ces républiques dont il eût été si facile de faire des monarchies oonsfitntionnelles, comment ces républiques nous sauroieotelles gré des relations forcées qu'on établiroit avec elles? Saisi de terreur ou de baine toutes les fois qu'on reoonnoltroit un État populaire , il seroit dur que chaque acte de reconnoissance ne (Ùt au fond qu'une lAcheté ou une malédiction.
La France , après l'expédition d'Espagne , fut remise entre les mains des ministres riche , brillante , rajeunie , glorieuse, prépondérante en Europe : leurs mains débiU» ont tout gâté. Jusqu'aux bienfaits et aux espérances du sacre.
Qu'ont donc à faire les hommes iiui nous gouvernent? à se retirer ou à se jeter dans des violences. Mais détrun« la liberté de la presse , casser la Chambre des députés, ce seroit pour eux se précipiter dans l'abime, au lieu d'y à»cendre. Me souhaitons point de mal à ces honunes funes" tes : qu'ils aillent , s'ils le peuvent , dormir en paix , après avoir flétri le présent et compromis l'avenir 1
Paris, ce 17 oetobre 1825.
' Enfin, les partisans du ministère en sont réduits à leur dernier argument, à cet argument religieusement déposé et gardé dans les bureaux depuis qu'il y a des ministres, à cet argument qu'on va prendre dans les cartons poudreux, quand toute autre ressource est épuisée. On promène l'antique relique autour du ministère assiégé , pour écarter l'ennemi : si elle ne sauve pas les infortunés ministres , on la remet solennellement à sa place pour servh* à leurs successeurs. Ceux-ci , comme des rois débonnaires , prennent à leur service la maison de leurs devanciers. « Le minis- M tère est mort : vive le ministère t » Les gratifications recommencent, on essuie ses larmes, et le monde va son
train.
Cet argument héréditaire dans la femille mfadstérielle est celui-ci :
« Vous dites que les ministres sont incapables : nous le « pensons aussi ; qu'ils vont mal , que même ils ne peu- « vent plus aller : c'est notre opinion. Mais qui mettrez- « TOUS à leur place? Où trouverez-Tous un meilleur mi- « nistère qui ne succombe pas sous les difficultés dont œ- « lui*ci est écrasé? Donc il faut s'en tenir k ce qu'on a, « et garder les ministres actuels. »
Depuis et avant la restauration, voilà ce qui est constamment répété à chaque changement présumé de mmis-
tère.
Écartons ce qu'il y a de bizarre , et presque de ridicule , dans cette manière de raisonner ; ne disons pas qu'en pressant l'argument, on arriveroit à cette conséquence absurde : qu'il ne faut jamais changer de ministres , même lorsque leur inaptitude est prouvée , et que l'incapacité doit avoir pour un empire tous les effets de la nécessité. Renfermonsnous dans la simple question personnelle.
Qui pourroit, demandez-vous, remplacer les ministres du moment?
Nous répondons : Tout le monde.
Ne voulez-vous pas choisir parmi les talents signalés et les supériorités avouées? Hé bien I outre ces capacités reconnues dans les Chambres et hors des Chambres, il y a cent hommes de sens et de jugement infiniment supérieurs aux membres actuels , du conseil , et qui conduiroient cent fois mieux la monarchie.
De quoi s'agît-il pour réussfar beaucoup mieux que le ministère actuel ?
De ne pas faire ce qu'il fait, et de défaire autant que possible ce qu'il a fait.
Ainsi la route d'un ministre des finances est toute tracée : il renverroit MM. les receveurs généraux dans leurs
départements respeetifii; il abandonnerûtt à leur fane m* turelle les 3 pour cent , lesquels iroient se niveler i kv pair réel , et devîendroient des S pour cent; il propoeacit aux Chambres, à la session prochahie, l'amendemeat et M. MoUien et celui de M. Roy , convertis en prqjet de loi, ssToir : la division du fonds d^amortissement par lei i> vers effets, et le changement des 3 pour cent de rmdoiiilé en 6 pour cent; il oesseroit de tracasser et de moÊOt les rentiers, mettroit un terme aux. prêts des caisM pebliques, et à cette préoccupation journalière de la Bom et de l'agiotage. Rentré dans les voies simples et ooanaiicieuses, le crédit auroit repris sa solidité premiire; ki rêves de l'imaghiation de M. le mimstie des finanoes l'é* vanoniroient devant le bon sens de son suocesiear, noapH, il est Trai, sans qu'il nous en eùtooftté plusieurs milUtas en faux calculs, machines, prestiges et fantasnsgorieil* nandères.
A l'intérieur, la têche ne seroit pas plus difikile : ilaf* firoit de ne plus rester dans ce sommeil d'où Toq ne tort que pour demander, avant de se rendormir, s'il n'y a p» quelques procès à vendre. Le nouveau ministre ne amroit pas que tout consiste , dans un État bien oonrtitsé, à acheter des journaux et dM suffrages; il ne seroit pu tont à fait persuadé qu'il est inutile de savoir lire , et que c'a! un abus d'^uter une pierre à des bâtiments coomoioés; il ne seroit pas bien convamcu qu'un administrateiir doit passer sou temps à s'ennuyer de sa besogne, à U maudire, à menacer sans cesse de s'en aller, bien entende qu'il b'ci feroitrien, et qu'il tiendroit obstinément àsQnennoi,oiinDe d'autres tiennent à leurs plaisirs ; il ne preodroit pasls n* desse pour de la franchise , et le cynisme du pouvoir pov de la force; il donneroit des signatures, r^Niodroilan préfets , mettrait à jour leur correspondance, dôt-il Uflkr en écrivant. Il ne faut à l'intérieur qu'un homme liborien, expédiant beaucoup d'aflaires, prévenant, aflibte, too> jours prêt à s'enquérir, à écouter, aimant réoonomie polili* que, les sciences , les lettres et les arts. Or, des administiiteursde cette espèce, il y en a une foule en France, diu tous les États de la société.
A la guerre , quel est le colonel qui n'en remonlreroilM mUiistreactud?
A la justice , tout magistrat instruit , qui ne prétend pu mener des juges comme des caporaux , qui respecte l'indépendance des tribunaux et les arrêts des cours , est oa sinistre convenable.
Il fut un moment où de grandes choses étoieot à ùàt dans les relations étrangères , où la liberté et la manudBe pouvoient s'allier pour jamais : la limite de ce poissait système a été franchie sans être aperçue ; on a remis, lasle de lumière et de courage politique, l'avenir entre les muos du hasard, lorsque la Providence permettoit de prépirer les voies de cet avenir. Aujourd'hui la France, ne lenint plus les rênes des affaires extérieures , n'a plus besoia au cette partie que d'un homme qui défende notre hooseor, s'il ne peut rien pour notre gloire.
Qu'uikministère ainsi composé d'hommes sages ^imdérés paroisse ; qu'il s'annonce comme l'ami de la religioi> du trône et dés libertés publiques ; comme l'ennemi de toate corruption ; qu'il témoigne à chacun un esprit de coadli»tion et de bienveillance; qu'il ne frappe personne, et « contente de réparer les injustices : ce ministère mettrt m terme à nos divisions ; l'opposition royaliste cesserai fiss* tant même. Quant à nous , nous le dédarons : oostfiis fassent-ils tous exclus de ce ministère , nous sommes ^ h le soutenir de toute l'influence que nous pouvons eiocer sur la partie considérable de fopinion dont notre joamli l'honneur d'être l'organe.
Sans doute un ministère quelconque rencontreia IM^ quelques adversaires ; mais il n'est pas vrai dédire tp^ opposition puisse se soutenir quand elle n'a pas an Immb-
POLÉMIQUE
MB
■Mit nlMNiBBble. Or» âon-t^n toiijoiin à eombattre et à repoutter ao syndicat, une oonrenioD de reoles, une indMinilé aYortante, une émancipation de colonies par ordoDoance, des entreprises sur les libertés publiques et sar rindépendance des tribunaux ? Aura-t-on toujours devant loi des hoaunes paijures à leurs principes , infidèles à leurs amis, haineux , envieux , persécuteurs , foibles et violente , aatipsUiiques au génie de la France, boitant , appuyés sur an système contradictoire qui tend au despotisme au dedans, et au républicanisme au dehors? Non , sans doute : de iMreils hommes ne se rencontreront pas deux fois.
Des ministres marchant dans la route honorable que nous avons indiquée auroient, à coup sûr, une immense nutjo^tédansles Chambres et en dehors des Chambres, nujorité d'estime et de confiance. Qu*on prenne de pareils ninistres, et nous répondons qu'un quart d'heure après la retraite de M. le président du conseil , la France sera aussi tnnquUle, lesaf&tres marcheront avec autant de facilité qoedans les temps les plus prospèresde la monarchie. Le miaiitère tombé ne fera faute à personne; il ne laissera aucun vide, et ces honomes dont on ne peut se passer rentreront dans le profond oubli dont ils n'aoroient jamais dû sortir.
Bfaùs , dit-on , si les ministres doivent se retirer devant les claoîeurs de cinq ou six journaux, alors la France est donc gouvernée par les journaux?
L'An^eterre est-elle gouvernée par les journaux , bien autrement libres qu'en France? et pourtant les ministres angkns se retirent quand les feuilles publiques de divers principes politiques se trouvent être d'accord sur Tincapadté ministérielle. Le vice radical de cet étemel raisonnement des ennemis de la liberté de la presse, c'est de prendre les journaux pour la cause de l'opinion , tandis qu'ils n'en sont que l'eflet. Ayes des ministres habiles, monarchiques et nationaux , et vous verrez si les journaux par viendront à les rendre impopulaires : loin de là, ces journaux deviendroient eux-mêmes impopulaires en attaquant des lipmmes que le public auroit pris sous sa protection.
Mais poussons les choses à l'extrême : supposons que roo doive résister à une opinion aussi générale que celle qui existe contre le ministère actuel, qu'arrivera-t-il?
Supprimera-t-on la liberté de la presse?
C'est le moyen le plus sûr de faire tomber immédiatement le ministère.
Diflsottdra-t-on la Chambre des députés, ou augmenteraton la Chambre des pairs si les ministres y ont perdu la majorité?
Est^n sûr des élections ? Est-on certain qu'une augmentation de la Chambre héréditaire , tout en afibiblissant le principe de la pairie, procureroit une migorité?
Marcliera-t-on , comme on le fait aujourd'hui en narguant ropinion publique, et laissant les journaux libres d'user de leur droit constitutionnel, et par conséquent de dire, dans les limites de la loi, tout ce qu'ils voudront?
Très-bien; mais les journaux ne se lasseront point; le combat est à mort entre l'opinion et le ministère : or, estil possible de se maintenir longtemps dans une lutte aussi violente? Ce combat de tous les jours , de toutes les minutes, n'a-tril pas des inconvénients? Les partisans du ministère ne s'en plaignent-ils pas amèrement? Or, comme Toppression de l'opinion, comme l'établissement de la censure ne sauveroit pa$ le ministère , et exposeroit la monarcliie en attaquant le principe de nos institutions , il est évident que c*est le ministère qui doit céder la place à l'opinion : c'est ce qui arrivera un jour plus tôt, un jour, plus tard.
Ne soyons pas trop rigoureux. 11 y a dans te ministère deux ou trois hommes qui ne sont coupables que de foi- Uesse, qui gémissent intérieurement du système que l'on Mit. L'opinion publique ne repousse pas invinciblement
ces ministres, et elle les Terroit sans peine Aire partie d'un nouveau conseil.
Quant au ministère tel qu'il existe aujourd'hui , non-seuknient il doit se retirer pour les mille raisons que cliacun connott, mais encore pour une raison qui domine toutes les autres. Ce ministère n'est point le ministère du règne actuel ; héritage d'un règne évanoui , il manque de l'actioa nécessaire à une monarchie renouvelée.
Sans doute, des liommes supérieurs |ieuvent occuper des emplois sous des souverains successifs; mais alors même il faut que , par une flexibilité de talent extrêmement rare , Us se n^unissent , pour ainsi dire , avec la cou* ronne refleurissante. Chaque prince a son génie particulier : si vous ne pouvez vous plier à ce génie, vous n'êtes plus qu'un obstacle au bien , qu'une entrave au gouvernement que vous avez la prétention de faire marcher.
Or, les ministres actuels sont-ils des liommes extraordinaires , ou qui aient seulement le bon sens qui s'applique à tout? Se sont-ils conformés au caractère du nouveau monarque? Conviennent-ils à un roi chevalier qui voit tout par lui-même , qui se montre à ses peuples , qui prend connoissance de toutes les affaires , et qui , assis à son conseil avec son auguste fils, n'a pas besoin de s'en reposer sur un président inutile? Il faut à ce roi des ministres en harmonie avec ses qualités et ses vertus, loyaux et smcères comme lui , et qui , pour bien gouverner, n'auroient qu'à suivre l'inspiration de ses pensées et à devmer les vœux de son cœur. La présente administration est vieille , flétrie, usée : laissée par la tombe à un monarque plein de vie , on sent que la mort a pesé sur celte administration; le moment est arrivé de la rethrer du lit de parade où elle a été trop longtemps exposée.
Paris , ce 23 octobre 1826.
Les Grecs semblent encore avoir échappé à la destniction dont ils étoicnt menacés à l'ouverture de la dernière campagne : il se sont montrés plus intrépides que jamais. Le siège de Missolonghi, soit que ce siège ait été levé ou qu'il se soutienne encore , soit que la ville foudroyée doive succomber ou sortir triomphante du milieu des flammes ; ce siège , disons-nous , attestera à la postérité que les Hellènes n'ont point dégénéré de leurs ancêtres. Si des gouvernements étoient assez barbares pour souhaiter la destruction des Grecs , il ne falloit i)as laisser aux derniers le temps de déployer un si illustre courage. Il y a trois ou quatre ans qu'une politique inhumaine auroil pu nous dire que le fer musulman n'avoit égorgé qu'un troupeau d'esclaves révoltés ; mais aujourd'hui , seroitelle reçue à parler ainsi d'un sang héroïque? L'univers entier s'élèveroit contre elle. On se légitime par l'estime et l'admiration qu'on inspire : les peuples acquièrent des droits à la liberté par la gloire.
11 n'est pas étonnant que la défense ait été moins forte dans le Péloponèse. Quand on a parcouru ce pays , quand on sait que les paysans grecs , opprimés , dépouillés , égorgés par les Turcs , ne pouvoieut avoir chez eux ni poudre , ni fusils , ni armes d'aucune espèce , on conçoit comment une troupe de villageois , pourvus pour tout moyen de défense et d'attaque de bâtons et de pierres , aient été étonnés à l'aspect de troupes régulières de nègres et d'Arabes. Mais leurs montagnes leur serviront de rempart; ils s'accoutumeront à voir marcher des soldats à demi disciplinés ; ils apprendront la guerre : et, si Ibrahim n'est pas continuellement secouru , il pourroit rester dix ans dans les vallées du Péloponèse sans être plus avancé le dernier que le premier jour.
Sur la mer, les Grecs ont maintenu leurs avantages. Les Turcs, malgré U supériorité de leurs vaisseaux , ne cher-
poléhique:
client plut même à MIr devAnt un ennemi qui ne leur op* pose pourlant que de frêles embarcatimw. L'audedettse entreprise de Canaris sur le port d'Alexandrie a été aa moment de tarir cette source de peste et d'esdavage que TAfHque fait couler ters la Grèce.
On nous dit que des flottes russes Tont venir à leur tour dans la Méditerranée Juger des coups , et assister à la lutte de quelques chrétiens alModonnés de la chrétienté entière , contre un peuple de Barbares qui a menacé le monde chrétien , et qui fait encore peser soh Joog sur une grande partie de rAftique, de l'Asie et de TEuroiie. Le spectacle est digne, en efTet, de l'admiration des hommes; mais nous plaindrions les spectateurs qui ponrroient en être les té^ moins sans en partager Ttionneur et les périls.
En attendant que tes cabinets se réTcillent, nous, simples particuliers , nous qui n'avons aucune raison pour separer la justice et l'humanité de la politique i formons des vœux pour nos fhères en religion. Que tous ceux dont le cœur palpite au nom de la Grèce ; que tous ceux qui apprécient à sa juste vateur le grand nom de ehrétien ; que tous ceux qui estiment le courage , qui aiment la liberté » détestent l'oppression et ont pitié du malheur; que tous cenx-lè s'empressent de soutenir une cause que la civilisation ne peut abandonner sans une lèche ingratitude : la foi de nos pères et la reconnoissance du genre humain doivent prendre sous leur protection la mission de saint Paul et les mines d'Athènes.
