‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 136 sur 228 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

QaelqaM peofléei.

ieiieflenl que quelques courtes réflexions sUr «MnementsAimeux. Les grands crimes comm les graiides vertus nous étonnent. Tout ce qui fidt événefflent plaît à la multitude. On aimé à (treremaé, à s'empresser, à faire foule; et tel kouiéte homme qui plaint son souverain légiti- M massacré par une faction, seroit cependant lien fiché de manquer sa part du spectacle, peutte méine trompé , s*il n*alloit pas avoir lieu*. Toilà la raison pour laquelle les révolutions où Oi péri des rois éblouissent tant les hommes , et fonr laquelle les générations suivantes sont si fert tentées de les imiter : lorsqu'on mène des entetsàune tragédie , ils ne peuvent dormir à leur Rtnr, si Ton ne couche auprès d'eux Tépée ou k poignard des conspirateurs qu'ils ont vus. Mteors il y a toij^ours quelque chose de bon àm une révolution , et ce quelque chose survit ih révolution même. Ceux qui sont placés près f m événement tragique sont beaucoup plus

à«tt4M)*«l4lttpltuliaatda roi de France, et Jt «oit qoo <M ivcc cudear et imparUaUté que JM rendu justice à ses «lB.QB«tfà«NilBaocance, elle cal mèiiMaviNiéa des Ja-

Uoit éloit «Tane taille ataotageoae ; U avolt les épaules lar- Pt to vmtrs pfédonioaDl ; U mareboit eq roulant d'une pÎM ior raalre. Sa vue éloit courte ; >es yeux, à demi fermés ; 2JMMlie, grande; sa toli , creuse et vulgaire. li riolt volon- VMiédalsî son air aonooçoitU gaieté, non peut-^tre celte PMoi vient d*uo etprit supérieur, mais cette Joie cordiale i«aile hemme qui naît d'une oonsclenee sans reproche. MkH pis sans çoonolssaocas , surtoat en géographie ; au ■ait iiavoU ses foibles comme les autres hommes. Il aimoit , roeaiple, à Jouer des tours à ses pagae ; à guetter, à dnq m ée nalin , an traYers des fenêtres du palais , Ice sd- Pnnéesa cour qui sortoienl des appartements. SI , à la ^Me. tous pasaiez entre le cerf et lui , U étoit svUet à des jytoaeDts , comme Je VU éprouvé moi-même. Un Jour qu*U ■M^OM chaleur étoufTaote , un vieux genUlhomme de ses jj^yi l'avoit suivi h la chasse , se trouvant fatigué ,^es- St* *^al , et , se eouebant sur le dos, i^eiâormlt à Mil. Louis vini à passer par là , et , apercevant le bon- ^■M, trouva piaieeot de le réveilier. U descend .done lui- Jltée cheval, et , sans avoir intention de blesser cet ang^trileur, lui laiase tomber une pierre assez loaitle sur sa fWae. Cdui-cl se réveille , et , dans le premier mouvement ![■ lutteur et de la colère , s*écrle : « An ! Je vous reconnois ■^Ik! Voilà comme vous étiez dans votre enfance; vous "■■a lyraa , on homme cruel , une béte féroce. » Et U se JJtieeabler le roi d*injures. $. M. regagne vite son cheval, Wriaot , moitié fâché d'avoir fait mal à cet liomme quUl MMbfaucoup , et disant en s'en allant : « oh ! il se fâche, !J[aehefilsefàcbeN

^peUu traiU , tout misérables qulls puissent paroltre , Qpniic caractère mieux que les grandes actions , qui ne **joof la plupart du temps , que des vertus de parade, !**J«taiii n'dtent rien du respect que l'on doit avoir pour jj*- Wnnooence de ses mcrars , sa haine de la tyraqpie, son CLf ""^ P*<Mila f ao feront toq^oaii, aux yeux d'un wyimparUai, un monarque estimable et digne d'éloges. J2JI a» que trop prouvé que parmi les hommes il vaut ^» pour Dctre intérêt , être méchant que folble.

'trotabomtoable. (X. Éd.)

frappés des miMui. que des avuntages qui ea résultent ; mais pour ceux qui s'en trouvent à une grande distance, reffet est précisément inverse ; pour les premiers , le dénoûment est en action ; pour les seconds I en récit. Voilà pourquoi la révolution de Cromwel n'eut presque point d'influence sur son siècle , et pourquoi aussi elle a été copiée avec tant d'ardeur de nos Jours. 11 en sera de même de la révolution françoise , qui , quoi qu'on en dise , n'axira pas un effet très-considérable sur les générations contemporaines ^ et peut-être bouleversera l'Europe future*.

Mais la grande différence qui se fait sentir entre les troubles de Sparte sous Agis, ceux de l'Angleterre sousCharlesI", etceux de la France sous Louis, vient surtout des hommes. A qui peut-on comparer parmi nous un Lysander, patriote ferme, intègre et modèle des vertus antiques? un Cromwell, cachant sous une apparence vulgaire tout ce qu'il y a de grand dans la nature humaine; profond, vaste et secret comme un abtme, roulant une ambition de César dans une âme immense, trop supérieur pour être connu de ses collègues , hors du seul Hampden , qui l'avoit su pénétrer?

Lui oppoeerons-nous le sombre Bobespi^rre, méditant des erimes dans la cavernosité da mm cœur , et grand de cela même qu'il n'avoit pas une vertu?

Bapprocherons-Dous du vertueux Hampdeo , qui l'eût été même dans la Rome du premier Brutus, ce Mirabeau, à la fois légisfaiteur, ehef de parti, orateur, nouvelliste, historien, d'une politique incommensurable, savant dans la oon» noissance des Iiommes, à la fbis le plus grand génie et le cœur le plus corrompu de la révolu^ tion^î

Lorsqu'il se trouve de telles disproportions entre les hommes, il doit en exister de très-grandes entre les temps où ces hommes ont vécut

* Oseroift-je dure dire que tout ce paragraphe étott digne d'un meilleur ouvrage que V Essai? Quand je récrivois , ot paragnq^bs , la Francs Revoit partent des répabliqaea ; Je prévoyoia que caa républiques no aeroient pas de longof durée ; maie je prévoyoia aussi les conséquences éloignéea de la révolution, et favois raison de les prévoir; j'atols le eourage d'écriis qu*il y a Un9<mr$ quelque ehou de bon dont une révolution. (N. Ka«)

^ J'ai (kitdejà remarquer quelenoBide 0uonapar(etm m rencontre daoa VMseai qn^one leole fois, et dans une noie où ce nom fmmx est jeté oosrnie par baaard avec qad« quea autrea noms. Mirabeau avoit du génie f mais ce a'é* toit pas un grand géfUe : il j a euséralioii*

ftÉVOLUTIONS ANCIENNES.

Hais nous verrons ceci ailleurs; et il faut maintenant revenir sur nos pas au siècle d'Alexandre.

Page 1