‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 24 sur 228 · XXX · texte numérisé non relu

XXX

KAssent recherchées pour cette gloire ou pour

(eerime.

Attila, expiré sur le sein d'une femme , est d*a-

Meiposédansson camp entre deux longs rangs

èttDtesdesoie. Les Huns s'arrachent les cheim et se découpent les Joues pour pleurer Attila , ■n arec des larmes de femme , mais avec du saog dlkomine'. Des cavaliers tournent autour du catafiilqQe en chantant les louanges du héros. Cette ecrêiDooie achevée, on di*esse une table sur le tombera préparé, et les assistants s'asseyent à un fes- HtjDéié de joie et de douleur. Après le festin, le 9ià\Tt est confié à la terre dans le secret de la iril; il étoit enfermé en un triple cercueil d'or, ftijent et de fer. On met avec le cercueil des araHcnlerées aux ennemis, des carquois enrichis kfieiTeries , des ornements militaires et des dra- IBL Pour dérober à jamais aux hommes la conitece de ces richesses , les enseyelisseurs sont JiÉivec renseveli \

Al raj^rt de Priscus, la nuit même où le ftrtire mourut, l'empereur Marcien vit en songe, iComtantinople , Tare rompu d'Attila 3. Ce même iBb, i^rès sa défaite par Aétius, avoit formé k projet de se brûler vivant sur un bûcher com- |sié des selles et des hamois de ses chevaux , fnt que personne ne pût se vanter d'avoir pris •tué le maître de tant de victoires * ; il eût disindans les flammes comme Alaric dans un torlat: images de la grandeur et des ruines dont biToient rempli leur vie et couvert la terre.

Les fils d'Attila, qui formoient à eux seuls un IQiple^, se divisèrent. Les nations que cet homme M réunies sons son glaive se donnèrent ren-

* nfrallator eximins non femiopis lamentatlonibas et la-

*■!■■, led sanguine lugeretur virili. (Jornand., cap. xux.)

' Kiadetola grnte fiunnorum eiccttssinii equiles in eoioco

y>wtpoiitus; in modum circensicum cursibus ambieiites,

y ijm canto fanercotali ordlne rcferebant

^^VÎmi lalibos lamenlis psl defletus , stravam super tumay|iw,qqam appellant ipsi Jngenti comessatlone concele- 211^ <t contraria invlcrm slbl copulantes , lactum funereum wgmdio explicaiiant, noctuque secreto cailaver est terra ^ *ylMum. Cujoa fercnla primum auro, secundo argento ,

y fctri rigore communiunt

jj^ inaa liosUom caedJbus acquisita, phalerasvariogem-

^MK loigore pretiosas , et diversi generis insignia , qulbua

*^ salicani decus. Et ut tôt et tantls divitlls bumana

aroeretor, operi deputatos detestabili meroede tru-

, cmersltqae momentanea mors sepelientilNis cum

(]oi»AND., de Reb. Cet., cap. xux.)

. * Aicam ÀUilc In eademnoctefractumostcnderet. (Prisc.

"i»r»tiwf., cap. XL.)

*E^ttaU selits oonstmxlsse pyram , seseque, si adversarii }[|ypwq>t, flammis li^loere voluisse; ne aut atiquls ^us ^jWRbdaretur, aut in potestatem bosUum tantorum ho-

^* Seattom dominai per veniret Multarum victo-

'^'^ dominos. (Jorkano., de Reb, Cet., cap. xl-xliii.) . ntii AUilff, quorum per liœnUam lîbidinis pêne populos ''■•lioi!iA».,cap. l.)

«a&TClCBRUHD. ^ TOME I.

dez-vous dans la Pannoiye, au bord du fleuve Netad , pour s'affranchir et se déchirer. Une multitude de soldats sans chef > , le Goth frappant de Tépée, le Gépide balançant le Javelot, le Hun jetant la flèche, le Suève à pied, l'Alain et l'Hérule, Tun pesamment, l'autre légèrement armés *y se massacrèrent à l'envi : trente mille Huns restèrent sur la place, sans compter leurs alliés et leurs ennemis. EUac , fils chéri d'Attila , fut tué de la main d'Aric, chef des Gépides. L'héritage du monde qu'avoit laissé le roi des Huns n'avoit rien de réel ; ce n'étoit qu'une sorte de fiction ou d'enchantement produit par son épée : le talisman de la gloire brisé , tout s'évanouit. Les peuples passèrent avec le tourbillon qui les avoit apportés. Le règne d'Attila ne fût qu'une invasion.

L'imagination populaire, fortement ébranlée par des scènes répétées de carnage, avoit inventé une histoire qui semble être i'all^rle de toutes ces fureurs et de toutes ces exterminations. Dans un fragment de Damascius , on Ut qu'Attila livra une bataille aux Romains , aux portes de Rome : tout périt des deux côtés, excepté les généraux et quelques soldats. Quand les corps furent tombés, les âmes restèrent debout, et continuèrent l'action pendant trois jours et trois nuits : ces guerriers ne combattirent pas avec moins d'ardeur morts que vivants^.

Mais, si d'un côté les Barbares étoient poussés à détruire, d'un autre ils étoient retenus : le monde ancien , qui touchoit à sa perte , ne deveit pas entièrement disparoitre dans la partie où commençoit la société nouvelle. Quand Alaric eut pris la ville étemelle , il assigna l'église de Saint-Paul et celle de Saint-Pierre pour retraite à ceux qui s'y voudroient renfermer. Sur quoi saint Augustin fait cettel>elle remarque : Que si le fondateur de Rome avoit ouvert dans sa ville naissante un

' Committltor in Pannonîa Juxla flumen oui nomcn est Neiad. Iliic concursos factus est gpntium variarum , quas in sua AiUia ienuerat ditione. Dividunlur régna cum populis, fluntque ex uno corpore membra diversa, ncc quse unius pas.Hioni oompaterentur, sed quas'excisocapile iovtcem insanirent : qus nunquam contra se pares invenerant, uisi ipsi muluis se vulneribas saudantes, se ipsos discerperent forUssimie nationes. (Jornakd., cap. L.) ^

a Pugpanlem Gothnm ense furentem, Gepidam in vulnere suorum cuncta tela frangentem, Suoum pede, Hunnnm sagitta prspsumere, Aianum gravi, Herulum icvi armatura adem instruere. (Id., ibid.)

■ Commissa pugna contra ScVthas ante conspectum urbis Romœ, tanta utrinque facla estcœdes, ut nemo pugnanlium ab utraque parle servaretur, prxter quam duces paucique satellites eorum : cum cecldissent pugnantes. corpore defatlgali, animoadhuc erecti, pugnabant très intégras noctes et dies, nibil viventibus pugnando inferiores, neque manibos neqoe animo. (Puot., Bibl,, p. I030.)