Une autre campagne en Grèce peut avoir lieu : il faut pourvoir d'avance aux besoins des braves qui seront appe* lés sur le champ de bataille : déjà nous avons ouvert un asile aux deux enfants de Canaris; leur mère a été massa* crée : leur père, qui» décidé à mourir pour la patrie, les regarde d^à comme orphelins, sera-t-il abandonné par nous.' Pouvons-nous mieux répondre à la touchante confiance qu'il nons témoigne, qu'en lui fournissant les moyens de recevoir dans ses mains triomphantes les ciiers gages qu'il a déposés dans le sein de l'honneur (Vançois? Ce sont les orphelms do la Grèce qui implorent eux-mêmes aujourd'hui à nos foyers notre piété nationale : qui mieux que des François peut senlhr la sympatliie de la gloire et du malheur^
Paris , le S4 octobre tsfts.
La presse périodique est une force immense sortie de la civilisallon moderne : on ne TétoufTeroit ni par la violence ni par le dédain. Née des besoins de la société nouvelle, elle a pris son rang parmi ces faits que les hommes n'abandonnent plus, une fois qu'Us en sont saisis ; elle a remplacé pour nous la tribune populaire des anciens ; elle est à l'imprimerie ce que l'imprimerie a été à l'écriture. Il n'est au pouvoir de personne de la détruire , pas plus que d*anéantir les grandes découvertes qui ont changé la fa^ du monde. Il faut vivre, quoi qu'on en ait, avec la bonssole, la poudre k canon , l'imprimerie , et, de nos jours, avec la machine à vapeur : c'est fort malheureux sans doute, mais c'est comme cela; qu'y faire?
Ainsi, la presse périodique proclame aujourd'hui des vérités qui n'étoient autrefois renfermées que dans des livres; elle les rend familières, et les met à la portée de tous.
l>our nous, qui ne connoissons que le salut du prince et de la patrie, qui ne demandons rieii, qui ne craignons personne, qui sommes habitués aux persécutions et qui nous croyons au-dessus des injures , nouS continuerons à énoncer sans déguisement ce qui bous paraîtra utile au lr6nc et k la France.
Le monde, comme on le mène, va à la république : nous l'avons dit, nous le répétons; et ce crime de lèsemonarchie est dû en grande partie au ministère actuel.
n y Avoit uft moyen Mloré d'tfvtier toHl pMt €9m d'an^ter le monde dam la HKHiaitiliie eoiiitttiiitedttnB. Of, les amis du ministère nom disent qm la Cterls o'eitq^tt cadre disloqué, et qaHifaut que /« rofmUi » enuth tUseen deêpoUsme, De l'autre eMé de eedespolitneta moment, on se trouverott teoe à Itee aveela tépetifHb
Dam le disoours d'adfeut du président des ÈUk^&à au générai Lafayetle, difioours» d'ailleurs, wmaïqMÉli k tout point, nom lisom oe passage : « Pendant tt h^ « espèce de temps (il aunoit dtt dira i^eiMiant es esott), « le peuple des Etats-Unis , pour qui et avec qui vem vm « prli part aux batailles de la Kberté» a Joui pletemHt « de ase fruita et a été l'im des pins heureux dans lift* « mille des mtlom, voyant sa popitintion s'hoMORfe n « ton territoh« s'agrandir, agissant el seoflliat sdsn hi « conditions de sa nstura, et Jetant les flNMiemsotsédi « pivtgranâêf e/> nom fupérmu tincèremeM, éHê « pins bimtfûiêanièpHiêmneB fUi aUjamait réfUm 1 intérêt» Attnutim «nr ta terre. »
Le général LaAyette tépoad : « Avoir été) dans iHck^ « constances les plus critiques, adopté par l'Union eMwe « un fils chéri ; avoir participé aux travaux et aux pM « de la noMe lutte qui avoit pour objet l'bidépendaatt, k « liberté et l'égalité des droits ; avoir pris part è la IMittaa « de l'ère américaine qui a d^é truvetêép et qui dWléir « corepowr ta dignitéette benkeur thVeepéeeimmÊiu, m. truvener chaque partie d*un aupng hémiMpkère.,^ •
Le chef d'un puissant État raconte des bits, m cttsya adoptif exprime des vœux t voilà oii Fou en est pow IM idées de république.
IHirmi les rois de France qui ont été l'obiet des éls|M du préaident des ÉUt^Unls, on efti déalié troeverll nom de Louis XVI, principal auteur et inaoeente vfctlméi la liberté amérioaim.
Et les États-Unis ne sont plus seuls à Influer sur r» prit des peuples ; ils ont ciéé autonr d'eax tout m mail républicain, qui bientôt va tenir von cnngrès gtfnMI Panama. Les discoon qui seront prononcés dms cette rhnion retentwont au delà des mers. Que prodttiront41i? Li seule déclaration des droits de l'homnie, par tes tUtt Unis, nous donna les sanglantea satomnlea de I7V3.
Les esprits, toutefbis , étoient-ila préparés, coons ib le sont aujourd'hui , k recevoir des impreaaiom popnlé res? n'y avoit41 pas encore, en 1789, des ordres pdilî(Bes, des grands propriélanes, des corporatiom, d'aafkiM mœurs , de vieilles habitudes , de récents souvenirs qai lai» toient contre les nouvelles doctrines? Depuis cette éfoqm, la révolution a fait rouler sur la France son pesant ■• veau ; tout en a été écrasé, choses et hommes. Les Dis* sions du passé ont disparu , les appuis du trOoe cet élé brisés; chaque individu, devenu libre par ses mâlheort, a appris à ne compter que sur lui-même , à ne s'estiner que par ses qualités propres ; et cette légitimité nslareilt, qui remplaça la légitimité politique absente, a fbodé dm les esprits une indépendance désormais invincible.
En même temps ce sentiment de liberté m vient plei des agrégations démocratiques, d^ masses passkmBéei et tumultuaires ; ce ne sont plus les classes ignoranl^ mais les classes éclairées , qui penchent anx rtforaieft. S des révolutions dévoient encore avohr Heu , il est probaldi qu'elles s'efTectueroient avec moins de violence, moiasd'c^ &sion de sang,mohis d'injustices, moins de spollstidai; ce seroit un chan^ment politique élaboré et amênéàpoM par le temps , comme le soleil mûrit nn fruit. La ré^ili* que représentative a ses fbrmes toutes trouvées; et ttitt république, qu'on auroit pu repousser è jaœalfe tveeli monarchie représentative fhmcliemmt admise , stroft li pour en consacrer les libertés méoonnnes.
11 y a des hommes qnl ne ventent rien voir on qui ne peuvent rien voh* de oe qui se passe autour d'eux. Tout aanMtt
POLÉMIQUR.
qB*aDeféfoliitk»géaënletropèrêdaiisto«oolétékQiii^ et ceux qui denoient eo être le plm persuadés ont Tair dt croire que tout Ta comme il y a mtUe ans.
Daas Tordre moral raffoibUsseraeDt de la fol chrétienne s renda les merars moins paissantes ^ le système politiqoe • ék étffanlé par les coups que Ton a portés au système reti* gieox.
Dans Tordre physique, le dételoppemeni inouï de lindnstrie, la dlffbsion des lumières parmi les classes \nté' riraresde la société, ont multiplié les ressources des peu* pies, en même temps quelles les ont rendus Indociles à tout pouTotr qui ne se fonde pas sur la raison.
Jetet un regard sur le monde , et Toyet le spectacle qu'il TOUS présente.
Des républiques occupent une imnaense partie de la terre ror les rirages des deux océans ; chez ces peuples , qui ont toute la Tigueor de la jeunesse , dans ces pays vierges encore, la dvilisation perfectionnée de l'ancienne Europe Ta prMer ses secours à une nature puissante et énergiqoe. Les machines de l'Angleterre exploiteront les mines de l'.'ùnérique, découverte, pour ainsi dire, une seconde fois. Des bateaux à vapeur remonteront tous ces fleures desttnés à devenir des communications faciles, après avoir été dlnvindbles obstacles. Les bords de ces fleuves se oouvrirunt en peu de temps de villes et de villages , comme nous avons vu bous nos yeux de nouveaux États améf ricains sortir des déserts du Kentucky. Dans ces forèto, il réputées impénétrables, bientôt passeront, sur des che- 0 nias de fbr, comme sur les routes de la Grande-Bretagne, ces espères de chariots encliantés marchant sans chevaux » » transportant à la fois, avec une vitesse extraordinaire, Il des poids énormes , et cinq à six cents voyageurs. Sur ces H fleaves , sur ces chemins descendront , avec les arbres pour la cowtruction des vaisseaux , les richesses des mhies qui Il lerriront à les payer; et l'isthme qui unit l'une et l'autre g Amérique rompra sa barrière pour donner passage à ces Il vaisseaux dans l'un et l'autre océan. 0 La nouvelle marine , qui emprunte du feu son mouve» g ment, ne borne pas ses efforts à la navigation des fleuves ; HIe affronte aussi les mers : les distances s'abrègent; il n'y a plus de courants , de moussons , de vents contraires, de ports fermés en certaines saisons de Tannée.
L'art de la guerre subira à son tour une altération notable : Tembouchure des rivières est défeniliie par des forteresses mobiles qui vomissent des feux et des eaux bonillantes ; des projectiles d'une force et d'une forme inconnues sont faiventés; la vapeur lance le boulet plus vite et plus Bêlement que la poudre; et 11 est impossible de dire avec les essais qui se multiplient, à quels résultats inattendus cm nooveaux arts peuvent arriver.
Et tandis que l'Amérique se transforme, et vient , monde DOUTean et civilisé , mettre son poids dans la balance des empires, le gouvernement britannique fait découvrir les régions hyperboréennes, et aciiever la reconnoissance de la terre. Une compagnie de marehands anglois complète son occupation de Tinde, réunit à ses territoires le royaume d'Aracan, et s'approche des flnontières de la Chine, dont 00 déclare déjà la conquête assurée avec une armée de trente mille hommes.
Cette Grèco, qui, jadis héroïque, libre et riante; cette Grère, toujours héroïque, mais aujourd'hui opprimée et désolée , volt encore l'Angleterre placée à ses avant*postes ; ceile-d la recevra dans ses bras lorsqu'elle aura été repoussée de ceux de tous les princes chrétiens.
Que faisons-nous au milieu de ce mouvement du monde ? Nous opposons au congrès de Panama la réunion de tous les commis des finances autour d'un ministre. Aux discoure dn président des États-Unis, aux proclamations procliaines des nouveaux gouvernements libres, nous répondons par des projets de censure et des procès en tendance. If osa M
cherchons pas aoos te pèle des routes Ignorées, nous n'avons pas la prétention de donner dans TInde un royaume à nos marcliands, et peu nous importe la Grèce ; il nous suffit deconnottre les rues qui mènent k la Bourse, et de con* quérir un franc sur quelques misérables rentière. Quand on mesure nos hommes d'État à Téchelle des événements, c'est véritablement alore que leur petitesse efn-aye.
Tout nous oblige donc à croire que l'espèce humaine mar» che à de nouvelles destinées ; mais si on homme dâ^tat ne pouvoit , sans être atteint de folie, essayer de remonter te torrent des siècles, 0 seroit encore plus insensé de s'y livrer aveuglément.
A une époque qui n'est pas encore fort éloignée, on a pu établir dans les Amériques espagnoles le système monarchique avec une véritable llbeité. L'Angleterre n'a voit point encore* tranché la question ; nous osons assurer qu'elte l'eôt phis mûrement examinée, si Ton eût continné k lui opposer les raisons , te calme et la fermeté qui Tavoient empêchée d'abord de se pi'écipiter trop vite dans la route qu'elle a depuis suivie. Elle eût fini par recon» noitre elle-même que ses intérêts commerciaux pouvoient également être assurés, sans compromettre dans une pos* térité asez rapprochée son existence monarchique. 11 étoit encore possible de réveiller dans certains cabinets les idées généreuses qui leur étoient naturelles , et dont les traces existent partout dans les documents diplomatiques; idées qui n'ont été étouffées, au grand malheur de l'espèce hn* maine , que par des conseils rétrécis.
Les bases étoient posées ; le double travail de tempérer les uns , d'éclairer les autres , s'avançoit : encore un peu de patience , et un ouvrage immense qui décidoit de la nature de Tavenir, qui donnoit une grande gloire à ta France, pouvoit s'achever. Soudain tout a été Interrompu ; l'intérêt des peuples et des rois a été immolé à de buses envies. L'Angleterre, dégagée de toute repréaentatm raisonnable, a reconnu les républiques espagnoles avant de s'être bien assurée que toute autre forme politique n'étoit pas In . compatible avec Tindépcndanoe et la liberté de ces nouveaux États : de ce jour le destin du monde a été cliangé.
Alore quelques administrateure parmi nous , ne se doutant pas de ce qu'ils folsoient , ne sachant pas qu'ils confirmoient le plus vaste de tous les systèmes , croyant ne prendre qu'une mesure populaire de commerce, croyant ne jouer qu'un coup heureux k la Bourse ; quelques administrateurs, disons-nous, par une sorte d'élourderie politique naturelle à la légèreté de leur esprit, ont achevé l'ouvrage commencé : ils ont, sans mesure législative, lancé à leur tour dans te monde une république de la plus formidable espèce pour la sûreté domestique et pour celle des colonies, pour les intérêts de la propriété et pour la stabilité de Tordre monarrhique.
Et quels sont les hommes qui ont vereé dans ce système républicain? Sont-ce des hommes amis de la libertédes peuples, des hommes qui aient favorisé cette liberté dans leur patrie, des hommes qui aient maintenu nos institutions, qui en aient voulu te dévetoppementet appelé tontes les conséquences? Non : ce sont les auteurs de la censure, les admoniteura de l'indépendance des tribunaux, tes marchands de procès, les brocanteore d'opinions, les trafiquants de conscience, les joueure k la Bourse, tes convertisseurs de rentiers, les petits tyrans domestiques dont les élèves brûleroient avec joie la Charte en place de Grève par la main du bourreau. Voilà les hommes qui devotent propager sur te terre le système républicain! Et nous, que l'on accuse d'un trop grand penchant aux idées constitutionnelles, nous que Ton voudroit bien accuser encore de n'être pas royaliste, si la chose étoit possibte, c'est nous qui défendons te monarchte contre te républicanisme mim'stériel !
M est te malheur d'un État quand il est conduit par des ministres sans principes arrêtés; Us Bottent au hasard;
POLÉMIQUE
et| sekMi les besoins du jour, ils abondent tantôt dans une opinion, tantôt dans une autre : despotes à l'intérieur, républicains au dehors; double moyen d'amener des catastrophes.
Biais les é?énements échappent aux mains qui ne peu- Tent les diriger ; tandis que l'on reste statiqnnaire , ou q ue Ton se jette tète baissée dans des abimes, le temps fuit, et le monde s'arrange malgré nous.
Qu*un ministre tombe à l'intérieur dans des erreurs oonsiéérables , qu'il protège les méchants, qu'il écarte les gens de bien, qu'il propose de mauvaises lois, qu'il prenne de fausses mesures , il y a remède à tous ces maux ; mais ce qui ne se répare point , ce sont les fautes commises au dehors. Des guerres longues et sanglantes ne rétabliroient pas ce qui souvent n'auroit coûté qu'une dépêche diplomatique ; on ne peut pas faire aujourd'hui , par exemple , que l'Amérique ne soit pas républicaine : on verra tôt ou tard où oda conduira l'Europe monarchique, si l'Europe monarchique surtout brise le sceptre constitutionnel : la gloire même ne soutient pas longtemps l'arbitraire des baïonnettes. Nous le savons : on se réfugie dans des espérances d'ànarchie; on pourra i*econnottre des républiques, mais en leur douhailant hitérieurement malheurs, troubles et destruction. Ces ISches espérances d'une po/t/î^tie qui ne sait rien voidoir ni rien oser ne reposent pas même sur l'expérience des faits. L'anarchie des nouvelles républiques ne seroit pas moins funeste aux monarchies que l'ordre même de ces républiques. L'anarchie de la France populaire pendant cinq années a-t-elle empêché cette France de troubler l'Europe? Et après les exemples de nos agitations révolutionnaires, le monde a-t-il été guéri des idées démocratiques? les États-Unis n'ont-ils pas continué de nourrir partout ces idées ? et l'Amérique presque entière ne vientelle pas de devenir républicaine ?
N'espérons pas non plus que des mœurs qui seroient devenues facilement monarchiques constitutionnelles , si <m l'a voit voulu, refusent de se plier à des institutions populaires dans une république représentative. Cette sorte de rtipublique ressemble de bien près à la monarchie ; elle souffre, comme elle, les grands propriétaires, les grandes corporations , même religieuses ; le luxe, le commerce, l'élégance et la politesse de la vie.
Il y a deux espèces de liberté : l'une qui appartient à la jeunesse des peuples, l'autre qui peut être le fruit de leur vieillesse : l'une est une vertu d'innocence, une sorte d'instinct de l'ordre religieux ; l'autre est une vertu de philosophie , une Gonnoissance savante qui résulte de l'ordi'e intellectuel ; celle-là se confond dans le cœur avec l'amour exclusif de la patrie : des habitudes simples lui servent de compagnes; celle-ci s'associe dans l'esprit avec la bienveillance pour tous les hommes ; elle jouit des arts de la civilisation ; on arrive à la première par les mœurs; à la seconde par les lumières. Ce furent ces deux espèces de libertés qui insphèrent à Fabricius et à Tacite une égale haine des tyrans.
