‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 174 sur 228 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

Du Clergé en Espagne et en Portugal. Voyage aox Açoni

Anecdote.

Je considère les prêtres espagnols et portugai comme ne formant qu*un seul corps, et je \ai raconter )in fait dont J'ai été témoin , qui servie plus à faire connoltre leurs mœurs que toot c que Je pourrois en dire.

Manquant d'eau et de provisions frfltches,! nous trouvant au printemps de 1791 par lahai teur des Açores , il fut résolu que nous y relédii rions. Dans le vaisseau sur lequel Je passoisabi en Amérique , il y avoit plusieurs prêtres fraDçd qui émigroient à Baltimore, sous la conduite d supérieur de Saint... , M. N. Parmi ces prétresi trouvoient quelques étrangers, en particaiij M. T., Jeune anglois d'une excellente familh qui s'étoit nouvellement converti à la religlfl romaine >.

' L'blstolre de ce Jeune homme est trop singulière poQra' tre pas racontée , surtout écrivant en Angleterre, où die f^ intéresser plusieurs personnes. J*in\ite le lecteur à iipini Tir avant de continuer la lecture du cliapilre.

M. T. étolt né d*une mère écosaoise et d'un pèce aagM ministre. Je crois, de W. (quoique J'aie fait en vaio des déni ches pour trouver oeiui-ci , et que Je puis d'ailleun avoir « blié les vrais noms). Il aervoit dans rarUllerie,où soo mal l'eût sans doute bientôt fait disUnguer. Peintre, moficii matbéfflâUcien , parlant plusieurs langues , il réonisMit, « avantages d'une taille élevée et d'une figure cbanDaote,! talents utiles et ceux qui nous font rechercher de la loeil , M. iii. , supérieur de Saint..., étant venu à Uiodres , Jto^ en 1700, pour ses affaires , fit la oonnoissance de T. A IVifl rusé d'un vieux prêtre, M. N. Joignoil une chaleur d'iiwi fait aisément des prosélytes parmi des hommes d*aiieiiDi| nation aussi vive que celle de T. Il fut donc résolu qoeodoi passeruit à Paris, renverroltde là sa commissioo au due* Richemont, embrasserait la religion romaine, el, entrant di les ordres, soivroit M. N. en Ajmérique. La chose fut tut tée; et T., en dépit des lettres de sa mère, qui loi tiroli des larmes, s*embarqua pour le Nouveau-Monde.

Un de ces hasards qui décident de notre desUnée n'aM sur le même vaisseau où se trouvoit ce Jeune homme, ie i fus pas longtemps sans découvrir cette âme, si mal aaeocl avec celles qui l'environnoient; et J'avoue que Je ne poavi cesser de m'étonner de la chance singulière qui Jetoit ooA gloi^i , riche et bien né, parmi une troupe d*» prêtres cM ques. T., de son côté, s'aperçut que Je l'eutendois : 11 ine i chercholt, mais 11 craignoit M. N., qui marquoit de moi a Juste défiance, et redoutoit une trop grande iotimitéw moi et mon disdple.

Cependant notre voyage se proIongeoU, et nous nVia pu encore nous ouvrir l'un à l'autre. Une nuit entin nous R tAmes seuls sur ie gaillard , et T. me conta son histoire. J lui représentai que, s'il croyoit la religion romaine meUlev que la protestante. Je n'avois rien k dire à cet égard ; malsj|i d'abandonner sa patrie, sa famille, sa fortune, pour illi courir h i*autre bout du monde avec un séminairede prMn me paroissolt une insigne folie dont il se repeotiroitawr ment, ie l'engageai à rompre avec M. N. : comme U lui >^ confié son argent, et qu'il craignoit de ne pouvoir le xaw Je lui dis que nous partagerions ma bourse; que mon date étoit de voyager chez les Sauvages aussitôt que J'aoroli tt» mes lettres de recommandation au général Washington ;q» s'il vouloit m'accompagner dans celte lulcfwsaiitecaravw nous reviendrions ensemble en Europe; que Je passerotep^ amiUé pour lai en Angleterre, et que J'aïuoisltpwura' '

BÉVOLUTIONS ANQENNES.