ÉTUDES

asile y le Christ y en établit un autre pins glorieux que celui de Homuius '.

Dans les horreurs d'une cité mise à sac , dans une capitale tombée pour la première fois et pour jamais du rang de dominatrice et de maîtresse de la terre, on vit des soldats (et quels soldats I) protéger la translation des trésors de Tautel. Les vases sacrés étoient portés un à un et à découvert; des deux côtés marchoient des Goths l'épée à la main ; les Romains et les Barbares cban* toient ensemble des hymnes à la louange du Christ •.

Ce qui fut épargné par Alaric n'auroit point échappé à la main d'Attila : il marchoit à Rome ; saint Léon vient au-devant de lui; le fléau de Dieu est arrêté par le prêtre de Dieu ^ , et le pro* dige des arts a fait vivre le miracle de l'histoire dans le nouveau Capitole , qui tombe à son tour.

Devenus chrétiens, les Barbares mêloient à leur rudesse les austérités de Tanachorète : Théodoric , avant d'attaquer le camp de Litorius , passa la nuit vêtu d'une haire^, et ne la quitta que pour, reprendre le sayon de peau.

Si. les Romains l'emportoient sur leurs vainqueurs par la civilisation, ceux-ci leur étoient supérieurs en vertus. « Lorsque nous voulons insul- « ter un ennemi, dit Luitprand, nous l'appelons « Romain y ce nom signifie bassesse, lâcheté, « avarice , débauche , mensonge ; il renferme seul « tous les vices ^ » Les Barbares rejetoient l'étude des lettres, disant : « L'enfant qui tremble sous « la verge ne pourra regarder une épée sans tremn bler^. » Dans la loi salique le meurtre d'un Frank est estimé deux cents sous d'or ; celui d'un

* Romalas et Remus Asylam ocmstiluisse perhibeotur quœ- Kotet creand» muftitudinem civitatis ; mfranduin in hono- Mm CbriiU pnecessit exemplam. Hoc coDstltaerant eversores urbis quod Instituerant antea cooditoref. (AuG., Civ., lib. i; cap. xxxtv, p. 23. Basile».)

' Soper capita elatapalam, aarea atque orgentea vasa portanlur, euerUs undique ad defenaioneiD gladiis pia pompa manilur. Hymob D«o, Romanis Barbarisque ooncinentibua, eanilur. —Penonatlalein excidio urbis salalls tuba.... (Gros., hisloriar., lib. vu, cap. xxux, pag- 674. Lugduni Balavoram, 1707.)

* Occurrente sibi (Attila) extra portas sancto Leone episoopo, c^Jus supplicatio itaeum Deo agenteienivit, ut cum omnia in potestate Ipsius essenl, tradita sibi civitate , ab igné lamen et esede citque suppliciis abstinerel. (Prosp. Chronic.)*^

* Indutus cillcio pernociavU. (Salvian., de Ctibvrn. Dei,

^ VocamusRomanum, hoc solo, idest quîdquid luxuri», qoidquid meDdadl , imo quidquid vitiorum est comprehendeotM. (Luitprand. legaL apud» MuraL, Scripior. ItaL, vol. n, par. i,p. 481.)

* Eos nunquam hastam aut gladium despecturos meule tnirepkda, si scuticam tremaisseot (Procop., de BcU, Goihko, 1 Hb. i« p. 818.)

Bomain propriétaire, cent sons y la moitié tu homme*.

Dignités, âge, profession, religion, n'arrèti rent point les fureurs de la débauche , au mille des provinces en flamme ; on ne se pouvoit arn cher aux Jeux du cirque et du théâtre : Rome e saccagée, et les Romains fugitifs viennent étah leur dépravation aux yeux de Garthage enooi romaine pour quelques jours *. Quatre fois Trèvi est envahie, et le reste de ses citoyens s'assied au milieu du sang et des ruines, sur lesgradii déserts de son amphitiiéâtrc.

« Fugitifs de la ville de Trêves, s^écrie Sal\iei « vous vous adressez aux empereurs afin d'obteai « la permission de rouvrir le théâtre et le cirqw « mais où est la ville, où est le peuple pourfÉ « vous présentez cette requête ^ ? »

Cologne succombe au moment d'une orgie g| nérale; les principaux citoyens n'étoieot pas f état de sortir de table, lorsque Tennemi, malb des remparts, se précipitoit dans la ville ^.

Presque toutes les maisons de Garthage étoie^ des maisons de prostitution : des hommes erroia dans les rues , couronnés de fleurs , répaDdai au loin l'odeur des parfums , habillés oomroeà femmes, la tête voilée comme elles, et vendaî aux passants leurs abominables faveurs ^ Ge^ série ariive : au dehors le fracas des armes, l dedans le bruit des jeux; la voix des mooraotl la voix d'une populace ivre^ se confondent; peine le cri des victimes de la guerre se peiâ'i distinguer des acclamations de la foule aa eii que^.

* Si quia ingenaus Francuro, aat hominem barbanim,odl derit , qui legc sallca vivit, viii denariis, qui fadanl soiill ce, culpabilis Judicetur.( Tit. xuii, art i.) Si romanuslMfl possessor occisos fuerit, iv denariis, qui facluot soUdMC,cri pabiiisjudicetur. (Tit. XLin. art, Tii.)

' Quœ (pestiieiUia dxmonum) animos mlseronim adeo ota cavit tcnebriSf tanta deformitate fcrdavit ut ellam nio<lo,rd mana url)e vastata fugientes, Carthaginem venire poiaeroa in (beatris quotidie oertatim pro bistrionibus deUrareuL^ Vos nec contrili ab hoste luxuriam repressislis : perdliM ulilitatem cabmilatis etmisprriml facti esUs, et pessioii pf| mansistis. (Auc, de Civ. Dei, lib. i, cap. \\\n.) a

> Tbpatra ij;itur quœritis, circum a principibus pottubHf quaiso oui stitui, cui populo , cui civitati? (SAL\iAii.,tf« ^ lern. Oci, Hb. vi, p. 2I7.)

* Ad gressum uulabundl(p.2l.3). Barbarispene incoospeCi omnium siliSf nullus metus erat hominam, non custodiadv tatum. (Salv., de Guhern. Dei, lib. vi , pag. 214.)

S Adeo omnia pêne compila, omnes vias, quasi CovfcUD dinum.... Fœtebant, ut ita dixerim, cuncU urbis iliiusÇ ves cœno ni)idinis spurcum sibimeUpsIs mutuo impudidU! nidorem inhalantes, (pag. 260.)