Qu'on cesse donc de s*en reposer, pour la sûreté monarchique de l'Europe, sur les heureux malheurs qui pourroient affliger les républiques américaines : les larmes de ces républiques, pas plus que leurs prospérités , ne ferotent notre joie. Ne pouvaut désormais rien empêcher, le seul parti qui reste à prendre, c'est de combattre, autant que possible, les conséquences de nos œuvres.
Nous devons d'abord sûrete à nos compatriotes d'outremer : il n'y a qu'un moyen efficace de les mettre à l'abri, c'est de donner graduellement la liberté aux nègres de la Martinique et de la Guadeloupe. Il ne faut pas que la révolte soit mieux traitée que la fidélité; il est de meilleurs titres à l'indépendance que des massacres, des spoliations et des incendies. Quoi qu'il arrive désormais , l'émancipation de Saint-Domingue a fini le système colonial, et c'est de cette vérite qu'il faut partir.
Ce n*est pas poor les ministres qnenoaspiikMcaaiitat ces questions hnportantes, mais pour le trOnelégilintt, pov la France , pour l'Europe monarchique. Les ministresioii entendroient-ils? Ont-ils su ce qu'ils faisoient? UDiqDenat occupés de leur existence, la baisse d'un centime à h Bourse leur parolt bien plus importante qoe la ciéitioi k tout un monde républicain.
On trouvera peulpêtreque des matières aussi graves iDé> riteroient d'être traitées dans des feuilles moins fogitim que celles d'un journal ; on' se trompe : dans les temps oà nous vivons, on lit peu les livres et beaucoup les outisges périodiques qui suffisent au besoin du jour. Letpes* ' sées se communiquent plus vite par ce moyen que par lost autre écrit. Les écrivains seuls ne recueillent aouia &mt de leur travail, et ils peuvent dépenser, inuiilemeotpoor eux , beaucoup de temps et de talents dans ees combats sans nom et sans gloiie : mais il ne s'agit pas desécriTaim, et ils doivent immoler leur amour-propre au profit délai»ciété. On se souviendra longtemps des services qu'a rendus le ConservaienVf et il en reste encore de plus grands à rendre.
Mais quelles sont nos raisons particulières pour tirer Fepposition de son champ de bataille habituel, la Bourse, le syndicat, rmdenmite, et pour la porter dans des r^giou si élevées?
Apparemment que nous espérons effrayer les miaislrei de ce qu'ils ont fait , les amener à quitter leurs places?
Nous connollrions bien mal les hommes, si nous oovrissions une pareiUe espérance. £n général, qui effFay^t•<a, et surtout en France, par des prédictions dont racooaplissement peut n'être pas immédiat l « Quoi? nouspoir- « rions être républicains un jour? radotage! Qui est-ce qoi « rêve aujourd'hui la république? Ne nous di^Hiteriuii- « nous pas des places électives? Dans notre amoorffopie « françois, quel individu ne h-oubleroit l'État pour aniicr « à la présidence ? La France peut-elle jamais devenir ai « Étet fédératif? Le monde est las des révolutions, on o'ea « veut plus; et si par hasard quelques fous s'avisoieelde « troubler le repos pubUc , on sâuroit y mettre bon ordie. « El enfin, les choses arrivent-elles jamais comme on ks <c prévoit ? Que d'événements peuvent déranger tous vos ol- « culs ! Les républiques nouvelles ne peuvent-elles se dédù- «c rer? ete. »
Voilà ce que nous opiioseront le rétrécissement de Tei^ prit, l'imprévoyance de la légèreté et la pusUlanimité de caracterequi fait qu'on ferme les yeux, de crainte d'aToir peur ; voilà l'oreiller sur lequel on se rendormira josqn'ao moment du réveil. Peut-être se dira-t-on de plus intâwi* rement : « Qu'importe d'ailleurs? je n'y serai plus. •
Si nous sommes convaincu que cette grande et basle opposition paraîtra fort indifférente au ministère, eDenois est donc suggérée par quelque autre raison perMomtdlt; car il est clair qu'on n'est dans l'opposition qoe par intérêt. Nous aurons apparemment été saisi d'une frayearsabite de la république; l'ombre sanglante de la Ooovcntioa UQus sera apparue : nous nous serons tu proscrit de nosveau , et , dans notre terreur panique , nous auiuos en d^ voir sonner l'alarme.
Vous TOUS trompez encore : et, pour donner plosde poids aux vérités que nous avons âioncées, pour montrer combien elles procèdent de notre amour très-désioUresié de la monarchie légitime , nous allons ftire notre profesion de foi.
Attaché à hi famille royale par amour, fidélité, denir. honneur, nous avons eu le bonheur de lui rendre qoeliiaei services, et nous sommes toujours prêt, s'il éloit néca* saire , à faire pour elle des sacrifices que ne feroient pas ceux dont les systèmes sont aujourd'hui écoutés. Parlent où sera la couronne , là nous serons : nous vivrons et 100s OK>urrons pour sa cause sacrée.
Attaché k Vordre mooarchiqae pur raisoD, nous regardons la monarchie conslittitionnelle comme le meilleur gouTemement possible à cette époque de la société.
Mais si Ton veut tout réduire aux intérêt» personnels , si Ton suppose que pour nous-méme nous croirions aroir tout à craindre dans un État républicain, on est dans Terreur.
Nous traiteroit-il plus mal que ^e nous a traité la monarchie? Deux ou trois fols dépouillé pour elle et par elle , Tempire, qui auroit tout fait pour nous si nous Tavions Voulu, nous a-Ml lui-même plus rudement renié? Nous aTons horreur de la servitude ; la liberté plaît à noire indépendance naturelle : nous préférons cette liberté dans Tordre monarchique, mais nous la concerons dans Tordre populaire. Qui a moins à craindre de Tavenir que nous? Nous ayons ce qu'aucune révolu lion ne peut nous ravir : sans place, sans honneurs , sans fortune, tout gouTememeut qui ne seroit pas assez stupide pour dédaigner Fopinion aeroit obligé de nous compter pour quelque chose. Les gouvernements populaires surtout se composent des existences individuelles , et se font une valeur générale des valeurs particulières de chaque citoyen. Nous serons toujours sur de Testime publique, parce que nous ne ferons jamais rien pour la perdre; et nous trouverions peut-être plus de justice parmi nos ennemis que chez nos prétendus amis. Le temps des ingratitudes républicaines est passé, parce qu'on a reconnu que Tingratitude est stérile , et , en dernier résultat , funeste.
Ainsi, de compte fait, nous serions sans frayeur des républiques , comme sans antipathie contre leur liberté : nous ne sommes pas roi, nous n'attendons point de couronne : ce n'est pas notre cause que nous plaidons : nous aimons à le répéter, notre dévouement à la légitimité est sans bornes , comme sans intérêt personnel. Nous mourrtms dans les doctrines les plus sincères du royalisme; royalisme d'autant plus assuré qu'il est dépouillé pour nous de toute illusion , qu'il n'est point fondé sur on penchant aervile, et qu'il vient du choix réfléchi d'un esprit sans préjuge politiques. Hé bien ! c'est dans les hitérêts de Tordre monarchique légitime et constitutionnel que nous résumerons en quelques lignes cet article.
La lutte du ministère actuel contre l'opinion est la lutte de l'intérêt matériel de quelques hommes contre l'intelligence humaine : c'est un compte k régler entre le nombre des suffrages et le nombre des idées ; une balance à établir entre Torgueil de l'ignorance et les lumières de l'esprit. On a essayé de former au milieu de la nation une minorité qui devint, par sa position, une majorité suflinante à l'existence des autorités do jour; mais il est arrivé qu'en Immolaut tout à cette existence, d'ailleurs impossible, le mal que l'on a fait a dépassé le ministère. 11 n'est plus question en réalité de ce ministère moralement anéanti, mais de la vie même de la monarchie.
On a dit sons un autre ministère, et à propos de ce nainistère, « Que les choses étoient conduites de sorte, « et si bien préparées pour une révolution, que chacun « pourroit on matin se mettre à la fenêtre pour voir pas- « ser hi monarcliie. »
Noos disons aux ministres actuels : « En continuant de « marcher comme vous marchez , et de favoriser le système a républicain , toute la révolution pourroit se réduire , dans « un temps donné , à nne nouvelle édition de la Charte , « dans laquelle on se contenteroit de changer seulement « deux on trois mots. »
Paris, le S8 octobre 1825.
Il est loin de notre intention d'entrer en lice avec les dieTêliers du ministère. 11 y a tantôt one vingtaine d'années
que ces champions de l'arbitraire ministériel , depuis Fou* ché jusqu'aux espions de nos jours, nous insultent pour notre attachement à des principes généreux. Les pauvres gens î si jamais nous pouvions et Touh'ons les ])ayer, ils insulteroient demain , en notre honneur et gloire , les hommes qui les nourrissent aujourd'hui.
Un seul raisonnement mérite néanmoins d'être relevé.
Nous sommes républicain , parce que nous avertissons la monarchie qu'on la mène à la république ! Un honune s'avance vers un abîme qu'il ne voit pas : je le saisis par le bras, je l'arrête au bord du gouffre, et il s'écrie que j'ai voulu l'y précipiter * Admirable logique de la mauvaise fol et de l'ingratitude ! Un journal indépendant royaliste a trèsbien fait sentir Tabsurdité de ce raisonnement.
Fidèle à la conduite que nous avons toujours tenue depuis la restauration, nous avons cru devoir avertir la couronne des dangers que tous les amis du monarque voyolent, et que personne n'osoit clau-ement signaler.
Les hommes que l'opinion royaliste trompée a portés an ministère n'auront plus d'excuses à présent. Nous avons levé le bandeau qui leur couvroit les yeux ; et s'ils ne peuvent éviter Técueil dont ils se sont trop approchés dans les ténèbres , qu'ils abandonnent le gonvemall à des pilotes plus habiles.
On n'a point détruit et Ton ne pouvoit pas détruire re que nous avons dit de l'influence que doivent avoir les i^ publiques américaines sur le monde monarchique européen. Nous aurions pu entrer à ce sujet dans des considérations beaucoup plus étendues. Quand il n'y auroit que les mines possédées par les nouveaux ÉUIs populaires , ce seul accident renferme pour eux un principe extraordinaire de puissance. Ils ont dans leur sein les sources de Tor ; avec de Tor on achète des vsisseaux , des armes et des hommes. Il sera donc possible à ces républiques d'avoir des soldats étrangers à leur paye , en Europe même. Des nègres pourront solder et commander des blancs, faire des descentes sur les c6tes de notre continent, pour se joindre à leon auxiliaires. Cartilage n'envoyoit-elle pas des Ibériens et des Gaulois en Italie ?
Ces riches républiques américaines pourront encore appeler à elles tous les talents de l'Europe, dans quelque genre que ce soit, et les employer à leur usage. Elles se sont d^ servies de lord Cochrane; et toutes foibles, tontes naissantes qu'elles sont, ne bloquent-elles pas, dans ce moment même, les ports de la vieille Espagne?
La création des nouveaux peuples dimmue aussi l'importance relative des anciens peuples.
Autrefois il n'y avoit dans le monde civilisé que l'Europe ; dans cette Europe , il n'y avoit que dnq ou six grandes puissances , dont les colonies n'étoient que des appendices plus ou moins utiles.
Aujourd'hui il y a une Amérique indépendante et civilisée; dans cette Amérique il y a six grands États républicains, deux ou trois plus petits, et une monarchie constitutionnelle. Ces neuf ou dix nations, jetées tout à coup dans un des bassins de la balance politique, rendent , comparativement, le poids des monardiies européennes plus léger. Cen'ent plus une querelle entre la France , l'Autriche , la Prusse , la Russie et T Angleterre , qui fera le destin de la société chrétienne. La diplomatie , le principe des traités de commerce et d'alliance, le droit politique, vont se recomposer sur des bases nouvelles. Les vieux noms, les vieux souvenirs perdent aussi de leur autorité au milieu des récentes générations , lu milieu des jeunes espérances d'un univers qui se forme dans d'autres idées.
L'Angleterre souffrira moins que les puissances continentales européennes de cette création nouvelle , en raison de sa liberté , de son industrie, de son commerce et de ses diverses possessions. Elle regarde des deux cdtés les Amériques sur les deux océans : elle compte dans l'Inde
idiM de qiiali«*vio8U mUlkmft de sujets : «Pe étaiid Mi Qolonies sur les eûtes de l'Afrique, dont elle est au moment de Oécuuvriret de traverser l'intérieur, oomme elle explore les liions polaii-es. Le cinquième continent se peuple par elle; dans Tocéan Pacitique elle a créé de plus petite royaumes défendus par une marine, du canon et des forteresses ; elle les a créés sur ces mêmes rives liabitées , il n'y a pas encore cinquante ans, par les sauvages meurtriers du grand navigateur qui, le premier, nous révéla leur existence.
Que fiEdloît-il faire pour ne pas être envahi en Europe par la souveraineté du peuple , pour éviter la lutte entre dM républiques dans la force de l'âge , et des monarchies «tToiblies par le temps et les révolutions? Nous le répètenins jusqu'à satiété , parce que la question étoit là tout entière : il Calloit fiivoriser, autant que possible , l'établissement des monarchies constitutionnelles en Amérique, et nmint^ir firancbement celles qui existent en Europe. Nous allons montrer par un grand exemple la foiblesse de la mntfflyfjiîii absolue et la force de la monarchie constitu-
tionnelie.
En 1701, Louis XIV> le puissant, le sMeux Louis ^IV, met son petit tils sur le trône des Espagnes. Il est obligé de lui fournir des soldats, des généraux et des ministres. Philippe V n'avoit rien trouvé : Charles -Quint avoit renversé les mstitutions nationales an delà des Pyrénées, et Plûlippe II en avoit dispersé jusqu'aux débris.
La monarchie, devenue absolue, marche avec la nouvelle dynastie, et s'enfonce de plus en plus dans Tablme, RIclie de tous les trésors du Mexique et du Pérou, conservant encore des possessions précieuses dans la mer des Indes et dans la mer Atlantique, l'Espagne tombe dans un étot de pauvreté et de langueur piesque sans exemple. Les provinces d'outre mer, qui dévoient augmen- |er sa puissance, lui deviennent un fardeau : après avoir retrouvé un moment de gloire dans son combat contre le oonquérant de l'Europe , comme la vie près de s'éteindre lette une vive lumière , cette noble Espagne semble expirer aujourd'hui, dépouillée de superbes colonies qui deviennent des États indépendants.
A peu près dans le temps où un fih de France alla régner à Madrid , un petit électeur d'Hanovre fut appelé au trône de Londres : il y arrive sans appui et sans force extérieure, et soudain il devient un roi puissant. Ses succès* seurs combattent avec avantage le pavillon de la France; FAngleterre perd ensuite des colonies hnportantes, mais elle est si loin d'être afîoiblie par cette perte , qu'elte lutte corps à corps pendant vingt ans avec la révolution françbise, enrôle l'Europe entière sous ses drapeaux, triomphe , et est chargée de garder sur un rocher celui qui avoit endialné te monde.
Buonaixirte est arrivé à la fin des monarchies absolues , comme pour les oonUnner à force de gloire : l'arbitraire avoit enfante par un dernier effort ce qu'il avoit de plus brillant pour arrêter les peuples sur la pente de la liberté. Buonaparte a succombé : qui oseroit essayer d'aoeomplir l'oeuvre que n'a pu achever sa main formidable?
L'Angleterre a-telte été épuisée par ses efforte gigantesques? Non. La voilà plus florissante que januiis, qui se rajeunit avec la sociéte , prend la routo.nouvelto ouverte devant te genre humain, et se place, pour amsi dire, à la tête des natMWS que la Providence appeUe sur la scène du
monde.
. Qui a pfoduit cette différence de destinée entre deux grands royaumes , kurs de leur changement de dynastie et après ce diangement ?
Philippe V rencontra le despotisme en Espagne, et George T', la liherte en Angteterre; Tun trouva la monarclUe absolue, l'autre , la monarchie représentative.
Mous l'avons, cette moiiarcliie représentative; nous l'a- TOUS, grâce à la généreuse race de nos rois légitimes* Gar-
POLélfIQU&
dena pnécieusenieBt ee don loapivéciaUe de nas d||MS souverams : loin de chercher à entraver les ioslitatiflM qu'ils nous ont octroyées, loin d'en redouter les sfiets, &vorisons te développement de ces institutions, pramilguons les lois qui doivent en compléter l'édifice. Qos «i édifice, nous l'avons déjà dit, ait la religion à sa bsae, h couronne à son sommet , et la liberté entre hi religion et h couronne, alors nous pourrons, oooune l'Angleterre, éehipper à rmOneace de ce monde républicain qu'une pofitiqu sans prudence a laissé créer devant nous. JouiMoos àm U Hionarelite représentative de toutes les libertés rÛQSr nables que pournut nous oOrir un systèoie populsiie; d nos mcsurs , noire caractère, nos habitudes, donneraDt h préférence à un ordre de choees qui nous assurera la pn» périte de Tavenfar, sans nous isoler de notre gloire hiAh rique, sans briser la chaîne des traditkma, sans nous léys* rer du passé.
