CHAPITRE II
Des Bourbons.
Saint Louis eut six fils. L'aîné, Philippe le Hardi , lui succéda , et sa postérité occupa le trône Jusqu'à la mort de Henri I[L Le dernier des fils de saint Louis, Robert, comte de Clermont, époQsa Béatrix de Bourgogne, fille unique de Jeaa de Bourgogne et d'Agnès de Bourbon : celleci étoit rhéritière de la branche aînée des sires de Bourbon, ancienne lignée dite des Archambaults, d'où sortit, par Guillaume de Dampierre , la seconde maison des comtes de Flandre.
Charles le Bel érigea en duché-pairie le comté de Bourbon pour Louis 1^% comte de Bourbon, fib aîné de Robert. Charles obligea Louis à quitter le nom de Clermont pour prendre celui de Bourbon, parce qu'il vouloit réunir à la couronne la terre de Clermont où il étoit né, laquelle terre a?oit été donnée par saint Louis à son fils Robert. Philippe de Valois rendit le comté de Clermont aux descendants de Robert ; mais le nom de Bourbon resta à cette branche royale. Dans les lettres d'érection du duché de Bourbon par Charles le Bel, on lit ces paroles prophétiques : « Le roi a > érigé en duché-pairie le comté de Bourbon , en
• considération des richesses, des services et de ■ lagénérosité des princes de cette maison. Comme «ils sont du sang royal , il se tient honoré de leur
• élévation, et il espère que ses successeurs se- « ront soutenus par la grandeur de ces princes. »
Ainsi Dieu , partageant les enfants de Robert
le Fort, dans la personne de saint Louis , en deux
fiunilles, donna le sceptre à Tune, et mit l'autre
en réserve dans un rang moins élevé, pour y con-
«enrcr ces vertus qui s'usent quelquefois sur le
trâne. Sujets avant d'être rois , les Bourbons mou-
nirent pour les François avant que les François
noQTussent pour eux : Pierre de Bourbon fut tué
à la journée de Poitiers , Louis de Bourbon à celle
d'Azincourt, François de Bourbon à celle de
Samte-Brigide, Antoine de Bourbon au siège de
Kooen. Les femmes de cette famille donnèrent
de grands monarques à la France, en attendant
le règne de la lignée masculine : Marguerite de
Bourbon, duehesse de Savoie, fut l'aïeule de
François !•'. Lorsque les Bourbons, alliés à plus
de huit cents familles militaires, eurent reçu tout
« qall y avolt d'héroïque dans le sang fran-
«I», la Providence fit parottre Henri IV et les Coudé.