CHAPITRE VL
Miri«BB da prloee.
Enfln dlieureases destinées semblèrent s*oa- Yiir pour M*' le duc de Berry , par son ankm avec la princesse CaroUne-Ferdinande-Looise, fille atnée du prince royal des Deox-Siciles. Gompllnienté par la Chambre des députés , il répondit à l'orateur : « J'aurai , je l'espère, des enfonts qui, « comme moi , porteront dans leur cœur l'amour « des François, v La France attendoit cette lignée royale : la révolution l'attendoit aussi.
Sur le rapport de H. de Castelbijac , qui fit observer à la Chambre des députés que le mariage d'un fils de France étoit une fête de fomille, la Chambre ijouta 500,000 francs au million demandé par les ministres pour l'apanage du prince. M'' le duc de Berry abandonna cette somme pendant cinq ans aux départements qui avoient le plus souffert pendant la guerre.
U avoit écrit le 18 février à la princesse Caroline la lettre qu*on va lire, pour lui demander sa main. Les lettres de Bf le duc de Berry , que les espérances d'une longue vie promettoient de nous cacher longtemps, nous ont été révélées par sa mort Ce prince appartient désonnais à l'histoire, et l'on aime à chercher dans ses sentiments intimes de nouveaux motifii d'admiration et de regrets.
Paris , 18 février 1816.
• Madame ha sceub et oocuxe, • Il j Vf ml bien longtemps que je dësirois obtenir TiTett « da roi votre grand-père et du prince votre père , pour « former mie demande à laquelle j'attache le bonbenr de • ma vie; mais devant que j'aie obleno leor agrément^ « c'est Votre Altesse royale que je Tiens solliciter de dai- « gner me confier le bonbeor de sa rie en s'unissant avec « moi. J'ose me flatter que l'âge, l'eipérienoe et une km- « goe adTersilé m*oot assez fonné pour me rendre digne « d'être son époox , son gnide et son ami. En quittant des « parents si dignes de son amour, die trouven ici une la- « mille qui lui rappellera le temps despalriarches. Que tous « dirai*je du roi, de mon père, de mon frère, et surtout de « cet ange, MADiUE, duchesse d'Angoulème, que vous « n'ajci entendu dire* sinon que leurs vertus, leurs bon-
« tés, sont fort an-dessus des éloges que l'on en peut faire? « L'union la plus intime règne parmi nous , et n'est jamais « troublée; mes parents désirent tous impatiemment que « Votre Altesse royale comble mes venu , et qu'die eon- « sente à augmenter le nombre des enbnts de notre Ai- « nuHe. Veuillez, madame, vous rendre à mes prières, el « presser le moment où je pourrai mettre à vos pieds
* Plut. , in ITbaniif .
« rbommage des lealiaMBU respectoeui et tcadiet avee « lesquds je suis, madame ma sœur et cousine, de Voln « Altesse royale le très-allMtionné frère et eousio,
Le Jour de la célébration du mariage par procuration , il écrivit encore à la princesse la lettre suivante :
Faris, ss. avril isis.
« Votre aimable ietlie m'a fait n ptaîsir que je ne puii vous exprimer, madame el cbère feinmey car dès anjoord'bui nous nous sommes donné notre foi. De ce joor nous sommes unis par les liens sacrés du mariage; Hens que je ebercherai toujours à vous rendre dooi. Vous dallez me remercier de tous avoir dnisie poor la compagne de ma vie! que de remerdments ne doiaie pas à Votre Altesse royale pour aroir si promptement accédé auiL Tceux de tos excellents parents! Je sens combien U doit tous en eoAler de les quitter, de Teair presque seule dans un pays étranger, mais qui ne le sert bientdt plus pour tous, pour vous nnir à un bomme qoe vous ne eounoissez pas. J'ai composé votre maison de dames dont la vertu el la douceur me sont connues : le roi a approuvé ce cboix. Votre dame d'honneur, madame la ducbesse de Reggio, est désespérée de ne pouvoir aller au-devant de vous. Madame de la Ferronnays, voire dame d'atours, sceur de madame la comtesse de Blacas, sera la première qui aura le bonheur de vous fofre sa cour; c'est un modèle de vertu et de ramabilité la plos douce: je tous h recommande particulièrement : elle TOUS présente» les dames pour accompagier. Le die de Léris , votre chevalier d'honneur, est un homme aussi
distingué par ses qualités que par ses talents. Le cooHe de Mesnard , Totre premier écoyer, est un loyal cberalier qui n'est rentré en France qu'avec moi. Enfin , fespère que , lorsque vous les connoltrex , vous les trourerei dignes de l'honneur qu'ils ont de vous être attachés, c Atcc quelle impatience j'attends la nouvelle de Toire arrivée en France! Que je serai heureux, ma bien chère femme, lorsque je pourrai vous appeler de ce doux nom! Tout ce que j'entends dire de vos quaUlés, de votre bonté , de votre esprit , de vos grioes , me charme et BM lait brûler du désir de vous voir et de vous embrasser comme je vous aime.
« CnAiiLes-FEaniMàim. «
Cette fin de lettre est la formule de presque toutes les fins de lettres de Henri lY , mais avee quelque chose de grave et de chaste qui tient à la sainteté du lien conjugal. Le joor même où M'' le duc de Berry écrivolt cette lettre, la Jeune princesse lui envoyoit odle-d du pied des autels :
Naplcs, 14 avril isis.
« Cest à Pautel que je viras, monseigneur, de prendre l'engagement solôinel d'être votrefidèle et tendre épouse. Ce tilre si cher m'impose des devoire que très-volontiers je commence à remplir dès ce moment, en venant vous donner Tassurance des sentiments que mon cœur vous a d^ voués pour h vie ; elle ne sera remplie et occupée que de chercher les moyens de vous plaire, à me con* dher votre amitié, mériter votre coofianœ. Qui! vous
SUR LE DUC DE BERRY
fe avciloate b mienne y toates mes afRectlons; Tousserez
• non gnide , mon ami ; tous m'apprendrez à plaire à voire
• auguste fimiOe; toos adoucirez (je n'en doute pas) le ■ cbagrio si Tîf que je Tais éprouver de me séparer de la
K C*cst sur TOUS , enfin , que je me repose entièredu soin de ma conduite pour la diriger vers tout ce a qd pourra procurer votre bonheur. J'en ferai mon étude « hifaitaelle : paissé-je y réussir et vous prouTer combien
• je mets de prix à être Toire compagne ! Cest dans ces que je suis, pour la Tie, Totre afTectîoonée
« Gabourb. »