CHAPITRE XI
Portrait du prince. CodcIoùod.
Ici finit l'histoire de la vie et de la mort de Charles-Ferdinand d'Artois, fils de France , duc de Berry : il ne nous reste plus rien à dire de ce prince, si ce n'est quelque chose de sa personne. Il avoit la tête grosse , comme le chef des Capets, la chevelure mêlée, le front ouvert, le visage coloré, les yeux bleus et à fleur de tête , les lèvres épaisses et vermeilles. Son cou étoit court, ses épaules un peu élevées, ainsi que dans toutes les grandes races militaires. Sa poitrine , où son cœur battoit sans défiance et sans peur, offroit une large place au poignard. M^ le duc de Berry étoit de taille moyenne, de même que Louis XIY ; car c'est une erreur de croire que Louis XIY étoit d'une haut^ stature : une cuirasse qui nous reste de lui , et les exhumations de Saint-Denis, n'ont laissé sur ce point aucun doute. Le prince dont nous venons d'écrire la vie avoit lamine brave, Tair de visage franc et spirituel : sa démarche étoit vive, son geste prompt , son regard assuré , intelligent et bon , son sourire charmant. Il s'exprimolt avec élégance dans le commun discours, avec clarté dans les affaires, avec éloquence dans les passions. On retrouvoit dans M^^*" le duc de Berry le prince, le soldat, l'homme qui avoit souffert, et l'on se sentoit entraîné vers lui par une certaine bonne grâce mêlée de brusquerie , attachée à toute sa personne. Quant à son caractère, il se trouve peint par ses actions à chaque page de cet écrit. M'' le duc de Berry avoit passé une vie noble, mais oubliée; il ne lui fallut que quelques heures à la fin de sa dernière journée pour acquérir une gloire que cent triomphes ne lui auroient pas obtenue : récompensé à la fois sur la terre et dans le ciel de ses vertus humaines et de ses vertus chrétiennes , le même moment lui a donné Timmortallté et rétemité.
Tirons au moins de notre malheur une leçon utile, et qu'elle soit comme la morale de cet écrit.
Il s'élève derrière nous une génération Impatiente de tous les Jougs , ennemie de tous les rois; elle rêve la république, et est incapable, par mi mœurs , des vertus républicaines. Elle s'avance; elle nous presse , elle nous pousse : bientôt elle n prendre notreplace. Buonaparte l'aurolt pudomp* ter en l'écrasant, en l'envoyant mourir sur lei champs de bataille, en présentant à son ardeur le fantôme de la gloire, afin de l'empêcher de poiu>> suivre celui de la liberté ; mais nous, nous n'avoDi que deux choses à opposer aux folies de cette Jeunesse : la légitimité, escortée de tous ses soov^ nirs , environnée de la mijesté des siècles ; la monarchie représentative , assise sur les bases de la grande propriété , défendue par une vigooreoae aristocratie , fortifiée de touteà les puissances morales et religieuses. Quiconque ne voit pas cette vérité ne voit rien, et court h l'abîme: hors de cette vérité , tout est théorie , chimère , illusion.
Ceux donc qui ne se sentiroient pas attachés à la famille royale par tous les sentiments deiespect, d'admiration et d'amour, y doiventaumoiM tenir par leur intérêt personnel. Verser le sang d'un Bourbon, c*est ouvrir les veines de la patrie: dans l'état actuel des choses, la légitimité est la vie même de la France. Imaginez, calculez , combinez toutes les sortes de gouvernements illégitimes, en dernier résultat vous ne trouverez rien de possible , rien qui présente une apparence de durée, une existence tolérable de quelques années ou même de quelques mois. Les Bourbons retirés , le droit disparott ; alors s'ouvre l'immense carrière Aes faits qui tous ont un égal droit à vooi opprimer. La légitimité est en Europe le sanctuaire où repose la souveraineté par qui seule les gouvernements' subsistent. Voilez ce sanctuaire, et la souveraineté n'est plus qu'une divinité sans asile, exposée, au milieu des ruines, aux outrages de toutes les ambitions.
