CHAPITRE XVL
Jugemeot et coodamoaUoD de Charles l*', roi d^AngMeiR.
Le grand projet déjuger Charles avoit dépoli longtemps été développé dans le conseil seerel de Gromwell * ; mais soit que celui-ci ne pût faire
1 Page 529 , tome ii. Paris , I6t9.
' On ooDooil les farces religieuses que ee grand lioBCf employa pour se faire autoriser dans son crime. J'ilcoticto mains une collection de pamphlets du temps de CroBwelli en trois gros volutaes large in-8*. Il mi presque Impottlble di les parcourir, tant Ils spot dégoûtants et vides de falU ; wÊà
en même temps Ils peignent d*Une manière frappante r^pril et Im malheurs du sIeclB ou Ils furent écrits. Ce sontt (WV la plupart, des espèces de sermons politiques, d'unesbiaidilé rt d*un ridicule qui passent tout6croyanoe. Je rapportenin» eripUon de quflques-uns de ces étranges monumenti def révolutions pour amuser le lecteur : « A. tender vliilatioaif • the Father's love to ail the elect-children , or an Ifl^ « unto the rlghteous congrégation who in the llght ait p* « Ihered and are worshlppers of llie Father io spiril aod tnHk. • Tendre vIsitaUon de famour du Père à tous les enfanta éiitf » ou une Rpltre aux très^ustes congrégations qni sont tfi^ blées dans la lumière , et sont les adorateurs du Père en «9», et en vérité. « A few wordsof tfuder oounsel unlotbel^i <i wiUi ail that walk tliat wtiy. » Quelques tendres aris M Pape, et à tous ceux qui suivent ce chemin. « An alaca lou « llesh wlth an invitation lo the true seeker. ■ Alanne à * chair, avec une Invitation au vrai chercheur. En ^|^J^ assez. Il faut faire coimottre maintenant iestyle deoesprodo^ Uons littéraires.
« Au alarm to ail flesh , etc.
« Howle , howle , shrlek , hawl and roar, ye luft-f«n , «rsing , swearing , drunken , lewd , superstitions, devilWii •<*• suai , earthty InhabiUnts ot Uie whole enrth; how, boV)et
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RÉVOLUTIONS ANQENNES.
tauper le parlement dans son crime , tandis que ce corps étoit encore intègre, soit par tout autre Botif, Texécution du dessein s'étoit trouvée suspeDdne. Aussitôt que les communes furent rédui* tes à un petit nombre de scélérats dévoués aux ordics du tyran , ii lui fut aisé de faire Jouer i*étnmaote tragédie. .
Mrtnrly trees and Urfly oaks; ye tall oedan and low ihnibs, cry ont alood ; hear, hear ye, proad waves, and koatro» scûs; aiso listen , ye undrcumdsed , stiff-necked ■laad-nging babbica, wlio evén haie to be refonned.
> lo Ihe name of the Lord God of gods, Kfng of kings, bear, Inr, itpeol, repcot fDrUiwith, repent; for be as sure 'as irLonI UveU) you shall feel... the irrésistible and the ml- (MjliiDd or the All-Mighty... for behold, bis invincible, plniag, invisible sword Is on bis thigh.... Then shail the lidttB oaks, Ismaei and DIveses of tbis génération, roar ■inti, yca sbake and quake, look upward and dov^nnN, aad corsa tbelr leaders and their God wbich now Is ieir iBtf bellyes, supersliiions and pleasures. Horror shali liT Md on tbdr right, and terror shali seize apon their U;iad erery inan*s bajMls shall be upon bis loyns shali be
* iHo wilis hew us any good? » And an anparalleled dart or — fMt shall pkrceqoite throngb tbe iiver of the cham- |ia.€te.
« Mortel, hurlez, criez, beaglez, rugissez, à vous libidii«x,Bandita, Juiears, Ivrognes, Impars,' soperstiUeux, fcbofiques, sensuels, habitants terrestres de la terre. Coark»vooi, «Nirbez-vo^s, 6 vous arbres très-dédaigneux; et ««itCMncs élevés, vous, hauts cèdres et peUts buissons, cria de toutes vos forces; écoutez , écoulez , vagues orgueilk«ei,ct vous mers indomptables; écoulez-moi , vous écume *^, Boe, incireoncise et enragée , qui haïssez la réforme.
