LB BOI EST MORT
quel royaume, monarchie et république, est aujourd'hui ou a été au monde, mieux orDé,afrermi et fortifié des plus lielles polices, lois et ordonnances que la françoise? Où est-ce que les autres ont une loi salique pour la succession du royaume? Quels rois ailleurs se voient et se sont vus mieux aimés, obéis et révérés? Néanmoins ils ont laissé régler et limiter leur puissance par des lois et ordonnances qu'eux-mêmes ont faites ; ils se sont soumis sous la même raison que leur peuple, et ont, d'ancienne institution, réduit leursvouIantsspuslacivilitédelaloi.Pourraison de ^uoi tout le peuple , avec une douce crainte , a été contraint de les aimer.
« Quiontdoncétélesroisaumondequisesoient plus acquis de gloire par la justice que les nôtres? Ils n'ont pas moins acquis à leur royaume l'honneur et la prééminence des bonnes lettres et des sciences libérales que des armes. Grand nombre d'hommes signalés en savoir et intelligence sont sortis de cette école de lettres , et la France a provigné quant et quant d'excellents capitaines (outre ceux du sangroyal ) par la dis* dpline que nos rois y avoient établie, lesquels rois ont peuplé mémement les nations étrangères d'hommes héroïques.
« Reste maintenant à exposer les autres grAces, bénédictions et bonnes rencontres d'heur particulières dont il a plu à la divine providence orner la famille de Hugues Capet par-dessus toutes les autres : l'une est de l'avoir feAX être la plus noble et plus ancienne de toutes les races royales qui sont aujourd'hui au monde; car à compter depuis le temps que Robert le Saxon, que nous prenons pour le chef d'icelle, se voit connu par les histoires , elle a subsisté près de huit cents ans , étant parvenue en la personne de notre très-chrétien roi Henri III jusqu'à la vingt-troisième génération de père en flls, si nous ne comptons point plus avant que ledit Robert».
« A ces premiers bonheurs s'en vient Joindre un non moins remarquable que les précédents, qui est d'avoir produit plus de maisons et de familles royales, et donné plus grand nombre
* On sait qa*H y a plosieun systèaies de généalogie des Capétiens au delà de llobert le Fortl Les uns la font remonter à WIliUnd le Saxon ; les autres aux Carlovingiens , et par eux aux Mérovingiens; les autres aux rois lombards : peu importe. Robert éloit un prince puissant et un vaillant soldat, qui fut tué en défendant la France contre l'Invasion des étrangecs , U y a de cela quelque mUle ans : tenona-nous-eo là.
ff de rois, empereurs, princes, duel et eoMes i
« divers royaumes et contrées.
« Toutes ces bonnes et belles remarques qw « nous avons proposées Jusqu'à ici de nos rois, « semblent bien leur avoir appartenu en gé&éni; « mais outre Icelles chacun d'eux (du moins la a plus grande partie) s'est encore si bien fait re^ « marquer en son particulier de certaines grâces et « dons d'esprit , qu'elles leur ont acquis ces hoDO^ « râbles surnoms , qui rendent encore auJourdM « leur mémoire illustre. »
Il augmentera la liste de ces illustres monarques, Louis le Désiré, de paternelle et pacifiqos mémoire, que la reconnolssance, les pleurs, les regrets de la France et de l'Europe accompagnent au tombeau. On peut dire de l'arbre de la lignée royale , né du sol de la France , ce que le poète dit du chêne :
. . Immota manet; mnltosmie nepoles, Multa virum volvens darando iscala, Tlneif.
Comme ce vieil écrivain dont la fidélité pressentoit Henri IV, l'auteur du présent écrit eut le bonheur en 1 8 14, au second avènement desBourbom, d'annoncer Louis XVIIL Alors la France étoit envahie; nous étions accablés de malheurs, environnés de craintes et de périls. Rien n'étoit décidé; on se battoit sur divers points du royaume; on négocioit à Paris : Buonaparte habitoit encore le château de Fontainebleau quand il lut l'histoire de ce roi légitime ' , qui n'avoit point d'armée dans la coalition des rois , mais qui étoit pour lui plus redoutable que ces monarques. Ce fut en effet la force de la légitimité qui précipita Vxmtpation.
Le premier service que l'héritier des fleurs de lis rendit à «a patrie fut de la dégager de l'invasion européenne. La capitale de la France n'avoit jamais été conquise sous la race légitime : Buonaparte avoit amené les étrangers dans Paris avec son épée; Louis XVIII les en écarta avec son sceptre.
Un peuple encore tout ému, tout enivré de là gloire des armes, vit arec surprise un vieux Fran* çois exilé venir se placer naturellement à sa tête comme un père qui, après une longue absence, rentre dans sa famille , ne supposant pas qu'on puisse contester son autorité. Louis XVIII n'étoit point étonné des grandeurs nouvelles, des uAn' des récents de la France ; il apportoit en compensation mille ans de nos antiques grandearsi
* De BuoMpOfiê et det Battvbons.