Indicia sibi qusdam monstruoss impuritatis innecteboa ut remineis tegminum illigamentis capita vehrenl •1<I^ P" biioe in civitate (pag. 2dG). Latrono quodam modo exciUH* videret (pag. 269). (Salv., de Cubem, Dei , Ilb. vu.)

< Fragor, ut ita dixerlm, extra muros et intra maros, prc Itonim et iudicrorum oonfundebantur : vox roorientium yot

SB«vmt-T(Ni8, pour ne pas perdre de vue le

Mnda mcmde, qu*à cette époque Rutilius met-

li en Ters son voyage de Rome en Étrurie ,

flHDe Horace , aux beaux jours d* Auguste, son

qige de Rome à Brindes ; que Sidoine Apolli-

■iredumtoit ses délicieux jardins, dans TAu-

lerpe envahie par les Yisigoths ; que les disci-

fbd'Hypatla ne respiroient que pour elle, dans

kidraees relations de la science et de l'amour;

foeDamascios, à Athènes, attachoit plus d'im-

lortaoee à quelque rêverie philosophique qu*au

krieversemeut de la terre; qu*Orose et saint

l^pstin étoient plus occupés du schisme de Pé-

Ifppede la désolation de l'Afrique et des Gau-

hi;qK les eunuques du palais se disputoient des

|kes i[u*ils ne dévoient posséder qu'une heure ;

|Mb il y avoit des historiens qui fouilloient

■Me moi les archives du passé au milieu des

Al da présent , qui écrivoient les annales des

HEhoes révolutions au bruit des révolutions

iNicIles; eux et moi prenant pour table dans

lIMce croulant , la pierre tombée à nos pieds,

i attendant celle qui devoft écraser nos tètes.

Oo ne 9e peut faire aujourd'hui qu'une foible Hedu spectacle que présentoit le monde romain l|rèslesiQcarsions des Barbares : le tiers ( peuttn la moitié ) de la population de l'Europe et h» partie de l'Afrique et de l'Asie fut moisiHoé par la guerre , la peste et la famine.

la réunion de tribus germaniques , pendant le lipe de Marc-Aurèle, laissa sur les bords du wDbe des traces bientôt effacées ; mais lorsque k Goths parurent au temps de Philippe et de Ike, la désolation s'étendit et dura. Yalérien AGiilienoccupoient la pourpre quand les Frauks ^hsAllamans ravagèrent les Gaules et passè- MJQsqu'en Espagne.

Busleor première expédition navale, les Goths iKagèrent le Pont; dans la seconde , ils retommtsur TAsie-Mineure ; dans la troisième, la we fut mise en cendres. Ces Invasions ame- ^^nne famine et une peste qui dura quinze ^ cette peste parcourut toutes les provinces ^taes Im villes : cinq mille personnes moo- ^ dans un seul jour'. On reconnut par le '^(iMfe des citoyens qui recevolent une rétribu-

^^MdaaUdiB : ae y\x disoenl fonilan poterat plcbis eja- T* ^w cadctot la bdlo, et sonas popaU qui elamabat in •*• (Saltiah., de Gubem, Deï, llb. vi, pag. 210.)

^tt et pesUlentia tanta exbtebat vel Roms, vel in ^f^ QiMbos, ot ODO die qolDque mlUla homloum pari ■*» perirmt. {HUt. jiug., pag. IT7.)

tion de blé à Alexandrie , que cette cité avoit perdu la moitié de ses habitants '.

Une invasion de trois cent vingt mille Goths, sous le règne de Claude, couvrit la Grèce; en Italie , du temps de Probus , d'autres Barbares multiplièrent les mêmes malheurs. Quand Julien passa en Gaule, quarante-cinq cites venoient d'être détruites par les Ailamans : les habitants avoient abandonné les villes ouvertes, et ne cultivoient plus que les terres encloses dans les murs des villes fortifiées. L'an 412, les Barbares parcoururent les dix-sept provinces des Gaules, chassant devant eux, comme un troupeau, sénateurs et matrones , maîtres et esclaves , hommes et femmes, filles et garçons. Un captif qui cheminoit à pied au milieu des chariots et des armes n'avoit d'autre consolation que d'être auprès de son évêque , comme lui prisonnier : poète et chrétien , ce captif prenoit pour sujet de ses chants les malheurs dont il étoit témoin et victime. « Quand t l'Océan auroit inondé les Gaules , il n'y aurait « point fiait de si horribles dégâts que cette guerre. • Si Ton nous a pris nos bestiaux , nos fruits et ^ nos grains; si l'on a détruit nos vignes et nos « oliviers; si nos maisons à la campagne ont été « ruinées par le feu ou par l'eau ; et si , ce qui est « encore plus triste à voir, le peu qui en reste « demeure désert et abandonné, tout cela n'est « que la moindre partie de nos maux. Mais, hélas ! <i depuis dix ans, les Goths et les Vandales font « de nous une horrible boucherie. Les châteaux t bâtis sur les rochers, les bourgades situées sur « les plus hautes montagnes, les villes environnées « de rivières, n'ont pu garantir les habitants de « la fureur de ces barbares , et Ton a été partout « exposé aux dernières extrémités. Si je ne puis « me plaindre du carnage que Ton a fait sans « discernement, soit de tant de peuples, soit de « tant de personnes considérables par leur rang, « qui peuvent n'avoir reçu que la juste punition « des crimes qu'ils avoient commis , ne puis-je au « moins demander ce qu'ont fait tant de jeunes n enfants enveloppés dans le même carnage, eux « dont l'âge étoit incapable de pécher? Pourquoi « Dfeu a-t-il laissé consumer ses temples *? »

L'hivasion d'Attila couronna ces destructions;

' QacraDt etiam qaamobrem dvilas lata mailma , non aoiplitts tantam babitatoruiD mulUtudlDem ferat , quanlam aeoam.... quoram nomioa in tabulas publkas pro dlvlsloot fromeDti facttlatas. (Euseb., HUt, eccL^ iU>. yii, cap. xxi.) X ' SI totos Gallos mm cffadiMf t In agros

Occanur, TaftHii plus superesnet aqals, etc. {De Provid. dir., trad. de TiLi.tMoirr, ilM. Ae» Emp. )

lîTUDES

il D'y eut que deux villes de sauvées au nord de la Loire, Troyes et Paris. A Metz, les Huns égorgèrent tout , jusqu'aux enfants que l*évêque s'étoit hâté de baptiser; la ville fut livrée aux flammes : longtemps après on ne recounoissoit la place où elle avoit été, qu'à un oratoire échappé seul à ilncendie '. Salvien avoit vu des cités remplies de corps morts; des chiens et des oiseaux de proie, gorgés de la viande infecte des cadavres, étoient les seuls êtres vivants dans ces charniers *.