Mais qu'on abandonne promptement la route -que fos suit ; qu'on ne s'endorme pas ; qu'on ne vienne pas le i» surer par l'horreur qu'inspirent les crimes de 1793! li révolution, qui est partout, n'a plus cette couleur d^ frayante : son masque aujourd'hui est riant , et elle siTetts l'air de U monarchie. Si Ton regardoit comme enneoii ceux qui nous dénoncent sa présence, nous pourrions h trouver un naatin assise tranquillement dans te pabis w on l'auroit laissée pénétrer.
Enfin, que notre roi bieu-aimé touche nos niain,el guérisse nos plaies avec ce sceptre bienfaisant à qui h France doit toutes ses libertés , depuis Louis le Gros yasr qu'à Cbarlea X. La légitimité et la mooarchte coastitvtionnelie, voilà nos trésors : qu'ils ne soient pas dissipéi par des mains qui n'en connoissent pas U valeur.
Paris, le 8 novembre im.
Encore une irévê duroil
Paix aujourd'hui aux ministres!
Gloire, honneur, lougue félicité et longue vieà Cii»' les X!
On voudroit bien nous faire passer à ses yeux pour da mécréants, des gens suspecte, des loups d^oiséi es bergers, des alliés secreU des jacobins, des demi-révolatioB' naires : on a beau faire, on n'y parviendra pas. Notre prhice connolt par le cœur sea amis et ses ennemis : il oobs a vu dans son armée, il nous a rencontré à Gaod; il doii rencontreroit demain pour lui sur la brèche, s'il y SToil assaut à repousser. Nous avons encore dans les veims quelques vieux restes d'un sang fraternel qui a coulé u pied du trône. On peut nous enlever te faveur, mais il n'est au pouvoir de personne de nous ravir la faiesTsi* lance interieure et l'estime de notre roi : voilà ledéseâ^oir de nos ennemis.
Mais nous sommes dans l'oppositten , c'est noos qui divisons tout; sans nous, U n'y auroit qu'une seule opiaioa parmi les royalistes. Qu'on nous donne tous kssjoorsos texte comme celui de la Saint-Charles , et l'on verra ai ttws disputons quelque chose.
Que pourroiton dire de notre roi ? Parleroit-oo de Hm»neur? il en est le modèle; de la honte? celte vertu semUe avoir éte inventée pour lui; de la vérite? elle st retrooveroit dans sa bouche si elle étoit perdue sur la leiTe;de rhumanite?quel est le malheureux qu'il n'ait pas seceoni? de la géoérosite politique? il a aboli U censure et jorèh Charte.
C'est à nous surtout, vieux compagnon d'exil de notre monarque, qu'il faut demander l'histoire de Charles X.
Vous autres François, qui n'avez point été foités « quitter votre patrie; vous qui n'avoB reçu toi iWgj à» plm que pour voua soustraire au despolisM îMP^
POLÉMIQUE
•I ao JoQg de félftn^ar» hebiUiiU da UpaBdeetbomie Tille y TOUS D'aTez vu que le prince heureux : quand voua iaa% presiiez autour de lui, le 12 d'avril lau ; quand vous toucliies, en pleurant d*altendrt8sen)ent, dea mains saçréea et libératrices; quand vous retrouviez sur un front ennobli par Tàge et le malheur toutes les grAces de la jeu- Bcsse, oomme on voit la beauté h travers un voile, vous B*aperoeviez que la vertu triomphante, et vous conduiaiez le fils des rois à la couche royale de ses pères.
Mais nous, nous Tavons vu dormir sur la terre , oomme nous sans asile, comme nous proscrit et dépouillé. Hé bien! cette bonté qui vous charme étoit la même; il porloit le malheur comme il porte aqjourd^hui la couronne, aans trouver le fardeau trop pesant, avec cette bénignité clirétîeone qui tempéroit i'éclst de son infortune, comme elle adoucit celui de sa prospérité.
La Saint-Charles succède à la Saint-Louis. Soi^ quelque nom que Ton cherclie nos rois , on rencontre toujours de grands et dHlIustres princes : Charlemagne , Charies V le Sage, Charles VU le Victorieux , Charles VlUleOourlois, nous amènent à Charles X le Loyal , le Bon, le Che- Talîer, et , pour tout dire , le Chrétien. Notre auguste sou* l«nin est pour noua la source des plus toocbanls souvenirs eomoM des plus douces espérances; d'une maUi il nous présente le passé , de Tautre , l'avenir : on ne peut contempler ee pieux monarque sans se rappeler la religion de Loola XVI son Iràre, la sagesse de Louis XVUI son autre fffère, la gloira du Dauphin son fils, et la vertu de la Daupbine sa fille adoptive. A Fombre de son soeptre croit aussi, pièa de sa noble et courageuse mère, cet autre njelon é*une tige, hélas! si promplement C4mpée.
On peut considérer la Samt-Oharlea de cette année conune la première célébrée en France depuis Tavénement du roi au trtoe. L'année dernière, le roi ne permit pas qiie Ton inteiromplt son deuil. Nous-mêmes nous n'aurions pu nous défendre de quelque tristesse. La mémoire du vénérable auteur de la Charte vivra à jamais dans la reconr nnistanff nationale ; mais les bénédictions que noua donnons aujourd'hui à cette mémoire peuvent s'allier avec les téiP'MgFifif^ de notre amour pour notre nouveau souvemin. Les pompes de Reims ont succédé à celles de Saint* penja ; les nyôuissanoes du sacre se prolongent dans celles de la Saint-Cliarles.
Si la voix populaire appelle Cliarles X Charles le Loyal, le Bon , le Chevalier, le Chrétien, elle pourroit l'appeler nussi Cliarles le Bien^Reçu , car c'est un des caractères imrticuliers du roi que de faire éclater des transports d'al- Wfppesse sur son passage. 11 arrive en France : quel jour q«e eelui de son entrée dans Paris ! 11 monte au pouvoir •uprème : quelles acclamations au Champ de Mars, lors* qu'il y parut moins brillant encore de sa couronne non* Telle que d'une liberté qu'il venoit de rendre à son peuple 1 Aujourd'hui offrons au ciel les vceux les plus ardents pour l'entant de saint Louis, pour l'héritier de Henri IV.
Souvenons*nous que nous devons la fin de tous nos malhenii au retour de nos princes légitimes ; souvenons-nous que nous devons tout, en France, à la race antique de 90S rois; ces rois nés , pour ainsi dire, avant la nation, en ont été comme les pères; ils l'ont protégée dans son berceau ; ils l'nnt plusieurs fois délivrée des armes étrangères; ils l'ont formée à la guerre, aux arts, aux lettres, à in politique, k \a liberté ; ils en ont été tout à la fois les législateurs et les capitaines, et ils l'ont amenée par la main , è travers une longue suite de siècles , à cette grandeur immortelle où elle est parvenue de nos jours. Prolecteurs des talents, ils ont fait naître autour d'eux les grands hommes : Buonaparte lui-noème fut nourri dans une éoole royale, comme si sa gloire devoit être encore un fruit de la couronne.
Les bienfaits de Charles X s'accroissent de tous les
hienf^ts dont noos ont comblés ses àieax : la Iftte d'un roi très-chrétien est pour les François la fête de la recon* noissance. Livrons-nous donc aux transports de gratitude qu'elle doit nous in&pirerj Ne laissons pénétrer dans notre àme rien qui puisse un moment rendre notre joie moins
pure! Malheur aux hommes qui ont ! Nous allions
violer la trêve ! Vive le roi !
Parts , le 7 décembre IS25.
Les deux lettres qu'on va lire, l'une d'un Grec de Napoli de Remanie, l'autre du brave Canaris à son jeune fils, confié aux soins du comité grec, donneront k nos lecteurs une idée des sentiments qui animent aujourd'hui les malheureux Hellènes. Nous ne connoissons rien d'aussi touchant et d'aus&i héroïque; et si quelque chose de funeste et d'extraordinaire n'aveugloit, dans ce moment, la politique eùropéeime, rien ne seroit plus propre è lui fairo prendre un parti plus prudent et plus généreux.
La postérité pourra-t-elle jamais croire que le monde chrétien à l'époque de sa plus grande civilisation , a laissé des vaisseaux sous pavillon chrétien transporter des hordes de mahométans des ports de l'Afrique à ceux de l'Europe, pour égorger des chrétiens? Une flotte de plus de peut navires , nolisée par de prétendus disciples de l'Évangile, vient de traverser la Méditerranée, amenant è Ibrahim les disciples du Coran , qui vont aciiever de lavager la Moiée. Nos pères, que nous appelons barbares; saint Louis, quand il alloit chercher les infidèles jusque dans leurs foyers, prôtoient-ils leurs galères aux Alaures pour envahir de nouveau l'Espagne?
L'Europe y songe-t-elle bien? On enseigne aux Turcs à se batti-e régulièrement; les Turcs, sous un gouvernement despotique , peuvent armer toute la population. SI cette population armée se forme en bataillons , s'accoutume à la manœuvre, obéit à ses chefs; si elle a de l'artillerie bien servie ; en un mot, si elle apprend la tactique européenne, on aura rendu possible une nouvelle invasion des Barbares, à laquelle on ne croyoit plus. Cette remarque a déjà été consignée dans une brochure pleine de faits, de talent et de raison, par M. Benjamin Constant. Qu'on se souvienne, si l'expérience et l'histoiro servent aujourd'hui à quelque chose, qu'on se souvienne que les Maliomet et les Soliman n'obtinrent leurs premiers succès que parce que l'art militaire étoit , à l'époque où ils parurent, plus avancé chez les Turcs que chez les chréliens.
Non-seulement on fait l'éducation des soldats de la secte la plus fanatique et la plus absurde qui ait jamais pesé sur la race Immaine, mais on les approche de nous. C'est nous , ce sont les chrétiens qui prêtent des barques aux Arabes et aux nègres d'Aby&sinie, pour envahir la clirétienté , comme les derniers empereurs romains transportèrent les Goths des rives du uianube dans le cceur même de l'empire.
C'est en Morée , à la porte de l'Italie et de la France, que l'on établit ce camp d'mstruclion et de manœuvres ; c'est contre des adorateurs de la Croix qu'on leur livre, que lea conscrits du turban vont apprendre à faire l'exercice h feu. Établie sur les ruines de la Grèce antique et sur les cadavres de la Grèce chrétienne, de ce poste avancé, U barbarie enrégimentée menacera la civilisation. On verra ce que sera la Morée lorsque, appuyée sur les Turcs de l'Albanie, de l'Épire et de la Macédoine, elle sera devenue, selon l'expression énergique du Grec, une nouvelle régence barbaresque. ( Voyez la lettre ci-après.) Les Turcs sont braves , et ils ont derrière eux , sur le champ de ba* taille , le paradis de Mahomet. Dieu nous préserve de l'esclavage en guêtres et en uniforme, et de la fatalité disciplinée.
POLÉMIQUE
El cette nouTelle régence berbaresqne, n*en prenonsnous pas un soin tout particulier? Nous lui laissons bâtir des vaisseaux à Marseille; on assure même (ce que nous ne voulons pas croire) qu*on lui cède, poor ses constructions, des bois de nos chantiers maritimes. D*im autre côté , elle achète aussi des vaisseaux à Londres : elle aura des bateaux à vapeur, des canons à vapeur, et le reste. Les Turcs ont conservé toute la vigueur de leur férocité native ; on y i^outera toute la science de l'art perfectionné de b guerre. Yit-on jamais une combinaison de choses plus formidable et plus menaçante?
Sait-on bien ce que c'est, pour les Osmanlis, que le droit de conquête, et de conquête sur un peuple qu'ils regardent comme des esclaves révollés? Ce droit, c'est le massacre des vieillards et des hommes en état de porter les armes , l'esclavage des femmes, la prostitution des enfants, suivie de la circoncisiou forcée, et de la prise du turban. C'est ainsi que Candie , l'Albanie et la Bosnie , de chrétiennes qu'elles étoient , sont devenues mahométanes. Un véritable dirétien peut-il fixer les yeux sans frémir sur ce résultat de l'asservissement de la Grèce ? Ce nom même , qu'on ne peut prononcer sans respect et sans attendrissement, n'iyoute-t-ll pas quelque chose de plus douloureux 4 hi catastrophe qui menace celte terre de la gloire et des souvenirs? Qu'hoit désormais cherdier le voyageur dans les débris d'Athènes ? Les retrou veroit-il , ces débris ? et s'il les retrouvoit, quelle aflieuse civilisation retraceroientils k ses yeux? Du moins le janissaire indiscipliné, enfoncé dans son imbécile barbarie , vous laissoit en paix , pour quelques sequins, pleurer sur tant de monuments détruits ; le spahi discipliné, ou le Grec musulman , vous présentera sa consigne et sa baïonnette.
La cour de Rome , dans les circonstances actuelles , s'est montrée humaine et compatissante; cependant nous osons le dire , si elle a connu ses devoirs , elle n'a pas assez senti sa force. Qu'il eût été touchant de voir le père des fidèles réveiller les princes chrétiens, les appeler au secours de l'humanité, se déclarer lui-même, comme Eugène UT, comme Pie II , le chef d'une croisade pour le moins aussi sainte que les premières ! Il auroit pu dire aux chrétiens de nos jours ce qu'Urbain n disoit aux premiers croisés (nous nous servons de l'éloquente traduction de M. Michaud, dans son excellente Histoire des croisades.)
« L'impiété victorieuse a répandu ses ténèbres sur les « plus riches contrées de l'Asie; Antioche, Éphèse, Nicée, n sont devenues musulmanes; les hordes barbares des « Turcs ont planté leurs étendards aux rives de l'Helles- « pont , d'où elles menacent tous les pays chrétiens. Quelle « nation , quel royaume pourroit leur fermer les portes de « rck^dent? .... Quelle voix humaine pourra jamais « raconter les persécutions et les tourments que souffrent « les chrétiens? La rage impie des Sarrasins n'a point res- « pecté les vierges chrétiennes; ils ont chargé de fers les « mains des infirmes et des vieillards; des enfants, arra- « chés aux embrassements maternels , oublient mainle-
ft nant , chez les Barbares , le nom du Dieu véritable
« Malheur à nous , mes enfants et mes frères , qui avons « vécu dans les jours de cjilamités ! Sommes-nous donc « venus dans ce siècle pour voir la désolation de la chré- « tienté , et pour rester en paix lorsqu'elle est livrée entre
« les mains de ses oppresseurs? Guerriers qui m'écou-
« tez , vous qui cherchez sans cesse de vains prétextes de « guerre , réjouissez- vous , car voici une guerre légitime ! » Que de cœurs un pareil langage, une pareille politique, n'auroient-Us pas ramenés à la religion !
Elle eût surtout formé un contraste frappant , cette politique , avec celle que l'on suit ailleurs : on refuse tout secours aux Grecs , qu'on affecte de regarder comme des rebelles, des républicains, des jacobins, des révolutionnaires ; lord Cochrane a pu faire ce qu'il a voulu en Amé-
rique, et on loi 6te les moyens d'agir en foveor.deb Grèce.
Jamais, non jamais , nous ne craignons pas de le dédarer, politique plus hideuse, plus misérable, plus dangereuse par ses résulUts, n'a affligé le monde. Quand oo voit des chrétiens aimer mieux discipliner des bordes mahométanes que de permettre à une nation du^tiemw de prendre (même sous des formes monarchiques) son rang dans le monde civilisé, on est saisi d'une sorte d'honear et de dégoût. Mais qu'on ne s'y trompe pas : on laisse les Turcs égorger les Grecs, quand une seule dépédie diplomatique suffiroit pour leur délivrance. Hé bien! ce ss^ chrétien retombera t6t ou tard sur la chrétienté. Que la France particulièrement y réfléchisse : elle a laissé partager la Pologne , qui servoit de barrière aux peuples da Nord , et les Cosaques ont campé dans la cour du Louvre!
(Traduite du grec,) « NaupUe (IfapoU de Romanie), le 24 août [5 sept.] im.
