CHAPITRE IV
Les Trente Tyraos. CrUias, ICaraL TbéramèMi, Syeyeii.
Quelques annéesaprèsla révolution desQuatie Cents, Athènes fut prise par lesLacédémonieu Lysander, ayant fait abattre les murailles de li vQle , y abolit la démocratie, et y nomma treidi citoyens qui dévoient s'occuper du scinde faireoi nouvelle constitution '.Ces hommes pervers s'en parèrent bientôt de l'autorité remise entre teon mains. Faisons connoltre les principaux acteon de cette scène sanglante.
A la tête des Trente Tyrans paroissoit Gritias philosophe et bel esprit de l'école de Socrate. G despote a voit tous les vices de ceux qui désolènn si longtemps la France. Athée par principe, sai guinaire par plaisir, tyran par inclination', il N nioit, comme Marat , Dieu et les hommes.
Théramènes, son collègue, avecplusdetaienti
n^anrois pas aujourd'hui le coDrage de oooper ainsi I iHBttd gordien. Aurois-je réeUemet trouTé dans ma jeanai la manière la plus sûre de touclier à cette qoestioo dei souveraineté du peuple? Je me dâmrrassc de tous Ion sonnemenls en faveur de cette souTeraineté en la rto» naissant, et j'en évite tous les périls en la dédanuit <i praticable ': je la tiens comme une vérité de la naturel la peste ; la peste est aussi uue vérité.
Au surplus, et je l'Ai déjà dit dans ces notes, k dn divin pour le prince, la souveraineté pour le peuple, M des mystères qu'aucun esprit raisonnable ne doit essaf de sonder. H est tout aussi aisé , après tout, de nier ù sn veraineté du peuple que de l'admettre. Ce principe, quel peuple existoit avant le gouvernement, n'a aucune sd dite; on répond fort bien que c'est, au contraire, le fin vcmement qui , constituant les lioromes en sodclé, fiûll îuple ; supposez le gouvernement absent, il y a des S vîdus, il n'y a point de naUon. ^heiUiUdt 'i€kgJ^ Le princtjte de la souveraineté du peuple n*est d^wv d'aucun intérêt pour la liberté : U y auroit même oa da ger réel à taire surUr la liberté du droit politique, cir! droit politique est toujours contestable , susceptible d1 terprétatlons et de modificaUons. La Ubcrté a une oriSH plus assurée, elle sort du droit de nature : riiomme etti libre. Ce n*esl point par sa réunion avec les autres bonu» qu'il acquiert sa liberté ; il la perd plus souvent qu'il ne trouve dans les agrégations politiques; mais HiointDei porte dans la société son droit imprescriptible à la libol Dieu n'a soumis ce droit qu*à l'ordre, et n'a exposé* droit à périr que par la violence des passions.
Il résulte de là que la liberté ne doit et ne peut suppl ter que le joug de la règle ou de la loi ; qu'aucun touvoi n'a d'autorité politique sur eUe; que plus cette libellée éclairée , moins elle est exposée à se perdre par lei pi sions; qu'elle a pour ennemi principal le %ioe, pour M Tegarde naturelle, la vertu.
(N. ÉD
* Oubliez le rapprochement des noms, Critiu et li rat , Théramènes et Syeyes , et il y a quelque intérêt hiil rique dans ces chapitres. (M. En.)
* XENora., ilisL Gnte,, Itb. n; Dion. Sia, lib. m.
' Xekopd., Hitt Gywc., Ub. ii; IsocB., Jreop., ton* pag., aeo; Bayu, Crit,
AYANT J. C. 4li.=0L. M. !'• ANNÉE.
ifoftaoïsipfaisdeMyoplesse. Demème que Syeyes, inaleor de la démocratie, ii consentit cependant ideveoir l'an des Quatre-Cents '^ renversa bienttiprés leur autorité * , et fut clioisi de nouveau hn des Trente , après la reddition d'Athènes ^
La premièreopérattQn deces misérables fut dé l'woeiertroisniiiie brigands et de tirer une garde èlicédémone, prête à exécuter leurs ordres < Lonqo'ils se crurent assez forts, ils désarmèrent kdté, ainsi que la Convention les sections de fStfis, excepté les Trois-Miiie, qui conservèrent I lesdrôitsdes citoyens ^. C*est encore de cette ma- I Bicfeque les conjurés de France a voient fait des hBobbis les seuls citoyens actifs de la république, toadisqne le reste du peuple, plongé dans la nullié et la teneur, trembloit sous un gouveme- Mt révolutionnaire.
Kiormais certains de leur empire , les Trente Ucrent la main au crime. Tous les Athéniens MpfODnés d'attachement à l'ancienne liberté, iNsccox (qui possédoient quelque fortune , fuart enveloppés dans la proscription générale ^. tttias dtsoit , comme Marat , qu'il falloit , à tout bard, faire tomber les principales tètes de la ^ 7. Les monstres en vinrent au point de cboi- É tour à tour un riche habitant qu'ils condamtfenti mort , afin de payer de la oonfiscationde ieos lessatellitesde leur tyrannie'. Et comme i trnit, dans cette tragédie , devoit ressembler .à KUedeRobespierreetde la Convention en France, h corps des citoyens massacrés étoient privés ^ Ittoneurs funèbres 9.
I Cfcndant Athènes n'étoit plus qu'un vaste ^■beaa habité par la terreur et le silence. Le 9^ le coup d'œîl , la pensée même , devenoient heitesBux malheureux citoyens. On étudioitle tat des victimes ; et sur ce bel organe de vérité, b scélérats cherchoient la candeur et la vertu , ^■ttme an juge tâche d'y découvrir le <^rime ea- <U da coupable "*. Les moins infortunés des ^Dieos furent ceux qui, s'échappant dans les
îteCT»., Ub. vin.
Hihti.
iMxon., BtMi. Grœe, lib n.
U,, ttfNf.
^ooua^Ampag., tom. I ,pag. 445; DEMOCTn., tu TYfit.; ■**>-i m Ctertph,
j^^ la denlen aatean cités, Il y eut à pea près de Z^^ quinze cniU citoyens massacrts ; mais « diaprés Xé- ^'jviMe nombre paroi trolt avoir élé bien plus considé- '^iCoomef aurai occ^^ion de le faire remarquer alUeun. XttOML, HitL Crée., Ub. il.
ténèbres de la nuit, allolent, dépouillés de tout^ tratner le fardeau de leur vie chez les nations étrangères '.
L'énormlté de cette conduite ouvrit enfin les yeux à quelques-uns des tyrans. Théramènes^ quoique facile , avoit , au fond , du courage et du penchant à bien faire. Ces atrocités le firent frémir. Il s'y opposa avec magnanimité,et sa perte fut résolue ^ Taliien,de même, détesté de Robes* pierre , se vit sur le point de succomber sous une dénonciation; mais, plus heureux ou plus adroit que l'Athénien , il détourna le poignard contre l'accusateur même. C'est ainsi que les chances disposent de la vie des hommes. Je vais rapporter l'une auprès de l'autre ces deux accusations célèbres ; nou6 y verronsque les factions ont toujours parlé le même langage, cherché à s'accuser par les mêmes raisons , et à s'excuser sur les mêmes principes. Je ne puis donner une meilleure leçon aux ambitieux, aux partisans des révolutions, que de leur montrer que, dans tous les siècles,, elles n'ont euqu'une issue pour ceux qui s'y sont engagés, la tombe*.