Aucune usurpation ne se pourroit accomplir sans faire naître en France la guerre civile, sans fournir un prétexte aux entreprises européennes, sans exposer notre pays aux ravages et aux.contentions de la politique étrangère. La nation prétendroit-elle se gouverner elle-même? Elle 1 a déjà essayé : une nouvelle démocratie amènerou un nouveau bouleversement de propriétés , la destruction de tous les intérêts nouveaux, puisque les anciens sont anéantis. Ah ! que ceux qui se sont laissé entraîner à des exagérations populaires se repentiroient alors ! Triomphants le f^
Jour, le second ib aeroient conduits à FéchaCnid, la tête encore ornée des couronnes de Jour victoire.
SeitMt-ce une élection militaire que l'on prétodroit mettre à la place de l'hérédité légitime? Ble eot aussi Heu à Rome, cette élection : l'armée nommant son maître , et ne le recevant plus des lois, méprisa bientôt son ouvrage. Les Barliues, introduits peu à peu dans les légions , s'aceontiimèrent eux-mêmes à faire des empereurs; H qoaod ils furent las de donner le monde , ils le pidèrent.
Si toos les hommes de probité et de talent se veillait enfin réunir dans un système monarchiqne, non-seulement ils épargneront à la France de nouveaux malheurs, mais il sauveront l'Europe qat menace une grande révolution. En exanliiaDt le fond des principes , on s'aperçoit que ce fii nous divise réellement est peu de chose : (m eherche moins , pour se combattre , à agir sur Il raison que sur les passions. Tantôt c'est la féodalâé, détruite depuis deux siècles, dont on veut fm peur aux peuples ; tantôt ce sont les mission- Bsiies qui vont établir la guerre en prêchait la (ilx. Aujourd'hui , c'est une puissance occulte qui eonibat la puissance visible : triste invention , en ^otade laquelle on se croiroit autorisé à traiter la K^itiiiiité de la douleur comme on a traité la légitniitépolitiqae I Mais nmi : il existe réellement une tnâmxkctoeeulte qui répare les erreurs de l'incaineité cmnme elle déjoue les complots du crime. Depuis trente ans ce gouvernement secret a mardié auprès de tous les gouvernements publics qui M sont suceédé dans notre malheureuse patrie. Placé an-dessus de nous dans des régions inaccestiMcs, nos passions peuvent s'en plaindre , mais é\a ne peuvent le renverser. Cette puissance oceate,c*est l'étemelle raison des choses;c'estcette Justiee du ciel qui rentre dans les affaires humaiaesi mesure qu'on s'efforce de l'en bannir ; c'est , caun mot, la Providence, qui n'auroit besoin tpe de se retirer un moment pour détruire l'ordre de funivers et replonger le mcmde dans le chaos.
Si h nuNTt de M^ le duc de Berry devoit nous bÉKr tels que nous sommes; si elle ne nous enieignoit rien sur l'excellence du sang de nos rois, mr le danger des doctrines qui ont produit le crime de Louvel, alors que l'on confie à notre piété les cendres de notre illustre prince. Nous bon d^oser sur quelques rives lointaines le pnne de la Intimité : la vertu attachée à ces
SUR LE DUG 0te BERRY. 4d
cendres formera bientôt une société de François qui les auront suivies , et ils échapperont à l'arrêt que le ciel prononce enfin contre les peuples sans Jugement et rebelles à Texpérience.
FIN DBS HÉHOUIBS SUR LE DUC DE BERBT.
••■•lai»
PIECES JUSTinCATIVES.
Mh«
Page 5.
« Avec quel plaisir nous avons appris la lettre do régiment de Berwick.... »
Lettre de Monsieuh (depuis Louis XVIII) à MM, tes officiers, sous-officiers, grenadiers et sotdats du régiment irtandois de Berwick,
A SchœoborDsIutst , le 28 Juillet I7»i.