«Mon cher ami,
« J'ai reçu votre lettre do 35 mal passé dans un moawnt « d'embarras. C'étoit l'arrivée du fils du pacha d'ÉgvpIs « avec douze mille soldats bien aguerris et bien disaptiaéi, « commandés par des offiders habiles , que la bosse dvi* « lisation européenne a fournis au sectateur de Mabooiel « pour coloniser la Grèce par des en&nU noirs de l'Afri- « que et de l'Arabie , et qui profitant de quelques ditooi- « tances intérieures de la Morée, s'est avancé jusqa'aox « portes de Nauplie; car il est devenu sensible au poinl « d'honneur, et il a dû tenir sa parole, donnée à on certain « commandant, de venir le saluer an golfe de FAr^ilide. <« Le preux chevalier s'est trouvé présent au poi4e fiié. « Vous concevez donc que Je ne pouvois voos répondre « alors, et je devois attendre des jours plus sereins. Le ps* « clui s'est retiré, après s'être donné le plaisir de brticr « Argos. Depuis lors nos affaires ont commencé à pnvpé- « rer un peu : on a renfermé le padia dans le piateaa de « Tripolitza, et nos guérillas se forment chaque jour davasn tage à l'art d'attaquer un ennemi disdpKnf. Dans le eoa- « tinent de la Grèce , on est parvenu à resserrer ïtatoà « bien plus nombreux, mais moins discipliné, dans den « points, celui de Salone et cdui de Missokngbi, où soi N braves luttent à présent corps à corpe avec des fîiroestri- « pies. La flottille grecque n'a eu qu'à se présenter pav « faire fuir ignominieusement celle du sultan. En Candie, « on a surpris l'importante forteresse de Graevonsa, et « l'insurrection s'y propage; de manière que le padn dt* " Sypte , au lieu d'acquérir le Péloponèse , va padrepeil^ « être l'importante Ile de Candie. Vous voyez donc queb bs- « lance penche en notre faveur; mais l'ennemi nous menace « de ses grands renforts qu'il attend , soit d'Egypte, soit « de la Haute-Albanie et de la Macédoine , et il se moatre " cette année et plus systématique et plus persévérant; « et, ce qui est plus étonnant, il s'appuie sur des iogé- j R nieurs et des militaires européens. La marine marchande « européenne nous est tout à fait hostile : c'est dleqni x transporte les troupes de l'ennemi , et qui loi fournit des « vivres et des munitions. La fleur des matdols oiatMnié- \ « tans est composée de chrétiens. Je ne vous parie pointdes « cabales et des intrigues étrangères qui ne noos laissent « pas un moment tranquilles, et cependant noos ferons R face k tous ces ennemis, soit mahométans, soit chrétiens « soit blancs , suit noirs. Nous nous flattons qn'à la fis n nous triompherons, et que, malgré la politiqoecradte « qui veut en Grèce une nouvelle régence bar6ares(piff « nous lui épargnerons cette honte étemelle. H est vrai « que cela nous coûte extrêmement cher, et la Grèce est « dévutée en tous sens. H ne nous reste à préseol ptsai^
POLÉMIQDE.
• TtDe.etDM plutatioMioolaUiuéM. Hais nous Toaknt . an littrt* «t dirtUcfw, ou aulreawnt Dont eeueroni
• d'nUter. Voo* me piriêi, du» Totre ktbt, de paraiti mtlAepnfrièUêt Bonde ta Grtceturmée, nu Crée
■ nepeutpttuneupouitUri etjt regarde ma partnU
■ ammt vmU. J« m pâte mùne oorreqHMdre m« eax.
■ Lti Tuks ont pli» le pirU de naboaiéUiitoer lont k
■ pty* MMMlevdMiiÉiiliOB;>t,duu h* dicootUaco
■ MliMUet, Je H poil mêoM pentn ux mojrcoi de Uce
■ fcbipptf me* pirenU de mon p«r>.
• VoUàoAiMMu «B MMunea rédaiu. Qne le bon Dieu mni-
• lUue ceux qol ont tenl oontriboé k DM melbeiirt I ■
[Tradvitingrec.) De Rt^oU di IlMMale, ï tepbnlm last.
■ Mon CHti ■nriKT, ■ Aoeim dee Grec* n'a eo le inttiK boqbeur qoe ttrf , ce-
■ lai d'eue cbolel par U aociété biearalMtile (le comllë
■ pttc t^uçoU ) qui a'InUreue à nous pour appraidre lei
■ deiolnderiwmme.Moiiel'ai fait nal Ire, niais c«s per-
■ HDiieiTecoiiimaDdaJidestcdaDiieroiil une éducation qai
■ itnd TériUbhiueat bomme. Sois bien docile auicoiuells
• de ce* Boureu» p^w, il lu Teu& bùre la ctHiaolatioo det
■ dmien momenU de celui qui t'a donné le jour.
• Ton père, C. Citniait. ■ Ce bOIel de l'iUnttre Canaris est adresié k cet enluit pleta d'esprit et d'iutelligeaee que l'on a vu k la aeconde nprtsentalioo de Uonidat, dans la loge de Mr le due dXirtéaiis,M quia été applaudi avec entbonsiasme par tNlttoMlle.
Parla, le 1
L'tatéa npin'; le rajon de Joie qui riToil «dairée an IbhmM da «acre s'est promptomeot évanoui : tons les PiMifol*, les yens attachés sur la couronne, atleodenl que ce ptam, qui M les 4ara Jamais , brille de nonvean pour ks tant aa mUiea des écueils.
S) ce a'éUit telle e^érance , 00 ponrroil être juslaiienl •Israsé de Toir l'année nouvelle s'ouvrir nus le* auspices les mota bTonUes. Les choses se Gonpliqaent de manitee qu'a derieat presque Impossible de voir t qudques pas devant SOL
Dans les cboDOsUnees dUaales, lorsqu'un Eut a été conduit bsbilemenl à l'extérieur et k rintérienr, que tout ert prospérité dans les flnance* et ank» dans ks esprits , qse l'opinioa générale est prononcée en bveur d« l'admi- ■istntion p^iqne, que des bomme* d'un talent lucoatestable sont k la t«e des aflUres, ou attend sans crainte ce q»e ravenk- peut amener. Hait quand le crédil public s été altéré dansas source; quand des lois funestes ont méeoutenlé les diverses classes dedtojensiquandrbcapadlé desinkiistnB est telle que ce* ministres ntéotes «e la reprochent mutuellement, qu'elle eatavonée'de leurs propres créatures ; quand ces ministres sont devenus impopulaires ■d potail de glter toutes le* mesures o<i on leur su ppose nue Inflaenee ; quand il* reçoivent des let<His k la tiarre des tribunaux, et quand l'improbationpubiiqus les poursuit juiqoe sur les théltree, alors on ne peut s'empécber d'être alsnoé des chances qui sembleot meoscer le lepos de l's- Wnir.
H. le mtetsM des Bnanees denundoit dnq ans de paix pour accompUr ses booleversenieiils; et dsns l'espace de mohu d'un SD les deux plus grands événements politiques qid pouvoientarriverdans les deux mondes ont eu iieu: les nauvdies républiques américaines ont élé reconnues par l'Angleterre, et l'empereur Akxandre esl mort.
Quelle est la politique du ministère ? que pcose-t-U de tes denx grands événements 7
<M*TUQUUinf. — toac n,
Pour l'Amérique, que veut-il ^reconnoltre les républiques nouvelles?
Pourquoi n'a-t4l pas essayé de les transfonner en monarcliies consliluUonnelles, sous des princes de Is maison de Bourbon ; U hit un momoit ob la cJioae était posdl^ : le Mexique même l'avoil oITerL Le principe monsrcliique en Europe eût été sauvé. La France , avec ses liaison* cootiDentales , peut-elle aujourd'hui reconnoltre frandiemeat les républiques nouvelles de FAmérique P Le peut-elle tandis que nous occupons utcore militairement la Péninsule au delà de* Pjrénées, et que des Bourbons régnent sur les trdoes de France et d'Espagne 7 On devine bien ce qne le ministère voudroit, et ce qu'il n'ose faire ; le penchant de SI politique est comiutlu par le Ecntimenl de sa (biblesse. Notre position k l'égard de l'Amérique espagnole est la pire de toutes; car nous ne sommes ni amis ni ennemis : nous svons tous les inconrënienls qui résultent des den^partis, et nous attironi sur nous cette déconsidération de l'étisnger, si fhtale k l'honnenr et k la prospérité deaÉUU.
En Eurt^ , comment «ommss-mas placés pour attendre Its résultats de U mort d'Alexandre? Elle ne produira Bucan événement. Dieu le veuillel Et si pourtant elle altoitdévek^^ter une politique nouvelle, que ferions-nous? Nous verrions sans doute le cabinet de Saini-James, moins con> fiant que dos ministres , augmenter les forces de terre e( de mer de l'Angleterre àsai la Méditerranée ; et nons, songeons-nous k mettre notre armée sur un pied respectable F Une partie de celte armée est au delà des monts; et si nous relirons nos troupes , que deviendra l'Eq>agne ? Kos places frontières SMil-elles rt^rées, approvisionnées ? Avons-nous un matériel de guerre suHisaoi ? L'argent, où le prendrionsnous? Dsns un nouvel emprunt? Mais, après les funeste* résultat* du s;stËmede H. le président du conseil, kqoel taux le ferions-naus , cet emprunt , et quelle seroit la garantie des préleurs? La caisse d'amortissement? Mais la caisse d'auMirtissemenl n'esl-elle pas livrée au 3 pour cent de la c<Hiversion , tandis que la dette nationale, qne les vieni S pour cent en sont privés], el que les 3 pour cent de l'indenmité périssent? SI dans ce moment même les Grecs ne aanl pas exterminés , tes anaires d'Orient ouvriront une immense carrière k la politique. Auroos-noua l'Iiumilistion d'être les spectateurs impuissants d'une lutte oh nous aurions dO être le* premiers ei^igés ?
It faut gémir sur le sort de la France! Quels ministres sont chargés de la condubv k travers tant de péril» I quels bonunes pour se mesurer k la hauteur des choses qui *'arooneellant autour de nous! Cro;es-vousqu'ils songent enfioà s'en éloigner, dans la crainte d'en être écrasés? Loin delk : s'ils cioyoloit les choses aussi Imporlantes, sussi mensfanles qu'elles le »ont, ils les regarderoient comme une heureuse distraction k l'attention publique ; ilss'eufouiroient dans la grandeur des événemeuts , et s'j lïctrient si petits qu'iHi ne les verroit plus.
Hais ils n'Ni sont pas même U; ils n'<Hit pas même l'in*tlDct de la chose du moment, le sentiment de ce qui existe ; comprennent pas la position où nous sommes ; Us reposent dan» celle sécurité de l'iDcapacilé , qui se contemple dans son mérite et s'admire dans ses œuvres. Qu'ontils vu, qu'onl-ilspu voir dan» les républiques du Nouveau- Monde, dans la mort d'Alexandre? Des accidents naturels qui ne font rien k la France, qui ne valent pas la peine d'r penser. A quoi songoit-ils donc? A la session prochaine, comme ils songeoient il y a deux mois aux 3 pour cent. Alexandre est mort : peu imptnle- 11 est bien pins essentiel de savoir dans quel esprit ce député arrive du fond de son département ; il faut l'épier k ladescen te de sa voiture, le prévenir, apaiser son humeur par tous les moyens : rein lait, leminl$têfeestsauvé,et avec le ministère la France, l'Europe, le monde.
1 ils
POLÉMIQUE
Et c*est âu miliett det ténèbres de la politique extérieure que la session va s'ouvrir : que feront el que diront les ministres ? S'ils présentent des lois importantes , seront^lles votées? M le président du conseil auroit*il aujourd'hui le crédit de faire adopter un plan de finances quelconque « à moins que ce ne fût un plan qui le condamnât lui-même? Pourroit-il venir ai^urd'liui nou» pailer à la tribune de ses prévisions , de la certitude qu'il auroit du succès de ses opérations ? Chaque mot tombé de sa bouclie feroit rire ou pleurer.
Paris, le II Janvierl82e.
Il ne faut juger le dernier événement de Pétersbourg ni avec des passions ni avec des systèmes , mais avec la raison.
Voilà une insurrection militaire pour Constantin , dans la ville , dans le corps de troupes où on lui supposoit le moins de partisans. Ce n'est peut*étre qu'une écliauffourée qui n'aura aucune suite ; mais c'est peut-être aussi un mou* vement qui peut se répéter dans toute l'armée, sur tous les poiuts de l'empire , et particulièrement à Moscou , en Po> logne et en Bessarabie. Voilà deux mille soldats qui ont un dessein , qui t'exécutent avec ordre , et qui refusent de reconuullre et d'écouter leur empereur Nicolas ; des soldats qui se fi>rment en bataillon carré, qui tirent les premiers, et contre lesquels on est obligé d'employer le canon. Au régiment de Moscou viennent se réunir les leib , grenadiers, les marins de la garde et le peuple. Le général commandant de Saint-Pétersbourg est tué, deux autres généraux sont blessés. 11 est rare que dans une bataille sanglante on perde autant d'oniciers supérieurs; le tout finit par la déroute des insui-gés : deux cents houmies, nous dit-on, restent sur le ctiamp de bataille ; et l'on sait que les bulletins officiels ne comptent pas exactement les morts : on en croira ce qu'on voudra.
Cependant, après la victoire nous voyona les troupes fidèles obligées de bivouaquer autour du palais impérial pour le garder. Constantin , d'un autre côté, ne parolt pas avoir quitté Varso^ ie : pourquoi n'a-t-on encore de lui aucun manifeste pour blûmer et apaiser les troubles? Le grand duc Miclicl est arrivé à Pétersbourg le jour même où l'on proclamoit Nicolas empereur : ce n'est donc pas sur le message dont il pouvoil être porteur que la proclamation avoit eu lieu ? Que reofermoit le mani/ejtle de A'tco/as T' , pièce qui , très-remarquable selon l'Étoile , expose avec beaucoup de détail et de clarté Vhislorique delà renonciation de Constantin , et les actes qui la constatent y sont annexés en entier. 11 sembleroit pourtant que cette pièce n'a i^as paru assez claire à une partie du peuple et à un grand nombre de soldats , puisqu'ils ont pris les armes. lH>urquoi ne nous a*l-on pas donné hier, ou du moins ce matin, cette pièce.remcirçtio^/e?
Quelle sera pour l'Europe la conséquence de ce mouvement ? une inquiétude fort motivée pour l'avenir : on pourra craindre le retour de ces scènes violentes. La Russie , mêlée désormais au s>slème de l'Europe , ne sauroit être troublée sans que le monde s'en ressente. Qu'il arrive quelque autre accident dans d'autres États , et de cette complication d'événements naîtra une politique nouvelle dans laquelle on sera malgré soi entraîné. La France , avec une partie de son armée en Espagne, avec l'état de son matériel de guerre el hi dégradation de ses places frontières , avec sou crédit ébranlé et ses déplorables opérations de fiuances , avec le mécontentement général de l'opinion , avec l'ijnpopularité et l'inciipacité de ses ministres , est-elle dans une position à attendre les grands événements que Ton peut prévoir?
Espérons que l'union de la famille impériale de Rusie, que les vertus de ses princes étoufferont ces semences de discorde ; mais n'est- il pas probable ausài que le cabinet de
SainlrPétersboorg sera obligé desatisfiûreropmÎQQdupays? Une guerre religieuse et populaire, appelée par tous b vœux des Rosses , peut mettre fin , comme dans rtntieaae Rome, aux divisions intestines, et devenir le gage d'iof réconciliation complète. Les soldats, occupés ailleurs, d'iqront plus qu'à suivre avec joie l'empereur et les priaoa, qui marclieront à leur tête. La Russie a été trop Mgteon jouée à Constantlnople par une dooUe politique : le seatimentde son honneur comme de sa sûreté finira tùt ou tari par déterminer ses résolutions.
De ces considérations élevées, n'est-ce pas tropâeeceodre que de retomber à notre ministère? Que peose l-il df tout cela? Rien. Qui sait pourtant? Il voit peut-être dà raisons de sûreté pour lui dans les troubles extérieurs. Si les nations se battent au dehors , on nous dira que c'est le moment de rester tranquilles, le moment de faire le mort pour profiler de ces divisions; on nous dira que si foo marche vers l'Orient , ou si Ton s'agite à Varsovie , on ne viadra pas nous troubler chez nous. Nos grands ministre croient peut-être que la France , dans une monarchie représentative, avec un gouvernement public, peut s'anéantir au milieu des peuples , laisser, s*il y a lieu , partager 11 Grèce , et se tapir sous le portefeuille de M. le président di conseil. Us sont gens à rêver cela, à s'applaudir de la profosdeur de leur politique. Ils bravent pour leur compte lom les événements : ils n'ont pas besoin de se courber pour les éviter, leur petitesse leur permet de passer dessous ; nais du moins devroient-ils songer au trône, qui , plus éleri, peut se trouver exposé à la violence de la tempête.
En attendant, remercions nos rois de nous avoir dooaê ces institulions qui ne font pas dépendre lé sort de la oour ronne et celui des peuples du caprice d'une garde prétorienne; ces institutions qui établissent dans l'État nœ aatre force que la force des baïonnettes; ces institutions oà les intérêts publics, publiquement discutés, enseignât à tous leurs devoirs, el apprennent à chacun ses droits. Ce sont pourtant ces institutions , aussi utiles an trAoeqv) la nation elle-même, contre lesquelles des hommes an jugement conspirent : l'absolutisme leur semble le M d'œuvre de l'esprit humain , la censure, le port de ^ot Ils appellent de tous leurs rœux , ils faTorisent de tautis leurs intrigues , un ordre de choses qui mèneroit en pen è temps à hi pertede la mooarebie Intime.