Le € mai , vers buit heures da matin , noUs détoovrtmes le pic de File da même nom , qui , dit- 00, surpasse en hauteuir celui de Ténériffe; bien- IMncms aperçûmes une terre plus basse, et, entre

MKttn mot-méme aa sein de sa famille. Je me chargeai en (roips d'écrire à sa mère , et de lai annoncer cette lietiooa?flle. T. me promit tout, et nous nous liAmes d*une Itadir uniUé.

T.flioit, comme moi, épris de la nature. Nous passions les nii ratières h causer sur le pont , lorsque tout dormolt iMsteTaisseaUf qu*il ne restoit plus que quelques matelots fcquft; toutes les voiles étant pliées, nous roulions au gré fM lune sourde et lente, tandis qu*une mer immense s'é- INdoKaotoarde nous dans les ornières, et répétoit IMllumina- |tbiB^fiqned*an ciel chargé d*étoiles. Nos conversations n'éioieot peut-être pas tout à fait indignes du grand I que nous avions sous les yeux ; et il nous échappoit f ces pensées qu*on auroit honte d'énoncer dans la société, iqu'oaseroit trop Iteureuxde pouvoir saisir et ^écrire. F M dans une de ces belles nuits, qu'étant à environ cinliews des e6tes de la Virginie, et cinglant sous uns I brise de Touest, qui nous apportoit l'odeur aromatique ')k terre, il composa , pour une romance françolse , un air iobsloit le sentiment entier de la scène qui l'inspira. J'ai ré os morceau précieux ; et lorsqu'il m'arrive de le ré- ^dsm les circonstances présentes, il fait naître en moi des ique peu de gens pourraient comprendre, itiot cette époque , le vent nous ayant forcés de nous élever l MriMrablement dans le nord , nous nous étions trouvés dans Itéde faire une seconde relâche à l'Ile de Saint-Pierre*, les quinze Jours que nous passAme» à terre , T. et moi iilUoos courir dans les montagnes de cette-lle affreuse; ksous perdions au milieu des brouillards dont elle est sans iniivcrte.L'imasinaUon sensible de mon ami se plaisoit iioèoa sombres et romantiques : quelquefois, errant au des nuages et des bouffées de vent, en entendant les its d'une mer que nous ne pouvions découvrir, nr une bruyère laineuse et morte, au bord d'un torroQge qui rouloit entre des rochers , T. s'imaginoit être )kfdede Gona; et , en sa qualité de demi-Écossols, il se à déclamer des passages d'OMian, pour lesquels il riwit des airs aauvages , qui m'ont plus d'une fois rap- !lr •'/ wat like tfu memory ofjoyi that are pasl, plea- \ui moufnful to the toul. » Je suis bien f&chéde n'avoir ■Ole qoelqttes-aos de ces chants extraordioaires , qui aui étonné les amateurs et les aritetes. Je me souviens que pass&nes toute ane aprèfrKlinée à élever quatre grosses en mémoire d'un malheureux célébré dans un petit à la manière d'Osgtan*. Nous nous rappelions alors m «'amusant à lever des rochers dans son Ile, pour MtTce qui étoit dessous : si nous n'avions pas le génie fauteor de VÉnUle , nous avions du moins sa simplicité.

f flo(s nous herborisions.

ibb je prévis dès lors que T. m'échapperoit. Nos prêtres

'^^imt à faire des processions , et voilà mon ami qui se

' la télé, court se placer dans les rangs , et se met à

lier avec les autres. J'écrivis aussi de Saint-Pierre k la

^*^de T. Je ne sais si ma lettre lui aura été remise , comme

*9tvenieur me ravolt promis ; Je désire qu'elle se soit

ÇjlWi puisque J'y donnois des espérances qui n'ont pas été

Arrivé à Baltimore, sans me dire adieu, sans paroltre sen- ■l^i notre ancienne liaison , à ce que J'avois fait pour lui ^^étuit attiré la haine des prêtres) , T. me quitta un matin, et # le rai Jamais revu depuis, ressayai , mais en vain ,' de lui V^'y ^ nialhenreux étolt circonvenu , et il se laissa aller, ^i MaK>lns touché de l'Ingratitude de ce Jeune homme que «a wrt : depuis ma retraite en .Angleterre , J'ai fait de ^■« Rdicrehes pour découvrir sa famille. Je n'a vois d'autre '•'«que d'apprendre qu'il étoit heureux, et* de me retirer; ^1 qoand Je le connus. Je a'étois pas ce que Je suis : Je ren-

\ Suit edte de Terre-Neare.