J'ai reçu » messieurs , avec une vraie sensibilité , la lettre que vous m'avez écrite. Je ferai parvenir au roi (Louis XVI ) , le plus tôt que je pourrai, l'expression de vos sentiments pour lui. Je vous réponds d'avance qu'elle adoucira ses peines, et qu'il recevra avec plaisir de vous les mômes maniues de fidélité que Jacques II reçut, il y a cent ans, de vos aïeux. Cette double époque doit former à jamais la devise du régiment de Berwick : on la verra désormais sur vos drapeaux < , et tout ce qu'il y aura de sujets fidèles au roi y lira son devoir, et y reoonnottra le modèle qu'il doit imiter. Quant à moi , messieurs , soyez bien persuadés que l'action que vous venez de faire restera toiyours gravée dans mon âme, et que je m'estimerai lieureux toutes les fois que je pourrai vous donner des preuves de ce qu'elle m'inspire pour vous.
LovmStakislas-Xavuib.
Page 7.
« Ce fut dans ce combat (de Berstheim) que les trois Condé, renouvelant l'aventure de la bataille de Senef , déployèrent une valeur héroïque... »
Fragment des Mémoires de ta maison de Condé,
La gelée qui avoit raffermi les chemins permit aux i^pubUcains de faire avancer leur grosse arUllerie. Après s'en être servis pour battre les retranchements de ce village, centre de la position du prince, comme fls l'avolent déjà fait la veille , ils s'avancent avec rapidité. Les légions de Mirabeau et de Hohenlobe défendent leur position avec la plus grande valeur; mais Tachamement des républicains semble s'ac« croître avec leur nombre ; ils pénètrent dans le village avec des cris affreux.
Ce premier succès pouvoit devenir décisif : an coup d'œil du prince l'en avoit averti , et déjà sa résolution est prise. Cétoit la seule qui convint au fils du grand Ckmdé. 11 saute en bas de son cheval, et, tirant l'épée, il se place à la tète de ses deux bataiOons genlilsliommes : « Messieurs, s'é-
1 Voulant eonsaerer à jamais l'époque de 1691 , où le régiment de Berwick sortit d'Irlande pour défendre le roi Jacquet II, et répoqoe de 1791 , où le même régiment quitta la France pour servir l'infortuné Louis XVI, MoNsuim ordonna que ses drapeaux porteroient cette légende : i«i. SempêT et ubique/UeUs, nvi.
To^Jonn et ptrtoat fldèle.
MÊCES
« crie-t-U, Tond êtes toas des Bayards, il faut reprendre « ce village, v
On ne lui répond que par les cr^s : A la baïonnette! et l'on se précipile à travers le feu le plus terrible d'artillerie et de mousqueterie. Les baies TiTes, les maisons, les rues, tout est emporté en dix minutes ; des crîs de vive le roi , poussés à l'extrémité du village , annoncent de loin à la réserve que les républicains en soi^t chassés.
Pendant ce temps , le fils et le petll-fils se montroient dignes d'un tel père ^
A la tite de la seconde et de la troisième division de la cavalerie noble , le duc de'Bourbon s'élance sur la cavalerie républicaine et la chasse ilevant lui. Un ravm profond se présente : emporté par son ardeur, le prince le franchit avec une poignée de gentilshommes. Les républicains se hâtent de profiter de leur avantage , et se flattent de les accabler : la mêlée est sanglante ; le prince est grièvement blessé. Mais le reste des escadrons survient : les cavaliers républicains fuient , et laissent deux pièces d'artillerie légère au pouvov de leurs vainqueurs.
Sur un autre point, le due d'Enghlen eonduisoit au comiMit les chevaliers de la couronne. Presque seul, U court enlever une pièce de canon; ses habits sont criblés de bal« les et de coups de baionuettes ; il est entouré , il se défend en héros jusqu'à oe que Ton vienne le dégager : U ramène la pièce.
Le résaltat de eette brillante, mais sanglante Journée, ne Alt qoe la i^re d'avoir conservé une mauvaise position, que , quelques Jours plus tard , il IUlut abandonner.