Paris, le 10 juillet 1821
Nous avons exprimé nos regrets sur la manière dont If session a fini à la Chambre des pairs. Depuis douie ans la noble Chambre elle-même faiteuteudre les mém^s pUiales et les mêmes réclamations au wiei du budget. Il est dar de voter un milliard sans oser deu^ander les améliorttinas que l'on croiroit nécessaires , dans la crainte de ne plus trouver personne à la Chambre des députés» ou d'entraver le service public.
Nous avons déjà remarqué que M. le président du coa* seil a répondu dans les dernières séances de la Chaflil»? héréditaire comme il répond presque toujours, c'esl-à^iic qu'il n'a répondu à rien. Il est venu, à propos des afbires de la Grèce , lire une lettre de M . le contre-amiral de Rigny, qui disculpe les Françt>is d'avoir pris part à un m^gore ia* (àme : mais l'auteur de l'amendement adopté par la Chambre des pairs avoit-il accusé les François? n'avoitil pis dit, au contraire : « Je veux croire qu'aucun navirv Iran- « çois n'a taclié son pavillon bUmc dans ce daninable tra- « fie ; qu'aucun sujet des descendants du saint roi qui dmii- « rut à Tunis n'a eu là main dans ces abomioatioDS : ou^ « quel que soit le criminel, que je ne recherche point, w H crime certainement a élécomn^s. Or, il me serobtequii « est de notre devoir rigoureux de le tenir au moius iO>^ n le coup d'une menace. »
POLÉMIQUE
La ietlra explicative de l'ancien ministre des affaires étrangères , citée par M. de Rigny , aToit déjà été citée teitoellement par les journaux ministériels. Que disoit-elle » cette letlfe? Rien que de très-naturel : qu'il ne falloit pas prendre un pacha qui voyage paisiblement arec ses esclaves , on qui les envoie d'un port à Vautre sons un pavillon chrétien , pour un marchand qui vend de malheureux priaonniers de guerre , et qui fkit la traite des blancs. Il n'étoit pas question , dans l'amendement adopté , des canons qui ont foudroyé Missokmghi; M. le président dujoonseil a donc battu la campagne. Que ne répondolt-il plutôt h Tarlide des vaisseaux de guerre bâtis à Marseille pour le pacha d'Egypte, sons le prétexte d'une odieuse neutralité? Que ne s'attachoiMl à prouver que la caisse militaire d'Ibrahim n'a pas élé portée par un bfttiment françois d'Alexandrie en Mores, et qu'il dise si cet argent de moins pour la solde des troupes égyptiennes n'auroit pas pu changer le sort de la campagne?
La vérité est que M. le président du conseil a été vItcment blessé de Taroendement en faveur des Grecs , non par le c6té matériel qu'il affecte de défendre, mais par le calé politique. Il a très-bien senti que la Chambre des pairs , en se prononçant dans cette question , condamnoit la diplomatie du ministère , et donnoit le signal à Topinion européenne. En effet, la cIkmc est arrivée ainsi : c'est depuis le vole de la Chambre des pavs que l'enthousiasme ppur la Grèce a réveillé les princes chrétiens , et forcé les gouvernements à désavouer, du moins des lèvres, si ce n'est du cœur, une politique aussi misérable que barbare.
Rien de satisfaisant en réponse aux calculs de M. le comte Roy : quand un homme aussi habile que ce noble pair se croit obligé d'annonaer qu'il tait une partie des maux qu'il voit; quand le noble comte , qui s'est retiré de la caisse d'amortissement pour ne pas mentir à ses principes, garde un douloureux silence ; quand un noble teron AÎgnale les dangers de notre position extérieure , sans qu'on daigne s'expliquer sur cette position, on est obligé de con- . Tenir que l'on est conduit par cette espèce de despotisme de rincapacité entêtée qui , bravant les forces morales, se retranche dans le lait de son existence physique.
M. le président du conseil a parlé de ses ennemis : en Angleterre, un mmistre parle de ses adversaires ; car lorsqu'il a des ennemis , et des ennemis nombreux , il est un inconvénient pour le monarque, un obstacle au gouvernement, et il se retire. Mais quels sont donc les ennemis que M. le président du conseil veut signaler? Seroit-ce par hasard ses anciens amis? A-t-il r<yeté leur personne et renié leurs principes de manière a les obliger de s'éloigner de lui? Â-t-il porté les premiers coups, et ne feit-on que les lui rendre? S'est-il imaginé qu'il pouvoit changer d'opinion, rompre les liaisons les plus intimes, blesser l'amitié et l'honneur, frapper au hasard sur tous les royalistes , sans distinction de talents, de services , de position sociale; commettre des fautes de toutes les espèces, se contredire à toutes les phrases comme dans tous les faits? SVsl-îl imaginé qu'il pouvoit agir de la sorte, et que tout eela seroit trouvé bon, parfait, admirable?
H fut un temps où M. le président du conseil n'avoit à combattre que cette opposition naturelle qui éclaire le pou- Toir. L'immense majorité du public étoit pour lui; il trouvoit dans ses amis cette partie de popularité qui lui manque, et qui lui manquera toujours. Il vivoit en paix et en Joie sous le bouclier d'une opinion que lui apportoient des hommes qui disposent à tort ou à raison de cette opinion. Qu'il descende maintenant dans sa conscience; qu'il se demande quand et comment les divisions ont commencé ! depuis quelle époque les vieux serviteurs du roi et les amis des libertés publiques se sont à la fois retirés de lui I Qu'il dise si , depuis le jour de l'isolement volontaire où il 8*est placé , il a eu un seul moment de repos ! Il a conservé
le pouvoir; mais quel pouvoir! et h quel prix Ta-l-il acheté!
Avant la session , il se flattoit d'avoir la mijorité dans les Chambres; Il faisoit déclarer par ses journaux, dont il vient de parler lui-même avec tant de mépris , qu'il dédaignoit l'opinion extérieure ; que c'étoit à la tribune qu'il solderolt tous ses comptes ; que la majorité des votes dans les Chambres le dédommageroit des suffrages qu'il ne pouvoit obtenir à l'extérieur. Et il n'a rien payé à la tribune ; et il n'a point eu la majorité décisive sur laquelle il comptoit. Les lois principales n'ont pu passer : la loi sur les délits commis dans les échelles du Levant a été retirée , parce qu'un amendement généreux y avolt été introduit; la grande loi des successions a été perdue, et la cour des pairs n'a point étouffé le procès des marchés Ouvrard.
Voilà donc le ministère remis entre les mains de l'opinion publique, par l'opinion législative, plus nu, plusfoible, plus pitoyable qu'il ne l'étoit encore avant l'ouverture de la session.
Lorsqu'on jette les regards dans l'intérieur de la France , tout aiHige : querelles religieuses, division des royalistes, ingratitude et coiTuption érigées en système, malaise général , inquiétude des esprits, incertitude de l'avenir : au dehors, on cherche en vain des consolations. La noble nation de saint Louis tourne un regard attristé vers l'armure dont elle s'est dépouillée après tant de combats, et se demande commuât on n'a pu puiser dans la seule vue de ce trophée une politique digne de sa gloire.
Qui mène le monde aujoord*hui, en supposant que le monde n'aille pas tout seul? Ce n'est certainement pas la France. Depuis 1824 , nous nous sommes placés à la suite de l'Angleterre , sans tirer du moins de cette politique les avantages matériels qu'y trouvent nos orgueilleux patrons. Ainsi , quand on a vu la Grande-Bretagne proclamer de si. beaux princii>esde liberté au sujet des colonies espag tôles, et désavouer ces mêmes principes relativement à la Grèce, nos ministres , qui ne nous faisoient pas profiter du commerce des nouvelles républiques espagnoles, se sont montrés fièrement ennemis subalternes des Grecs. La home de leur vue ne leur permettoit pas de découvrir les motifs des contradictions britanniques.
Pourquoi dans la question de la Grèce , le cabinet de Sâmt- James favorisoit-il les idées du cabinet autrichien ? C'est que l'Angleterre ctcit alors dominée par son esprit d'opposition à la Russie. Mais pour nous , n'é(oitil pas absurde d'entrer dans cette politique? Nous devions être Grecs, non-seulement par humanité, par religion, par honneur, paf mille sentiments généreux ; mais nous devions l'être encore par tous les intérêts militaires et commerciaux de la France.
Vous verrez toujours l'Autriche et FAnglelerre, malgré la différence de leur politique de théorie , s'unir dans la politique pratique , par la raison qu'elles ne peuvent rien l'une contre l'autre, et que , rivales de la France et de la Russie, elles augmentent leur pouvoir par leur union. Cette seule observation prouve , pour quiconque a deux idées diplomatiques dans la tête , que notre alliance naturelle est ailleurs. La Prubse et la Russie nous sont unies par convenance ; nous pouvons entrer dans leur politique pratique sans admettre leurs théories politiques , comme l'Angleterre penche vers l'Autriche sans partager les haines anticonstitutionnelles, d'ailleurs très-récentes, du prince de Metternich.
Un ministère qui perd de vue, ou qui ignore la position dans laquelle les traités def8l4 et de 1815 ont laissé la France et les puissances alliées, devroit, s'il a quelque pudeur, renoncer aux affaires. La Russie s'est agrandie de presque toute la Pologne, de la Finlande, et des postes militaires aux revers du Caucase ; la Prusse vient jusqu'aux Bmites de notre sol; les Pays-Bas s'enferment dans une
POLÉMIQUE
cclutureile forterosse», et ces forteresM», bâties en p»rlie avec l'argent des alliés , sont des espècw de têle» de pont, d'ouvrages avancés que l'Europe a sur Paris, dont elle a apiiri» [e chemin; l'Aulriclie > englouti Veuise, et domine le reite de l'Italie ; l'Angleterre a gardé, dans la Méditerranée, Malte el les Iles Ioniennes; dans l'Océan, le cap de Bonne-Espérance et l'Ile de France : nulIreMe ùnai des iKirls de la Méditerranée et de« men de Flnde, cUe embrasse tout l'Orient.
Rentrée dans sea ancienoet limites, la France a perdu , avec Ms colonies , quelques-unea des idaces qui raisoienl sa sûreté : [dus de quarante-cinq lieues de ses rroutièrea sont totalement ouvertes à l'ennemi.
Et c'est dans une pareille positloD que nous ne aaTaos ui profiter des twnnea chances , ni choisir les alliances qui dlminueroient contre doui le nombre des chances Octiiuscs ! Favorables en tliéorie à la politique autrichienne, bvorâbles en pratique k la politique anglôise, nous faisons tout juste le contraire de ce qu'il Taudroit taire. Nous devrions mous rapproclter de l'Angleterre par nos tlkéoriea cooslitutionnellc8,el nous en éloigner par nosinléréLs malériels; ou bien , adoplaal un système complet, nous devrions !«■ cvnnoltre l'inUépendance des colonies cspagnolea , et , plus conséquentsque l'Angielerre, nous déclarer en même temps pour riodépendance de la Grèce.
Il est possible que la politique européenne soit au moment de clianger relativement aux Hellènes. Et nous , trèshumbles amis de nos voisins, nous qui ne voulons pas nous troubler I* Itte de tant de choses , nous fetoos comnw
Hainlenant il n'eat plus possible de dire que les Hellènes sont des révoltés, des révolutionnairta , ni même des républicains. L'assemblée nationale de la Grèce a décrété que legouvemeraentde la Gréceseroil une monarchie cons Ululionnelle. Nous convenous que cela est encore asseï tnalsonnant. Pourquoi cette assemblée n'a-t*lle pas voté un bon despotisme, bien coudilionué, avec l'accompagnemeni obligé de la censure , le droit d'appréliender au corps quiconque s'avise de penser ? Alors quelque légitimité chrétienne auroK consenti t remplacer la légitimité turque. Comme cela, les principes auroient été conservés dans toute leur pureté, el l'on auroil visité les ruined d'Athènes Boot la prulectioo des espions de police , tout aussi bien que sous la sauvegarde des eunuques noirs.
Quoi qu'il en soit, des ministres étrangers semblent avoir adopté ce projet de note collective et d'intervention commune, qui n'est pas d'eux, et qu'ils a voient d'abord déJaigaeuscment repoussé. Si les Grecs peuvent eucore lentr une campagne , il est possible qu'ils échappent i leur ruine ; alors nous ne serions pas étonnés de voir notre ministère déposer te turban pour la croix, se placer dans les bagages de l'opinion populaire triomphante, et se vanter à la cantine d'avoir remporté la victoire. Si l'Angleterre lurtout devient grecque, il sera grec, sans aïoh' l'bonnenr ou le prolil du salut de la Grèce.
Par le mouvement de celte grande politique des choses , qui écrase aujourd'hui la petite pditiqne des Itommes, Toici qu'un gouvemcment libre est sur lepointdeparoltre à Lisbonne. Nos miiiislres l'avoient-ils prévu? Hélasl qu'ont ils imagjné au delà des 3 pour cent P Dans cetlequestion.ilssuivoient encore l'Angleterre; mais ce serait une erreurdecroirequerAnglelerre ait pouBséà l'établissement des corlès en Portugal. Mous savons de science certaine que la Grande-Bretagne s'éloit toujours repentie d'avoir laissé s'établir un gouvernement constiluliunnelïLisbonner parce qu'elle trouva dans une représentation nationale de* obstsfleshses intérêts. Ce lurent les cortèsqui renvoyèrent leâAnglois.offlciersdans l'armée portugaise, qui détruisirent les prlvilégce que l'Angleterre s'étoit Ikit donner pour
Texportation des vins de PwtOietrimportalioodcsitwcbandije* ai^oises.
Le cabinet de SafaitJames ne se soocie dei chartes étagères qu'autant qu'elles bvorisenl se* mardiaads. M. C» ning, si longtemps ennemi de notre révolotion d ta radicaux de son ptjs, a cberelié la popularité indnilridi; ToilàlonL Sa poliliqM n'est point r«iiMiitiqiie;D a radtment déclaré h l'E^ogne qM rAagleKm n'aniliMii pris lei armes poar les Booibams, et Qatoatawâ'nidHBt hit arrêter les secoors qne l'on prépinril sur la TimIk pour les* Hell^tes. Pourvu que s«a pays aoit libte, il fen tout aussi bien setTir i la proapérité de l'Angielerre l'odavage des Dations que rindépendaDoe des baamiet.Uprt. Rre Bolivar au Grand Tuic; mais il asa contre leiGncs avec les mtrcbands de Londres, conme il sera pour les républiques espagnoles avec les muchands de LiverpooL Si ta fortune change et amène d'autres intMtt, il senpmr les Grecs et contre les républiques. Selon le csfacUrt ^ mouvement de la Colombie , il restera ce qu'il est aujead'hui, ou deviendra un antre iMmme.
Or, comme il erï plus aisé d'asservir nne petife am despotiqoe , 'et d'acbeler nn ministre favori , que de cv' rompre une assemblée nationale, la poliiiqoe de l'AngidoK ne a'opposoit point du tout t la poHttqae autricUeaaek Lisbonne depuis l'abolition des corlès. El voUà aassi poar quoi, par la raiaad opposée, la France hisolt bien, alSU, de hvoriser auprès du vieux roi , prince d'aitlenn trts.|inéreux , le rétablissement d'nn gouvemetnent oonstiiatio» nel. On peut donc regarder la ccostilotioo dont m piris pour le Portu^ comme le résultat des opinions persôul. îee de l'empereur du Brésil; notre mioistère, qnefAu^ terre n'aura pas prtvann, parce querAngleterreneMDiMail pi^t de cette conatilntlon , aura été tout aussi ébibi deli nouvelle qu'incapable d'en calculef le* suites. Cestidtes penrnit être iroowDses par rapport ï l'Espagne, si loutelM quelque Intrigue secrète ne parvient à entraver reiécotioa du noble dessein de don Pèdre.
Que conclure de tout ced f Que noDs n'occnpons, m pK la force des idées, ni par l'ascendant moral, ni par 11 pMsance des armes , le rang que nous sommes dntiaA ) occuper en Europe. Le ministère auroit fait l Ya^érita une France semblable à lui-même, cliétive, petite, bunûKIe, si la France ponvolt janAis perdre sa grandeur. Rat Ikwmes d'État , qui, daits l'intérieur de la France , nurcbudat sansboDle des proc^, et frappent sans pudeur des gat de bien , ferotent mieux de transposer leur politiipM : plb emplolenlan dehors leur argent et leur arroganc«,«lqs'ib •e soumettent en dedans à l'emph« de l'ofûnioa
Une chose les trompe : c'est cette prétendue biatTaDuci qu'ils CKdent rencontrer dans les cours, el dont ils lenfttenl à la tribune : ils ne voient pas que l'Europe est g» veroée aujourd'hui par des princes ou pardesmînistrciTd ont traversé la révolution, et qui tous veulent, plot «a moins, jouir en paix de* derniers jours de lédr exMoM; ils ne voient pas qne les Etats n'ont point encore lifii k désordre de leurs biances, etqu'ilneleurconvieot pw<rigi. De le , la politique k l'ordre du jour renfermée diu âut phrase, que répètent h l'envi tous tes cabinels : C"^' vont, avant loul, la paix en £tirope.'Uniiiini(IhtqiI dit fc son tour': • Ne remuons pas, ïcansedemeslp)*
■ cent, denu Bourse, de mon syndicat, de uua Me»
■ nité, et surtout à cause de ma place, -est un miaiiUn qui, dans toutes les dépêdies des cablâetsélraiigen,W lire au tant d'éloges que la France lui donne de lémàgay de son improhatioD.
