‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 114 sur 228 · OL · texte numérisé non relu

OL

vitaeitéf à moins que je n'aie Toula dire qae

^>ttaqiK des François ^t rapide [oonsme la parole.

(N. ÉD

^ J*aitnBi|KNlé qnelqiie ehose de cette peinture dans ^ CMibit des France dans ies Martyrs. (M. Éd.)

' Heioo., lib. Tui , cap. LXixr?.

" W., »fcid., cap. Lxviii.

^ W., tib. i\ , cap. txvi , LXini , lwiii. *'iUb.Tiii,cap. cxv.

mes choisis, avoit plus fait pour sa cause qu'en y traînant trois millions d'esclaves. — L'échec que les alliés avoient reçu devant les places assiégées n'étoit qu'un léger revers, qui pou voit même tourner à leur proflt, en leur enseignant une leçon utile. Ainsi onn'attendoitquele retour de la nouvelle année pour recommencer de toutes parts les hostilités : avant d'entrer dans le détail de cette campagne , nous dirons un mot des che£s qui s'y distinguèrent.

Mardonius, qui commandoit les troupes persanesdemeuréesen Grèce, étoitun satraped'un rang élevé, et allié au sang de ses maîtres*. Son ambition ' , trop immense pour son génie, en faisott un de ces êtres disproportionnés qui paroissent grands parce qu'ils sont difformes. Vain , impatient, orgueilleux^, il ne possédoit que le courage brutal du grenadier qui donne la mort sans pitié, et la reçoit sans crainte^*.

— Placé à la tête des troupes alliées de l'Autriche, le prince de Gobourg, d'une naissance encore plus illustre que Mardonius, le surpassoit de même en qualités personnelles. A la fois brave et prudent, il rénnissoît les talents et les vertus militaires , l'art du général et la loyauté du soldat»».

Pausanias, de la famille royale de Lacédémone, généralissime des armées combinées des Grecs, étoit un homme plein de jactance et de paroles magnifiques; toujours prêt à faire valoir ses grands services et à trahir son pays^. 11 sauva la patrie aux champs de Platée, et la vendit quelques mois après au tyran de Suze^.

— Pichegru , dont le nom plébéien , Thumble fortune et la modestie contrastent avec l'éclat de sa renommée, conduisoit les François aux oom-

' HEROD.f lib. XTi, cap. XLIU.

* Id., ibid,, cap. T.

^ Id., lib. IX, cap. ?i.

* Id.f ibid., cap. L\xi.

* En parlant de Mardonius, il faHoit dire du soldai, et non du grenadier. Au reste , cette diftproporlion entre la capacité et l'ambiUon est une chose extrêmement commune , et une des plaies de la société ; mais elle ne produit pas toigours une sorte de grandeur comme danft Mardonius : Tambition est souvent placée dans des li'oounes al inférieurs sons tous les rapports, qu'ils n'ont pas mAme la force d'en porter le poids, et qu'Us en sont écrasés.

(N. ÉB.) ^ C'est fort bien de faire des portraits , mais encore faut* il qu'ils ressemblent. Les talents du prince de Cobourg étoient au-dessous de ses autres qualités. (N. Éd.)

* Conpr. Nep., m Pausan,; Toocyd., IU). i.

* Thucyd., lib. If cap. cx.\xit.

Étant condamné à mort à Sparte, il se retira dans un tam* pie. On en mura les portes, et le roi laoédémonlen y périt.

tu

RÉVOLtmONS ANOEHNES,

bats. Cet homme extraordinaire , enfauté par la révolution, sut s^élever, de l'obscurité d'une classe inférieure y à ia place la plus brillante de son pays, et redescendre, avec non moins de grandeur, à l'ombre de sa condition première*.

Enfin, dans l'armée des Perses on remarquoit un homme appelé Alexandre , roi de Macédoine , qui, traître aux deux partis qu'il savoit ménager, traflquoit de son honneur et de sa conscience avec le plus riche ou le plus fort. Avant le combat des Thermopyles il donna avis aux Grecs du danger de leur position à la vallée de Teropé * , et marcha avec Xerxès àSalamine. Après la défaite du monarque de rOrient , il se dit l'ami des Athéniens, et les invita, par humanité, à se soumettre au tyran de l'Asie*. Aux champs de Platée, accompagnant Hardonius, il trahit ce général , pour se ménager une ressource en cas de revers ; et a ver^ tit en personne Pausanias qu'il seroit attaqué le lendemain par les Mèdes'. Les Grecs, malgré leur haine des rois, respectèrent Alexandre par mépris^. Ils daignèrent peser sur les ressorts du mannequin vénal , tandis qu'il pouvoit leur être bon à quelque chose.

Je ne parlerai point du roi de Prusse.

CHAPmiE LXVII.

Campagne de Tan 479 avant notre ère, l** année de la 75* olympiade. Carapace de 1794. Bataille de Platée; — Bataille de Fleurus. Succé« et vices des Grecs, — des Frao- ^U. Dlfléreotea paix. Paix générale.