Le maréchal de Wurmser et plusieurs généraux autrialiéna , malgré la ftûidaar qui r^inoit entre eux et l'armée ioy«le, vinrent, le soir même, fiftliciler le prince de Gondé et ses compagnons d'armes. « Eh bien 1 raonsiear le raaré- « ehal, lui dit le prince, conmient trouves-vous ma petite ■ hifknterie? -* Monseigneur, elle grandit au feu, » répondit le maréchal. Les Autrichiens- fhrent peu étonnés d'apprendre que des chevaliers A*ançois s'étoient battus avec un courage héroïque; mais ils ne purent refuser des larmes d'admiration à des traits comme celui-ci :
Un soldat de la légion de Mirabeau , blessé , Jetoit les hauts cris à côté d'un chevalier de Satot-Louis qui avoit une Jambe emportée * : « Songez, mon ami, » lui dit cet intrépide officier, a que votre Dieu eat mort sur hi croix , %. et votre roi sur l'écliafaud ! nous devons noua trouver « heureux de mourir pour leur cause. »
Trois jours après les républicains attaquèrent de nouveau Berstheim , et de nouveau ils furent repoussés avec une perte considérable. Désespérant de forcer le corps de Condé dans cette position. Us essayèrent de se foire jour sur un point de la ligne autrichienne, et furent plus heureux. Le comte de Wurmser fit entier son armée dans les redoutes qu'il avoit élevées en avant d'Haguenau, depuis le Ahm Jusqu'aux montagnes.
Monsieur (depuis Louis XVIII ) , qui étoit alors à Turin,
• Cest au récit de eette journée que Delllle s'écria dans sa langue :
ABffouléine , Berrjr, noatleiuient tear grand nom. Qn'on ne me vante phu ce triple Géryon , Uoot trots âne* mouvolent U maaae épmivantabte. J'aime à voir, aorpassaDl les récits de U fable , Un même esprit mouvoir trois héros à la fols. Condé , Bourbon , Engliicn , se font d'autres Rocroys ; Bt, prodigues d'un sang chéri de U Tlctolre , Trois géoéreUoas vont easeoble A U gloire.
* Cétoit M. de Barras, ofAder de marine, («èie du directeur.
n'eut pas plutât appris la ntavelle à» eeconbat, qa'll écrivit au prince de Condé :
A Turin, ce 28 décembre 1793.
Ce n'est qu'en arrivant ici, mon cher cousin, que j'ai reçu avec quelque certitude h nouvelle de la glorieuM affaire du ) de ee mois dont un bruit vague m'avoit enlieleBi sur mon chemin. Il me serait difficile de vous exprioier li joie qu'elle m'a causée. Ce n*est pas assurément que je doatasse de ce que peut la valeur de la noblesse françoisej mais tl étoit temps que les rebelles sussent oe qu'elle peut toute saule, et l'afOUre même de Bersthdm ne le leur avoit spprii qu'imparfaitement. Cette joie serait crueUement emfMNaoa* née s'il me restoit la moindre inquiétude sur la blessure d^ votre fils; mais tranquille à cet égard, je vous félicite, et de cette blessure même , et de la conduite que son fila et lui ont tenue. Jouisses, moucher eonsin, de cette belle jQurnée, comme bon François, oomoie général, eennevail* tant chevalier, et comme père. Pour moi , indépendanuneut de ma tendre aiuilié pour vous, et du bien de l'État, je dois vous avouer que onon amour-propre jouit de voir tndi héros de mon sang , où jusqu'à présent je n'étois sAr ta trouver qu'un, liais mon sentiment pour vous ne datlpn me faire oublier cette brave noblesse qui s*est si fort dis* tinguée sous vos ordtiss : pariez-lui bien du double sentiment que je ressens de sa conduite , et comme gentilliomiiie A-ançois, et eonuM régent du royaume. Adieu, mon clier cousin : voua oonaotaaei bien toute mon amitié pour vsQi.
Signé Lo«ia-$TAJ!usus-]Uviia.
