‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 170 sur 228 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

DU CLBB6É iCTUEL 19 BUIOPg.

Do Clergé en Franoi.

Nous allons maintement examiner Fétat dr clergé en Europe. Commençons par la France.

Le clergé gallican peut se diviser en trois ciasses : les évêques , le^ abbés et les curés.

Les é véques conservoient peut-être encore trop de l'ancien esprit de leur ordre , mais ils^étoient généralement instruits et charitables ; iIsconDoiS' soient mieux l'état de Toplnion que les grands^ parce qu'ils Tivoient davantage avec le peuple; et si tous avoient imité quelques-uns d'entre eui, si éminents pour la pureté des mœurs , ils seroleof encore à la tète de leur troupeau. Mais, maigri leur connoissance du génie national , Ils ne Aireoi pas assez au niveau de leur siècle; en cela poortant moins Ignorants que la cour, dont rineptl^ étoît révoltante sur cet article*. JTal vu des hommes me dire , en 1 789 : La révolution! on enpaf lera, dans deux ou trois ans d'ici, comme d^ mesmérisme et de l'affaire du collier! Dès lorl je prévis de grands malheurs.

Les abbés, qui forment la seconde classe, od été en partie la cause de ce déluge de baia^ ^ a fondu sur la tête du clergé. N'oublions pasosi pendant que les Raynal , les Mably , les Gondli' lac, les Barthélémy, et mille autres, se trouvolenj dans l'ordre des abbés ^.

Quant aux curés , ils étolent pleins de préjsgi et d'ignorance : mais la simplicité du cœur^ || sainteté de la vie, la pauvreté évangélique, I charité céleste , en fhisoient la partie la plus res pectable de la nation. J'en ai connu quelques-uQ qui sembloient moins des hommes que des eipril bienfaisants descendus sur la terre pour soulage les maux de l'humanité. Souvent lisse déponilU rent de leurs vêtements pour en couvrir laa^ dite de leurs semblables ; souvent ils se reftisèrei la vie même pour nourrir le nécessiteux. Qui n roit reprocher à de tels hommes quelque sévMl d'opinion? Qui de nous, superbes philanthrope voudroit , durant la rigueur des hivers , dans X\ palsseur des ténèbres, se voir réveillé an miKc de la nuit, pour aller porter au loin dans I campagne un Dieu de vie à l'indigent expim sur un peu de paille? Qui de nous voudroit ave

* Ce jugement n*est pas trop partial pour un petit pli losophe en jaquette. (N. En.) ^ C'est encore juste pour les al)bé8. (N. £o.)

RÉVOLUTIONS ANCIENNES

Bsi eesse le cœur brisé du spectacle d*ane misère qo'ûQ ne peut secourir? se yoir environoé d'une ^lle i moitié nue, dont les Joues creuses , les yeux hâves, annoncent l'ardeur de la faim et de (ntles besoins? Consentirions-nous à suivre le coré de la ville dans le séjour du crime et de la dooienr, pour consoler le vice et l'impureté sous les formes les plus dégoûtantes , pour verser l'esférance dans un cœur désespéré? Qui de nous (ifin Youdroit se séquestrer du monde des heuim, pour vivre éternellement parmi les soufhoees^ et ne recevoir en mourant , pour tant de Ken&its, que l'ingratitude des pauvres et la ca- Innie des riches*?

On peut conjecturer, de cet état du clergé en Fnoioe, que le christianisme y subsistera encore jngtemps^. Le prêtre vivant au milieu du petit fople, étant presque aussi indigent que lui , est Il compagnon d'infortune que le misérable se ré- Mra difficilement à perdre. Le protestantisme Mt mal calculé pour mes compatriotes ^ ; ils toteroient un ministre distant, qu'ils n'apertimient qu'un moment chaque dimanche : ils ibuandent un curé populaire, qu'ils puissent r et couvrir d'injures. Le François est la aimante des créatures ; il lui faut des gestes , apressions chaudes , de Tintiraité. Au reste , eommunieation du pasteur avec l'indigent ondes liens les plus respectables qui se soient il formés entre des hommes ^. Le christiaa repris une nouvelle vigueur en France b persécution du bas clergé ; et il est à préer qu'il durera quelques années de plus qu'il I^Writ fait dans le calme ».

* J'ai transporté cet éloge des cnrés dans le Géràe du Ohitianisme, Il ne falluil pas dire dans le précédent ^NiUaque feaprit dominanl du sacerdoce est Tégoïsme, "^tÎBe , la haine » pour dire dans celui-ci tout le con- ^ à propos des évéques et des curés. (N. Éo.)

Trfes-jttste; mats pourquoi ai-je dit dans les cliapitres llMdests que la religion chrétienne avoit reçu un eonp ffid» qu'elle n'en refiendroit pas, que c'étoit une affaire

«K? (N.ÉD

' BittobserTé : la France pourroit être impie ou indicé- *>^ CB matièfe religieuse ; elle ne sera jamais protes- ^ (N.Éo.)

' EacoK très-Men ; mais pourquoi disois-je tout à Theure ■fiMUraire? Pourquoi parlois-je de Tégoïsme des prêtres?

* Qaejfties années déplus : je me suis souvenu tout *^ (on le Toit par cette phrase) de ce que j'avois écrit V"* kaot ; et, pour ne pas me mettre trop en contradiction ^* a»i-inénie, je me fiùs une petite concession de quel»

î*»flw^. (N.ÉD.)

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