Mais la nature s'arrf le-t-elle ? mais les idées rtstnlf*" slationnaires? mais les pcu^des se laiseotilsF miû k) bmière* sonteOes tout k coup étoufliiesP Km : ai Eerope, 1» Tieille* génénUoDS sont prêles h disparaître : Œ M*^ que, dw nations nouTelke se forment, et cette AnAifi
POLÉMIQUE
^ni a reça de noos des oonstiUitîoiis, noos les renvoie. Le nouTement est donné, et ne sera point suspendu; nous serons surpris , au milieu des divisions politiques et religieuses que le ministère a fait naître, par des révolutions qui seront les dernières de l'ancien oidre de choses. Ces révolutions arrivent, elles sont à notre porte. Puisque nous refusons de prendre pour pilotes le talent, la raison, le bon sens et Texpérience, il ne nous reste qu'à nous abandonner, les yeux fermés, à la tempête : nous n'avons pas Toulu condiiire les éTénements; nous serons conduits par
Paris, le 11 octobie I8M.
L'intérêt que nous portons à la cause de la Grèce nous «voit empédié jusqu'ici de parler des négociations eniamées par les cabinets. Nous savions très-bien que la voix de la raison conmiençoit à se faire entendre : aujourd'hui que des feuilles publiques ont laissé transpirer quelque chose de ce changement d'opinion, nous pouvons dire qu'en eflët le changement a lieu , mais qu'il est encore loin d'être arrivé à un résultat. Ce que l'on propose ou proposera estil acceptable par la Porte ou par les Grecs? Il n'y a , jusqu'à présent, de certahi , dans tout cela, que le triomphe de l'opinion des peuples. 11 est fâcheux pour les gouvernements de n'avoir pas pris l'initiative dans une pareille question.
On a traité de jacobins et de révolutionnaires les hommes qui ont élevé la voix en foveur de câ millions de clirétiens que les puissances chrétiennes laissolent égorger, et maintenant on adoptera les plans ou une partie des ^ans présentés par ces mêmes hommes ! On viendra essayer, peut-être trop tard , et avec des demi-mesures , ce qu'on aurait opéré facilement au commencement des troubles de la Grèce! On aura laissé massacrer des milliers d'Individus de tout flge et de tout sexe , dans le cher espoir du rétablissement de la tyrannie mahométane; et à présent qu'il est démontré qu'on peut dépeupler la Grèce , mais non la soumettre , on viendra humainement, chariiablemmi, ckréiiennement, tendre la main au reste des Ticlimes : on aurait désiré qu'elles restassent esclaves; elles ont la folie de préférer la liberté : qu'y faire?
Noos ayons dit dans un antre article que nos ministres éUÀeali gens à se vanter à la cantine d'un succès qui ne aeroit pas le leur : notre prédiction se vérifie. Vous verrez que le salut de la Grèce , si jamais la Grèce est sauv^ , sera sorti de leur génie. Admirez déjà les symptômes d'humanité : on a mis à la disposition d'un pnéfet quelque argent pour les familles fugitives jetées sur nos rivages. Si l'on eftt accordé aux Hellènes , pour se défendre , le secours qu'on ne peut guère leur refuser dans l'exil , le calcul eût été meUleur : fis ne seraient pas restés à la charge du'ou- Teroement ; Missolonghi eût été sauvé. Mais on aime mieux Jeter un morceau de pain à un Moraïte prascrit que de donner un mousquet à un Grec libre.
Quoi qu'il en puisse devenir des négociations entamées , soit que M. le président du conseil convertisse en 3 pour œnl la liberté de la Grèce comme celle de Saint-Domingue , d qu'Athènes paye une indemnité à Sa Hautesse ; soit que tout se réduise à des pourparlers sans résultats , les gens de bien qui , dans les diverses parties de l'Europe , ont plaidé une cause sainte au milieu de toutes les calomnies , ces gens de bien doivent se réjouir : si la chaîne de la Grèce est brisée , cette délivrant sera leur ouvrage. Ils trouveront, dans un succès dû à l'opinion qu'ils ont formée par leur persévérance , la récompense de leora efforts. Ne cessons jamais de réclamer les droits de la justice , ion même que nos intentions sont méconnues , lore même que la sottise, fhypocrisie, l'envie, affectent des craintes ou des airs dédaigneux. TOt ou tard la vérité triomphe , et ceux
qui lui fàisoient obstacle sont renversés par le mépris pa< bliCf ou emportés par le cours du temps.
Paris, le 20 octobre ists.
Nous nous sommes jusqu'ici abstenu de parler du ministre étranger qui , depuis un mois , habite Paris : son séjour se prolongeant , notre silence finiroit par paroltre de l'affectation ; force nous est donc de le rompre.
Nous ne voulons pas manquer aux convenances de Thospitalité, mais nous ne pouvons aussi partager l'espoir qui a valu à ce ministre la faveur d'une opinion qui pourrait , en dernier résultat, se trouver trompée. Nous ne voyons pas partout la|9ei:/!de Angleterre, mais aussi nous ne voyons pas partout l'Angleterre bienveillante, et marchant à la tête des libertés du monde. Nous pensons que toute sa bienveillance est dans son intérêt : aujourd'hui pour les colonies espagnoles , demain contre eUes , s'il y a lieu ; té* moin sa conduite envera la Grèce. Si on ne part de ce point, on sera déçu , et Ton regrettera de s'être précipité dans des éloges qu'il foudra rétracter.
Les journaux anglois nous mettent d'aillenra à l'aise pour la franchise ; ils disent ce qu'ils pensent des clioses et des individus de la France avec une liberté que nous imiterons, à la grossièreté près. Ils ouvrent leurs colonnes à des correspondances privées, que des journaux françois n'accepteroient jamais, si d'ailleurs les Anglois pou voient» comme nous , se calomnier les uns les autres dans des*gazettes étrangères.
Tout le monde connoit la vie publique de l'hâte célèbre qui est venu nous visiter, ses talents comme poète , comme écrivain , comme orateur et comme politique. Laissant le passé de cêté , nous dirons , quant au présent , qu'il y avoit, ce nous semble , pour l'Angleterre , autre chose à faire que ce que le ministère anglois a fait. Nous pensons qu'il pouvoit favoriser les libertés publiques dans l'Amérique espagnole , sans exposer en Europe les principes sur lesquels repose la triple monarchie d'Edouard le Saxon , de Guillaume le Normand et de Guillaume le Hollandois. Nous croyons qu'on pouvoit ouvrir des débouchés au commerce de la Grande-Bretagoe dans le Nouveau-Monde , sans amener la catastrophe industrielle dont TAngleterre a été et est encore victime ; nous croyons qu'on pouvoit réformer le système des douanes des trois royaumes sans être obligé de reculer comme on l'a déjà fait , et sans produire une diminution notable dans l'impôt : voir vite et voir loin sont deux choses. Qu'il renaisse en Angleterre des Burke, des Fox et des Shéridan , et nous pensons qu'une (elle opposition auroit bientêt trouvé le cêté foible du nouveau système.
Mais cela n'est pas notre affaire. Le public françois se contente de demander dans quel dessein le très-honorable ministre anglois est venu à Paris. Dans notre opinion, il n'est venu dans aucun dessein particulier : il regarde autour de lui , il profite de son voyage pour voir où nous en sommes dans ce pays, pour se faire une idée des partis et des opinions , de ce qu'il y a à craindre on à espérer de la France , pour étudier la capacité , les talents et le caractère des personnages en pouvoir. Sous tous ces rapporta, il doit être content. On lui dit tous les joure que nos hommes d'État resteront éternellement en place ; que peut-il désirer de mieux? Si c'est là notre secret, si le ministre d'une puissance peu amie emporte ce secret , le voilà certes bien à Taise , ce ministre , pour se conduire en Europe comme il voudra, sans s'embarrasser de la France.
Mais ne fait-on rien autre chose dans l'intérieur des cabinets ? Si l'on savoit à quoi se réduisent les mystères d« la diplomatie , on s'en soucieroit moins , et souvent on en riroit. On cause vraisemblablement, dans les rencontres fortuites ou préparées , da toutes sortes de choses ; beau-
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coup moins du Portugal qu'on ne le pense ; un peu plus dé l'Espagne , afin de ramener, si foire se pouYoit , à reconnottre l'indépendance de ses colonies , Tieux plan qui depuis trois ans traîne dans toutes les chancelleries de l'Europe. On parle peut-être davantage de la Russie , et surtout à cause des coups de canon qu'elle vient de tirer. Qui sait où porte on boulet lancé par une puissance qui compte une armée de sept cent mille hommes ? Peut-être , forcé par le cri des peuples , s'occupe-t-on de la pacification de la Grèce : c'est encore, peut-être , quelque vieux plan à*hoS' podarat, qui se changeroit selon l'occasion en protectorat On laisseroit la Russie occuper ( si la Turquie ne Ta pas déjà satisfaite ) la Yalachie et la Moldavie; l'Angleterre protégeroit la Grèce : et nous , nous écririons peut-être des dépêches pour offrir nos bons services à tout le monde, sans demander un village ou une obole. Verroil-on jamais rien de plus désintéressé, de plus bénin , de meilleur pour la sûreté de la France , s'il y avoit quelque vérité dans tous ces on dit?
Mais avons-nous besoin de quelque chose , et n'avonsnous pas nos 3 pour cent pour les présenter à nos amis et à nos ennemis ? En faut-il davantage à la gloire de M. le président du conseil et à la nôtre? Voyez monter ces 3 pour cent que Ton disoit frappés de réprobation : ils sont déjà, après un an de sueurs et de travaux , à 68; il ne reste plus que 7 à gagner pour arriver à 75 , hausse qui ne profiterbit pas aux pauvres premiers convertis qui se sont dépêchés de revendre dans la descente à 60. Mais n*esl-il pas certain que si, pendant quelques. années, on sacrifie encore la caisse d'amortissement aux 3 pour cent, et que le syndicat et les banquiers cosmopolites continuent à les remorquer, il faudra que ces 3 pour cent:, bon gré , mal gré , soient amortis , et que la dernière inscription de cette rente soit nécessairement achetée, à la volonté du vendeur, à 100 et au-dessus par la caisse d'amortissement.' Alors, qui pourra nier que les 3 pour cent se soient élevés par le crédit public au pair du 5 ? Oh ! la belle opération ! 80 millions sacrifiés pendant plusieurs années à l'amortissement de 20 millions de rentes en 3 pour cent ! Quel génie il a fallu pour enfanter cette œuvre financière !
Et le milliard des émigrés , que devieut-il.' Si l'on prenoit une moyenne proportionnelle entre les sommes rikclamées et les sommes à réclamer, les demandes pourroicnt s'élever de 12 à 1500 millions ; et l'on a tout juste un milliard à donner en principe.
Ce milliard en théorie, étant en 3 pour cent eapratique, et ces 3 pour cent de l'émigré ne se vendant pas au-dessus et peut-être se brocantant au-dessous de 60, le milliard se trouve réduit à 450 millions , sur lesquels il faut défalquer les fonds de réserve : somme totale, 400 ou 450 millions; et il faudrait peut-être, pour un acquittement tolérable, une somme d'un milliard 500 millions. Oh ! la belle opération ! quel succès ! quel génie !
Et l'indemnité de Saint-Domingue? 30 millions reçus sur 150 à recevoir, reste 120 millions que vraisemblablement on ne touchera pas si têt. Oh I la belle opération ! quel succès ! quel génie ! Tout cela ne fait rien à M. le président du conseil ; et s'il meurt jamais politiquement, il compte expirer sur un monceau de boules blanches» comme Vert- Vert sur un tas de dragées.
D'ailleurs, détracteurs que nous sommes, rivaux mordus du serpent de l'envie, ne devons-nous pas voir la prospérité dans la plus-value de l'impôt? qu'avons-nous à répondt-e?
Rien du tout, si c'est le ministère qui a fait la terre* l'air , l'eau et le soleil de la France ; si c'est lui qui a fait la Cliarte, où repose, dans les libertés publiques, un fonds de prospérité que l'on ne peut nous ravir ; si le filon de nos richesses naturelles et industrielles est abondant. Les impôts, qui grâce au temps ne nous manquent pas, exploi-
tent merveilleusement ce fikm : resta à savoir s'il est iiié< puisable. Voulez-vous qu'il y ait encore une plus grand» plus-value dans l'impôt , ajoutez une taxe à toutes cdki dont nous sommes écrasés, et vous aurez le plaisir de pt* blier à chaque trimestre la preuve de la prospérité de h France : ce jèu-là pourroit réussir quelques mois; wm après!
Voulez-vous savoir où en est la prospérité produite par les opérations du ministère? Supposez demain l'appaienee d'une guerre pour la France, et vous verrez oe que deviendra toute cette machhie financière, construite à si gjfmodi frais et si déplorableroent inventée ! Vos fonds tomberont, vos impôts diminueront, et il ne restera que le néant du système financier, où tout est illusion, fantasmagorie , et réelle misère.
La France est dans ce moment tranquille pour des re^ garda qui ne veuloit pas plonger au fond des choses, mais il n'y a pas deux hommes qui aillent ensemble; le Freace paye l'impôt, mais chaque jour la position des propriéteiics s'empirera ; la Franco est mâle et robuste , mais pourtant ses enfants si guerriers sont dégoûtés du serviee milita lie ; la France a encore des forteresses , mais elles citMiknt da toutes parts ; la France pourroit jouer on rôle imporlaat en Europe , mais elle suit la politique la moins propre aa sentiment de sa force.
Cette France , que des adulateurs à gages venleni Tok n paisible , est remplie des éléments de troubles que le orna» tère y a jetés; elle s'avance vers l'avenir le plus obecor et peut-être le plus orageux : mais elle dort en marchant, et la flatterie et la sottise prennent ce dangereux sommeil poer du repos. Les talents qui coosoloient noire belle pairie s'^ teignent tour à tour; quelque chose d'étroit nous élirafie : cet état est trop opposé au tempérament de la Fnooe pour qu il dure longtemps.
Aussi sommes-nous à l'apogée de cette prospérité térielle , objet de l'admiration des valets du pouvoir : prospérité ne peut plus que descendre. Les éiertione droot dans deux ou trois ans ; et quand elles ne pas, nous vieillissons : le temps où nous devons dlsperoltrB est proche. Si nous étions jeunes, nous pourrions dire : a Allons toujours comme cela une vingtaine d'années, d n puis nous verrons. » Mais , dans deux ou trais ans , bobs serons arrivés aux jours de grâce, à ces jours où Ymt ne compte plus. iRien de oe qui nous succédera ne aoivra notre système : le monde appartiendra à destéDéraHens nouvelles.
Ministres, songez-y bien : si vous êtes encore en place ou sur la terre, vous répondrez alors de oe qœ voas aérez tait; vous répondrez de la désunion poUtiqoe que vws avez établie entre les serviteurs du roi , des divisàN» rèBgieuses conunencées sous votre administration , de la corruption que vous avez répandue, des ii^ustioes dont ce aura eu à se plaindre , et qui ont laissé au fond des cceois tant d'amertume ; de rindihérenoe, plus déplorable encore, que vous aurez fait naître sur des choses d'où dépend la vie de la France monarchique, et enfin du cbemiB qse vous aurez laissé faire aux idées répaMieaines. Songo-y bien , vous êtes arrivés trop tard au pouToir pour veos y perpétuer ; vousavez fiut un mal immense, cir le mal se ftit vite» et vous n'sTeznilefémem le lempe de le réparer.
Paris, ee S novembre lass.
deFoceapalini
On a beaucoup parlé , ces de Lisbonne par nos voisins insulairas. Si confirmoit, elle mériteroit de fixer l'atlenliott pobliqv.