Uttr9 iê MonaiEun {régent dM royaume) ou Aie de
Bourbon,
Turin I le 38 Uéoembre \M*
Je reçois en arrivant ici, mon cher oousm, la nouvelle certaine de la gloire que vous venei d'acquérir et de la blessure que vous avez reçue. Cette dernière aurait empoiaenné toute la Joie de la premièro , si je n*aveis su en néna temps qu'elle n'est pas dangereuse. Je vous avoue qas j* vous l'envie : cependant je vous aime trop siocèremeat pour ne pas vous en féliciter de tout mon cœur, en souballant cependant que pareille chose ne vous arrive plu3. Ce n'est ni comme parent ni coaune ami que je vous parie ainsi, c'est conune régent du royaume; c'est parce que je sais mieux que personne la perte que r&lat AÎroit en vooi perdant.
Adieu , mon cher cousin. Puissiez-vous être bientât guéri, et voler à de nouvelles victoires! Vous eonnolsset mon amitié pour vous.
I<oini-STArasLAa4UTi0*
lettre de Uoksohjb (régent âurogaHmê) à mffntei* gneur te due d'Mnghien.
A Turin, ce as déeembie I7IS« J'di appris, mon cher cousin, avec un plaisir que moa amour pour mon sang et l'amitié que vous me conooisseï pous vous vous eipliqueront facilement, la gloire que vous avez acquise à la journée du s de ce mois. Vous êlea à rage et vous portei le nom du vainqueur de Booroy ; soa sang coule dans vos veines; vous venez de retracer sa va* leur ; vous avez devant les yeux l'exemple d'an père et d'un grand-père au-dessus de tous les éloges : que de motifs dNsspérer que vous serez un jour la gloira et l'appui^ rf;tat l Vous pouvea croira , voua ainumt eomase je le ^* que je Jouia bien sliCièraroent de eea heuraux présa^f*!
JUSTmCAÏIVËS.
AfSti, MBciMr OMisîii. Soyeai Uen portnadé de toute i enToyer, le mois prochain^ tm eoorrier âU* rai, et je I9
aoîliépottr voua.
Sifflé LOCISSTÀNlftLAS-XATIEB.
Pagb 8.
• Dins les campagnes de 1795, 1796 et 1797, }iv le duc de Berry se trouva présent à tous les
IHtre de Monsieur, comte d'Artois, à monseigneur le prince de Condé.
Cdimboarg, 29 no?embre 1795.
arez bien justement apprécié , mon clier cousin, les sentinieota que j*ai éprouYéa en lisant Totre lettre da 3 fiOTembre et les pièces qui y sont jointes : puisque êtes content de mon fils ' , je jouis de sa conduite. Je au fond de rame la gloire et riionneur dont yos I de fidélité se sont couverts , mais les nouvelles n'ayant pas été aussi discrètes que vous , sur un «^ dont vous ne parles point , permettez -moi de vous en que, comme parent, conune ami , et comme dévoué à I nous défendons , je trouve une jouissance aussi que solide à entendre juger votre conduite comme de Bi^le de Tétre, et à vous voir augmenter tous les JsKi me considération si flatteuse pour ceux qui vous aiBcat, si honorable pour ceux qui vous sont liés par le tmg, et si importante pour les intérêts de notre roi. Ced l'est point un compliment, c'est l'expression simple de mon cceoretdema raison.
Je joiu id ma lettre, que je vous prie de remettre de ■I pet an doc d'£ng|ûeo. Je ne lui parle que de mon ami- U; Hais c'est le roi, c'est la France entière que je félicite étttqa'Uesty et de ce qu'il sera un jour, en suivant la nmte que vous lui avez tracée.
