‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 40 sur 279 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

SoHb dcf kttns. Madame la duchesse de Berry quitte Marariik, et aoatloae à parier de la Fnum à mesure qu*eUe s^MpmlM de FoBlaiiiebleaii.

HoDté|imart,5juiD 1816.

« La lettre de monseigneur, du 3i mai, m'est parvenue aTut qu'il m'ait été possible de finir ma réponse à celle

éi M. J« Toos naereie «malbieimDt de U seconda

«■ne dt la pnnièn. Vous m'avez fiût up vrai plaisir

de m'c&voyer celle de mes parents.

■ On continue à me (aire voir la France parée. Dans tous les fieoiL où Je passe , les acclamations sont continuelles , ■ni qoeles eoropHments des autorités. J'y suis bien sen- «bit; Bttis je dlial tout bas à raonseignenr, à celui pour fB je ■'aï rieii ^ c^l^é, et peur lui seul, que je seps le poids) de ces baDoepr», et n'ep serai jaqiais enivrée. Il me tarde de jouir faoe vie paisible eu famille. Que Votre Altesse royale reçoive, en attendant, l'assurance de ■• taadiwse : eUe dmen autant que ma vie.

« C4BQUSB, «

Lyon, 9 juin isie.

• Vaira lettre du 4 et du 5 juin , monseigneur, m'a été Haiae le toir de mo» arrivés à Lyon; je ne veux plus veii répélev qm je vous en remercie : une fois pour tou: In, comptez sur ma tendre reconnoissauce , et soyez sûr que rien n'échappe à ma sensibilité : vous l'avez touchée vivfmeBl.

« Vess liée eentent de moi, dite»-vous , roonsei^aeiir. Cest sans doute pour me mesurer , car je sens qnMl me BMttqqe beaucoup , mais beaucoup pour être ce que je voodroU pour vous plaire , et pour répondre à l'idée trop liUrase qu'on vous a donnée de Caroline. Croyez à son M omir, à «m désir de répondre à votre confiance , ep 1WS aceordaat la siepne touf enti^. Voili^ tout ce dont je puis vous réçoDàre : yos soins, vos boqtés feront le fcste.

• le Mis Uen sensible à tout ce qu'on feit pour embellir Ml hifcilaliw cl parer ma personne. Comment témoipmk tons ipareconnolssance? Voub m'a|4erez , monsei' ffMor; ce n'est que vis-à-vis de vous que j'essaye déjà de l'avoir plus bes(Hn d'interprète ; car je vous dis bien francàeneDl que vous êtes cher à votre

« CAlOLIIfK. »

PaiiSiOjaiaisie.

I C'est, aidaïQi et elièfe oiaie, par on 4es plusdévoqés

■ lervitears de notre ro^iso^ qqe je yons écris, par un « booMie bien heureux de notre union , le bon prince de

• l^itfflcipalii Je n'ai pas besoin de vous le recommander ; nium coanoit bien, m'ayait va si longtemps en Aagle-

• trne. Aveaflaei j^sir je pren4rois sa place {C'est dope

■ àis si^ joors que je ? oas verrai I J'ai toujours peur qne

• VQos ne me trouviez pas l)eau , car les peintres de Paris

■ M lOBt pea comme ceux de Palerme ; ils flattent. Avec «pel plaisir Je presserai votre maini Pranet aussi la

i,4ijeiieve9SlWpliî*pas trop. La contrainte oft perow pendant deux jours me généra bien. Ma Cat nliBe, je vais m'occuper de votre bonheuf , de vos plaisirs. « Je lais qoe vous aimez le spectacle , j'ai des loges à tous • Inlbéébrea. J'ai une jolie campagne dont on vous aura «prié,iDoa iroas bien sonvent ensemble. Je chasse sou* •T«at,f^y vicndi^xencolècheî vous ainiez la musi-

« que , je l'aime aussi beaucoup. Enfin , madame , je cher- « cheraî à vous rendre heureuse, et j'espère y parvenir. « Vous avez, si je dois croire tout ce qui vous a vue, bonté, « douceur, esprit et gaieté : que peut-on de mieux? Cepenft danl nous nous trouverons des délauts ; tendre indul' « gence sera notre deyise.

ft Ch4rles-Ferdinand. »

Fontainebleau, |â^oio isis.

« Votre lettre de Lyon , que je reçois de la main du roi , « me fait un plaisir que je ne puis vous exprfaner. Je suis « cliarmé que vous me grondiez sur mon écriture : vous « avec bien raison; mais, en vous écrivant, mon cœur « n)*emporle; et vous n'avez pas i*\dée de TelTort que je R suis obligé de faire pour être lisible. Encore trois jours! « je brûle de vous voir. J'éprouve aussi aujourd'hui un ti grand bonheur ; je possède votre portrait. Au moins ce* a faii«là ne vous défigure pas du tout ; et f6t4i on peu flatté , « l'on pent é|re enooœ fort u^^é^bUe^ sans étfe aussi jolie « que ce portrait. «

Ce 13.

« Le prince de Castelcicala me remet votre lettre de Moa- « lins , qui est plus aimable encore que les autres. Enfin « e'estdemainque je verrai ma Ibnmie,e8iie dont le bon- « heur doit être mon ouvrage. »

Hélas I le prince a fait le malhear de eelle dont il comptolt ftiire la fàlidté : maig qai faut-il aceoser? Gomme ces deux Jeunes époux aimoient la France 1 quelle reconnoisaance bien sincère (car elle étoit bien cachée dans ces lettres) des hommar ges qu'on leur rend 1 Ces lettres renfermeut*elles un seul mot qae rârae la i^us naïve , la plus no» ble et la plus tendre pût désavouer? Qui ne voudroit , en les lisant, avoir pour frère et pour scHir, pour fils et pour fille, celui et celle qui les ont écrites?

ftf le duc de Berry et madame la duchesse de Berry offrirent un touchant rapport de destinées : sortis de la mémerace, tous deux Bourbons, tous deux ayant vu la chute du trône de leur flnnille, tous deux remontés à leur rang, ils n'avoient guère connu avant leur mariage que Texiiet Tlnfortune. Battus delà mémetempète, ils s'étaient unfs pour B*appuyer. Après tant de calamités, ilscberchoient quelques moments de bonheur : leurs lettres prou» vent combien il a été cruel de les leur ravir.

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