‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 186 sur 228 · LOUIS VIL · texte numérisé non relu

LOUIS VIL

DB 1187 A lise.

Le règne de Louis YII, dit le Jeune , vit beaucoup de choses : le Code de Justinien retrouvé, la doctrine d'Abeilard condamnée au concile de Soissons ; la faction des Guelfes et des Gifielins répandue en Italie; la seconde croisade prêchée par saint Bernard. Suger et Bernard étoient deux hommes supérieurs, de nature antipathique l'un à l'autre; mais Bernard, sans être ministre, goûvernoit le monde en sa double qualité de saint et de moine réformateur.

Louis le Jeune , revenu de la croi^de, répudie Éléonore d'Aquitaine pour cause présumée d'à-

ANALYSE RAISONNÉE

du Itère avec un Jeune Sarrasin : il lui restitua la Guienneet le Poitou. Éléonore se remarie à Henri, comte d*Anjou et de Normandie, qui, devenu roi d* Angleterre sous le nom de Henri II, se trouva roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou et de Poitou, de Touraine et dii Maine. Cette restitution probe, mais impolitique, à laquelle Suger s'étoit opposé, parce qu'il en prévoyoit les résultats , démembra la monarchie, introduisit l'ennemi dans le cœur du pays^ et favorisa les grandes guerres que l'Angleterre fit à la Fi*ance avec des François.

Le douzième siècle est mémorable par de rapides progrès vers d'autres idées, Alexandre III, dans le troisième concile de Latran , déclara que tous les chrétiens dévoient être exempts de la servitude : la croix portoit son fruit.

Les écoles se multiplièrent dans les cathédrales et dans les monastères; les collèges s'établirent en dehors de ces monastères 'y l'Université prenoit de nouvelles forces ; les étudiants étrangers égaloient dans Paris le nombre des habitants.

En Angleterre survint le différend fameux entre Henri il et Thomas Becket, relativement aux , immunités ecclésiastiques.

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