On sait que le gouvernement oonsUtiitioBBel do Inertegai, sous le vieux roi, s'étolt débarrassé de la pietedîBB de U Grande-Bretagne , qu*ii aYoit renvoyé tons iei oiioan
POLÉMIQUE
ibglois servant dans les troupes portugaises , et aboli les privilèges commerciaux arrachés par un allié puissant à an peuple malheureux. Le parti anglois éloit nkluit à un très-petit nombre de hégoriants à Porto, à Lisbonne et à Coïmbre. Le paili François , au contraire , étoit devenu extrêmement populaire dans ces mêmes villes et dans les campagnes, grâce au dévouement et à Thabileté de M. Hyde de Neuville. Touf les corps de l'État et même le clergé indinoient vers la France. Il ne restoit donc plus qu*ànour- Eir ces sentiments nationaux , de telle sorte que les Anglois ne pussent arriver que de foret sur les rives du Tage , jamais du consentement et par l'autorité du gouveruement INMrtngais.
Arriver de force en Portugal n*étoit pas chose aisée pour Ja politique du cabinet de Saint-James. L'Europe est inquiète, et réquilibre continental est dérangé toutes les Ibis que les Anglois mettent le pied en terre ferme.
Mais arriver en Portugal à la réquisition des autorités de Lisbonne changerait Tétat de la question , et mettroit les Anglois fort à Taise. Ils nous diroient : « Mous occupons « le Portugal comme vous occupez TEspagne, comme « fAutriche occupe le royaume de Naples. Qu*avez-vous à « répondre? »
Rien du tout en vérité, sinon qu'une occupation angloise eHéctuée sous les yeux de Tannée françoise, tandis que nous avions tous les moyens politiques , moraux et miii- Jaires de prévenir cette occupation , seroit une chose sans exempte dans notre histoire, une chose aussi humiliante pour notre diplomatie que déplorable pour la France. • Quand un gouvernement prépare un mouvement militaire, il en avertit ordinairement les autres puissances , ce qoi donne lieu à un échange de notes. L'armée angloise autoii-elle reparu sur le continent ? Si cet événement , de la pJus sérieuse nature, a eu lieu , en avons-nous été préve- Dus ? M. Canning auroil-il fait entendre raison sur ce point à DOS ministres bénévoles? Il nous seroit impossible de le croire. Mais si nous n'avions été prévenus de rien, et si, par liasard , les Anglois étoient à Lisbonne, comment nous serions-nous ainsi laissé surprendre? Ici , on se trouverolt nécessairement placé entre la foiblesse et l'Incurie. . Site Portugal étoil occupé, le ministère françois seroit responsable en notre pays d'avoir laissé les Anglois aborder au continent, et d'autant plus responsable que nous avions une armée aux avant-postes.
Maid auroit-il donc fallu faire la guerre à l'Angleterre, pour l'empêcher de mettre garnison dans Lisbonne?
C'est déplacer la question : il falloit se conduire avec assez d*habileté à Lisbonne pour qu'on n'y désirât pas les troupes de la Grande-Bretagne , ou pour qu'on y préférât, en cas de besoin , notre protection à celle de l'Angleterre. Voyez un peu ce qui résulteroit pour la France de Toccupation du Portugal par les Anglois.
S'ilarrivoit , par une raison ou par une autre, que nous fussions obligés d'évacuer TEspagne, pourrions-nous le fmire tant que les Anglois tiendraient le Portugal? L'honneur françois ne pousserait-il pas un cri d'indignation si nos troupes sortoient de Barcelone , de Cadix , de Madrid , tandis que les troupes angloises resteroientà Lisbonne? car enfin ce n'est certainement pas pour remettre le Portugal au nombre des colonies angloises que M. le Dauphin a remporté ses généreuses victoires.
lymi autre côté , le cas de l'occupation de Lisbonne par les Angola échéant , pourriona-nous demeurer en Espagne arec une armée aussi foible qne celle que nous y avons aujoard'hui? la plus simple prévoyance ne nous obligeroitaile pas de renforcer nos garnisons , et mêmç de les porter aur la frontière de la Galice, de Zamora et de TEstramadure ? Mais si nous renforcions ces garnisons, les cours étrange* ree n'en prendroitDt«Ues pas ombrage? N'augmenterions- Beat pas en même temps les frais déjà si considérables de
notre occupation militaire ? Complication d'embarras de toutes parts.
Raisonnons maintenant da(is une autre hypothèse. Supposerons nous que les deux gouvernements françois et anglois se soient entendus, qu'ils se soient dit : n Nous oc- « cuperons respectivement le Portugal et TEspagne ; nous «évacuerons ces deux royaumes quand cela nous con- « viendra, d'un commun accord, ensemble, et le même a jour? >»
Qui seroit la dupe dans cette convention? Bien évident nient la France. L'Angleterre, déjà maîtresse au Brésil, doit désffer l'être encore en Portugal, où elle trou vera moyen de faire payer ses troupes, et de se dédommager de ses soins par des avantages commerciaux, r^ous , nous n'avons qu'à perdre à rester en Espagne.
Ainsi TAngleterre nous forcerolt , par une convention en apparence équitable; à évacuer TEspagne ou à rester, à sa volonté ?
A l'évacuer, en nous déclarant qu'elle va sortir du Portugal , peut-être au moment même où il nous conviendroit de demeurer en Espagne ;
A y rester, et nous notifiant qu*elle veut prolonger le séjour de ses troupes en Portugal.
Dans ce dernier cas, elle obtiendrolt un double avantage : elleafToibliroit notre armée sur nos frontières du nord, en retenant une partie de nos troupes en Espagne; et elle nous obligerait à continuer nos sacrifices d'argent : car, encore une fois, si les Anglois restoient à Lisbonne, il n'y auroit aucun moyen sûr et honorable pour nous d'évacuer TEspagne.
Bien d'autres inconvénients résulteroient de l'occupation du Portugal par TAngleterre. Le cabhiet de Sainl-Ja^ mes pourroit prendre sur le cabinet de Madrid , par ce voisinage, une influence que nous avons achetée assez cher pour désirer la conscn'er. Ce même voisinage pourroit susciter des troubles sur les frontières es|)agnoles ; ces troubles pourroient exiger la présence des troupes de George lY. Quel parti prendrions-nous alors? Laisserions-nous faire U police par des patrouilles angloises dans un pays où les soldats du roi de France veillent à la sûreté d*Un petit-fils de Louis XIV?
Nous espérons encore que les Anglois ne régnent pas à Lisbonne; nous espérons que , s'ils ont paru dans cette ville, ils n'auront agi fortuitement que pour rétablir Tordre , et qu'ils se seront bientôt retirés; nous espérons surtout que Ton s'empressera de donner à la France les éclaircissements qu'elle a droit d'attendre. Cette afTalre du Portugal est très-obscure ; on la glisse dans les feuilles ministérielles en passant comme une chose qui ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe, et pourtant elle est d'une importance majeure.
Xcs troupes angloises ont-elles de nouveau , oui ou non , débarqué sur le continent ? sont-elles, oui ou non , en Portugal?
Et qu'on ne vienne pas nous dire que quelques soldats de rharine ont seulement descendu de leur vaisseau. Un seul soldat anglois stationné sur les bords du Tage résout la question comme mille soldats : il n'y a pas loin , pour la marine angloise, de Corck ou de Gibraltar à Lisbonne.
Perdons notre argent au 3 pour cent , si telle est notre folie ; mais ne jouons jamais avec Thonneur de la France. Que malheureusement la nouvelle de l'occupation du Portugal par les Anglois se trouve vraie, et ce sera une preuve de plus de Timpuissance, de l'incapacité de ces ministres trop étrangers à la prospérité et à la gloire de leur patrie.
Paris, 00 18 octobre IMO.
La politique ministérielle a agi avec tant d'habileté , qu'elle a uni par rappeler sur le continent européen la pois-
680 POLËMIQDE.
WKX ai^tnu ; faute éDorme qui midu le M qnl ponroit faire, dans les Irail^s de Vienne et àt Paris, une eaptce de contre-poids aox préjudices causét h la France par ces traités 1 lïute que les puissances continentales ne ceMeroot déBomwis de repnicher à la déplorable adminislratiop qui déaole la France. Sana doute il ne faudrait pas Écouter cet pulsuucea dans tout ce qui pourroitTinireàlaUberlé OD k l'tioimeur de notre pays ; mais ce seroil une iniigne tiilie de nous cmire isolés sar le coutinenl, el de nous placer de sorte que U politique insulaire et la poDUque continmtale eussent Cernent i ae plaindre de nous : ne mai«hons ni demire M. Cannlng , ni derrière M. de Heltemich.
nous demandions «il étolt possible pour nous de rester ■Tee ai peu de force en Espagne , tandis que l'An^elerre va occuper le sol et les ports du Portugal avec ses troupes el ■es Tiisseaux. Cinq mille AngloisTonl d'abord descendre i Lisbonne; parmi ces troupes se trauvent des régtmoiU (le l'infanterie de la garde de George IV el de» corps de cavalerie , ce qui n'annonce pas le projet d'une tcciipation Blaliwinaireeldepeu d'importance. Peut-on ]ainai*pr*T(dr les cas fortuit» d'un mouvement militaire dans le» éféiiements d'une guerre civile? Tout en désirant la paix, ne peul-on pas dire comme M. Canning vient de le dire, qu'il y a deux positions où l'on est toujours obligé de recourir aux armes , savoir : quand l'honneur national et la fol publique sont compromis? Si nous n'avions pas de troupes en Espagne , l'occupalion du Portugal par les Anglois serait fielleuse, sans être d'un danger immédiat; mais la présence du drapeau blanc dans la Péninsuli^complique la question , et préoccupe tous les esprits.
C'est pourtant dans ce moment qu'on parotl diminiwr l'eltectit de notre armée : des Pruaslens occupent , aasurt- |.on , de» village» en France ; nos pUce» frontières tombent en mine ; mais aujourd'hui bornons-nous à l'Espagne.
On ne peut nier que le mouvement des Portugais réfii- ^ n'ait eu pour lui l'assentiment du parti que noa arnaes ont &it triompha- en Espagne. Ces masses si ingouvernables , et qui suivent les impulsions de ceux qui les dirigent sans obéir ï l'autorité léple, ont les Anglois en horreur ; le gouvernement e»pa(inol n'a pas pins de penchant pour cette nation , et la reconnoissance des républiques e»pagnôles parla Grande-Bretagne est une plaie récente et >iïB dans 1« sein de tout Espagnol , quelles que soient la classe et l'opinion auxquelles il appartient.
Maintenant que l'Angleterre nous dédare ouvMlement son allié , et qu'elle nous félicite (Tavoir lait d'accord avec elle , tout ce que nous avons pu faire pour empêcher l'invasion da marquisdcChaves, de quel œil allons-nons être Tuaen EspagneP Si une guerre s'cngageoit.non entre nous et l'Angleterre, mais entre l'Espagne cl le Portugal ; si les Anglois, pour mieux assurer la paix intérieure du Portagai, mettolent garnison dans les places fronlière» de l'Esn^ue , dans quelle position nous trouverion»-nous?
Nous sommes les alliés de l'Angleterre ; mais nous le som. me» aussi de l'F^pagne : si les Anglois entroient en Espagne, nos soldats Ureroient-ils sur les Espagnols ou sur les Anglais, ou bien reKarderoienl-ils, l'arme au bras, derrière les remparts, les combats de leurs doubles alliés? Le marquis de Laiùdown et lord Holland ont demandé dans la Chambre des pairs de quelle nature étoit notre coopératUm, et si, Iwsque nous pouvions agir, nous nous sommes contentés de parler : les troupes anglaises feroieut-elles le* mètnet inUrpellatioos aux nOtrcs sur le diamp de bataille ; les ËspagnoU, de leur c/Aé, ne nous »ommeroient-iis pas devenir ï leur secours?
Mais, dit-on, il n'y aura pas de guerre entre le Portugal et l'Espagne : ces dangers sont donc Imaginaire». Dieu le veuille 1 Dieu fasse qu'on puisse compter sur quelque chose avec les passions de ces peuples du Hidi, qui trompent tous
les calcnli de U raison ! Hall , MX» le T^pAM», etanat aerons-MMis tus mainlananl du penplc cspapwl? Nos (hblés garnisons ne seront-ellet point iwltéea ? Hm nIdA serrat-il» lAligés de biie feu surlessajeUd'u raa.fM Bonrbon qu'ils sont vomi déHvrcr, <m d» »«ppart« basnitesd'unt popolaoe bmUqne?
La prévoyaBce la plu commme Doot oblige dgac k angmailer le nooibre de no» troupe» en Eipigix,<n k évacuer ce pays.
' SincKisrenfarQODsnosgamiBonSiiMosiMMuexpctaHBx repré»entatkins les plus vive», et A nne •ugmentsiioB d» dépetwe» militaires; si nous retirons dm tioape»,lÙKroo»-Dotn donc le Portugal aax main» de» An^oto? L'vrivée de» gardes da roi d'Angteterre k mhnnnf la^l^lt le signal de la retraite des garde» du r^ de France k W*drid ? Le» victohtsde H. le Dauphin anroienl-elle* poar r^ tnilat définitif le rappel de» Angloia aor le conttDeil, tt l'occupatioa du Poiî^ par celte eatloo? LtwoiMr ai permet plu» fc notre mbdst^ d'évKner tLtfgm; b itreté ne non» pennd plus d'y reiter aiusi fbibles : Min double poUtlqoe Don» met aux prise* evec le» Anglois et les Espagnols, et cette Impossibilité de Dotre miBislBcis prendre un parti sur quoi que ce soit km» o^paiteoliM ennemi».
Quand oa appreodroK dero^ qoe rinannediMi port^ gatse est apaisée , qiH le marqoi» de ChaTc* est batte , ei que les Anjtlois, descendus h Lisboime, evttmfifcbér» cnpatloo de cette capitale par le» «anânb de la régMS, notre position n'en »eroi| pa» beaucoop meiUeare : les itglols resteront déaoTTDaJt en PortD^l; et tanlqu'isyi» teront, ponvoos-DMishooorableiiMnt sortlrd'Espape'
Notre rdte dans tout cela sera toojoart miséfsUt , (t b France ue se trouve point placte an rang qa'eik doH oc» per. [1 est remarquahte qoe M. Cannmg dans son dim«* n'a pas même (ait un compliment k la Franee ; Dotie aBwcs méfitoil cependant bien on petit met d'eacouragennat M. le ministre des finance» n'a pa» o»é lai-mCme anmer h» chement l'Angleterre , et dans le discoon de lacoomMi a fait dire seulement k la couronne : ■ D'accord arec M • ainéi. • Cette petite précaution diplomatiqaeannéli peu agréable à l'Angleterre, qui a si hautement svcaéls roi de France let llesl probable que cette précaaiicaa'ivi paseubeaucoupdesuccès auprès de MU. les ag ' résidants k Paris.
U est certain que la tendance de tous lei gr en Europe est vers la paix : le caractère des monirqoaK de» minbtres,Ia lassitude des peuple», te délabroneatdM finances en tous les pays , expliquent assez cette lodaKS générate ; mais ce serait s'abuser que de croire qoe liea M peut détruire ce penchant k la paix , torlout si TAngleknt ciHitinuoll k voir TËspagne au twl de» allUres du tmtugal.
AnrtoM-Dons pn , k une cntaioe époque , prévoir h» malheur» dont le Pariu(al est «ojaurd'luil aOligt? (Mi sansdoote, nooa l'aurions pa,si l'on avoit coatiMé k suivre une politique digne k k fois de la grandeor et de II géoéroaite de la Fianoe. Que de chose» seroientciMiM. si te gouvernement conslitnlkinnel avoit dans nos (tables UgMaUve» rocUon qu'U devrott atoir.
H. le président du coudl pease-l-llk raTesir>inil-i maintenant au pérU de sa polUiqM ? Oui ; mai» Mrival pour te 3 pour cent. U aura «U miik l(^ phH oonpéd'w dépre»»wB d'agiotage de dnqnanto aou» que A» tft*» qui poorrolent être portée» à la dignit* de sea pays. IW» ses solUcUnde» aoni pour la Boar»a. L'alicme est sa a* mais aenlonent dans l'intérêt de* bsnquicn , dasjn^r de» joueursàta hausse et kUbaisse: pas uaeMéea» *»■ Les fonds ont descendu; qu'ils reoiouléat vite, l»li« sMivtl Qa'lmpofte ta ^oir» de la Fteace exposa ««>
POLÉMIQUE
Péifaisale t qa'inpoHe te UbeKé de te Franee me^^ mw loi sur laprcMe! le 3 pour oeot vi-t-U bien? À Taide d'anamortinement deSOmillIoiit, àTaide dasyodicat, à l'aide des prête 8ar dépôU de renies , et des efforts de U eompagnle financière , 30 millioas de rentes 3 poor cent à 75sonta67 : ?ictoire! tout prospère, loot esta l'abri^gloiiey r^liberlél
On a parlé de division dans le conseil : peu importe. La France ne s'embarrasse gaén des querelles de la petite famille. Elle Toudroit être libre, glorieose, paisible : tât ou tard elle le sera, quand son e&ceUent monarque, instruit par la Toix publique et les humbles doléances de ses peuples, aura secoué son manteau royal, et appelé d'autres an soutien de la couronne.
Win DU Dimuioci tolukb.
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TABLE DES MATIÈRES