LE LONG PARLEMENT
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• il, que je me retire, vous, pour vivre, moi, pour
• DDOorir. »
Ce ne fut qu'à force de menaces que ron parvint à foire condamner Strafford dans la chambre des pairs : malgré ces violences , dix-neuf voix sur qaarante-six Fosèrent encore absoudre.
L*accusé, dans sa défense, avolt surtout foudroyé P} m , l'accusateur, réduit à balbutier une misérable réplique. L'animosité des communes eoDtre Strafford n*étoit peut-être si grande que pute que le noble pair avoit fait partie de la chambre populaire, et qu*il s*étoit montré luiméoe ardent adversaire de la couronne. Les fkh plébéiens le regardoient comme un déserteur. L'envie s'attachoit aussi à l'élévation du ministre de Charles : le mérite oublié plait ; recompeosé, il offusque. Enfin , il faut dire encore que la partis ont un merveilleux instinct pour découvrir et pour perdre les hommes de taille à les combattre. Bans les grandes révolutions , le talent qui heurte de front ces révolutions est écrasé ; le talent qui les suit peut seul s'en rendre maître : il les domine , lorsque ayant épuisé leurs forces, elles n*ont plus pour elles le poids des masses et réaergie des premiers mouvements. Mais cette sorte de talent complice appartient à des personnages plus grands par la tête que par le cœur, cir ils sont longtemps obligés de se cacher dans k crime pour s'emparer de la puissance,
Charles dans son palais , tremblant pour les joQis de la reine, nomma une commission chargée dentifier tous les bills portés à la sanction royale. Pumi ces bills setrouvoit celui qui condamnoit Strafford : dernière et misérable foiblesse d'un prince qui cherchoit à couvrir son ingratitude à ses propres yeux , en comprenant dans un acte Sénéml de Tautorité suprême l'acte particulier qui donnoit la mort à un ami ! On sait que le monarque fut déterminé à permettre l'exécution de la sentence par la chose même qui l'aurait dû lifermir dans la résolution de s'y opposer. Le nagnanime Strafford écrivit une lettre à Charles pour dégager la conscience de son roi , et lui donner la permission de le faire mourir.
« Ma vie , lui mandoit-il , ne vaut pas les soins
• qœ Votre Magesté prend pour me la conserver : « je vous la donne avec empressement en échange
• des bontés dont vous m'avez comblé , et comme > on gage de réconcUintion entre vous et votre •peuple. Jetez seulement un regard de compas- « son sur mon pauvre fils et sur ses trois sœurs. »
De tous les conseillers de la couronne , Jùxon , évêque de Londres, eut seul le courage de dire au roi qu'il ne devoit pas souscrire à la condamnation , s'il ne trouvoit pas Strafford coupld>le. Exemple frappant de la justice divine! ce fût ce même Juxon , cet équitable et courageux prélat , qui assista Charles V' à l'échafaud.
Lorsque Strafford apprit que son supplice syM été autorisé, il se leva avec étonnement de son siège, et s'écria dans le langage de l'Ecriture : « Ne mettez point votre confiance dans la parole « des princes ni dans les enfants des hommes. » Strafford avoit-il cru au courage du roi? un reste d'amour de la vie s'étoit-il caché au fond du cœur d'un grand homme?
Charles n'apaisa point les esprits en laissant verser le sang de son ministre : une lâcheté n'a Jamais sauvé personne. Les princes de la terre ^ que des fautes ou des crimes exposent souvent à perdae la couronne, feroient mieux de la compromettre quelquefois pour des causes saintes.
Au surplus l'infortuné Stuart ne cessa de se reprocher sa foiblesse : condamné à son tour, il déclara que sa mort étoit un juste talion de celle de Strafford. Cette confession publique , prononcée à haute voix sur l'échafaud, est une des plushau* tes leçons de l'histoire : la postérité n'a pas absous l'ami , mais elle a pardonné au monarque en faveur de la sincérité du repentir et de la grandeur de l'expiation.
