A L'ARMÉE
ARtegel,lel8avril 1706.
'' Des circonstances impérieuses nous retenoi^t depuis trop longtemps éloigné de tous» lorsqu'une insulte aussi imprévue que favoraUe à nos vœux ne noas a plus laissé d*asiie; mais on ne peut nous ravir celui de l'lionneur«
Le sénat de Venise nous a lait signifier de sortir, dans le plus court délai , des États de sa république. A cette démarche, non moins offensante pour rbonneur da nom françois que pour notre personne même, nous avons répondu:
« Je partirai , mais j'eiige deux cmidltions : la première, « qu'on me présente le livre d'or où ma taroiUe est inscrite, « afin que j'enraye le nom de ma main; la seconde, qu'on « me rende l'armure dont l'amitié de mon aïeul Henri IV a « fait présent à la république '. »
Noos venons nous rallier au drapeau blanc , près du héros qui tous commande et que nous chérissons tous. Nous nous livrons avec confiance à l'espoir que notre arrivée sera pour vous un nouveau titre aux généreux secours que vous «ves déjà reçus de Leurs Bfiûestés impériale et britannique.
Notre présence contribuera sans doute , autant que votre Tsleur, à hâter la fin des malheurs de la France, en montrant à nos sujets égarés, encore armés contre nous, la différence de leur sort sous les tyrans qui les oppriment, avec celui dont jouissent des enfants qui entourent un
bon père.
Louis.
PàOB 10.
« Arrivée de W le duc d'Angouléme à Tarmée €|e Condé.... »
Lettre de monseiffneur le due d^AngouUme à mofud- ^etir le prince de Condé.
Blankenbourg, 27 avril 1797.
Monsieur mon cousin, j'attendois depuis longtemps avec une bien vive impatience le moment où il me serolt permis de venir me réunir à mon frère sous vos ordres. Cet heureux moment est donc enfin arrivé; nous ne perdons pas un instant pour nous rendre auprès de vous. J'espère que vous voudrez bien m'accorder vos bontés et votre amitié. Je vous les demande avoc confiance , et je ne négligerai rien pour m'en rendre digne. J'envie à mon frère le Ixmheur qu'il a eu d'èUre à l'armée depuis trois ans , pendant que fétois dans une inactivité cruelle. Les circonstances qui en ont ainsi ordonné me peinoient vivement.
* Cette réponse lût faite au marquis Carlotti, ohargé par le sénat de Vealse de porter au roi Tordre de quitter les États de la république. Le podestat Priogll ayant protesté. Sa Majesté répliqua le lendemain dans les termes suivants :
m Tal répondu hier à oe que vous m'avez déclaré au nom «ude votre gouvernement; vous m*apportez aujourd'hui une « protmtatlon au nom do podestat ; Je ne la reçois pas : je ne « recevrai pas davantage celle du sénat. J*ai dit que je parti- « rois; je partirai en effet dès que j'aurai reçu le passe-port « que j'ai envoyé chercher à Venise , mais je persiste dans m ma réponse; je me la devois, et je n'oublie pas que je suis « le roi de Fronce. »
Agréez fhommage du lèle d'an Tdoataire, et Tais» rance de la haute considération , de l'entière confiance et de tous les sentiments avec lesquels je serai pour la vie, Monsieur mon cousin.
Votre très4iffectionDé onisin,
LOCIS-ÀNTOINE.
Lettre de monseigneur U duc de Berry à monteignmr
le prince de Condé.
Blankenbourg, S7 avril I7fl7.
Enfin , monsieur, mon frère est arrivé hier. Vous jugera fociiement la joie que j'ai éprouvée en le revoyant. Ma joie est d'autant plus vive que notre retour à l'armée sera très* prompt : nous ne devons rester que cinq ou six jours id, et nous ne perdrons pas de temps en chemin pour reveoir. Je fais bien des > œux pour qu'on ne tire pas de coups de fusil pendant mon absence, mais que cette campsgDe, qu'on peut bien regarder, je crois, comme la dernière, soit active. Je le désire vivement pour mon instructiao et pour mon frère; car je sois bien persuadé qu'il fiiut qse les Bourbons se montrent, et beaucoup; et que, hors de France, ils doivent commencer par gagner Testime des François , avec leur amour. Nous avons appris que les ré< publicains avoient passé le Rliin à Neuwied , et qu'après avoir repoussé les Autrichiens, ils étoient déjà aux portes de Francfort, lorsqu'un courrier arriva , apportant la nouvelle d'un armistice conclu entre les armées autrichieDiiei et françoises sur toute la ligne. .Un courrier allant de Vienne à Londtes, ayant passé ce matm id, a dit que l'empereur alloit se mettre en personne à la tête de Tar* mée d'Italie, et que rarchidoc Charles alloit reprendre le commandement de celle du Rhin. Dieu veuille nous rendre notre aimable dief , et nous mettre encore à portée di combattre sous ses ordres !
Veuillez recevoir, monsieur, l'hommage du vif empressement que j'ai de me retrouver sous vos ordres , et dit sincère et respectueux attachement que je vous ai Toeé pour U vie.
CBAnLcs-FEsniNinD.
Pàgb 18.
« Le roi trouve dans Tunion de sa nièce et de too neveu tout ce que le sentiment a de plus doux réuni à ce que la politique peut avoir de plus imposant... *
Lettre du roi à wumseigneur le prince de Condl
A Mittau, M 10 juin i7M>
Enfin , mon cher cousin , un de mes vœux les plus '* dents est accompli; mes enfonts sont unis. Je retrouve dans ma nièce, avec un attendrissement plus facile i sentir qu'à exprimer, les traits réunis des infoi-tunés auteurs ée ses joura. Cette ressemblance , si douce et si déchirante à la fois, me la rend plus chère, et doit redoubler l'iotérAI qu'elle mérite si bien par elle-même d'inspirer à tout boo François. Le mariage a été célébré ce matin.: je m'ei» presse de vous l'apprendre, bien sûr que vous partagent ma joie.
Annonces cette heureuse nouvelle à rarmée : sHe ai peut que parottre d'un bon augure à vos braves ^'^''^ gnons , au moment où Us vont rentrer sur vos traces osj» une carrière qu'ils ont si glorieusement parcourue, et i* béniront avec moi le souverain magnanime auquel DOW devons ce double bienfait. Ajoutez-leur de ma ptrt'f^