Tels étoient les généraux qui commandolent dans les campagnes mémorables dont nous retraçons l'histoire. Au retour de la saison favorable aux armes, les Perses et les Autrichiens reprirent le champ avec une nouvelle vigueur. Mardonius ravagea une seconde fois TAttique^ ; -*• de son cAté , le prince de Cohourg emporta Landrecies, et obtint plusieurs avantages. Mais bientôt la fortune changea de face. Pausanias, évitant de combattre dans la plaine , attira enfin les ennemis sur un terrain qui leur étoit défavorable* — Pichegru, en envahissant la Flandre maritime , obligea les alliés à abandonner leurs

* Ce portrait est traeé par ud émigré en 1795 et 179e, avant <|iie Pichegru eût embraaaé la ciuae de la oMmarclile légitime , et pluaienra aiméee avant la mort tragique de ce grand et infortuné général. L'impartialité du royaliste étoit ici oae espèce de pressentiment. (N. En.)

* Rrrod., lifo. vil , eap. clxxii.

a /ff . , ibid. , eap. cxl.

* PuiT., ip jirUi., psg. 3SS.

^ 11 fallolt s'arrêter k ce Irait, et supprimer te mauvaise phrase qui termine ce chapitra. « ( N. Éd. )

* Ukrod., Nb. ix, cap. III.

conquêtes. Après des marehesetdesaettens mi| tipliées , les grandes armées grecques et persao^i — françoises et autrichiennes, se rencontrèri au lieu marqué par la destinée.

La cause ordinaire des guerres est si még^ sable, que le récit d'une bataille, où vingt mil bétes féroces se déchirent pour les passions d'| homme, dégoûte et fatigue. Mais des citiqfi s*ébranlant au moment de la charge, contre «| horde de conquérants ; d'un côté , des fers , oa i anéantissement politique par un démembremeri de l'autre , la liberté et hi patrie : si Jamais qwl quechose de grand a mérité d'attirer lesyeaxdi hommes , c'est sans doute un pareil spectacle. 0 le retrouve à Platée et è Fleurus, mais eo de degrés d'intérêt fort différents. Les Françoii sans mœurs, ayant signalé leur révolution pa les crimes les plus énormes , n'offrent pas le toq ctiant tableau des Grecs innocents et psavrei d'ailleurs infiniment plus exposés que les pi miers. Athènes n'existoit plus; un campsaa reniermoit tout ce qui restoit des fils, despèie des dieux , de la patrie ; desséchée par le soafl stérile de la servitude , une terre indépeadaoten promettoit plus de subsistance en cas de re?en Mais les héros de Platée s'embarrassoientpevi l'avenir : prêts à faire un dernier sacriûce in sang à Jupiter Libérateur, qu'avoi^t-ils beuii de s'enquérir s'ils auroient pu vivre demain es claves, lorsqu'ils étoient sûrs de mourir aiyoQr d'huilibres»?

Au midi de la ville de Tbébes , en Béotie, s'é tend une grande plaine , traversée dans son eK< trémité méridionale par l'Asopus, dont la cosn se dirige d'occident en orient , déclinant un degri nord.Del'autrecôtédu fleuve, laplaineeostîDiie et vase terminer au pied du mont Cithéron, for mant ainsi, entre la rivière et la montape, mu étroite lisière d'environ douze stades ■ dansii plus grande largeur.

* On ne dira pas , j Vspèra , en lisant cette page , que le émigrés détestolent la Uberté; quiia aimoiflDt les ^Ina gers, et qu'ils désiroient le déroerobremeut de la Vnm Ici , plus de Don Quicliottisme par système', rimparUalid de riiistorien est complète; le sentiment de la patrie mân ne TaTcugle pas ; et , tout en désirant le succès des Fisa çois , tout en applaudissant à ee suecès , fl représente leoi cause comme moins touchaale que eelle des Grées; ee qu étoit la Térité.

Quand je parie anjourd'lmi avee ammir dee Ulert* P« bliques , avec liarrear de la servitude, J'en ai aeqaii h droit par ces pages écrites dans ma première jeunesse mes doctrines politiques ne se démentent pas un seul 9<^ ment. (N. En.)

I Enriron onze cents toises.

AVART }. C. 4t9. — M- »5.=I794,

IIS

leihiMi, OMipant k rive gMieha de TA»

iQfw lîee trois eeot einqoiote mille hommes, jîplayoieiit leur pombreuse oevaleiie dans la yÛiie, syaat des retranebemeDU sur leur front, Aèbeiet m p^ys libre sur leur derrière >• Les tiwpeseombiué^des Lacédémonleos «des Athép* QicBi et des autres alliés , eonsistaot eu eeut dix Bilb hommes d'infaoterie , campoient sur le poKhant du Othéron. A peu près sur la mAme SgDeoo aperoevoit à l'ouest les ruioes de la petite vilkde Platée, et outre cette ville et le camp dtt Grec9 se trou voit h moitié cbemiu la fontaine Gar|8^ie : de sorte que l'Asopus divisoitlesdeux «Dé» eonemies.

0 iy fit deux mouvements avant Taetion gêné* nie.

