CHAPITRE V
Ukm éa ni. M onteigiieQr le dae de Berry préside le ooUége
électoral de Ulle.
Le mi remonta sur son trône * : W le duc de Bmy rentra une seconde fois dans cette belle Fmca dont il ne devoit plus sortir. Ce fut encore àSaint-Denis , le terme de tous ses voyages , qu'il mira. Bientôt après , on lui présenta les officiers da dixième riment de ligne, qui étoit resté fidèle à M^ le due d'Angouléme : « Messieurs ,
• kur dit-il , J'ai une permission à vous demander, « c'est de porter votre uniforme quand J'irai au-
• devant de mon frère. »
Au premier moment de la seconde restauration , ou parut vouloir profiter de la leçoti reçue» Un ministre , qui avoit puissamment concouru à relever deux fois le trône, donna à l'opinion l'impulsion la plus monarchique. Les collèges électoraux furent convoqués avec éclat, et les princes de la famille royale furent nommés pour présider ceux des départements de la Seine , de la Gironde et du Nord '. Arrivé A Lille, M*' le due de Berry prononça à ToùvertUte du Collège un discours remai'qudble par les sentiments et par la inanière dont ils sont exprimés :
« Le plus aimé de vos rois , Henri IV , après de « longues guerres intestines , rassembla les nota* « bles de son royaume à Rouen , et leur demanda « des conseils ; ainsi que lui , le roi , mon auguste «' seigneur et oncle , d'après ia constitution qu'il a « donnée lui-même ft son peuple , s'adresse en ce « moment à vous , et me nomme particulièrement A pour être son organe auprès du département du •t Nord. Je ne parlerai point de leur fidélité aux « habitants d'un pays , berceau de la monarchie : «Je ne remercierai point de son dévouement ce « peuple qui rappelle si bien ces Francs généreux « et guerriers dont il est descendu le premier; Je * me lK)rneral à vous dire , messieurs , que le rd , tt après vingt-six ans de troubles et de malheurs, « a besoin d'interroger le ccêur de ses sujets , dont « il Juge d'après le sien. Né pouvant réunir autour it de lui tous les François, dont il est, vous le « save^ , bien moins encore le monarque que le « père , il vous demande de lui adresser, non ceux « de vous qui l'aiment davantage , ce choix serait « impossible, et vous y voleriez tous, mais ceux « qui , diiçnes interprètes de votre pensée , ^orte- « rantau pied de son trône cet oubli du passé, «cette connoissance du présent, ce coup d'œil « dans l'avenir, ce respect pour la charte constitu- « tionnelle, cet amour pour sa personne sacrée, « enfin cette abnégation de soi-même qui seule « peut assurer le bonheur de tous. »
Avant l'ouverture du collège électoral , M^ le duc de Berry avoit voulu revoir et remercier la ville de Béthune et le sous«préfet, qui l'avoient si fidèlement reçu lors de sa retraite à Gand. Il envoya un présent à son hôte d'Alost^ et une somme pour être délivrée aux indigents. Peu de fils de rois , rentrés dané leurs palais, se souviennentd'avoir été suppliants, d'avoirpm dansleurs
' Jofllet isis.
> 16 août 1815.
MÉMOIBES
bras le petit enfaïUj de s'être Jetés à genoux^ joignant Paulel domestique \