AVANT J. C. 4IJ.=0L. M. V ANNÉE
tut que le ponvotr leur ééhappoit, revenoit peu i pea à l'andoine constitution , et se rangeoit do M àa peuple. Phryniqne, par des motifs d'am- IWiii, souteiioit le nouvel ordre de choses; et, pnrse ménager des ressources, il députa seerè^ tesnot à Sparte , et se mit à bâtir une forteresse aiPIrée, afin d'y reeevoir les ennemis et de s'y nUrer lui*raéme en cas d'événement. Sur ces catKftiites,on apprend tout à coup qu'il vient d*étie assassiné suf la place publique , eomme MantiQ milieu deses triomphes. Théramènes, mainteointà la tète du parti populaire, insurge les citoyens, et se saisit du général de là faction opposée. Les Quatre-Cents courent aux armes pour knr défense. A llnstant même la flotte lacédémorienoese montre à l'entrée du Pirée; lé tumulte Hison comble. Théramènes vole au port; il parle m soldats; il leur représente que le fort a été êevé par les tyrans, non pour la sûreté de la place, Ittispour y introduire l'ennemi de la patrie, dont b vaisseaux sont déjà en vue. La rage s'empare fa troupes; le fort , rasé Jusqu*aux fondements, âisparoit sous la main empressée d'une multitude Meuse; l'abolition du tribunal des Quatre-Cents al prononcée par acclamation; les conjurés é]KNivantés s'échappent de la ville; et la constiliKon populaire se rétablit au milieu des bénédkdons et des cris de Joie de la foule»
Teb forent ces troubles passagers, où nous Rtrouvons si bien le caractère de ceux de la France. On y sent le même fond d'immoralité et à viee intérieur. Nous apercevons un goumoement flattant la soldatesque , et s*entourant ia militaire, signe certain de ruine et de tyranaie. On y découvre un Je ne sais quoi d'étroit en choses et en idées, qui fait qu'on s'imagine lire hisloife-de notre propre temps. Ce ne sont plus bThémlstocle, les Aristide, les Cimon : ce sont ks Bobespierre , les Couthon, les Barrère. Au Nsie, cette révolution d'Athènes tient à un prince politique que nous allons examiner avant de ivaer aux Trente Tyrans *•
CHAftTRE in.
Euiaen d\in giaod principe eo politique*
Panm principe généralement adopté des pu- ^Uta , les nations ont le droit de se choisir un Vaivcmenient , et par un autre principe aussi fà-
* Ce ne loot plus des coaiparalaons directes, mais quel- ^npprociieineDU g^nérauiL de laiU ei de personnages : le sjtlème défient Mipporlable. (N. £d.)
meux , • que tout pouvoir vient du peuple , » elles peuvent reprendre leurs droits et changer leur constitution. C'est ce que firent les Athénlcms qui consentirent à rabolitlon de la démooratie, et la rétablirent ensuite. Voyons où ces princlpeanous mènent.
Des trois partis qui composent la foule , les uns adoptent absolument ces propositions et disent : Une nation a le droit de se choisir un gouvernement^ parce que celle-ci étoit avant celui-là : que la première est un corps réel, existant dans la nature , dont l'autre n'est qu'une modification, qu'une pensée. La loi ne peut être en ascension de l'effet à la cause , mais descendante du principe à la conséquence. Tout pouvoir découle ainsi du peuple, et il ne sauroit aliéner sa liberté, car le contrat est nul entre celui qui donne tout et celui qui n'engage rien ; entre tel qui ne sau* roit acheter et tel qui n'a pas droit de vendre.
Les autres nient le tout, et les modérateurs Jettent un voile religieux sur cet axiome.
Je ne puis penser de même ; cet air secret fiilt i>eattcoup de mal. Le peuple est un enfant; présentei^lui un hochet dont il sorte des sons , si vous ne lui en expliquez la cause, il le brisera pour voir ce qui les produit. Pour mol, j'avoue hautement ce que Je crois , et suis persuadé qu'en toute occasion, la vérité, bien expliquée, est bonne à dire. Je reçois donc les deux principes, inattaquables dans leur base, et indisputables dans le raisonnement , mais en adoptant la majeure avec les républicains, voyons si nous admettrons le corollaire.
Conclurai-Je que ce qui est rigoureusement vrai en logique soit nécessairement salutaire dans l'applicntion? Il y a des vérités abstraites qui seroient absurdes si on vouloit les réduire en vérités de pratique. Il y a des vérités négatives et des vérités de maux , que le titre de vérités ne rend pas pour cela meilleures. J'ai la fièvre , c'est une vérité ; est-ce une bonne chose que d'avoir la fièvre? Le chaos où les deux propositions nous plongent est évident de soi. Le peuple a le pouvoir de se choisir un gouvernement , mais il a aussi celui de changer ce gouvernement, puisque toute souveraineté émane de lui. Ainsi , hier une république, aujourd'hui une monarchie, et demain encore une république. Far le premier droit, dira-t-on, une nation courroit les risques de tomber dans Tesclavage, comme à Athènes, si elle n'avoit le seoond pour sa sauver. I^acooM.
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REVOLUTIONS ANCIENNES
Mais cette seconde faculté ne le li vre-t-elle pas à la merci des factieux sans nombre, qui ne vivent que dans les orages? des factieux qui, connoissant trop le pencliont inquiet dé la multitude, lui persuaderont incessamment que sa constitution du moment est la pire de toutes, par cela même qu'elle en Jouit; et un éternel carnage et une étemelle révolution régneront parmi les hommes. Est-il d*ailleurs quelque puissance qui puisse rompre le soir les serments solennels que vous avez faits le matin? L'honneur, les engagements les plus sacrés, que dis-Je! la morale même ne sont qu'une folie si j'ai le droit incontestable de les violer, et si par cette violation Je crois mériter, non des reproches, mais des louanges. Quoi! le manquedefoique vous puniriez dans rindivldu, vous le récompenserez dans le corps collectif? Y a-t-il doue deux vertus , l'une de l'homme et l'autre des nations? 0 vertu! peuxtu être autre qu'une? Que si tu es double , tu es triple, quadruple f ou plutêt tu n'es rien qu'un être de raison qui nivelle le scélérat et l'honnête homnie, qu'un vain fantôme omniforme, modifié selon les cœurs et variant au souffle de l'opinion. Que deviendra l'univers?
Tel est l'abîme où nous font accourir ceux qui tiennent de loin devant nous ces lumières funestes, €omme ces phares trompeurs que les brigands allument la nuit sur des écueils pour attirer les vaisseaux au naufrage. Voulez- vous encore vous convaincre davantage de l'illusion de ces préceptes? examinez les contradictions où est tombée la Convention en voulant les faire servir à l'économie politique. C*étoit un crime digne de mort en France , à une certaine époque , d*oser soutenir qu'une nation n'eût pas le droit de se constituer. L'anarchie est venue, et les révolutionnaires n*ont point eu de honte de nier la proposition au soutien de laquelle ils avoient versé tant de sang. Ainsi ils sont réduits à abandonner labasede leur propre édifice , tandis qulls continuent d*en suspendre en Fair la coupole. Est-ce supériorité de talent ou foi menteuse? Pour moi, qui, simple d'esprit et de cœur, tire tout mon génie de ma conscience, j*avoue que je crois en théorie au principe de la souveraineté du peuple; mais j'ajoute aussi que , si on le met rigoureusement en pratique, il vaut beaucoup mieux, pour le genre humain, redevenir sauvage, et s'enfuir tout nu dans les bois *.
. • Ii'Mdêca de ce cbepitra et( loooDoeTable; certes, Je