FiQttalas , manquant d'eau dans son premier «placement, fit défiler ses troupes par la lisière èirtj'ai parié, et prit une nouvelle position aux minas de la fontaine Gargaidiie'. Les Penws néestèfint une marche parallèle sur le bord op» inédofleuve^ Le général lacédémouien, in* VMé par l'enneoii, leva une seconde ibis son nop, dans le dessein de se saisir d'une Ile for* aéi à roocidentpar deux branches de l'Asopus^; aaii i peine avalt-U atteint Platée, que Mar- JHûqs , ayant traversé la rivière , vint fondre sur hi avec toute sa cavalerie ^. Il fallut se former à ithâte^ Les Lacédémouiens , composant l'aile Mte, se trouvèrent opposés aux Perses et aux heci» Les Athéniens, à l'aile gauche , eurent en ttte les Grecs alliés de Xerxès. Le centre de l'aruiB} is trouvant rompu par des collines , n'avoit |«ttdévek>ppef.

«-Charievol venolt d'être emporté par les hnçsto ;inais on ignoroit encore cette nouvelle fais le eamp autrichien. Le prince de Cobourg , '^terminé àseeoarir la place, et ayant reçu la ^He un renfort de vingt mille Prussiens, s'avança le 26 Juin ( 8 messidor] à trois heures du Min sur la Sambre. Son armée se montoit à M raille hommes. La droite se trouvott eom- ^Kléepar le prince d'Orange , la gauche , com- Ne de Hollandois et d'émigrés , par Beaulieu ; kKinos de Lambese étmt à la tête de la eava* krie. L'année françoise se formoit de la réunion

'Hou»., Hb. n, cip. xv; PLinr., in JrUtUi» l^ioi»., lib. i)(, cap. xxu; DioD., 1U>. il. HEioft., Hb. K , cap. uxu.

,*J»»W'»«p.tVHI.

de l'armée de la Moselle, les Ardennes et du Nord. Jourdan avoit le commandement en chef.

Enfin, le 3 de fioédromion', S* année de la 75* olympiade, et le 13 messidor de l'an m de k r^^lique' se levèrent : Jours destinés par celui qui dispos^ des empires à renverser lespro* jets de l'ambition et à étonner les hommes.

Les combats muets des anciens , où de longs hurlements 4 s'élevoient par Intervalles du milieu du silence de la mort , étoient peut-être aussi formidables que nos batailles rugissantes des détonations de la foudre. Le paysan du GIthéron , et celui des rives de la Sambre , purent en contempler les diverMS horreurs, et bénir en même temps le sort qui les fit naitre sous le chaume. Platée et Fleuras brillèrent de toutes les vertus guerrières. L& , le Perse , exposé sous un frêle bouclier aux armes des Lacédémouiens, brise de ses mains, avec le courage le plus intrépide, la pique dont il est percé ^. -** Ici le grenadier hongrois assomme avec la crosse de son mousquet les François qui se multiplient autour de lui^. — Ailleurs les Athéniens peuveift k peine surmonter leurs compatriotes qui ooraliattent dans les rangs ennemis7.^Les émigrés opposent aux soldats de Bobespierre une valeur, indomptée. La fortune enfin se déclare , Mardonius tombe au picmicr rang'. Ses troupes plient , sont enfoncées, pour* suivies dans leur camp, où on les égoige^. —Le prince de Golworg , se reformant sous le feu de rennemi , se dispose à retourner à la eharge , lorsp qu'il apprend que Cbarleroi a capitulé, et il fait sonner la retraite. Deux cent mille '"* Perses temt bèrent à Platée, -^ une multitude d'AutrieUens

' Moniteur du 12 messidor ( 30 Juio }.

* 18 septembre 479 avant J. C

* 90 Juin noi. le me ier« dei formes révoiaUoooMlfM pMi conserver la vérité des couleurs. .

* DioD., 11b. II ; PLtJT., tn Âritt; HeROn., Hb. ix , cap. uit. » Plut. , m Mrisi., pag. as».

• Ce trait de la bataille de Fleurus , que des officiers pré* senti m*ont eont4i , s'est renouvelé plusieurs fols dans la guerre pféseule, entre autres à Gemmapes, ou les grenadiers tioagrois, manquant de cartouches, assomrooient avec une es^ léee de ngi les Fraaçoit qui fQNUinUtoieDt dam les ntn»» chements.

1 Hejiod.» Ub. n • eap. LXTiL

• Jd., ibid., cap. Lix.

• M., iàid,, cap. Lxvii; DiOD., Ub. U. pag. n, i« JiniTUf., lib. u 1 cap .xit.

Artabaze emmena quarante mille hommes : des cinquante mille Grecs auxiUaires , qui tinrent peu , excepté les Béotiens, je supposa que quar»nte mille échappèrent ; tout le reste de l*armée , à TexcepUon de trois mille soldats, périt, disent ^s historiens. Or, cette armée étoit originairement de trois cent cbiquaDte mille liommes, et même de six oent mille hommes, si nous en croyons Diodore. Ainsi mon calcul est modéré. U est certain quelesbataillesétoientinttnlment plus meurtrières I avant rinvention de la poudre.

Page 1