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nort efl prison , laissa deux fils qui ne régnèrent point , et auxquels on ne pensa plus.
Mais dans la personne de Hugues Gapet s*epère une révolution importante; la monarchie élective devient héréditaire ; en voici la cause immédiite qu'aucun historien , du moinsque je sache, B*a encore remarquée : le sacre usurpa le droit d'élection.
Les six premiers rois de la troisième race firent ttcrer leurs fils aines de leur vivant. Cette électioD religieuse remplaça l'élection politique, affer- Dit le droit de primogéniture , et fixa la couronne daas la maison de Hugues Capet. Philippe-Augnsle 66 crut assez puissant pour n'avoir pas besoin durant sa vie de présenter au sacre son Ib Louis VIII ; mais Louis VIII, près de mourir, s'alarma, parée qu'il laissoit en bas âge son Ml Louis IX qui n'étoit pas sacré : il lui fit prêter Rrment par les seigneurs et les évéques \ non content de cela , il écrivit une lettre à ses sujets , les iontant "h reconnottre pour roi son fils af né. Tant it précautions fonlf voir que deux cent trente- •Mf ansn'aroient pas suffi à la confirmation de Ihérédité absolue, et de Tordre de primogénitire dans la monarchie capétienne. Le souvenir ttlme du droit d'élection se perpétuoit dans une feniitile du sacre : on demandoit au peuple présent m eunsentoit à recevoir le nouveau souverain. Lorsque la couronne échut en ligne collatérale ahx descendants de Hugues Capet , rien ne parut ÉMîn certain que Texistence de la loi salique , ilqilelle loi contestée mettoit pareillement en doute Hiérédité. Ces questions S'agitèrent vivement tous Philippe le Long , Charles le Bel et Philippe de Valois. Sous Charles VI une fille hérita de la touronne. En 1576 une ordonnance décida que ks princes du sang précéderoient tous les pairs, et qn^ils se placeroient selon leur proximité au tri^De. A cepropos,Christopliede Thou dit à Henri IHque, depuis lerègnedePhilippe de Valois, il ne iTétoit fait chose aussi utile à la conservation de k UA salique : certes il falloit que le doute fût lien enraciné dans les esprits, pour qu'un magis- I bat , à la fin du seizième siècle , vît une loi politi-
8 le dans un règlement de préséance. Catherine de édids songea à faire passer le sceptre a sa fille. Les états de la Ligue parièrent de mettre l'infante S^pagne sur le trône de France. Enfin , sous la r^ence du duc d'Oriéans, pendant la minorité dé Louis XV, il fut déclaré que, la famille royale Tenant ft s'éteindre, les François seroient libres de
se choisir on ehef : n*étolt*ce pas reconnottre leur droit primitif?
L'hérédité mâle, eonstituée dans' la famille royale, devmt à la fois le germe destructeur de la féodalité et le principe régénérateur de la fflonar-" ehie absolue. L'aristocratie subsista dans l'empire d'Allemagne et se détruisit dans le royaume de France , parce que la dignité impériale demeura élective , et que la couronne firançoise devint hé** réditalre.
Les assemblées nationales cessèrent sous les premiers rois de la troisième race , de même qu'elles avoient été interrompues sous les derniers rois de la seconde. Hugues Capet étoit un très-petit seigneur. « Le roy&ume, dit Montesquieu, se trou va <( sans domaine, comme est aujourd'hui l'empire : t on donna la courotine à un des plus puissants « vassaux. » Hugues, quand il en aiiroit eu l'envie, n'auroit pu réunir les états; les autres grandà vassaux ne s'y seroient pas rendus : souverains comme le duc de France, ils ne lui auroient pas obéi. JLa liberté politique qui se mohtroit dans ces assemblées ne se trouva plus; elle se plaça ailleurs sous une autre forme.
La France alors étoit une république aristocratique fédératlve , recomiolssant un chef impuissant. Cette aristocratie étoit sans peuple . tout étoit esclave ou serf. Le servage n'avoit point encore englouti la servitude ; le bourgeois n'étoit point encore né ; Touvrier et le marchand appartenoient encore À des maîtres dans les ateliers des abbayes et des seigneuries; la moyenne propriété n'avoit ijohdt encore reparu ; de sorte que cette monarchie (aristocratie de droit et de nom) étoit de fiiit une véritable démocratie ; car tous les membres de cette société étoient égaux , ou le'croyoient être. On ne rencontrait point audessous de l'aristocratie cette classe distincte et plébéienne qui , par l'infériorité relative du sang , fixe la nature du pouvoir qui la domine. Voilà pourquoi les chroniques de ces temps ne parlent jamais an peuple .^ on s'enqtiiert dé ce peuple; on est tenté de croire que les historiens l'ont caché, qu'en fouillant des chartes on le déterrera, qu'on découvrira une nation françoise inconnue, laquelle agissoit , administrolt , gagnoit les batailles, et dont on a enseveli jusqu'à la mémoire. Après bien des recherches on ne trouve rien , paree qu'il n'y a rien , et que cette aristocratie sans peuple est, à cette époque, la véritable nation françoise.
ANALYSE RAISONNÉ
Marquossie commencement de rinstitutlonde la pairie : les pairs avoient existé avant la pairie ; dans l'origine , les pairs étoient des jurés qui prononçoient sur les difTérends advenus entre leurs égaux. La pairie prit un caractère politique quand les defs se convertirent en biens patrimoniaux et héréditaires. Les pairs du roi furent des sei« gneurs plus puissants que les pairs d*un comte ou d'un duc. Tous les systèmes qui placent l'origine de la pairie plus haut ou plus bas que le règpe de Hugues Capet ne se peuvent soutenir.
L'intri)duction de la dignité de la pairie favorisa l'élection des Capétiens. Il y avoit sept pairs laïques ; Hugues en étoit un : les six autres pairs, dont les seigneuries relevoient immédiatement de la couronne, s'entendirent, commeaiyourd'hui des électeurs s'entendent dans un collège élecs toral , pour porter leurs voix sur leur compagnon. La pairie se trouva ainsi réunie à la royauté , et il ne resta que six pairs de France. L'égalité étoit si complète entre les pairs , que Hugues Capet ayant demandé à Adalbert qui ravoit/ak comtes Adalbert lui répondit : Ceux qui t'ont fait roi.
Outre les pairs laïques , il y avoit des pairs ecclésiastiques du ressort du trône , à la différence des autres seigneuries (;^ui n'a voient point de pairs ecclésiastiques. On peut dire de la pairie, avant ses différentes dégénérations, qu'elle étoit une espèce de sénat de rois , ou , plus exactement , un conseil aristocratique supérieur à la royauté même.
ÉUseï douze pairs qal soyent compagnons, Qui mènent vos batailles par grand* dévotion.
Quand les pairs Airent au nombre de douze, on les appela les douze compagnons, et Froissard les nomme frères du royaume de France. Les grands effets politiques de la pairie se virent dans le jugement de Jean sans Terre et du prince de Galles.
Hugues Capet mourut en 996. Je dirai, pour ne plus parler des successions royales , que , sous la troisième race , l*apanage remplaça le partage des biens patrimoniaux entre les enfants.