CHAPITRE PREMIER
Seconde rérolutloo. Philippe et Aleundie.
Le théâtre change; de la ressemblance des événements nous passons à celle des hommes. Jo» qu'ici les tableaux se sont rapprochés par les sites, mais presque toujours les personnages onldifféré Maintenant, au contrairCi les similitudes se mon treront dans les groupes , les oppositions dons te fonds. Plus nous avancerons vers les temps di corruption, de lumières et de despotisme, plm nous retrouverons nos temps et nos mœurs. Soa vent nous nous croirons transportés dans nos su détés , au milieu des grandes femmes et despe tits hommes , des philosophes et des tyrans ; de gens rongés de vice pousseront de grands crlsd vertu ; de beaux livres sur la science de la libert conduiront les peuples à l'esclavage : enfla ooo allons nous revoir parmi les deux tiers et den de sots et le demi-tiers de fripons, dont doq sommes sans cesse entourés*.
Périclès avoit pris le vrai sentier pour arrive au bonheur. Traitant le monde selon sa portée
s'y montre royaliste par dése^wir de ne pouvoir être réfi blicain, jugeant la république impossible; il déduit bard ment les causes d'une révolution devenue, selon lui, i» viiabie; et il attaque en même temps avec la mèmehirdkf cette révolution. Ne trouvant rien ni dans le passé ni du le présent qui puisse le satisfaire , il en conclut qo*an go veroement quelconque est un mal ; que la liberté civiU veut dire politique) n'existe point; que toutse lédol rindépendance individuelle, d'où il part pour vous pnf ser de vous faire Sauvage. Il ne sait comment exprimer qu'il sent; U crée une langue nouvelle, il invente les no les plus barbares , et détourne d'autres mots de leur aott tion naturelle. Assis sur le trépied, il est tourmenté pari mauvais génie : une seule chose lui reste au milieu de* délire , le sentiment religieux.
J'avois entrepris de râuter phrase à phrase ce diapitr mais la plume m'est bientôt tombée des mains. II và*it impossible de me suivre moi-même à travers ce cbios : folie des idées , la contradiction des aeolimenls , la ftoM des raisonnements, le néologisme, réduisoient touto commentaire à des exclamations de douleur ou de ptt J'ai donc pensé qu'il valoil mieux me oondamaer tout à fols à la fin de ce chapitre, et ùâret la oorde an cou , aiMO honorable au bon sens. Mais, cette exécution achevée, dois dire aussi, avec la même iropartialltS, qu'à y a di ce chapitre insensé une inspiralioDy de qodqœ sala qu'elle soit , qu'on ne retrouve dans aocoae autre pvlis * mes ouvrages. (N. Éd.)
• Voilà mon siècle bien arrangé. * (R. »)
AVANT h C. 4H. = 0L- M- !'• ANNÉE.
hnqoela nécessité le forçoit d'y parottre , U s*y prêsentoit avec des idées communes et un cœur de glaee. Mais le soir, renfermé secrètement avec Aspisieet un petit nombre d*amis choisis, il leur décoQvroît ses opinions cachées, et un cœur de ftu. Les sots s'aperçurent de son mépris pour eux , car les sots ont un tact singulier sur cet article , et rien ne les chagrine tant que Findifférence du méfMîs. Ils accusèrent donc la tendre amie de Pendes; celui-ci parvint à peine à la sauver par ses larmes. Et qui cependant devoit préteivdre plus que lui à la gratitude de ses concitoyens? Il y oomptoit peu , ayant étudié les hommes. La reeoonoissance est nulle chez le très-nécessiteux, firce que le sentiment du premier besoin absorbe tOQs les antres; elle existe quelquefois comme vertu chez le mécanique pauvre , mais non indigent ; elle se change en haine dans Tindividu placé immédiatement un rang au-dessous du bienbiteor ; elle pèse aux philosophes; les courtisans feoblient.^ Il suit de là qu'il faut faire du bien au petit peuple par devoir, obliger l'artiste par satis&iction de cœur, n'avoir qu'une extrême politesse avec les classes mitoyennes, prêter seulement aux gens de lettres ce qu'ils peuvent exactement vous rendre , et ne donner aux grands foe ce qu'on compte jeter par la fenêtre \
A ces petites caricatures de nos sociétés se mêleront aussi nos grandes scènes tragiques : la tynmnie, les proscriptions, les rois Jugés et masmerés par les peuples , d'autres tombés du trêne ci réduits à ga^er leur vie du travail de leurs mains ; enfin nos hideuses révolutions , entourées du cortège de nos vices.
Expliquons le plan de cette partie.
On sent qu'il est impossible de suivre maintenant le cours régulier de l'histoire, ni même de i^attacher à de grands détails. Ce qui nous reste à peindre des Grecs consiste en cette partie qui i^étend depuis l'époque que nous avons traitée Jusqu'au règne de Philippe et d'Alexandre, ou Athènes et Lacédémone perdirent leur liberté , mm de nom , mais de fait.
* Singulier train d'idées I Cette indiiuition à la satire •e manifeste continoeUement dans V Essai. Il est ?isible, tel loua ces passages» que ce n'est qu'avec de grands cSorts for nioi*mènie que je parviens à étouffer ce pendant an dédain et à l'ironie.
On s'aperçoit , au reste , que je oomnençois déjà à écrire snîns mal. Sons le rapport de l'art, Y Essai va se lron?er à pea près de nirean avec mes ouvrages subséquents ; il y ■ttlen oependaDt', toujours avec des idioiismes étrangers, fviqBe chose de fiwgneox et de déclamatoire. (If. Éd.)
Dans cette période, qui , à la compter de Tannée de la paix avec les Perses Jusqu'à la bataille de Chéronée, renferme un espace de cent onze ans, nous saisirons seulement trois traits caractéristiques : le renversement de la constitution et le règne des Trente Tyrans à Athènes , la chute de Denys le jeune à Syracuse , et , par extension , la condamnation d*Agis à Sparte. Nous verrons ainsi l'âge de corruption dans les trois principales villes grecques de l'ai^ien monde. Quant à la révolution même de Philippe, nous ne ferons ^e i'indi* quer, parce qu'elle ne va pas directement au but de cet ouvrage ; mais, en même temps, nous nous étendrons sur le siècle d'Alexandre , dont les rapports avec le nôtre ont été si grands, considérés sous le jour philosophique. Au reste, nous avons donné, pour abréger, à cette seconde partie le nom général de révolution de Philippe et d*A^ lexandre; elle forme la seconde de ct\ Essai.