Les Thuringes qui scrvoient dans Tannée d'Attila exercèrent, en se retirant à travers le pays des Franks , des cruautés inouïes que Théodoric, flls de Khlovigh, rappeloit quatre-vingts ans après pour exciter les Franks à la vengeance. « Se ruant « sur nos pères , ils leur ravirent tout. Ils suspen- « dirent leurs enfants aux arbres par le nerf de « la cuisse. Ils firent mourir plus de deux cents « jeunes filles d'une mort cruelle : les unes furent « attachées par les bras au cou des chevaux qui . ■ pressés d*un aiguillon acéré, les mirent en « pièces; les autres furent étendues sur les omiè- « res des chemins , et clouées en terre avec des « pieux : des charrettes chai^;ées passèrent sur « elles; leurs os furent brisés, et on les donna en « pâture aux corbeaux et aux chiens^ . »

Les plus anciennes chartes de concessions de terrains à des monastères déclarent que ces terrains sont soustraits des forêts 4, qu'ils sont déserts, eremiy ou plus énergiquement, qu'ils sont pris du désert^, ab eremo. Les canons du concile d'Angers (4 octobre 453) ordonnent aux clercs de se munir de lettres épiscopales pour voyager; ils leur défendent de porter des armes; ils leur interdisent les violences et les mutilations, et excommunient quiconque auroit livré des villes : ces prohibitions témoignent des désordres et des malheurs de la Gaule.

' Nec remansit In ea locus inustas, prreter oratorium beati Stephani primi martyris ac ievits. (Grec Tur., lib. ii, cap.

Tl.)

> Jaoebant si qaidem passim , quod ipse vidi atque susUnai, utriusque sexas cadavera nada, lacerata, urbis ocalos IncestanUa, avibos canibiuque loDiata. (Salt., de Gubern. J^ei, lib. VI, p. 216.)

-^ Inruentes super parentes nostroi omnem substantlam alistaleraot, pueros per nervum femoris ad arbores appendeotes, paellas amplius dacentaa cnideli nece Interfecerunt : Ita ut ligaUs bracliiis super equorum cervicibus Ipsique aoei^ rimo motl slinmlo perdiversapetentes, diversasin partes femioas diviseront. Aiiis vero super orbitas viarum extensis, sudibusque in terrain eontlxis.plaustra desuperonerata transira fecerunt, confractisque oisibus, canibus, avibusque eas in cibaria dederunt. (Grec. Tcr., lib. m , cap. vu.)

* AcL S, Sever,

* 5. Bernard, Hh

Le titre quarante-septième de la loi salique : De celui qui s'est établi daiis une propriété q^ ne lui appartient point , el de celui qui la tient depuis douze mois, montre l'incertitude de la propriété et le grand nombre de propriétés sans maîtres. « Quiconque aura été s'établir dans une « pi'opriété étrangère , et y sera demeuré douze « mois sans contestation légale , y pourra demefr « rer en sûreté comme les autres habitants*.*

Si sortant des Gaules vous vous portez dans l'est de l'Europe, un spectacle non moins triste frappera vos yeux. Après la défaite de Valens, rien ne resta dans les contrées qui s*éteDdent det murs de Constantinople au pied des Alpes Juliennes ; les deux Thraces ofTroient au IoIb ooe solitude verte, bigarrée d'ossements blanchis. L'an 448 des ambassadeurs romains furent envoyés à Attila : treize jours de marche les co»: duisirent à Sardique incendiée, et de Sardiquei Naisse : la ville natale de Constantin n'étoit plm qu'un monceau informe de pierres ; quelques ma* lades languissoient dans les décombres des égli' ses, et la campagne à Tentour étolt jondiéedi squelettes >. « Les cités furent dévastées, les bon « mes égorgés, dit saint Jérôme ; les quadrupèdes, « les oiseaux et les poissons môme disparurent: « lesol se couvrit de ronces et d'épaisses forêts^ >

L'Espagne eut sa part de ces calamités. Di temps d'Orose, Tai*agone et Lérida étoient datt l'état de désolation où les avoient laissées ta Suèves et les Franks; on apercevoit quelque! huttes plantées dans l'enceinte des roétropolei i*enverséeâ. Les Vandales et les Goths glanère&i ces ruines; la famine et la- peste achevèrent b destruction. Dans les campagnes , les bêtes , allé chées par les cadavres gisants , se ruoient sur lei hommes qui respiix)ient encore ; dans les villes les populations entassées , après s'être nourrie d'excréments, se dévoi*oient entre elles; utt femme avoit quatre enfants; elle les tua etiel mangea tous^,

1 Si autem quis migravprit in villam alienam, et ci sImI^^ infra duodecim meuses sccundam le^em conleslatum aoi ftierit, securus ibidem consistât sicut et alil vidni. (Ait iT. ^ * Veuimus Naissum quae ab liostibus fuerat eversaetiolt squata ; itaque eam dei»ertam liominibus ostcndimos, pnic quam quod in ruinis sacrarum «dium erant quidam fffrotl Omnia enim circa ripam erant plena ossibus eorum qui M^ oeciderant {Ezcerpta e legathnibus ex HUt, GiUh. Pritc rkeloris, in corp. Byz. ffistor., pag. b9. Parlsiis,e typofa pliia regia, 16A0.)

' Vastatisurbibus, homini basque interfoclis, solilodioa et rarltatem bestiarum quoque fierif et volaUtium pisduiiMliM • . . cresceotes vêpres et condensa s) Ivarum cunda péri» runt. (UiEii. ad Sophon.)

* Faoïes dira grassatur, adeo al bnmaiMe earneiab hoinaiK

HISTORIQUES

Les Pietés, les Calédoniens, ensuite les An- {b-SaxoDS exterminèrent les Bretons , sauf les lou'Ues qui se réfugièrent dans le pays de Galles «dans TArmorique. Les insulaires adressèrent iHtius une lettre ainsi suscrite : « Le gémisse' mnt de la Bretagne à jEHus^ trois fois con- «/. Ds disoient : « Les Barbares nous chassent t Ten la mer, et la mer nous repousse vers les I Barbares; il ne nous reste que le genre de mort

• à dioîsir, le glaive ou les flots '. » GiMasacheve le tableau : « D'une mer à l'autre,

t kmain sacrilège des Barbares venus de l'Orient

• fflMDena Imcendie : ce ne fut qu'après avoir iMié les villes et les champs sur presque toute •h surface de l'île, et l'avoir balayée comme •fime langue rouge , jusqu'à l'Océan occiden- •bl,qae la flamme s'arrêta. Toutes les colonues «isolèrent au choc du bélier ; tous les habitants •il campagnes avec les gardiens des temples, •bprêtres et le peuple, périrent par le fer ou par

• le feu. Une tour vénérable à voir s'élève au mi-

• ïw des places publiques ; elle tombe : les frag-

• ments de murs , les pierres , les sacrés autels ,

• les tronçons de cadavres pétris et mêlés avec du •sang, ressemblolent à du marc écrasé sous un

• horrible pressoir.