• ha Dom du Seigneur, Dieu des dieux, et Roi des rois, ^c^ki, éeootez, repentez-vous, repentez-vous; oui, re- Mn-Tous; car, soyez-en aussi sûrs que de Texistence du Nseor, voua senUrez la main puissante et IrrésisUbie du T«itfiiiisanL.. . Oh ! voyez ! son épée invincible, brillante, in- ^àiifc, est sur sa cuisse.... Alors les chênes de Basham , dls- ■Midde Divesacs, de cette génération, rugiront et râleront ; klmbleroQi même et craqueront; \h regarderont en haut 'nias, et maudiront leurs cheb et leur Dieu , qui sont >iiil«niit leurs Jouissances, leur ventre, leurs supersU- ^■«t leurs plaisirs. L*iiorrettr saisira leur main droite, la k>Kar, la main gauche ; chaque homme mettra le poing sur ■kmehe , et s*écriera : « Qui veut nous montrer le bien ?... » H as iacfoyable dard de surprise percera d*outre en outre kUe da champion , etc. »
Ia nste est de la même force. Je suis fâché que Fauteur 'ai pareil écrit ait eu la modesUe de cacher son nom ; car IbVsI pas d*un certain George Fox , qui Joue un grand rôle ■■• ■on feoneft'
le tairai cette nota par qndques vers d^un jeune quaker qui *i>wveDt dans cette même collection : les beaux-arts y ilgu- ^aopcès de la saine logique.
Desr friend i. C. , wiUi tme nnfelKned love ItbeenlQte i
fMae» dear fricnd; a nemberJoynUy knIK Tto aU te Christ , In beavealjr placet tit ; Aaatliere,tofirlendsiio atranger woald Ibe,- Hwiiiii they my tece , as outward , ne'er dld Me. For Inily , fricnd , I dearly love aod own Ak tntelHng sonla , who truly slgb and groan Vbr nie adoption whlcb wts free from tin , etc.
'Hoe cher ami Jésus-Christ, je te baise avec un amour ^iterve.... Touche-moi, cher ami, moi, membre coqjoln- J***!! uni à tous en Christ, qui. est assto aux lieux célestes. Uje ne lerob point étranger parmi les amte; J*aime ten- ^^■nitfCl Je ravoue, les Ames voyageuses qui soupirent et gé- "H^eoi Téritablement pour TadopUon qui rachète les pé-
CeiQQtde tels hommes que Butler a peints si admirable^ **><. surtout dans le second chant de la deuxième partie •«uiibm, où il trace de main de maître te tableau raccourci
ca.\TF.«rMuifi^. — Tow: i.
Od chargea un comité d'etiquérir dans la con- . dttite de Sa Miy'esté Britannique , et , sur le rapport qui en fut fait , la Chambre basse nomma nqjs haute cour de justice, composée de cent trente-trois membreS) pour juger Charles Stuart, roi d'Angleterre, comme coupable de trahison envers la nation. Cromwell et Ireton étoient du nombre des juges ; Cook , accusateur pour le peuple; Bradshaw, président.
Le biil fut rejeté par les pairs, mais les communes passèrent outre ; et le colonel Harrison , fils d'un boucher, et le plus furieux démagogue d*Angleterre, reçut ordre d'amener son souverain à Londres.
La cour étoit séante à Westminster. Charles parut dans cet antre de mort au milieu de ses assassins avec les cheveux blancs de l'infortune et la sérénité de l'innocence '. Depuis dix-huit mois accoutumé à contempler les scènes trompeuses de lavie du fond d'une prison solitaire , il n'espéroit plus rien des hommes, et il parut devant ses juges dans toute la splendeur du malheur. Il seroit diffldle d'imaginer une conduite plus noble et plus touchante. De prince ordinaire devenu monarque magnanime, il refusa avec dignité de reconnoltre l'autorité de la cour. Trois fois il fut
de la révoluUon de Cromwell. Les amateurs ne doivent pas négliger ce nu>rceau friand , trop long pour être elle.
* Charles n'étolt pas innocent sans doute, mais il fétolt de ce dont on Taccusoit; il l'étoit par rincompétence des Juges qui osoient le condamner, de Faveu même de l^auteur de la D^eeiion ofihe Court, de celui de rhistoireo//fMf0'/)en<fCTicy. Les lecteurs qui se sont arrêtés aux citations de cet Euai auront pu remarquer quej*ai poussé riropartialllé Jusqu'à citer toujours ensemble, autant que cela étoit possible, deux auteurs d'un parU contraile*.