mieux qu'un autre , mon cher cousin , que son devoir trouve dans sa pn^re conduite aux sacrifices les plus p^^ibles. Mais je avouer que depuis le mois de juin j'^;)rouve un Mfffire difficile à exprimer, de ma douloureuse inaction, ctiTêtre prîTé de partager les dangers, les fktigues et la gWre de vos intrépides compagnons d'armes. Soyez du wirn man iaderprèle auprès d'eux'; parlen>leur de mes (, de mes sentiments, de mon adaiiration pour leur ! autant que pour leur valeur, et i^outex4eur qu'uoceapé de nos intérêts communs , j'espère que Je dé §ÊÊn par proléger mes eflbrta, et par rendre beuicn l« idètoa François qui ont tocgours suivi le cbemin
h iTat ois pas attendu votre lettre pour solliciter auprès da paveramnent britannique les moyens qui nous sont ponr proliter utilement du succès des Autriet de ceux de notre armée. La négociation entamée à Mi ne teiliCoit pas mes démarcbes : cependant le di^ de H. ^ Préey vow ann prouTé qu'elle n'avoit pas Hé Mrinwal ânfruetnease. Je viens de les renonveier raiee pins de vivadlé que jamaî* : j*espère que les seront frappés de la nécessité de vous ptocorer flKlraofïiinalrao;et je me flatte que vous en ■Jiaanta, si vos tristes pwMHentiments ne vien* ■tpmàseiéaliser. Je n'entffral pas dans plus de détails mrliiilaaliQn des dioses et des esprits; mais Je aompÉe
la dnada Berry.
prierai de vous commum'quer des détails intéressants et peut-êti-e favorables.
Avant de terminer celte lettre, il fiiut que je vous parle d'un objet qui tient à mon cœuf : fl pârott que mon fils s'est conduit en joli garçon , et qu'il a du goOt pour les coups de fusil. C'est toujours bon en soi-même, mais cela ne suffit pas ; dans sa position , il fiiut qu'il se mette promptement en état de bien servir son roi ; et c'est k vous que je m'adresse avec confiance, mon cber cousin, pour que vous employiez toute votre autorité de général, et toute celle que mon amitié a remise entre vos mains, à exiger qu'il occupe tout son biver à travailler bien sérieusement au métier de la guerre, à se rendre digne de commencer l'année procliaiue à conduire des troupes. Je ne vous in* diquerai aucuns moyens à cet égard; personne ne saura mieux que vous exciter son émulation et lui inspirer le désir de l'instruction : mais vous jugerez fodlement combien je serai sensibie à cette nouvelle preuve de votra amitié.
Adieu , mon cher cousin : je ne veux rien changer as rendez-vous que je vous ai donné; cfeil vers œ bnl que tendent tous mes efforts. Je vous renouvelle, da fond du cœur, rassoiance de l'amitié hte tendra et Uen constante qui m'attache à vous pour la vie.
Signé Cdaaua-Panjm.
P, S. Je dois vous dire que vous trouverez mon fils fout prévenu sar ee que je vous demande ponr loi.
Page 9.
« On apprît au cantoonement de Sleinstadt b mort de Louis XVIL »
Lettre du roi Louis XVIIÎ à monseigneur le prince
de Condé,
Mon cousin » je suis touché , comme je dois Têtre , des sentiments que vous m'exprimez au sujet de la perle irré* parable que je viens de faire en la personne du roi, mon seigneur et neveu. Si queh|Be chose peut adoucir ma juste douleur, c'est de la voir partagée par ceux qui me sont chers à tant de titres. La France perd un roi dont les heureuses qualités, que j'avois vues se développer dès sa plus tendra enfonce, annonçoient qu'il seroit le digne successeur du meillenr des rois : il ne me reste plusqu^à implorer le secours de la dlvme Providence pour qu'elle me rende digne de dédommager mes sujets d'un si grand malheur* Leur amour est le premier olfêt de mes désirs, et j'espèra qu'un jour viendra où, après avoir, comme Henri lY, reconquis mon royaume, je pourrai, conmie Looia XII, mériter le titre de père de mon peuple. Dites aux bravée gentilshommes et aux fidèles troupes dont je vous al confié le commandement, que l'attachement qu'ils m'expriment par voira or^ne est d^ pour moi l'aurora de ee beau jour, et que je compte principalement sur vous et sur eux pour acliever de le foira édore. Je vous ranouvefle avec plaisir l'assurance de tous les sentiments avec lesquels je
suis.
Mon cousin.
Votre trèS'-afibctionné cousin, liOins.
Pagb 9.
« Gem<maniiie(Loiit8XyiH>étoitatteiMiaàfaF*