CHAPITRE PREMIER
^position.
Louis XIV emporta avec lui dans la tombe la splendeur de la monarchie. Le régent laissa perdre les mœurs : prince brave et voluptueux qui ne permettoit pas qu*on troublât ses plaisirs, et qui du moins savoit maintenir la paix à la longueur de son épée. Sous Louis XV, l'ordre iiatu-» rel des choses se dérangea : la médiocrité passa dans les hommes d*Ëtat , la supéilorité dans \e% hommes privés. Il n'y eut plus d'histoire de France au dehors : elle se renferma toute dans le cabinet des ministres , le salon des maîtresses , la société des gens de lettres. Les vanités, principes des crimes parmi nous , s'exaltèrent. La mollesse de la vie contrastoit avec Tâpreté des doctrines : la monarchie tournoit à la république , parée que la licence des mœurs amenoit l'indépendance des opinions. La France fut enfin jetée par la révolution dans un abtme où elle a vécu trente ans. Elle eût été dévorée dans cette fos.e aux lions , si elle ne se fut cachée derrière la vertu de quelques justes issus du sang des rois.
Nous ne doutons point que nous n'ayons été rachetés par le mérite des enfants de saint Louis: quand le sang des Bourbons a cessé de couler pour notre gloire , il a ooulé pour notre salut. Un nouvel holocauste vient d'être offert. Les générations présentes, accoutumées aux meurtres, se souviennent encore de l'assassinat de Henri IV; mais par delà le couteau de Ravaillac, elle ne connoissent plosrlen.Veulent^elles néanmoins se faire une Idée de la grandeur du dernier sacrifice ; veulent-elles apprendre tout ce qui a été immolé dans la personne de M*' le duc de Berry , il fiiut qu'elles oonnolssent la race de ce prince.
SCR LE DUC DE BERRY