*fl^l tiré de mes Tableaux de la Nature, que y^^ C^s de lettres ont connus , et qui ont péri comme i^* rapporte d-aprts.

onze heures et midi , nous jetâmes Tancre dans une mauvaise rade, sur un fond de roches, par quarante-cinq brasses d*eau.

L'Ile Graciosay sur laquelle nous étions mouillés, se forme de petites collines un peu renflées au sommet, comme les belles courbes des \ased corinthiens. Elles étoient alors couvertes de la verdure naissante des blés, d'où s'exhaloit une odeur suave, particulière aux moissons des Aço-* res. On voyoit paroftre, au milieu de ées tapis onduleux, les divisions symétriques des champs formées de pierres volcaniques mi-parties blanches et noires , et entassées lès unes sur les autres, comme des murs à hauteur d'appui bâtis à firoid. Des figuiers sauvages, avec leurs feuilles violettes et leurs petites figues pourprées , arrangées comme des nœuds de chapelet sur les branches, étoient semés çà et là dans la campagne. Une abbaye se montroit auvhaut d'un mont; au pied de ce mont, dans une anse caillouteuse, apparolssoient les toits rouges de la petite ville de Santa* Grux. Toute l'Ile , avec ses découpures de baies , de caps, de criques, de promontoires, répétoit son paysage interverti dans lesflots.Degrandsrochers nus , verticaux au plan des vagues , lui servoient de ceinture extérieure, et contrastoient, par leurs couleurs enfumées, avec les festons d'é« cume qui s'y appendoient au soleil comme une dentelle d'argent. Le pic de Tlle du même nom, par delàGracioza, s'élevoit miyestueusement dans le fond du tableau au-dessus d'une coupole de nuages. Une mer couleur d'émeraude et un ciel du bleu le plus pur formoit la tenture de la scène , tandis que des goélands, des mauves blanches, des corneilles marbrées des Açores , planoientpe-

dois alors des services , et ce n'est pas ma manière de rappeler des liaisons passées avec les riches, lorsque Je suis tombé dans rinfortune. Je me suis présenté chez l'évèque de Londres , et , sur les registres qu'on m'a permis de feuilleter, Ja n'ai pu trouver le nom du ministre T. Il faut que Je l'orlhographie'mal. Tout ce que Je sais, c'est que T. avoit un frère, et que deux de ses sœurs étoient placées à la cour. J'ai peu trouvé d'hommes dont le cœur fût mieux en harmonie avec le mien que celui de T. ; cependant mon ami avoit dans lei yeux une arrière-pensée que Je ne lui aurois pas voulue *.

* n n'y a de passable dans cette note que mes descrip* tlons comme voyageur. Il falloit bien, au reste, puisque j'étois philosophe , que j'eusse tous les caractères de ma secte : la fureur du propagandisme et le penchant à calomnier les pi*étre8. J'ai été plus heureux comme aihliassadear que je ne Ta vois été comme émigré. J*ai retrouvé à Londres, en 1 822 , M. T. Il ne s'est point fait prêtre ; il est resté dans le monde; il s'est marié; il est devenu vieux comme mol ; il n'a plus &arrière'pensée dans les peux; son roman, ainsi que le mien , est fini.

(N. ÉD

RÉVOLUTIONS ANCIENNES

Bamment en criant au-dessus du vaisseau à Tancre , coupoieut ia surface des vagues avec leurs grandes ailes recourbées en manière de faux ^ et augmentoient autour de nous le bruit, le mouvement et la vie.