« Quelques malheureux échappés à ces désas-

• très étoient atteints et égorgés dans les monta- «gnes; d'autres, poussés par la faim, reve-

• Boieot et se livroient à l'ennemi pour subir une •étemelle servitude, ce qui pnssoit pour une «grâce signalée ; d'autres gagnoient les contrées •foatre-mer, et, pendant la traversée, chanftolent avec de grands gémissements, sous les •toiles : Tu n&us as, 6 Dieu! livrés comme des *hnbis pour un festin; tu nous as dispersés •t^mi les nations^, »

yitêBùà farrant derorats, maires qaoqœ necaUi vel se natonim suonim sint paslx corporibas. oodsoram gladio, famé, pesUleotia, cadaverlbas , qnousque liominum forllorps interimunt (Idatii ChronicoH., pag- II. Lutrtis Parisiorum , 16 19.) ' « £tio ter conêMti gemitu9 liriiannorum, » — Et in pro- ^fpistoUc Ita calamitate» suas explicaiU : Repellunt Bar- Wsdasre, mare ad Barbaros. Inter h«c oriuntur duo gênera ^ttuaotjngulamuraatmergimur. (^EùJEpretbyL, HUt. ^fnti» Amglorum , cap. xiii. Colonise, anno 1012.)

'Ite iiari usqoead mare, ignis orlentali sacrilegorum *iM nag«>ratus, et finitimas quasque civitates agmsqae , qui non quievit aocmsus donec cunctam pêne intiilc superfldem nibra oocidentalem trudque Hngoa daiamberel. Ita ut cuocls oolumn» crebro ercMs arietibus, omnesque ooloni cum pnepositls eoiB saoerdoUbus ac populo, mueronibus ondlque B, ae flammis erepitanUlms, slmnl solo stemeren- * î ^ waerabiU visu , in medio plateanim ona tnrrium , '^■"OcvmlMeiriilKarom, rourorumqueoeisonim, laxa, sata attttii, cadaverum Trusta, crastis ac gelanlibus parpard

La misère de la Grande-Bretagne est peinte tout entière dans une des lois galliques; cette loi déclare qu'aucune compensation ne sera reçue pour le larcin du lait d'une jument , d'une chienne ou d'une chatte '•

L'Afrique dans ses terres fécondes fut écorchée par les Vandales, comme elle l'est dans ses sables stériles par le soleil •. « Cette dévastation , dit « Posidonius , témoin oculaire , rendit très-amer « à saint Augustin le dernier temps de sa vie ; « il voyoit les villes ruinées , et à la campagne les « bâtiments abattus , les habitants tués ou mis « en fuite , les églises dénuées de prêtres , les vier- « ges et les religieux dispersés. Les uns avolent « succombé aux tourments , les autres péri par t le glaive ; les autres , encore réduits en capti- « vite, ayant perdu l'intégrité du corps, de l'es- « prit et de la foi , ser voient des ennemis durs

« et brutaux Ceux qui s'enfuyoient dans les

« bois , dans les cavernes et les rochers , ou dans « les forteresses , étoient pris et tués , ou mou- « roient de faim. De ce gi*and nombre d*églises « d'Afrique , à peine en restoit-il trois , Carthage, « Hippone et Cirthe , qui ne fussent pas ruinées , « et dont les yilles subsistassent '. »

Les Vandales arrachèrent les vignes , les arbres à fruit , et particulièrement les oliviers , pour que l'habitant retiré dans les montagnes ne pût trouver de nourriture 4. Ils rasèrent les édifices publics échappés aux flammes : dans quelques cités , il ne resta pas un seul homme vivant. Inventeurs d'un nouveau moyen de prendre les villes fortifiées , ils égorgeoient les prisonniers autour des remparts ; l'infection de ces voiries sous un soleil brûlant se répandoit dans l'air, et les Barbares laissoient au vent le soin de porter la mort dans des murs qu'ils n'avoient pu franchir ^.

cruorls tecta velut in quodam horrendo torcolari mixta viderentur.

Itaque nonnalii miaeranim reliquianim In montlbos d«prebensi acervntim jugulatMntur; alil, fameoonrecU acoedeotes,

mauushosllbusdabantinsvumservituri

. . qnod ailisslmœ gratis stalMt in looo. Alii transmarinas petebant regiones cum uluiatu magno, hoc modosubTelarum sinibuscantantes : Dedisti nos ianquam oves escarum, ei ij» genlibuê diipenisti nos Deus, {Histor, Gildœ, liber queruluê de excidio Britanniœf p. 8, in Hisi. Brit, et Angl. tcript.t tom II.)

> Leges JFaUicm^ lib. m, cap. m, pag. 907-380.

* BuFFOff , UisU mtUur,

> Traduct. de Fieury , HisU eccUs»

• Sed nec arbustis frucUferis parcebant ne forte quos antra montium oocuKaverant , poet eonim transltum, illis palMiIli nutrirentar ; ab eorum oontaglone nuUus remansit locos immnnis. (Victor, ntensis epise,, lib. i , de Penecvtione afii" cnna, pag. 9. Di^ione, Ifl04.)

