NOTICES
M. de Safnt-Marcellln s'étolt précipité dans lès retranchements de rennemi, et avoit eu le crâne fendu de trois coups de sabre.
Après le combat , il se présenta dans cet état à un hôpital encombré de quatre mille blessés , où il n'y avoit que trois chirurgiens dénués de linge , de médicaments et de charpie ; il ne put même (Atenir d*y être reçu. Il s'en retoumoit, baigné dans son sang, lorsqu'il rencontra Buonaparte : « Je vais mourir, lui dit-il ; accordez-moi la croix « d'honneur, non pour me récompenser, mais pour « consoler ma famille. « Buonaparte lui donna sa propre croix.
M. de Saint-Marcellin , jeté sur des fourgons, arriva à moitié mort à Moscou ; il y séjourna quelque temps, et fot assez heureux pour trouver le moyen de revenir en France, où nous l'avons vu , pendant plus de dix-huit mots , porter encore une large blessure à la tête.
La France ayant rappelé son roi légitime , M. de Saint-Maroeliin fiit lidèle aux nouveaux serments qu'il avoit faits. Il étoit aide de camp du général Dupont à l'époque du 20 mars. Il se trouyoit à Orléans avec son général , lorsque des soldats séduits quittèrent la cocarde blanche; M. de Salnt-Marcellin osa la garder : circonstance que peut avoir connue M. le maréchal Gouvion de Saint-Cyr, qui fit reprendre la cocarde blanche aux troupes garées. Rentré à Paris , M. de Sainte Marcellin eut une altercation politique avec un officier, se battit , blessa son adversaire , et partit du champ clos pour aller rejoindre ceux à qui il avoit engagé sa foi.
Nommé capitaine à Gand , il sollicita l'honneur d'accompagner le général Donnadieu, chargé pour le roi d'une mission Importante. Débarqué à Bordeaux , il fut arrêté et remis aux mains de deux gendarmes qui dévoient le conduire à Paris pour y être fusillé. En passant par Angouléme, il échappa à ses gardes , excita un mouvement roya< liste dans la ville et rentra dans Paris avec le roi.
M. de Saint-Marcellin fut alors envoyé comme chef de bataillon dans un riment de ligne à Orléans. Blessé de nouveau , Il fut obligé de rêvenir à Paris. Depuis ce mcmient, il consacra ses loisirs aux lettres : il avoit de qui tenir. Il donna quelques ouvrages à nos différents théâtres lyri* quea. Compris comme chef d'escadron dans la nouvelle organisation de l'état-migor de Tarmée , il avoit refusé dernièrement un service actif qui l'eût éloigné de Paris. La Providence vouloit le
rappeler à elle. Pour des raisons bdies àdevimr,^ l'administration avoit subitement, dit-on, ehafig^ en rigueur sa bienveillance politique. On anon: que M. de Saint-Marcellin alloit perdre sa pi; de chef d'escadron quand la mort est venue gner aux ennemis des royalistes une destl de plus, et rayer elle-même ce brave milîM du tableau d'où elle efface également et les cbefei et les soldats. i
M. de Saint-Mareellin n'a point démenti , km derniers moments , ce courage françois qui pofi à traiter la vie comme la chose la plus IndKférall en soi , et TafTaire la moins importante de la Joiii née. Il ne dit ni à ses parents ni à ses amis devolt se battre , et II s'occupa tout le matin d bal qui devoit avoir lieu le soir chez M. le quis de Fontanes. A trois heures. Il se d aux apprêts du plaisir pour aller à la mort. Ai sur le champ de bataille, le sort ayant donné premier feu à son adversaire , il se met lement au blanc , reçoit le coup mortel et en disant : « Je devois pourtant danser ce wlr Rapporté sans connolssauce chez M. de Foi nés , on sait qu'il y rentra à la lueur des flam déjà allumés pour la fête. Lorsqu'il revint à on lui demanda le nom de son adversaire : « ne se dit pas, répondit-il en souriant; seni « ment c'est un homme qui tire bien. > M. (k Saint-Marcellin ne sefltjamaisd'illQsionsQrMi état ; il sentit qu'il étoit perdu , mais il n'en m venoit pas, et il ne cessoit de dire à ses pareoti et à ses amis en pleurs : « Soyez tranquilles, a « n'est rien, i» Il n'a fait entendre aucune plainte; il n'a témoigné ni regrets de la vie^ ni haine, n même humeur contre celui qui la lui arraefaottj il est mort avec le sang-fMd d'un vieux aoW et la facilité d*un jeune homme. Ajoutons qal est mort en chrétien.
Les lettres et l'armée perdent dans M. de Salai Marcellin une de leurs plus brillantes espéraneei On remarque dans lesi premiers essais échappé à sa plume une gaieté de bon goût appuyée so un fonds de raison et sur das sentiments noUd Lorsqu'il parle d'honneur, on volt qu'il le saati < quand 11 rit, on s'aperçoit qu'il méprise. Sade tinée paroissoit devoir être heureuse dans un « dre de choses différent de celui qui existe avgoo d'hui ; mais aussitôt qu'il est entré dans ia ligV des devoirs légitimes , il a été atteint par crt^ fatalité qui semble s'attacher aux pas de tout < qui est devenu ou reaté Udèie. fiat^e^ w» w»