Strafford s'étoit certainenoent rendu eo«pable d'actes arbitraires en Irlande ; mais l'Irlande avoit été gouvernée de tout temps par l'autorité militaire et par des lois exeeptionnelles. D'ailleurs les limites des privilèges de tô couronne et des droits du parlement étoient encore si confuses , que Ton se pouvoit ranger du côté d'un de ces deux pouvoirs d'après des antécédents d'une égale autorité. Cinquante ans plus tard, Strafford eût été sévèrement mais justement condanmé ; à l'époque de l'arrêt prononcé sur lui , les lois qu'on luiappiiquoit étoient ou non faites, ou contestées , ou détruites par d*autres lois. Lebill d'a//ati«d^r renferma implicitement le délit et la peine \ la sentence fut à la fois un Jugement et une loi ,4aqueUe loi avoit un effet rétroactif : il y eut donc violence et iniquité.
Strafford se prépara au supplice avec le plus grand calme '. Le 23 mai 1041 , au lutiB, on
' rinvite à lice , dan$ la collection des IcUres de Strafford « la lettre qu*U écrivU h son fils avant d*aMer à l'échafaad.
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LES QUATRE STUARTS
le conduisit au Ueu de rexéeatton : en pastant ao pied de la tour où Tarchevèque Laud , accusé ooroine lui , étoit renfermé , il éleva la voix et pria le prélat de le bénir. Le vieillard parut à la fepétre; ses cheveux étoient blancs; des larmes baignoient son visage; deux ecclésiastiques le soutenoient. Straflord se mit à genoux : Laud passa ses mains à travers les barreaux ; il essaya de donner une bénédiction que TAge, Tinfortune et la douleur ne lui permirent pas d*achever; il défaillit dans les bras de ses deux assistants.
Strafford se releva, prit la route de Téchafaud où le vieil évéque le devoit suivre. Le ministre de Charles marcha au supplice d'un air serein, au milieu des iusultes de la populace. Avant de poser le front sur le billot, il prononça ces paroles : « Je crains qu'une révolution qui commence « par verser le sang ne finisse par les plus grandes « calamités et ne rende malheureux ceux qui « l'entreprennent » Il livra isa tète et passive l'éternité (1641).
. La révolution précipite son cours; le roi part pour rÉoosse ; la conspiration irlandoise éclate et est suivie d'un des plus horribles massacres dont U soit Mi mention dans l^hi&toire; les chefs du l^rti puritain saisissent cette occasion pour hâter la marche des événements. Charles revient de l'Ecosse; le parlement lui présente des remontrances séditieuses et fait emprisonner les évéques.
Irrité de tant d'affronts, le roi va lui-même accuser de haute trahison dans la chambre des communes les six membres les plus fameux de la faction puritaine. Ceux-ci , prévenus de cette imprudente démarche par une indiscrétion de la reine , se réftigient dans la dté. Une insurrection éclate i\e» bruits les plus absurdes se répandent : lantôt c'est la rivière que les cavaliers doivent faire sauter en l'air par l'explosion d'une mine; tantôt ce sont ces mêmes cavaliers ( les royalistes ) qui viennent mettre le feu à la demeure des têtes rondes ( les parlementaires ). Menacée d'un décret d'accusation, la reine force le roi à donner iasanction à la loi qui privoit les évèquesdu droit de voter. Henriette quitte l'Angleterre; Charles se retire à York , après avoir refusé d'apposer sa signature au bill relatif à la milice ; bill qui ten- :doit à mettre le pouvoir militaire aux mains de la chambre élective : de part et d'autre on se prépare À la guerre.
On remarqua dans la conduite du roi , depuis
son avènement au trône jusqu'à l'époque de la guerre civile, cette incertitude qui prépare les catastrophes. Entêté de la prérogative ^ il se la laissa d'abord arracher par lambeaux , et la livra ensuite toute à la fois; il étoit brave : ilpouvoit en appeler à l'épée , et il ne recourut aux armes que quand ses ennemis eurent acquis le pouvoir de résister ; toutes les voies constitutionnelles loi étoient ouvertes pour agir au nom de la constitution , même contre le parlement, et il n'entra point dans ces voies. Enfin , Charles lutta inutilement contre la force des choses; son temps Tavoit devancé : ce n'étoit pas sa nation seule qui Fentratnoit , c'étoit le genre humain ; il voulut œ qui n'étoit plus possible, La liberté conquise s'alla perdre d'abord dans le despotisme militaire , qui la dépouilla de son anarchie ; mais enlevée aux pères, elle fut substituée aux flls, et resta eo dernier résultat à l'Angleterre.