» Ubi vero manlUones aliqu» vldebantur, qnas bosUlitaa barbarie! farorto oppagnare ncqalret , eoogregatli tn circuita

ÉTUDES

Enfin l'Italie vit tour à tour rouler sur elle les torrents des Allamans, des Goths, des Huns et des Lombards ; c'étoit comme si les fleuves qui descendent des Alpes , et se dirigent vers les mers opposées , avoient soudain , détournant leur cours , fondu a flots communs sur lltaiie. Rome , quatre fois assiégée et prise deux fois , subit les maux qu'elle avoit infligés à la terre. ««Lesfemn mes, selon saint Jérôme, ne pardonnèrent pas te même aux enfants qui pendoient à leurs ma- A melles , et firent rentrer dans leur sein le fruit « qui ne venoil que d'en sortir '. Rome devint le « tombeau des peuples dont elle avoit été la mère.

a La lumière des nations fut éteinte; eo cou-

« pant la tête de l'empire romain , on abattit celle n du monde '. » — « D'horribles nouvelles se sont « répandues , » s'écrioit saint Augustin du haut de la chaire , en parlant du sac de Rome : « carnage, « incendie, rapine, extermination! Nous gémis- « sons , nous pleurons , et nous ne sommes point « consolés^. »

On fit des règlements pour soulager du tribut les provinces de la Péninsule, notamment la Gampanie, la^oscane, le Picenum, le Samnium, l'Apulie, la Calabre, leBruUum et la Lucanie; on donna aux étrangers qui con^ntoient à les cultiver, les terres restées en friche *. Majorien* et Théodoric s'occupèrent de réparer les édifices de Rome, dont pas un seul n'étoit resté entier, si nous en croyons Procope ^. La ruine alla toujours croissant avec les nouveaux temps , les nouveaux sièges , le fanatisme des chrétiens et les guerres intestines : Rome vit renaître ses conflits

enstronini ionumerabUis torbis , gladlis feralU>us cradabant , at putrefactls cadaveribus , quos adiré non poterant arcente imirorum defensione, oorporum llquesceatiom enecarent fœtore. ( Victor. Viteîis., de Penecuiione aJHeana, pag. 3 )

"Ad

; dam mater Don pareil lacteoUiofanUe,

et suo recipft utero quem paulo acte effaderat ( Aeron., ep. XVI, pag. lai. epittola tribus gtrioribw eoiUenUg in eodem volumine, tom. ii , pag. 480. PariaUa, 1670.)

* Quis credat ut loUus orbiseutructa victorila Roma eorraeret, ut ipsa suis poputis et mater tteret et lepulcbram. . . Poatquam veio elarissimom terrarum omnium lumen extinctum est , imo romani imperil truncatum eaput , et ,

ut verius dlcam, in nna urbe totut orbis interiret

obmuUii. (HiERON., sM Bzech. )

> Horrenda nobis nunUata sont : strages facta, iDcendia, rapins, ioterfectiones, exerudationet bominum.... Omoia gemuimus , sape flevirous , vix ooosolati sumuf . < Aoc., dt Urh. excidio, t. Yl , pag. 624. )

'* Cod, Theodoê., llb. xi, xm, IV.

^ Anllquanim «Uum dfssipatur spedosa eonitrudio, et, ot aliquld reparetur, magna dirauntur, etc. ( Not. Majoriàm., tit Ti.pag. 85.)

' . . . . Omnkiae direpta, magna Romanorumo»de édita, peitguat alio. (PrOoop., HisU Ftmd, ) La Chronique de Maredlln ^KMite : Pmrkm urbU Bsmm crtmamii el Philoatoifie va bien au delji.

avec Albe et Tibur ; elle se battoit à ses portes; les espaces vides que renfermoit son enceinte de* vinrent le champ de ces l)atailles qu'elle livroit autrefois aux extrémités de la terre.SapopuIatioa tomba de trois millions d'habitants aa-dessoos de quatre-vingt mille '. Vers le commencement du huitième siècle, des foi*éts et des marais couvroient lltaiie ; les loups et d'autres animaux sauvages hantoient ces amphithéâtres qui furent bâtis pour eux ; mais il n'y avoit pius d*hommes à dévorer.

Les dépouilles de l'empire passèrent aux Ba^ bares ; les chariots des Goths et des Huns , les barques des Saxons et des Vandales , étoient chaiigéf de tout ce que les arts de la Grèce et le luxe de Rome avoient accumulé pendant tant de sièdes^ on déménageoit le monde comme une maison que l'on quitte. Genseric ordonna aux citoyens de Carthage de lui livrer, sous peine de mort, les richesses dont ils étoient en possession : il parta* gea les terres de la province proconsulaire entre ses compagnons; il garda pour lui-même le te^ ritoire de Byzance , et des terres fertiles en Nu* midie et en Gétulie *. Ce même prince dépouilla Rome et le Capitole, dans la guerre que Sidoine appelle la quatrième guerre Punique ^ : il compose d'une masse de cuivre , d'airain , d'or et d'argent^ une somme qui s'élevoit à plusieurs millions de talents^.

Le trésor des Goths étoit célèbre : il consistoit dans les cent bassins remplis d*or, de perles et de diamants offeits par jitaulphe à Placidie; dans soixante calices , quinze patènes et vingtcoffres précieux pour renfermer l'Évangile ^ L^MUsO' riufn, partie de ces richesses , étoit un platd'or de cinq cents livres de poids, élégamment ciselé. Un roi goth, Sisenand, rengagea à Dagobert pour un secours de troupes; le Goth le fit y^ sur la route , puis il apaisa le Frank par uns

^ Brottier et Gibbon ne portent cette popnlaUon qui dot» cent mille, évaluation visiblement trop foible,eommeoiAt« Juste-LIpse et de Vosslus est trop forte; il s*agirolt, d^pw ces derniers auteurs, de quatre, de huit et de quatorw*^ lions. Un eriUque moderne italien a rassemblé aveebeniCMI de sagacité les divers recensements de randaine Bot.

' PaoaiP., dé Bell, f^and,, llb. I , cap. v; Vicit». TnB*i de Peneeut, Mandai,, Ub. I , cap. iv.

» SiD. Apoli.., Paneg, AvU.

* Ne ns quidem , aut quioquam aUud onde prettow IM poBset in palatio rHiquerat. Diripuerat et CapNoHiuit W^ templum, tegulammque partem abatulerat alleram, qwex «re purtssimo facts, auroque largiter obniStmagnUteam pM mirandamqnespeeitm pnebtbant (Progop., HitLf^Md^ l U

* Ifam sexaginta calices , quindedm patenas , viglotl Sva^ giliorum capsas delulit, omnia ex auropoio, ae f'*^ pretlosls omata. Sed non est paasus ea confrlngi. ( AbM' ^ Koif., lib. m, cap. X.)

les Gestes des Franks, pag. &57 , répètent le méoie (ait*

mSTORIQUES.

Uî

de deux cent mille sous d*or, prix Jugé fert iDférieur à la valeur du plat'. Mais la plus ^nde menreille de ce trésor étoit une table foriéed*iiiie seule émeraude : trois rangs de perles Mmroient; elle se soutenoit sur soixante-cinq pieds d'or massif incrustés de pierreries ; on l'es* ttaoitcinq cent mille {rfèees dk>r; elle passa des VWgoths aux Arabes* : conquête digne de leur Inagioation.

