‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 158 sur 228 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

fiepob hconTenion des Barbares Jasqu^à la renaissance des kttra. Le chrisUaDisme attelnt'à son pios haut point de I snadear.

An milieu de ces orages , les prêtres , croissant de plas en plus en puissance , étoient parvenus à : l'organiserdansun système presque Inébranlable. Des sectes de solitaires, vivant à Tabri des cloîtns , formoient les colonnes de rédifice ; le clerféngolier, classé de même en ordres distincts et séparés, exécu^oit les décrets du pontife ro- Bilo , qui , sous le nom modeste de pape , s*étoit plaeé par degrés à la tête du gouvernement eccléliastiqQe. tl'ignorance, redoublant alors ses voiles, servoit à donner à la superstition une appa- RBceplus formidable ; et FÉglise , environnée de têoèbres qui agrandissoient ses formes , marchoit comme on géant au despotisme.

Ce fut après le règne de Gharlemagne et la diviston de son empire que le christianisme at- ItigDit à son pins haut point de grandeur. Les {oerres civiles d*ItaUe, connues sous le nom des pmes des Guelfes et des Gibelins , offrent un caractère neuf à quiconque n'a pas étudié les iMxnmes. Les papes, attaqués par les empereurs, avoient contre eox la moitié des peuples dltalie, fui les regardoient comme des tyrans et des Kélérats ; et cependant un édit ^e la cour de Route détrônoit tel ou tel souverain , Tobligeoit à ^r pieds et tète nus se morfondre en hiver '(^ les fenêtres du pontife, qui daignoit enfin 1>1 accorder une absolution humblement demanda genoux'. Rome religieuse se trou voit alors nMée dans toutes les affaires civiles, et disposoit fa couronnes ) comme des hochets de sa puisnnee.

' BainoLiH, jéntiq. Dan,

Aikoin et Emlam, omDi conâttt desUtutos , ADiaum nec poasldebaat , ratlonem ncc habebant. ^cc Mogntnem , nec nermonem , nec faclem vennstam : dedlt Odinns ; rationem dedlt Henœrus; a addldlt et foclem venostam.

Daniel, Hist, de France; Gré», iub Tours» Ut. I ; Hohb's *f- »/«»»/. ; Henry*6 ibid., elc,

' J^'Wîïn hL del ItaL; Maochuv., /ai. Fi^r.; Am., Chr, fMm,; HE5., Chron,! GiAH., Jet. di Nap.

Les croisades qui suivirent bientôt après forment époque dans l'histoire du christianisme ' , parce qu'en adoucissant les mœurs «par Tesprit de chevalerie elles préparèrent la voie au retour des lettres. G'étoit alors que les sires de Créqut, embrassant leur écu , abandonnoient leur manoh* pour aller en quête de royaumes et d'aventures. Ces bons chevaliers se trouvolent-iis sans armes dans un péril imminent , ils se Jetoient tous aux pieds les uns des autres , comme le r8q[»p6rte le sire de Joinville, en s'entre-demandant naïvement Tabsolution. Avoient-ils la lance au point au milieu des dangers , Ils se disoient en riant : « Riaux sires, et en fairons moult récits à lés damselles. »

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