‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 181 sur 228 · TROISIEME RACE · texte numérisé non relu

TROISIEME RACE

Avec la troisième race unit l'histoire des Franks et commence Thistoire des François.

La monarchie de Hugues Gapet subit quatre transformations principales :

Elle fut purement féodale Jusqu'au règne de Philippe le Bel.

A Philippe le Bel s'élève la monarchie des trois états < et du parlement , qui dure jusqu'à Louis

Louis XIV impose la monarchie absolue, que détruit la monarchie constitutionnelle ou représentative de Louis XVI.

Les faits de la monarchie purement féodale sont : la formation même et le caractère de ee gouvernement, le mouvement insurrectionnel et raffranchissement des communes , la eonquéte de l'Angleterre par les Normands, les croisades extérieures et intérieures, et la querelle du sa- -cerdoce et de Tempire.

La monarchie des trois états et du parlement TOit naître les lois générales, civiles et politiques, l'administration et la petite propriété; elle voit les démêlés de Philippe le Bel avec le pape , la destruction de l'ordre des templiers, l'avènement au trône de la double lignée des Valois , la longue rivalité de la France et de l'Angleterre avec tous ses événements et tous ses malheurs , la destruction de la première haute noblesse, le soulèvement des paysans et des bourgeois, les troubles des trois états, l'établissement de l'impôt régulier et des troupes soldées , la séparation du parlement des isonseils du roi par la création du conseil d'État, l'extinction des deux maisons de Bourgogne , la réunion successive des grands ûeh àla couronne , les guerres d'Italie, les changements dans les lois , les mœurs , la langue , les usager et les armes. Les lettres renaissent ; les grandes découvertes s'accomplissent; Luther parolt; les guerres de religion éclatent ; les Bourbons arrivent à la couronne : la monarchie des états et la constitution aristocratique expirent sous Louis XIII. Le parlement en garde les traditions à travers la monarchie absolue.

La courte monarchie absolue de Louis XIV se (iompose de la gloire de ce prince, de la honte de louis XV, et de l'ititrusion des idées dans l'ordre social comme faits.

La monarchie constitutionnelle ou représenta-

■ Appelés depuis états généraux.

tlve a pour accldeiits le jugement de I^uls iVt, le passage de la république à l'empire, de Tempire à la restauration, et de la restauration à la monarchie républicaine , si ces deux mots se peuvent allier.

Je ne prétendspasétablirici desdivisions tranchées, commençant tout juste à telle date, finissant tout juste à telle autre ; les choses sont plus mêlées dans la société : les siècles s'élèvent lentement à l'abri des siècles; les mœurs nouvelles^ au milieu des ancieniies mœurs, sont comme les jeunes générations qui grandissent sous la protection des vieilles générations dont elles sont sorties. Ainsi, Louis le Gros n'a point affranéi les communes dans le sens absolu du mot; il ? avoit des communes libres et des communes insurgées avant qu'il leur octroyât des charteS; mais c'est à partir de son règne que les affranchiisemeuts se multiplient tant par la couronne qofe par les seigneurs : ainsi Philippe le Bel n'a pas appelé le premier le tiers état aux délibératioM publiques; avant lui plusieurs rois avoient convoqué des assemblées de notables, et particnliè* rement le roi saint Louis ; mais depuis Phili[^ le Bel , en 1303 , jusqu'à Louis Xltl, en 1614, on trouve une série de t;ou vocations d'états, qui n'est guère interrompue que vers la fin du (pa* tôrzième siècle.

J'en dis autant des autres divisions que Je n'adot^te que comme une forinule historique, pi^ à servir de lûjjette ou de casé flux fhlts et d'aidé à la mémoii^. Je sais tout aussi bien que personiK que la monarchie féodale ne tombe pas quand la monarchie des états et du parlement s'élève; loin de là , elle est à son apogée ; elle descend ensaitrt pendant tout le quatorzième siècle, et se vient abl mer sous Charles VIL

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