L'histoire, en nous ftiisant la peinture générale tedésastres de Tespèce humaine à cette époque, 1 hlsté dans l'oubli le& calamités particulières , iKQfflsaiite qu'elle étoit ù redire tant de maN kws. Nous apprenons seulement par les apôtres (Utàtm quelque chose des larmes qu'ils es- ■jfoieot en secret. La société, bouleversée dans «fNidements , 6taméme à la chaumière l'invio- Hiiéde son indigence ; elle ne fut pas plus à Ahi ([oe le palais : à cette époque , chaque tomtoneaferma un misérable.

Ueondiede Brague,en Lusitanie, souscrit par tii évéqoes, doone une idée naive de ce que l'on Msoitetde ce que l'on souffiroit pendant les innrioQi. L'évéque Pancratien prit la parole :

* YoQS voyez, mes frères , dlt-ii , comme l'Espa-

* pe est raVtigée par les Barbares. Ils ruinent les

* élises, tuent les serviteurs de Dieu, profanent

* la mémolredes saints , leurs os , leurs sépulcres ,

« les cimetières

" Mettez devant les yeux de

>ntre troupeau l'exemple de notre constance, *msoiiffrant pour Jésus>Christ quelque partie

* fa toannents qu'il a soufferts pour nous K . •

' «* Alors Pancratien fit la profes-

Ande foi de TÉglise catholique , et à chaque ar- Ue, lesévéques répondoient : Nous le croyons^.

* Ainsi, que ferons-uous maintenant des reiiques

* fa saints? » dit PancraUen. Glipaod de Ck)im- "C dit : « Que chacun fasse selon l'occasion ; les

JhbujqsbeocficH repcnsiooem Missoriam auream nobi-

*** n UMMorls Gothorain Dagoberto dare

P^U peosaotem aari pondus qulngientos Quujn-

WiShniaiido rege Missorlas ille legatarite fuisset tradtgt^tGoUrig prr vim tolUtur, née rum ex Inde axiribere ty^rant Poftlea diacorrenUtnis legaUs duceota mlllia so- ^m Wiiorii bt:^s pretH Oagobertosa Sisenando aodf^ttpNmqoe penaavU. (PïiEDfiC., Chnm,, cap. lxxui.) J^woWème fragment de Frédégaire et les Gehtes d« Da- •■^««fcipltre xxnt, redisfDt cette anecdote.

iMoiftit l*4firiqne tt de VBêptigne sous la domination

it!^' ^' ^- Pardonne.

^Ijtam vobli ot , et fratrcs sodi met , quomodo barbare ^1» SerasliDt anivarsam HUpanlam : templa evextuot , 1^ Cbfktl ooektont io ore gladii , et memorias sancto- {T'^^tSepolchra, cœmeteria profanant. ( Z^fr. ConciL,

et ooB eredifflus. ( M., ibid, )

<« Barbares sont chez nous et pressent Lisl)onne ; « ils tiennent Mérida et Astracan ; au premier « Jour ils viendront sur nous ; que chacun s'en « aille chez soi , qu'il console les fidèles ; qu'il « cache doucement les corps des saints , et nous « envoie la relation des lieux ou des cavernes où « on les aura mis , de peur qu'il ne les oublie avec « le temps. » Pancratien dit : « Allez en paix. Notre « frère Pontamius demeurera seulement, à cause « de la destruction de son église d'Éminie, que « les Barbares ravagent. » Pontamius dit : « Que « j'aille aussi consoler mon troupeau et souffrir « avec lui pour Jésus-Christ. Je n'ai pas reçu la « charge d'évôque pour être dans la prospérité , « mais dans le travail, » Pancratien dit : « C'est « très-bien dit. Dieu vous conserve. » Tous les évéques dirent ; « Dieu vous conserve. « Tous ensemble : « Allons en paix à Jésus-Christ \ »

Lorsque Attila parut dans les Gaules, la terreur se répandit devant lui : Geneviève de Nanterre rassura les habitants de Paris ; elle exhortoit les femmes à prier réunies dans le Baptistère , et leur promettoit le salut de la ville : les hommes qui ne croyoient point aux prophéties de la bergère s*excitoient à la lapider ou à la noyer ^ L'archidiacre d'Auxerre les détourna de ce mauvais dessein , en les assurant que saint Germain publioit les vertus de Geneviève : les Huns ne passèrent point sur les terres des Parisii ^. Troyes fut épargnée , à la recommandation de saint Loup. Dans sa retraite , le Fléau de Dieu se fit escorter par le saint ^ : saint Loup, esclave et prisonnier

> Pancratiantis dlxit: Ablle lit pace omnes, solus rema* neat frater noster propter destructionem eoclesiae sas quam Barbari vexant.

Pontamius dixit : Abeam et ego ut conforlem oyei meaa, et simii] cum eis pro nomine Christi patlar labores et anxie> taies; non enlm suscepi manus eplscopi in prosperltate , sed in labore.

Pancrat. : Optimum verbum , justum oonsilium : profertum approbo. Deus te conservet.

Omnr» epi$copi : Ser^'el te Deos.

Omnes aimul : Abeamos In pace Jesu Christi. ( Cône., tom. ii,pag. 1500.)

* Dies aliquot in Baptisterio vigilias exercentes Jejuniis et oratlonibus ac vfgiiils insistèrent ut suaserat Genovefa, Deo vacarunt. Viris quoque suadel>at ne lx)na sua a Parisio auferrenl. Urbem Parisium fore inoontaminatam ab Inimlcis. Insurrexerunt in eam cives, dioentes pseudoprophetissam : traclaverunt ut Genovefam , aut lapldibus obrutam , ant vasto gurglte submersam punirent. ( Boll. m, pag. 139.)

s Interea adveniente Antissiodorensl urt)e arcbidiacono, qui olim audierat sanctum Germanum magniflcuro testimo-

ntum de Genovefa dédisse dixit : Noiite tantum

admittere facinus Praedictum exercitum ne Parisium circumdaret proCQl abegit (Fita S. Cenov. ap, BoU,, 3. Janv. )

« Redux in Caillas , Lupus ur])em suam ab Attils Hunnorum régis furore servavlt, an. 451 , qui post vastas romani imperii plurimas provincias, Thraciam, Hlyriam, etc., Caliiam quoque invaserat, ubi Remos Cameracum, Ungonas

ÉTUDES HISTORIQUES

protégeant Attila , est un grand trait de Thistoire de ces temps.