Dans les combats de plume qui précédèrent des combats plus sanglants , le parti de Charles eut presque totyours raison par le fond et par la forme : ce parti posa très-nettement les questions relatives aux formes du gouvernement; il prouva que la constitution angloise étoit composée de monarchie, d'aristocratie et de démocratie (c'étoitla première fois que l'on s'exprimoit ainsi ) ; il prouva que les demandes du parlement tendoient a dénaturer la constitution monarchique et à jeter la Grande-Bretagne dans l'état populaire , le pire de tous les états. Falkland et Clarendon écrivoient pour le roi ; tous deux étoient ennemis déclarés des mesures arbitraires de la eour.
Pourquoi un parti si raisonnable dans ses doe« trines ne fut-il pas écouté? c'est qu'on ne le crut pas sincère , et qu'ensuite il étoit froid ; il se trouvoit placé du côté d'un pouvoir qui tendoit à conserver, tandis que les passions étoient du oôté d'un pouvoir qui vouloit détruire. Enfin ce parti étoit dépassé dans ses sentiments de liberté par les puritains , qui marchoient à la républi^pieu Plus tard on retourna aux principes de Clarendon et de Falkland, mais il fallut dévorer vingt ans de calamités. Ainsi nous sommes revenus en 1 8 i 4 aux doctrines de 1789 : nous aurions pu nous épargner le luxe de nos maux.
Cependant (il est triste de le dire) , les crimes et les misères des révolutions ne sont pas toujours des trésors de la colère divine, dépensés en vain chez les peuples. Ces crimes et ces misères profitent quelqiiefbis aux générations subséquentes
ÇRÛUWELL
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fKt réavgle qQ'ib leur donnent, le« pi^ugés (pUs kor enlèvent, les haines dont ils les délincBt , tes lumières dont ils les éclairent. Ces cri- Bcs et ces misères, considérés comme leçons de Dira, instruisent les nations, les rendent cireoD^ectes, les affermissent dans d# principes de liberté raisonnables; principes qu'elles seloint toujours tentées de regarder comme insuffasts, si l'expérience douloureuse d'une liberté awiine autre forme n'avoit été faite.
FalUand a laissé un de ces souvenirs mêlés k nélaneoUe et d'admiration qui attendrissent ïkÊfL II étQît doué du triple génie des lettres , àiannes et de la politique. Il fut fidèle aux mu- M sous la tente, à la liberté dans le palais des itis, dévoué À un monarque infortuné , sans mé- (MioolUe les£sutesde ce monarque. Accablé des IW de son pays, fatigué du poids de l'exislenoe, il se laissa aller à une tristesse qui se failoit lemsrquer Jusque dans la négligence de ses litneats. Il cbfireha et trouva la mort à la bâtante de Nasd>y : on devina son dessein de quit- Iff te vte au changement de ses habits ; il s'étoit liié eonmie pour un Jour de fête.
U cbaneeUfiT Glarendon, qui, de son côté, 8e^ vit li bien Quuries P , vint , dans la suite , moutir à Beucn , e^lé par Charles II , qui lui devoit •pirtte sa couronne. Sous le règne de ce dernier iriies, on condamna à être brûlé par la main du koureau le mémoire Justificatif du vertueux maiMnt dent les écrits mêlés à ceux de Falkland ii«teat fait triooipher la cause royale.
L'toodard royal planté à Nottingham donna , dit 0mne, te signal de la discorde et de la guerre cÉTite à toute la nation. Clareodon remarque que Inpartementaires avoient commis le premier acte Aostilité en s'emparant des magasins de Hull. L'olMervation est Juste, mais le parlement avoit igi dans ses inléhto : lorsque dans les troubles daempires on en est venu à l'emploi de la force, il s'agit moins de la première attaque que de la fanière victoire.
b brtone se dédara d'abord pour la roi : la Nteeluiamena des secours. Il assembla 4 Oxford la manbres.du parlement qui lui éloient demeu- 1^ fidèles, afin de combattre le parlement de I^ndra : ainsi sous la Ligue nous avions le parlaneat de Tours et celui de Paris ; « mais depuis , • dit Boisuet, des retours soudains, des change- « Bients imKOs, la rébellion longtemps retenue, «iteibi «Ktàftàt tt^ttwfe} nul frein à Ifi H*
c cence, les loi9 abolies, la majesté violée par des « attentats jusqu'alors inconnus, l'usurpation et « la tyrannie sous le nom de liberté. »