* On ne peut nier cependant que le parlement d'Angleterre, ou une conomissioD nommée par ce parlement, poQvoit bire valoir, en essayant d'excuser son crime, des précédents que la Convention nationale n'avoil pas. Les limites qui ont séparé de tout temps dans la Grande-Bretagne l'aristocratie de la monarchie sont extrêmement confuses. L'omnipotence parlementaire est aujourd'hui un dogme politique chèx nos voisins : le parlement s'est cru pins d'une fois le droit de déposer et de juger ses rois , témoin rbistofa« de Richard U. Que le parlement ait été Tinstrument de l'ambition du duc de Lancastre en 1 399 , ou de Cromwell en 1640, on de Guillaume en 1688, peu importe ; il partoit toujours du principe que lui, parlement, avoit le droit de faire ce qu'il faisoit.
Mais dans la monarchie françoise il n'y avolt rien d'équivoque : si le parlement de Paris commença en 1589 le procès de Henri III , ce ne fut qu'une monstrueuse usurpation , hiquelie ne pouvoil pas créer un droit. Le parlement sons Cromwell pouvoit se dire héritier du pariement sous Richard II ; mais quand ki Convention auroit eu la prétention de descendre des états généraux , elle n'auroit pu en faire dériver son autorité régicide , car les états généraux ne s'étoient jamais arroge le droit déjuger leur souverain.
(N. En.)
Si
KAVOLtmONS ANCIENNES.
conduit dtvant ses bouttttisx , et trois fdHs il déploya les talents d'un homme sopérietir, la majesté d'un roi et le calme d*tin héros. Il eut à y souffrir des peines de plusieurs espècea. Des soldats demandolent sa mort à grands eris et lui cra- •hoieot an visAge i tandis que le peuple fomfirft en larmes et Taecahloit de bénédictions. Charles étoit trop grand poUr être ému de ces injures atroces i, mais trop tendre pour n'être pas touché de ces témoignages d'amour : ce ne sont pas les outrages , ce sont les marques de bienTellIance qui brisent le'cceur des infortunés ■•
A la quatrième confrontation, les Juges con» damnèrent à mort Charles Stuart, roi d'Angleterre , comme traître , assassin , tyran et ennemi de la république. Trois Jours lui furent accordés pour se préparen
De toute la Aimille royale il ne restoit en Angleterre que la princesse Elisabeth et le duo de èlocester. Charles obtint la permission de dire un dernier adieu à eet aimable enfant , qui , tous les traits nalfii de l'innocence, sembloit déjà porter le ecrar sympathique d'un homme. Durant les trois Jours de grâce , l'Intrépide mona^ que dormit d'un profond sommeil au bruit des ouvriers qui dressoient l'appareil de son supplice.
Le trente de Janyièr 1 649 le roi d'Angleterre fiit conduit à l'échafaud élevé à la vue de son pàh\s , raflln^ment de barbarie qui n'a pas été oublié par les régicides de France. On avoit eu Soin d'entourer le lieu du sacrifice d'une foule de soldats , de peur que la voix de la victime ne parvint jusqu'au peuple , rangé au loin dans une imorne épouvante. Charles , voyant qu'il ne pouvoit se faire entendre, voulut du moins laisser en mourant une grande leçon h la postérité : il reconnut que le sang de l'innocent, qu'il avoit autrefois permis de répandre , rejaillissoit Justement sur lui. Après cet aveti , il présenta hardi-
t O Lord f let the voice of hls blood (Ctirlst) be bfard for my nardereri, looder than Uie cry of mine agalnit them.
O deat fiot wiUi tlHtti it Mood-thtrsty and deœUftil mea ; but owteomé Uidr cnielty with Uiy eoiii|ia>sion and my charity. Icon Baiilike, pag. 289. Tda étoleat lei ioulialls du malheurei» Charles pour set cruels «nnemia. VIcoh et hi Teitamenl de Louis ont fait plus de royalistes que n*auroient pu faire les édils de ces princes dans toute leur prospérité. Les écrits posthumes nous Intéressent ; 11 seml)le que ce Sott tiM f oit qui 8*élève dtt fond de la tombe : refRet surtout en est pfodigieax, site oooi découvrent ice vertu* caebées d'un htmoM que nous cvoni perséeuté, et nous font sentir le foldt de noU« ingratitude. Malgré les plaisanteries de Hilton et le silence de Bumet, quoique les preuves externes soient contre Tauthenticilé de VIcon , les preuves Internas sont si fortes , que je suis perso<lâé , oonune Home , qn*U est écrit de la DMln de Charles^
ment la tête au bourreau, qui la Ht Yoler d*at seul coup '.