Saint Agnan ,'évéque d'Orléans , étoit renfermé dans sa ville que les Huns assiégeoient ; il envoie sur les murailles attendre et découvrir des libérateurs : rien ne paroissoit. « Priez, dit ie saint, « priez avec foi ; » et il envoie de nouveau sur les murailles. Rien ne paroft encore : t Priez, dit le « saint , priez avec foi ; » et il envoie une troisième fois regarder du haut des tours. On apercevoit comme un petit nuage qui s'élevoit de terre. « C'est « le secours du Seigneur! » s'écrie i'évêque».

Genseric emmena de Rome en captivité Eudox.ie et ses deux fllles, seuls restes de la famille de Théodose >. Des milliers de Romains furent entassé^ sur les vaisseaux du vainqueur : par un raffinement de barbarie , on sépara les femmes de leurs maris, les pères de leurs enfants \ Deogratias, évéque de Carthage, consacra les vases saints au rachat des prisonniers. Il convertit deux églises en hôpitaux, et, quoiqu'il fût d'un grand âge, il soignoit les malades qu'il visltoit Jour et nuit. Il mourut, et ceux qu'il avoit délivrés crurent retomber en esclavage ^.

Lorsque Alaric entra dans Rome, Proba, veuve du préfet Pétronius, chef de la puissante famille Anicienne, se sauva dans un bateau sur le Tibre ^; sa fille Leeta, et sa petite-fille Démétriade , l'accompagnèrent : ces trois femmes virent de leur barque fugitive les flammes qui consumoient la ville éternelle. Proba possédoit de grands biens

AuUsftiodorum aliasque urbes fcrro Oammisque vastarat. At- Ulam Rhenuin asque comitatus Lupas, fnde reversas tum ut se arcUus vocalionibas divinis implicnret. ( Gai. ChritL, t. XII, pas 485; ni. S. Lup. ap. Suri., pag. 348.)

* Adspicile de muro dvitaUs, si Dei miseraUo Jam snccurrat A.dspiciente8 autcm de muro, neminem videront. Et inc:Orate,inquit,fideliter Oraoti-

bas aulpm iUis, ait : Adspicitc ilcrum. Et cum adspexissent , Deminem videruiU (fui ferret auxilium. Ait eis tedio : Si tidelilcr petlUs, Domiuus velocilcradesf. Exacta quoque oratione, tertio Juxta senis impcrlum adspicientes de muro, \ideniDt a longe quasi ncbulam de terra oonsurgcre. Quod renunliantes, ait sacerdos : Domini auxilium est. (Gheg. TuR./Ilb. ii, pag. loi.)

Du récit des guerriers combattu ni après leur mort^ et de rbistoire de saint Agnan à Orléans, on peut conclure que des poCmcs et des contes, devenus populaires dans le dernier ftiècle, ont leur origine, pour le fond ou pour la forme, dans les chroniques du cinquième au quinzième siècle.

> At Euiloxiam Gizericlius flllasque ejus ex ValenUniano duas , Eudoclam et Piacidiam , capllvas abduxit. ( Procop. , Hist. f'and. , lib. l. )

^ Victor. Vitens., lib. i, cap. viii.

4 Id. , ibid. ; FLEUR Y, HUt. eccl. tom. VI, pag. 401.

^ Probam fuisse matronam Inter senalorias fama ac divi-

tiis Insigncm Jam et portum et amnem, potilo ho-

B(e,familije suîc prcxcopisse, ut noctu portam pandcreut. ( Pnocop. , ^M/. f'and., lib. i. )

en Afrique; elle les vendit pour souiagersescompagnons d*exU et de malheur'.

Fuyant les Barbares de TEarope , les Romaiiu se réfugioient en Afrique et en Asie ; mais, dimi ces provinces éloignées , ils rencontrolent d'antres Barbares : chassés du coeur de Tempire aux ex* trémités , rejetés des frontières au centre , la tem étoit devenue un parc où ils étoient traqués dans un cercle de chasseurs.

Saint Jérôme reçut quelques débris de tant de grandeurs dans cette grotte où le Boi des rais étoit né pauvre et nu. Quel spectacle et quelle leçon que ces descendants des Scipions et des Gracques réfugiés au pied du Calvaire 1 Saiot Je* rôme commentoit alors Ézéchiel; il appliqua à Rome les paroles du prophète sur la ruine de Tjt et de Jérusalem : « Je ferai monter contre im « plusieurs peuples , comme la mer fait monter les n flots. Ils détruiront les murs jusqu'à la pons*

« sière Je mettrai sur les enfants de Joda le

« poids de leurs crimes Ils verront venir épon-

« vante sur épouvante 'é » Mais lorsque lisant ces mots, Us passeront d'un pays à un autre et te» ront emmenés captifs y le solitaire jetoit les yeux sur ses hâtes , il fondoit en larmes.

Et pourtant la grotte de BethléeAi n*étoit pas un asile assuré; d'autres ravageurs dépouilloieDt la Phénicie, la Syrie et l'Egypte ^ Le désert, comme entraîné parles Barbares et changeant de place avec eux, s'étendoit sur la face des provinces jadis les plus fertiles; dans les contrées qu'avoient animées des peuples innombrable^, il ne restoit que la terre et le ciel <. Les sables mêmes de l'Arabie , qui faisoient suite à ces champs dévastés, étoient frappés de la plaie commune; saint Jérôme avoit à peine échappé aux roaios des tribus errantes , et les religieux du Sina Y^ noient d*étre égorgés : Romemanquoit au monde, et la Thébaîde aux solitaires.

Quand la poussière qui s'élevoit sous les pieds de tant d'armées, qui sortoit de Técroulemeat de tant de monuments, fut tombée; quand les tourbillons de fumée qui s'échappoient de tant de villes en flammes furent dissipés; quand la mort eut fait taire les gémissements de tant de victimes ; quand le bruit de la chute du colosse

* HiEB. , epist. Tiii , ad Dentel. , 1. 1 , p. 62-73; SuLP. XSHi N. ult. ; Tiix. , rie de saint Augustin.

* Cap Tii, V. 26; cap. xii, v. II.

3 Invasis exclsisque civitalibus atque castellU. .....-«

( AmH. m 4RCSLL. )

* Ubi prator cœliim et terram coiKi>

perieruDt. ( Hirron. ad Sophron. X

ÉCLAIRCISSEMENTS

lOttiD eut eesié , alors on aperçut une croix , et a pM de cette croix un monde nouveau. QuelfKS prétf», rÉvangile à la main , assis sur des frioes, ressusdtoient la société au milieu des tanbeflax , comme Jésus-Christ rendit la vie aux cnbats de ceux qui avoient cru en lui.

ÉCLAIRCISSEMENTS

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