Il fut (décidé que J*irois à terre comme interprète avec T. , un autre jeune iiomme et le se* cond capitaine : on mit ia chaloupe en mer, et nos matelots ramèrent vers le rivage, dont nous étions à environ deux milles. Bientôt nous aperçûmes du mouvement sur la c6te , et un large canot s'avança vers nous. Aussitôt qu'il parvint à la portée de la voix, nous distinguâmes une quantité de moines. Us nous hélèrent en portugais , m Hàlien , en auglois, et nous répondîmes, dans ces trois langues, que nbus étions François. L'alarme végnoit dans Tile : notre vaisseau étoit le premier bétiment d*on grand port qui y eût Jamaisabordé et qui eût osé mouiller dans la rade dangereuse où nous nous trouvions ; d'une autre part, notre pavillon tricolore n'avoit point encore flotté dansées parages , et l'on ne savoit si nous sortions d'Alger ou de Tunis. Quand on vit que nous portions figures humaines, et que nous entendions ce qu'on nous disoit, la Joie fut universelle : les moines nous firent passer dans leur bateau , et nous arrivâmes à Santa-Grux , où nous débarquâmes avec difficulté , à cause d'un ressac asses violent qui se forme à terre.

Toute nie accourut pour nous voir. Quatre ou cinq malheureux , qu'on avoit armés de vieilles piques à la hâte, 8*emparèrent de nous. L'uniforme de Sa Majesté m'attirant particulièrement les honneurs , Je passai pour l'homme important de la députation. On nous conduisit chez le gouverneur, daus une misérable maison où son éminence* , vêtue d'un méchant habit vert autrefois galonné d'or, nous donna audience de réception. Il nous permit d'acheter les différents articles dont nous nous faisions besoin.

On nous relâcha après cette cérémonie , et nos fidèles religieux nous menèrent à un hôtel large, coinmode et éclairé , qui ressembloit bien plus à celui du gouverneur que le véritable.

T avoit trouvé un compatriote. Le principal frère , qui se donnoit tous les mouvements pour nous, étoit un matelot de Jersey, dont le

* Cet htbit Terl aoroit dû m'avertir que le gouverneur n*étoU pas cardinal, et que je ne devois pas l'appeler émi' nence. La faute est peut-être au prote anglois , qu| aura pris une exoillence pour une éminence. On ne sait pas trop di&tiuguer ces choses-là en Angleterre. ( N. Éd. )

vaisseau avoit péri sur Gradoza plusSenrsannic auparavant. Lorsqu'il se fut sauvé seul à tern ne manquant pas d'intelligence , il s*aperçat qifi n'y avoit qu'un métier dans i*fle , celui de moin Il se résolut de le devenir : il se montra eitrèoM ment docile aux leçons des bons pères , apprit I portugais , et à lire quelques mots de latin ; enfin sa qualité d' Anglois pariant pour lui , on saer cette brebis ramenée au bercail. Le matelot Ja seyois, nourri , logé, chauffé à ne rien faire i à boire du fayal; trouvoit cela beaucoup pli doux que d'aller ferler la misaine sur le bout de I vergue.

Il se ressouvenoit encore de son ancien métia Ayant été longtemps sans parler sa langue, I étoit enchanté de trouver enfin qoelqo'mi ^ l'entendit; il doit, Juroit, nous racontoltenvit marin l'histoire scandaleuse du père tel, qui i trouvoit présent, et qui ne se doutoit guère i genre de conversation dont le frère anglois nos régaloit. Il nous promena ensuite dans rilert* son couvent.

La moitié de Oracioza, sans beaucoup d*eu gération, me sembla peuplée de moines, et | reste des habitants doltaussi leur appartenir pi de tendres liens. De cela j'ai non-seulemeat FI veu de plusieurs femmes , mais ce que j'ai n i mes yeux ne peut me laisser là-dessus aucoi doute. Je passe plusieurs anecdotes plaisantes' et Je m*en tiens à ce qui regarde le clergé.

* Deux traits peuvent servir à donner ans Icciean ooe iii de rignoranoe, de Toisivelé, de resptos dVufaoce dam II quelle ces bons moines sont restés à la fin du dis-baitièn ilècle.

On nous avoit menés mystérieuseinent à un petit bdfl d*orgue de la paroisse, pensant que odus n^avtoosjaBaii* un si rare Instrument L*organlste, d*un air triompliaot,! mit à touclier une misérable kyrleUe de plaln-duwt, ckR chant à voir dans nos yeux notre admiration. Nous pirM extrêmement surprb ; T. s'approcha modestameot» et fitias blaol de peser sur les louches avec le plus grand respect; Toi ganiste lui,falsoit des signes, avec Tair de lui dire : « prcsf « garde! » Tout à coup T. déploya r^armonie d*oo dm» pas>age de Pleyel. Il seroit difflcUe d*imagioer une scène pH plaisante : Torganiste en étoit à moitié tombé par terrciji moines, la ligure paie et allongée, ouvroient une bonat béante , tandis que les frères servants faisolent des geste» si tonoemenl les plus ridicules autour de nous.

