‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 148 sur 228 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Infloenoe poUUqoe.

On aperçoit une différence considérable entre l'âge philosophique d'Alexandre et lenAtre, con- ^dérés du côté de leur influence politique. Les divers écrits sur le gouvernement, qui parurent en Grèce à cette époque, devinrent le signal 'd'une révoluticm gépérale dans les constitutions des peuples. L'Orient commua ses institutions despotiques en des monarchies plus modérées, tandis que les républiques grecques rentrèrent sous le joug des tyrans.

Les livres de nos publicistes modernes ont développé au contraitre une révolution totalement opposée. Des États populaires se sont érigés sur les débris des trônes ; ceci natt d'une position relative différente dans les siècles.

Lorsque les Platon, les Aristote, publièrent leurs Républiques 9 la Grèce possédoit encore les formes de ce gouvernement Le disciple de Soerate et le Stagyrlte n'apprenoient donc rien de nouveau aux peuples; et n'avoient-ils pas les lois des Solon et des Lycurgue? Nous pénétrons ici dans les replis du cœur de l'homme. Quel gouvemementles philosophes légistesd' Athènes exaltèrent-ils dans leurs écrits comme le meilleur? Le monarchique \ Pourquoi? parce qu'ils avolent senti les inconvénients du populaire; mais non , disons plutôt parce qu'ils ne possédoient pas le monarchique. L'état où nous vivons nous semble toujours le pire de tous; et mille petites passions honteuses, que nous n'osons nous avouer, nous font continuellement haïr et blâmer les institu-

> J« œ €i|0 point; j'ai dté ea mille eodroUi.

tiens de notre patrie. Si nous dcseeDdlons plus souvent dans notre conscience pour examiner la grandes passions du patriotisme et de la liberté qui nous éblouissent, peut-être découvririons nous la fourbe. En les touchant avec Taimeau de la vérité, nous verrions ces maglcieiuies, comme celle de TArioste, perdre toat à ooop leurs charmes empruntés , et r^arottre um les formes naturelles et dégoûtantes de riatérèt,de l'orgueil et de l'envie *• Voilà le secret des résolutions.

Du moins les philosophes grecs, en vaatant b monarchie, sut voient-ils eu cela les mœurs do peuple, désormais trop corrompues pour admettre la constitution démocratique ^ Les livres de ces hommes célèbres durent avoir une très-grande influence sur les opinions de ceux qui , se trouvant à la tête de l'État , pouvoient beaucoup pour ei altérer les formes. Démosthènes eut beau criei contre Philippe, plusieurs pensoient à Athèua que son gouvernement n*étoit pourtant pas i mauvais. Leurs préjugés contre les rois s*étoieiil adoucis par la lecture des ouvrages politiques,'é bientôt la Grèce passa sans murmurer sous rantorité royale.

Jean-Jacques, Mably, Raynal, eu embouchaii le trompette républicaine, trouvèrent l'Europ endormie dans la monarchie. Le peuple réveitt ouvrit les yeux sur des livres qui ne précboleD qu'innovations et« changements; un torrent d nouvelles idées se orécipita dans les têtes. LereU chement des mœurs, l'enthousiasme des chose nouvelles, l'envie des petits et la corruption de grands, le souvenir des oppressions moDafcbi ques, et plus que cela la fureur des systèmes qi s'étoit glissée parmi les courtisans mêmes; toi seconda l'influence de l'esprit philosophique, < jeta laTrance dans une révolution républicaiDi Car, par la même raison que les publicistes grec vantèrent le gouvernement royal , les publidsti françois célébrèrent la constitution popuIai^e^

Ainsi l'influence politique des philosophes d l'âge d'Alexandre et de ceux de notre siècle ag

■ Gela est vrai pour les indiridas, cela n'est pis n pour les Dationa. ( N. ËBb)

^ L'observatioD est très-vraie en ee qui regarde lésa eieus , eUe est dusse pour nous. (N. Éa.)

^ C'est chercher une trop peUte cause à de trop paat effets ; c'est attribuer des révolutions qui ont daûsê la fti du monde à un mouvement d'humeur et à un esprit déco tradiction , tandis que les causes réelles de ces révolotioi venolent du changement graduellement opéré dans li croyances religieuses et poUtiqnes. (X En. }

ÉVOLUTIOxNS ANCIENNES.

tes le sens le plus eootraire. En Grèce elle pro- Miit la monarchie , eu France , la république ; ttb il ne (àut pas admettre trop promptement es vérités. La France affecte maintenant des fmaes qu*oo aj^lle démocratiques; les conserven-t-elle? voilà la question *. Si nous partons ief mœurs, nous trouvons que celles des peuples de la Grèce, au moment de la révolution d'Akiaidre, étoient à peu près au même degré de corroption que les mœurs des François à l'instant deriostituticm de leur république : or, ces mœurs produisirent Tesclavage à Athènes ; sera-ce un Ïtr de plus ou de moins qui les rendra mères de il liberté a Paris''?

Piusoos à Tinfluence religieuse des philosophes. Jes'ai pas besoin de faire remarquer que religion apolitique se tiennent de si près , que beaucoup k choses, que j*ai supprimées dans ce chapitre i^'oû trouvera dans les suivants, auroient pu Mer également sous l'article que je viens de tniter.

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