‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 81 sur 279 · SUR U MORT DE M. DE FONTANES · texte numérisé non relu

SUR U MORT DE M. DE FONTANES

xAaa 1891.

i M. Ll KinjkCTttJA ou JOUaVAL DM D^BATI.

D eitda mon devoir de répondre à l'appel que y^rfn Ml à Tamltié dans YOtre Journal du 1 9 ^ a mais. J*y répondrai mal , car ce n'est pas V»d on a le cceur brisé qu'on peut écrire. L'é- A à Jamais célèbre fondée par Boileau , Racine iRaeion, finit en M. de Fontanes ; notre gloire •tadre expire avec la monarchie de Louis XIV.

Von Ohntre ami laisse entre les mains de sa '•^ ineonsoiable et de sa Jeune et malheureuse (fcksmanusertts les plus précieux ; et telle étoit •* iadiflérenee pour sa renommée , qu'il se re- ^■ok à les publier. Ces manuscrits consistent en «Keeuelt d'odes et de poèmes admirables, en *» Mélanges littéraires écrits dans cette prose ^ h bon goAt ne nuit point à l'imagination , l'é- *W»Mi naturel, la eorreetion à l'éloquence,

et la chasteté du style à la hardiesse de la pensée.

Devois-Je être appelé si tôt à parler des derniers ouvrages de Técrivain supérieur qui annonça mes premiers essais! Personne (si ce n'est un de ses vieux amis, qui est aussi le mien, M. Joubert) n'a mieux connu que moi cette bonhomie , cette simplicité, cette absence de toute envie, qui dis* tinguent les vrais talents, et qui faisoient le fond du caractère de M. de Fontanes. Singulière fata"* lité ! notre amitié commença dans la terre étrangère, et c'est dans la terre étrangère que J'apprends la mort du compagnon de mon exil !

Comme homme public , M. de Fontanes a rendu à son pays des services iiiappréciables : il main* tint la dignité de la parole , sous l'empire du maître qui commandoit un silence servile ; il éleva dans les doctrines de nos pères des enfants qu'on Y0ul<rit séparerdu passé pour iMiuieverser l'avenir. Vous aussi, monsieur, vous avez admiré, aimé ee beau génie , cet excellent homme , qui peut* être est déjà oublié dans la ville où tout s'oublie.

Mais le temps de la mémoire reviendra; la postérité reoonnoissante voudra savoir quel fut ce dernier héritier du grand siècle , dont elle lira les pages immortelles. Je suis incapable aujourd'hui d'entrer dans de longs détails sur la personne et les travaux de mon ami ; la perte que Je fais est irréparable, et Je la sentirai le reste de ma vie. Au moment même où votre journal est arrivé , J'éerivols à M. de Fontanes : Je ne lut écrirai plus I Pardonnez , monsieur, si Je borne ma lettre à ee peu de mots que je vois à peine en les traçant.

J'ai rbooneori ete.

CHÀTEA.UBRIAlfn.

Barito, SI imuTi.

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