‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 147 sur 228 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

De nnflaence des philosopliei greei de Pàce d*A1eiandre sur leur siècle, et de Tinfluenoe des philosophes modernes sur le nôtre.

C'est une grande question que celle-là : savoir comment la philosophie agit sur les hommes; si elle produit plus de bien que de mal, plus de mal que de bien; comment elle détermine les révolu*

* Ces grands homtnes / Je ne veux pas parler sans douta de Diderot et de d*Alembert? Je réclame m contre mon humilité , et je crois Taloir tout autant que les plus honnêtes gens de notre siècle. ( N. En. )

^ Je ne me suis point réconcilié arec les philosophes do^ divhuilième siècle; j*al très-bien fait de les traiter comme je l'ai fait dans V Essai. Je ne puis souffrir des hommes qui croulent qu'on pent rendre un peuple libre en éiranglaHi le dernier roi avec le boyau du dernier prêtre, et qui Touloient substituer, pour le triomphe des lumières , la lecture d*un roman obscène à celle de PÉYangHe. Je vois aTee Joie qu'ils tombent tous les jours eo discrédit parmi notie raisonnable jeunesse, et j'en augure bien pour ravenir, L'itacrédulité n'est pas plus une preuTe de la force de l'esprit, qu'une marque de rindépendance du caractère. La eupersUUou déplaît aujourd'hid, rhypocrisie est en hor* reur, mais le siècle rejette également les turpitudes irréligieuses el le fanatisme philosophique. On traite grayement la liberté , et Ton a cessé de vouloir en ftire une impie ou une proatitoée. (If. tb.)

RÉVOLUTIONS ANCiEISNES.

lions, et dans quel sens elle les détermine, et jusqu'à quel point un peuple qui ne se conduirqit que d'après des systèmes philosophiques serait heureux?

Nous n'embrasserons pas ectte question générale, qui nous mèneroit trop loin, et nous c<msidérerons seulement la philosophie, par l'influenee qu'elle a eue sur la Grèee et sur la France, en nous bornant à la pdiitique et à la religion. Un essai est un livre pour faire des livres; il ne peut passer pour bon qu'en raison du nombre de fétus d'ouvrages qu'il renferme. D'ailleurs, le sujet que je traite s'étend si loin , et mes talents sont si foibles, que je tâche de me circonscrire; d'une autre part, le temps se précipite , et je me fatigue.

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