La secdnde anecdote n*est pas aussi gaie, mais elle moan la moine. On nous présenta un père, dont Talr nssenért» portant annonçoit le savaotasse de son dollre. Il Urs de s manche un Cœur de Jésiu , tout barbouillé de grimoirfs: ■« voisins n'y entendoieot rien; là euriniU me psnint à isoi tour. Je ne sais pourquoi, un jour, en France, que Je naT« rien à faire, Il m*étoit tombé daqs la léte quil seroit bon j» J'apprisse Thébreu ; je savois donc un peu le lire, l* boS P<J avoit copié un verset de la 9U>lc; maU, n'en sachs&t pst v vantage . il avoit omis les poioU qui , dans certains cMi **' ment, par leur» positions relaUves, les voy«"**»i™^j2355rt c'étolt un asbemblage de consonnes parfaitement ijV'*"*!"™; blés. Je m'en aperçus, et je souris, mais je ne db rleii : pw voir lire le Cœur de Jésus eût été trop fort, H Je œ neiw'

RÉVOLUTIONS ANCIENNES

Le soir étant venn, on nous servît un exceiint souper. Nous eûmes pour éebansons de trèsjolies filles ; il fallut avaier du fayal à grands lots. On prévoit assez ce qui nous arriva : à uiie lieore du matin pas un convive ne pouvoit se te- Bir dans sa chaise. A six heures , notre moine de iersey nous déclara en balbutiant , et avec un Krmeot anglois très«connu , qu'il prétendoit dire sur-le-champ la messe : nous l'acccompagnâmes i l'église, où dans moins de cinq minutes il sut fipédier le tout. Plusieurs Portugais assistèrent iMévotement au saint sacriflce; et, en nous Il retournant, nous rencontrâmes beaucoup de feaple qui baisuit religieusement la manche du . L'impudence avec laquelle ce matelot , enpris de vin et de débauche, présentoit son à la foule, me divertissoit, en même temps je nepouvois in*empécher de déplorer au fond cœur la stupidité humaine.

Ayant embarqué nos provisions vers les midi, isn retournâmes nous-mêmes à bord, accompade DOS inséparables religieux , qui nous prêtèrent un compte énorme qu'il fallut payer ; se chargèrent ensuite de nos lettres pour FEu- , et nous quittèrent avec de grandes protestad'amitié. Le vaisseau s'étant trouvé en danla nuit précédente , par la levée d'une forte âel'estfOn voulut virer Tancre; mais, comme s'y attendoit , on la perdit. Telle fut la fin de Mre expédition.

Je veux croire que ces mœurs du clergé espa* psi et portugais ne soient pas générales; mais ^ sait qu'elles ne sont pas pures. On pourroit

firUire la chute de la religion, si en'méme temps P^ple n'étoit si avili , si superstitieux, qu'on l>*pit à peine où il pourroit trouver assez d'étoKic pour se soustraire aux abus qui le ron-

tLe ehristiaoisme subsistera donc encore nps en Espagne , à moins que quelques raidis étrangères ne viennent en hâter la chute. I sst curieux qu'à Gracioza les moines parlas- M aussi de réformes qui dévoient avoir lieu ™ leurs couvents : ils avoient ouf dire quelle chose des affaires de France. Quant à la Wulte du matelot de Jersey , elle ne manquoit 'i d'esprit ni d'une espèce de philosophie; il pos- ''^du moins celle qui consiste à se ranger du ** des fripons plutôt que du parti des dupes.

^ pt( fM llnqMiUlob se fût mêlée d*ane sorcellerie si 2||||fc4e. n en fui ensaite de même da Camoêns , et de quel* PI Htri opagDolt qae nous expUquAmes.

En cela , il étoit toujours sûr d'avoir pour lui la voix d'une mcgorité respectable de la société *.

Page 1